Le crédit de Thiago Scuro à Monaco sérieusement entamé…
Résultats en berne, blessures à répétition, difficultés de recrutement sur le mercato : rien ne va plus à l’AS Monaco. Et forcément, un homme cristallise cette situation, et non des moindres, Thiago Scuro. Si le directeur général du Rocher n’est pas immédiatement menacé, son crédit en a pris un certain coup et son cas interroge en interne. Une défaite face à la Juventus en Ligue des Champions mercredi risque de sacrément fragiliser son poste.
Pulvérisé à Bernabeu (6-1) et 10e de Ligue 1 à 12 points de la Ligue des Champions, l’AS Monaco traverse une zone de turbulences d’une intensité rare, plongeant le club princier dans une crise qui dépasse désormais largement le simple cadre du rectangle vert. Si les résultats sportifs sont catastrophiques, symbolisés par une spirale de sept défaites lors des neuf derniers matchs de Ligue 1, la colère se cristallise aujourd’hui autour de la direction sportive. Au cœur de la tempête, le directeur général Thiago Scuro se retrouve en première ligne, désigné comme le principal responsable d’un navire à la dérive qui semble avoir perdu son cap et son identité.
Le naufrage historique concédé face au Real Madrid a agi comme un révélateur brutal des limites actuelles de l’ASM. Cette débâcle, suivie d’un triste match nul au Havre (0-0) malgré la pression mise sur le groupe, a confirmé l’impuissance du nouvel entraîneur Sébastien Pocognoli. Avec huit défaites en dix-huit rencontres, le bilan du technicien inquiète, rappelant les heures sombres du club. Pourtant, il serait injuste de ne voir en lui que l’unique coupable. Son arrivée a succédé au départ d’Adi Hütter, et il doit composer avec un effectif miné par une infirmerie saturée — privant l’équipe de cadres défensifs comme Lukáš Hrádecký, Mohamed Salisu, Christian Mawissa, sans oublier Eric Dier et la recrue hivernale Wout Faes — et surtout profondément déséquilibré par la gestion récente du club.
Thiago Scuro au centre de toutes les critiques
C’est précisément sur ce terrain que la responsabilité de Thiago Scuro est lourdement engagée. Le dirigeant brésilien paie aujourd’hui les conséquences d’un mercato estival qui ressemble de plus en plus à un échec industriel. La stratégie des paris audacieux s’est retournée contre le club, à l’image des arrivées d’Ansu Fati et de Paul Pogba qui n’ont pas eu l’impact espéré, ou d’un Eric Dier et d’un Lukáš Hrádecký trop fragiles. Cette gestion, associée à une vente massive de joueurs cet été pour plus de 110 M€ (Ben Seghir, Magassa, Singo, Embolo, Bouabré, notamment) pour satisfaire les exigences du fair-play financier, a entraîné une véritable perte des actifs du club, une dépréciation de la valeur de l’effectif qui ne peut s’expliquer uniquement par la situation précaire du football en France, symbolisée par la chute dramatique des droits TV. Il ne s’agit pas ici d’une crise conjoncturelle subie par tout l’écosystème de la Ligue 1, mais bien d’une faillite stratégique interne où les ventes massives n’ont été compensées que par des investissements défaillants, affaiblissant considérablement le « capital joueur » de l’institution.
La fracture est d’ailleurs totale avec les tribunes. Les Ultras Monaco 1994, dans un communiqué au vitriol, exigent désormais le départ immédiat de Thiago Scuro, dénonçant une « gestion par procuration, froide et sans âme » et l’absence d’un propriétaire perçu comme un fantôme. Les supporters, qui prévoient une mobilisation massive sur la digue de Fontvieille, refusent d’être les spectateurs passifs de ce qu’ils qualifient de « naufrage programmé ». Pour eux, le crédit est épuisé et le maintien de l’actuelle direction sportive est devenu inacceptable face à cette dilution de l’ADN monégasque. En interne, l’atmosphère n’est guère plus sereine.
Une forme de lassitude a gagné les hautes sphères du club face à ces résultats chaotiques. Si le poste de Thiago Scuro n’est pas menacé dans l’immédiat — le timing serait désastreux à une semaine de la clôture d’un mercato où Monaco doit impérativement s’activer pour sauver les meubles —, une véritable réflexion est en cours concernant son avenir, selon nos informations. Le dirigeant joue une partie de sa survie dans les prochains jours. Dans ce contexte explosif, le choc de Ligue des Champions face à la Juventus, ce mercredi, s’annonce comme un tournant décisif pour une institution au bord de la rupture.