Manchester United : ça se gâte pour Leny Yoro
Si Michael Carrick a complètement relancé la dynamique de Manchester United, ses choix condamnent pour le moment Leny Yoro au banc de touche.
Il y a des changements qui ne conviennent pas à tout le monde. Depuis qu’il a pris ses fonctions pour remplacer Ruben Amorim (Darren Fletcher a assuré un intérim de deux matchs, ndlr), Michael Carrick a redonné confiance et une identité à une équipe qui en avait grand besoin. Il a remporté ses 3 matchs avec Manchester United et pas face à n’importe qui puisque Manchester City dans un derby à sens unique, Arsenal à l’Emirates Stadium et Fulham ont été accrochés à son tableau de chasse. Avant de recevoir Tottenham samedi (13h30) à Old Trafford, des Mancuniens complètement relancés occupent la 4e place à 5 longueurs du podium.
Après des mois sous tension avec Amorim, les supporters reprennent goût à voir leur équipe, surtout grâce à un membre éminent de sa période dorée. Avec Carrick aux manettes, joueur du club entre 2006 et 2018, MU retrouve son ADN qui a fait sa force par le passé : un collectif courageux, connecté, capable de se projeter vite sur les ailes et d’exploiter la moindre faille adverse. Pour Leny Yoro en revanche, ce changement est plus difficile à accepter. Le défenseur central de 20 ans n’a disputé qu’une poignée de secondes face à Fulham le week-end dernier, remplaçant Bryan Mbeumo au cours d’un changement tactique à la 90e+6. Il fallait tenir le score.
Il avait déjà reculé dans la hiérarchie sous Amorim
Avec le jeune Ayden Heaven (19 ans, recruté d’Arsenal à l’hiver 2025), l’ancien Lillois a rétrogradé dans la hiérarchie. La dégradation de son statut ne date pas seulement de la prise de fonction de Carrick. Il avait démarré la saison comme titulaire avant de reculer progressivement (23 matchs toutes compétitions confondues). Jusque-là, l’international Espoirs avait toujours eu droit à des entrées au jeu au minimum mais cette fois, il est resté assis sur le banc deux fois sur les trois matchs dirigés par Carrick. Désormais, il regarde la charnière Harry Maguire-Lisandro Martinez stabiliser une défense à quatre. Le temps d’une arrière garde à trois avec De Ligt et Shaw est largement révolu.
Ce match contre Crystal Palace en novembre où il concède un penalty lui a fait mal. Amorim l’avait d’ailleurs remplacé dès la 54e minute. «Il réfléchit trop, analysait le technicien portugais après cet épisode où le Français était apparu particulièrement marqué par son erreur. Il fait des erreurs dans le jeu et ensuite il n’arrive pas à gérer parce qu’il est trop jeune et qu’il veut tout faire bien. Mais il progresse, comme tout le monde ici au fil des matches et des échecs. Ce n’est pas évident pour un jeune joueur comme lui.» En Angleterre, on lui reproche régulièrement un déficit physique, et sa dernière prestation contre Brighton en FA Cup (avec Fletcher le 11 janvier dernier) n’a pas rassuré.
Le retour en forme de Maguire ne l’arrange pas
Tout n’est pas noir pour autant. Son potentiel est loin d’être remis en cause. Selon INEOS, Yoro, sous contrat jusqu’en 2029, est toujours perçu comme l’avenir de Manchester United, au même titre qu’Ayden Heaven. Des joueurs comme Kobbie Mainoo ont su être relancés. Il faudra tout de même rester vigilant sur sa situation les prochains mois. Maguire est en train de regagner un crédit impressionnant, alors qu’il arrive en fin de contrat en juin. À 32 ans, il est prêt à revoir ses prétentions salariales à la baisse et rester au club. Son expérience et son leadership rassurent le staff technique auprès des jeunes. Ses grosses prestations contre City et Arsenal montrent aussi à la direction qu’on peut toujours compter sur lui.
La prolongation de l’Anglais serait tout de même un désaveu pour la jeune garde. En dézoomant, on peut même se demander si le choix de rejoindre Manchester United à l’été 2024 pour 62 M€ était le bon, lui qui était courtisé par le PSG et le Real Madrid. Sa longue blessure à la malléole (4 mois d’absence) dix jours après sa signature n’a pas aidé non plus. «Même la saison dernière, je n’ai jamais eu le moindre regret. Je connais Manchester United, je sais qu’il arrive parfois de traverser des périodes difficiles, mais c’est un grand club, donc il ne faut pas en douter», lâchait l’intéressé à The Guardian. Autre conséquence, l’équipe de France s’éloigne elle aussi. Annoncé un temps proche des A, le défenseur se dirige plutôt vers l’Euro Espoirs 2017 qu’au prochain Mondial cet été.
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