OM-PSG : les notes du match
Mené au score à deux reprises, le Paris Saint-Germain s'est finalement imposé au Stade Vélodrome (2-3) après une deuxième mi-temps de haut niveau.
Classique du championnat de France, un match entre l'Olympique de Marseille et le Paris Saint-Germain n'est jamais un match comme les autres. Ajoutez à cela une course au titre aussi effrénée que passionnante et un stade chauffé à blanc de 65 000 spectateurs et vous obtenez tous les ingrédients pour une rencontre absolument explosive. Après être entrés sur la pelouse au milieu d'un tifo géant spectaculaire, les vingt-deux acteurs n'observaient pas de round d'observation et débutaient le match sur les chapeaux de roues. Après cette bonne percée d'Ibrahimovic stoppée par Morel dans la surface (3e), c'est Pastore superbement lancé dans le dos de la défense parisienne par Verratti qui venait défier Mandanda mais croisait trop sa frappe (11e).
Du côté de l'OM, c'est Payet d'une reprise de volée (7e) puis en deux temps sur coup-franc (16e) qui allumait les premières mèches. C'était bien là les seules opportunités marseillaises face à la possession et l'utilisation parisienne du ballon, notamment au milieu où le PSG prenait le dessus au quart d'heure de jeu. Après qu'Ayew ait frisé le carton en début de match, c'est Fanni qui était averti pour un tacle rugueux sur Ibrahimovic (23e), illustrant bien les premières hésitations phocéennes. C'est pourtant l'OM qui ouvrait la marque contre le cours du jeu. Gignac écartait bien sur l'aile droite pour Payet qui remettait parfaitement le ballon dans la boîte sur la tête d'APG qui battait Marquinhos dans les airs et fusillait Sirigu (1-0, 30e).
Quand le PSG accélère
Sur l'engagement, les ennuis continuaient pour le PSG puisque David Luiz, victime d'une douleur musculaire à la cuisse, devait céder sa place à van der Wiel (34e). Mais les Parisiens parvenaient pourtant à égaliser sur une frappe enroulée de Blaise Matuidi allant se loger dans la lucarne gauche de Steve Mandanda (1-1, 35e). Le match, devenu complètement fou, prenait encore une autre tournure lorsqu'une perte de balle de Pastore au milieu de terrain permettait à Gignac de filer entre Thiago Silva et Marquinhos et mystifier Sirigu en face à face (2-1, 42e). La mi-temps arrivait à point nommé pour le club de la capitale, qui semblait perdre complètement pied en cette fin de première période.
Pourtant les joueurs de Laurent Blanc revenaient sur la pelouse de la meilleure des façons. Sur un coup-franc enroulé au sol par Ibrahimovic et dévié par Cavani, Marquinhos s'emparait du cuir au point de penalty et l'expédiait sous la barre pour remettre les compteurs à égalité (2-2, 48e). Dans la foulée, Pastore débordait côté gauche et cherchait Ibrahimovic devant le but mais Morel revenait avec précipitation et poussait le ballon dans ses propres filets (2-3, 50e). Le PSG allait par la suite gérer son avantage sans se faire énormément inquiéter, malgré la sortie de Motta sur blessure dans le temps additionnel (90e+1) condamnant son équipe à finir le match à 10. Branché sur courant alternatif d'une mi-temps à l'autre, Paris reprend en tout cas les rênes de la Ligue 1. Marseille est en revanche décroché du duo de tête.
L'homme du match : Blaise Matuidi (8) : il a énormément couru, usé le milieu de terrain et l'aile droite marseillaise, centré (18e), frappé (61e), marqué un but superbe (35e) sans oublier de revenir défendre (21e). Particulièrement en forme, il n'a jamais lâché ses vis-à-vis, dont il a poussé un certain nombre à la faute pour leur chiper la gonfle. Sans lui, le PSG n'aurait certainement pas aussi bien maîtrisé son sujet après la pause.
