JO, Bleus et Espoirs, le terrible été des équipes de France

Hier, l'équipe de France olympique a été éliminée des JO. Un nouveau coup sur la tête de la FFF, après le fiasco des A durant l'Euro et le résultat décevant des U21 sur la scène européenne.

Ripoll, Le Graët et Deschamps ont vécu un sale été
Ripoll, Le Graët et Deschamps ont vécu un sale été ©Maxppp
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Deux mois de calvaire. Cet été, la Fédération française de football vit un véritable cauchemar. Tout a commencé le 31 mai dernier à Budapest avec les Espoirs. Une sélection sur laquelle la FFF comptait beaucoup pour faire un résultat lors de l'Euro U21. Il faut dire que la France, qui figurait parmi les favoris de l'épreuve, se présentait avec une équipe peuplée de talents à l'image de Dayot Upamecano, Illan Meslier, Ibrahima Konaté, Boubakary Soumaré, Houssem Aouar, Jonathan Ikoné ou encore Odsonne Edouard. Mais les Bleuets se sont inclinés 2 à 1 face aux Pays-Bas et ont été éliminés en quart de finale.

Un coup de massue sur la tête de Sylvain Ripoll, qui rêvait plus grand. «C'est forcément une énorme déception. On avait l’intention de passer et la réalité, c’est qu’on est éliminés. Le regret, il est vraiment sur la 2e période où on a ces situations pour marquer et gagner. Il y a beaucoup d’agacement, de frustration, parce qu’avec la deuxième période qu’on a livrée, la qualification nous tendait les bras», avait-il confié après le match. Pointé du doigt par certains médias et supporters, le sélectionneur devait vite se reconcentrer et préparer les Jeux Olympiques prévus en juillet.

Les fiascos U21 et équipe de France A

Quelques jours après cette sortie de route, l'équipe de France A démarrait l'Euro 2020. Un tournoi où les champions du monde 2018 étaient considérés comme les grands favoris. En effet, les Bleus se présentaient avec une équipe ayant l'avantage d'avoir du talent, des automatismes et des stars comme Pogba, Griezmann et Mbappé. Et avec le retour de Karim Benzema, la France était d'autant plus crainte et attendue au tournant. Malgré quelques difficultés, elle terminait en tête de son groupe devant l'Allemagne, le Portugal et la Hongrie. Et le 28 juin, elle débutait la phase à élimination directe.

Ainsi, les Bleus devaient affronter la Suisse, une sélection plutôt coriace depuis le début de la compétition. Après avoir mené 3 à 1, avec notamment un doublé de KB9, ils allaient voir les Helvètes égaliser (3-3) et s'imposer lors de la séance de tirs au but où Kylian Mbappé avait manqué sa tentative (4 à 5 aux t.a.b). Une élimination précoce qui a fait l'effet d'une bombe. Au sein du groupe France tout d'abord, où des tensions ont éclaté entre certains joueurs (Pavard, Varane, Pogba, Rabiot) et certaines familles de Tricolores (clan Rabiot avec proches de Pogba et Mbappé). De son côté, la FFF devait gérer ce fiasco sportif et financier.

Deschamps confirmé

Car cette sortie prématurée représentait aussi un gouffre financier. En première ligne, Didier Deschamps, dont les choix face à la Suisse n'ont pas été bons et qui a rappelé Benzema un peu trop tard, jouait son avenir. Le 29 juin, au lendemain du match face à la Suisse, Noël Le Graët prenait la parole et indiquait qu'il allait s'entretenir avec son sélectionneur. De son côté, la presse envisageait un départ de DD et désignait déjà son successeur, à savoir Zinedine Zidane, libre après avoir quitté le Real Madrid. Mais le 8 juillet, le président de la FFF tranchait dans le vif dans un entretien au Figaro.

Il avait confié : «la réponse est oui (Deschamps continue, ndlr). Je l'ai reçu longuement mercredi à Guingamp. La question a été réglée en trois minutes. Sa volonté est très forte de continuer, la mienne l'était aussi». A un peu plus d'un an du Mondial au Qatar, la FFF décidait de miser sur la continuité. Mais Deschamps devra faire face à un chantier immense puisqu'il devra remettre sur pied une sélection qui n'a pas vraiment brillé sur le pré et qui s'est en partie déchirée dans les vestiaires (Mbappé vs Giroud par exemple). Peu après cette désillusion, la FFF a dû faire face à un autre problème. Cette fois-ci, avec la sélection olympique.

Les JO, un cuisant échec

En effet, Sylvain Ripoll a essuyé de nombreux refus de la part de clubs ne souhaitant pas envoyer de joueurs aux JO de Tokyo. La compétition ne se déroulant pas lors des dates FIFA, les écuries n'étaient pas dans l'obligation de laisser leurs joueurs à disposition. Après avoir galéré des jours et des jours, la France, qui avait même pensé déclarer forfait, a pu présenter une liste. Une liste où on a retrouvé plusieurs U23 dont Tousart et trois éléments âgés de plus de 23 ans, à savoir Savanier, Gignac et Thauvin. Après un match de préparation en commun, l'équipe de France Olympique était lancée dans le grand bain.

Mais les Bleuets, qui manquaient logiquement d'automatismes, se sont inclinés 4 à 1 face au Mexique. Puis, ils ont réussi à s'imposer 4 à 3 contre l'Afrique du Sud, bien aidés par APG. Enfin, hier, ils ont été humiliés 4 à 0 par le Japon. Une défaite synonyme d'élimination pour les Français, qui n'ont jamais vraiment réussi à créer un collectif et qui n'ont pas été aidés par un élément comme Thauvin, passé à côté de son tournoi. Après cette débâcle, Sylvain Ripoll a de nouveau été au cœur des critiques. Nombreux sont ceux qui ont réclamé sa tête. Mais une fois encore, Le Graët a décidé de le confirmer.

Les choix de Le Graët contestés

«Il est certain qu’il n’a pas eu la tâche facile. Partir pour un stage de deux ou trois jours, jouer les amicaux puis se lancer dans le bain avec une équipe de dernière minute… C’était perdu d’avance. Je vais le rencontrer amicalement à son retour mais la priorité, c’est la FIFA. (...) Bien sûr, il n’y a aucun problème (Ripoll reste). Si on gagnait tous nos matches, tout le temps, ce serait trop facile. Il peut arriver qu’on gagne, parfois qu’on perde. On n’avait plus été qualifié pour les Jeux depuis 1996, malheureusement il n’a pas été possible pour nous d’aller plus loin», a-t-il lâché au Parisien hier.

Une décision difficilement compréhensible pour certains puisque Sylvain Ripoll n'a pas fait passer un cap à sa sélection malgré de nombreux talents et reste sur deux échecs successifs cet été, entre l'Euro U21 et les JO. Même si pour ce dernier tournoi, il n'a pas été aidé. Après de piteux résultats cet été, les équipes de France vont donc devoir relever la tête. Un chantier immense pour la Fédération française de football qui a essuyé de nombreuses critiques, notamment le président Le Graët dont les décisions (maintenir Deschamps et Ripoll) ne sont pas comprises par tous. La FFF joue très gros et sera attendue au tournant lors des prochaines échéances. Cette fois-ci, il n'y aura pas de droit à l'erreur.

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