Transferts douteux, méthodes à l’ancienne, crise de résultats… les coulisses de la dégringolade de Nantes
Nantes est 15e de Ligue 1 et se trouve à la lisière de la zone rouge. Une situation pénible, mais qui ne laisse pas de place au hasard.
Il est peut-être encore tôt pour parler de crise, mais on ne peut pas affirmer pour autant que l’enthousiasme est ambiant à Nantes. Habitué à décrocher ses maintiens sur le fil, le FCN affiche encore un rythme de mauvais élève, programmé à se battre pour sa place jusqu’à la fin de saison. L’étau s’est encore resserré dimanche dernier après la défaite contre Metz (0-2), revenu à un seul petit point des Canaris.
Une situation qui impose une réaction rapide, et Waldemar Kita en a rapidement saisi les enjeux en poussant une gueulante dans le vestiaire. D’après L’Équipe, le dirigeant polonais n’a pas épargné certaines recrues, tout simplement pas à la hauteur depuis leur arrivée cet été. En interne, ce constat est partagé. «C’est la réalité financière. L’enveloppe, c’était 0», relativise une source. Forcé à des économies de bout de chandelle malgré plus de 40 millions d’euros de ventes, Nantes s’est effectivement tourné vers des solutions à bas prix, qui se sont révélées aussi peu coûteuses qu’infructueuses.
Nantes a voulu tenter Egan-Riley
Comment ne pas citer le cas du défenseur central serbe, Uros Radakovic, alarmant à tel point qu’il entre désormais comme numéro 9 sur des fins de match pour faire jouer sa taille. Kwon Hyeok-kyu, Amady Camara, Mayckel Lahdo mais aussi Hong Hyun-seok, le seul à ne pas être arrivé gratuitement (il s’agit d’un prêt payant de 400 000 euros depuis Mayence) ne donnent pas plus satisfaction. L’Équipe ajoute que les deux joueurs sud-coréens ont du mal à s’adapter, et leur incompréhension du français a pu donner lieu à quelques situations embarrassantes dans le vestiaire, puisqu’ils ne comprennent pas toujours les blagues.
En matière de recrutement, Nantes maintient une approche très conservatrice, avec des méthodes bien à l’ancienne. Contrairement à la norme, les Kita préfèrent opérer sans directeur sportif, privilégiant leur réseau. Un choix qui s’explique par leurs précédentes expériences avec l’agent Mogi Bayat, qui faisait transiter ses joueurs, majoritairement de la Belgique vers le FCN. Tous les recrutements de l’été ont donc été validés par Franck Kita et le responsable de la cellule recrutement, Baptiste Drouet, qui ne compte qu’un seul scout, Alexandre Ambroziewicz, ce qui reste très peu contrairement à ce qui ce fait aujourd’hui ailleurs en Ligue 1. Les observations sur place seraient ainsi très rares, situation oblige.
Avec une chute drastique de son budget, passé de 80 à 50 millions d’euros, Nantes a quand même tenté des coups, comme CJ Egan-Riley ou encore Alexander Djiku (Nantes a aussi pensé à Ulisses Garcia en joker), mais le club a vite compris qu’il n’avait pas les moyens de concrétiser ces pistes. Concernant Luis Castro, il est considéré en interne comme la meilleure recrue de l’été. Mais son équipe n’a gagné qu’un seul de ses huit derniers matchs. Il n’est pas remis en cause, mais il ferait mieux de repartir du Havre avec quelque chose ce soir. Sous peine de voir la pression s’accentuer autour de lui.