OM :
Mandanda (6): le portier phocéen a livré une belle copie ce soir. Serein dans les airs et solide sur les frappes parisiennes, notamment lors de sa superbe parade devant Ibrahimovic (83e), il s’est montré une nouvelle fois précieux dans cette rencontre. Malheureusement pour lui, il ne peut rien faire sur la sublime frappe de Matuidi (35e) et sur les deux autres buts parisiens.
Dja Djédjé (5,5): très généreux dans l’effort, le latéral ivoirien a tout donné dans cette rencontre. Souvent trop imprécis dans le dernier geste, il a tout de même tenté d’apporter son soutien sur le front de l’attaque et a su bloquer les offensives parisiennes. Beaucoup d’envie.
Fanni (4): match compliqué pour le défenseur marseillais. Souvent en retard dans ses interventions et peu imposant dans les duels aériens, notamment face à Ibrahimovic, il ne s’est pas montré à son avantage ce soir. Un manque d’application défensive qui a coûté cher. Averti (22e)
Morel (4): un cran en dessous de ses dernières prestations, le défenseur central n’a pas brillé ce soir. Même s’il a réussi quelques bonnes interventions parfois décisives, c’est lui qui offre le troisième but parisien en marquant contre son camp dans un duel avec Ibrahimovic (51e). Un coup du sort fatal pour l’OM…
Mendy (5,5): comme son pendant à droite, il n’a pas ménagé ses efforts ce soir. Solide défensivement avec un bon pressing et présent offensivement avec quelques bons déboulés, il a été important pour sa formation dans cette rencontre. De nombreux efforts qui n’ont pas suffi aux marseillais.
Romao (6,5): bon match pour lui ce soir. Grâce à un très bon pressing, c’est lui qui offre sur un plateau le deuxième but olympien (43e). Une récupération devant Pastore à l’image de sa rencontre puisque le défenseur du soir s’est montré précieux défensivement. Averti (8e)
Lemina (3,5): quelque peu perdu au milieu de terrain, le jeune marseillais n’a pas su s’imposer dans l’entrejeu. Souvent mal positionné, il n’a pas su faire la différence afin de déstabiliser un bon bloc parisien. Peu présent offensivement et peu flamboyant sur les phases défensives, il n’a pas livré une bonne copie.
Thauvin (2,5): match très compliqué pour l‘ailier de l’OM. Fantomatique durant presque la totalité de sa présence sur le terrain, il n’a jamais pris les bonnes décisions lorsqu’il était en possession du cuir. Inoffensif. Remplacé logiquement par Ocampos (62e), qui ne s’est pas montré dangereux.
Payet (6): auteur d’un centre millimétré pour la tête de Gignac sur l’ouverture du score marseillaise (30e), le meneur de jeu phocéen a une nouvelle fois été décisif. Avec de nombreux ballons parfaitement distillés et une bonne présence offensive, il a été l’un des hommes fort de la formation de Marcelo Bielsa. Auteur d’une frappe pas assez puissante pour inquiéter Sirigu (80e). Dommage.
Ayew (4): match mitigé pour le Ghanéen. Très généreux dans l’effort avec un très bon repli défensif, il ne s’est cependant jamais trouvé dans de bonnes positions pour inquiéter la défense du PSG. Averti (53e) et remplacé par Alessandrini (71e), Ayew a ensuite été exclu après le coup de sifflet final pour contestation.
Gignac (8): gros match pour le numéro 9 marseillais. A l’origine et à la conclusion de l’ouverture du score grâce à une tête puissante (30e), il a été le plus grand danger côté Phocéen. Le buteur s’offrait même un doublé juste avant la pause en trompant Sirigu d’une frappe croisée du droit (43e). Il manque même de peu de réaliser un triplé après une tête bien détournée par Sirigu (45e). Moins en vue en seconde période, il a été remplacé par Batshuayi (71e), qui n'a pas touché un ballon.
PSG :
Sirigu (4,5) : n'avait pas le moindre arrêt à faire jusqu'à ce centre tir sans danger de Thauvin (28e) mais finissait par encaisser deux buts avant la mi-temps par Gignac de la tête après le duel perdu de Marquinhos (30e) puis en face à face après la perte de balle de Pastore (42e). Une grosse claquette sur une tête de Gignac (45e+1).
Marquinhos (4,5) : un match vraiment pas facile pour celui qui, latéral droit au début du match, position dans laquelle il se fait manger par Gignac sur l'ouverture du score (30e), devait repasser dans l'axe avec la sortie sur blessure de David Luiz (30e). Une main dans la surface qui aurait pu lui valoir un penalty sifflé contre lui (55e). Mais aussi un but opportuniste inscrit au retour des vestiaires (48e).
David Luiz (non noté) : en une grosse demi-heure de jeu, il n'a pas eu le temps de faire grand chose, sinon d'assister à l'ouverture du score de Gignac et de sortir sur blessure, vraisemblablement claqué. Remplacé par van der Wiel (3) (34e) qui alternait le bon, un super centre pour la tête d'Ibra (55e) et le nettement moins bon avec de nombreuses pertes de balle.
Thiago Silva (6,5) : si le Paris Saint-Germain encaisse deux buts, il n'est impliqué sur aucun d'entre eux et a dû se contenter de constater les dégâts. Sérieux à la relance (25e), il a assuré une couverture rigoureuse (30e) et multiplié les interventions musclées, comme celle-ci sur Gignac (58e). Son sang-froid a fait du bien aux siens.
Maxwell (6) : fidèle à lui-même, il a fait un match plein même si l'ouverture du score de Gignac, venant d'un centre de Payet sur son côté, peut lui être imputée. Du reste, un bon match fait de bonnes percées offensives (18e) et d'un repli la plupart du temps efficace.
Verratti (8) : encore un gros match de la part du petit milieu de terrain italien. De superbes passes dont une qui aurait pu profiter à Pastore (11e), une omniprésence salutaire au milieu de terrain (20e) et une agressivité qui lui permettait de glaner nombre de ballons, et qui lui vaudra toutefois un carton jaune pour une faute sur Lemina (66e).
Motta (6) : il a fait un bien fou à l'entrejeu parisien. Si le PSG s'est imposé dimanche soir sur la pelouse du Vélodrome, sa maîtrise du milieu de terrain a énormément compté, capable d'orienter le jeu, d'assister ses centraux et de combler les brèches. Passeur décisif pour Matuidi (35e). Sorti sur blessure, laissant ses partenaires à dix contre onze (90e+1).
Matuidi (8) : voir ci-dessus.
Pastore (7) : après avoir vécu une première mi-temps compliquée faite d'un face à face manqué (11e) et d'une perte de balle permettant à l'OM de prendre les devants (43e), malgré une bonne ouverture mal négociée par Cavani (19e), il s'est métamorphosé après la pause. C'est lui qui centre sur le CSC de Morel (50e), qui ouvre le jeu pour Matuidi (61e) qui se permet un festival dans la surface avant de frapper de peu à côté (66e). Visiblement cuit, il est remplacé par Rabiot (80e).
Ibrahimovic (6) : par rapport au contexte et à l'enjeu, on pourrait penser que le géant suédois n'a pas fait le match auquel on s'attendait dimanche soir. Pourtant, il allait provoquer Morel dans la surface marseillaise dès le début du match (3e), revenir défendre efficacement sur les coups de pied arrêtés (17e), offrir l'égalisation à Marquinhos (48e), pousser Morel au CSC sur le troisième but (50e) avant d'envoyer une tête juste au-dessus du cadre (55e). On a déjà vu pire.
Cavani (3) : un match bien terne pour l'attaquant parisien qui n'aura pas cadré la moindre frappe, ne se sera pas procuré de réelle opportunité hormis cette frappe qu'il tardait à déclencher pour finalement la rater (19e). Impliqué sur l'égalisation de Marquinhos puisqu'il dévie le coup-franc d'Ibrahimovic (48e). Remplacé par Lavezzi (59e) qui se procurait une bonne occasion de but (72e).
En savoir plus sur