L’Inter Milan est en train d’exploser
C’est une saison absolument traumatisante qu’a vécue l’Inter Milan. Lancée il y a encore quelques semaines vers un triplé Championnat-Coupe-Ligue des Champions, l’écurie italienne a explosé en vol, laissant ces trois trophées lui passer sous le nez. Et alors qu’un nouveau cycle s’est inauguré avec l’arrivée de Cristian Chivu sur le banc de touche, l’horizon s’est encore un peu plus assombri avec une élimination aussi surprise que précoce en Coupe du Monde des Clubs, suivie d’énormes tensions dans le vestiaire…

Qu’il semble loin le temps où l’Inter Milan avait l’opportunité de monter sur le toit de la planète football. Pour sa quatrième saison sur le banc de touche de l’Inter Milan, Simone Inzaghi est passé à un cheveu d’offrir aux pensionnaires de Giuseppe-Meazza l’exercice le plus brillant de leur histoire. Mais en plein sprint final, l’équipe milanaise a totalement coulé, voyant chacun des trophées qu’elle convoitait s’envoler entre les mains d’autres prétendants. À commencer par la Serie A. Leader du championnat devant le Napoli à partir de la 26e journée, les coéquipiers de Marcus Thuram ont failli à cinq matchs de la fin : une défaite 0-1 sur le terrain de Bologne, à cause d’un but inscrit au bout du temps additionnel. Un événement survenu le 20 avril… trois jours avant une élimination en demi-finale de Coupe d’Italie contre l’ennemi juré, l’AC Milan. Présents dans le dernier carré, les Interistes avaient été, à la surprise générale, totalement balayés 0-3 par les Rossoneri au match aller, sans être capables de réagir au match retour (1-1), voyant donc leur parcours s’arrêter net.
À ce moment-là, seul un trophée était officiellement perdu pour les Nerazzurri, mais ceux-ci n’en étaient qu’au début de leur peine. La semaine suivante, ils encaissaient un nouveau revers. Cette fois-ci dans leur antre, face à l’AS Roma (0-1). Le titre de Serie A s’éloignait bien trop pour imaginer un sacre, et le dernier espoir des Bleus et Noirs était alors la Ligue des Champions. Et dans cette compétition, l’Inter est parvenu à se remettre la tête à l’endroit contre le FC Barcelone. Obtenant un match nul en terres catalanes (3-3), les Milanais ont de nouveau offert un spectacle ahurissant sur leur pelouse, s’imposant en prolongations (4-3), et décrochant leur ticket pour Munich. En attendant cette prestigieuse finale face au PSG, le groupe d’Inzaghi ne parvenait pas à refaire son retard en Serie A, et ne pouvait que constater le sacre des Napolitains. Leur saison reposait donc sur cette opposition au sommet contre les Franciliens, qui les ont finalement massacrés 5-0 : le score le plus lourd de l’histoire d’une finale de Ligue des champions. Dans la foulée, Simone Inzaghi annonçait donc son départ pour Al-Hilal. Une annonce qui a largement fait jaser, puisque de nombreuses rumeurs ont indiqué que le technicien de 49 ans avait prévu de quitter l’Italie bien avant cette finale, ce qu’il avait démenti. Si pour lui les ennuis s’arrêtaient, ils ne faisaient que commencer pour l’Inter.
Un fiasco au Mondial des Clubs et un vestiaire qui explose
Dans la foulée du départ d’Inzaghi, les dirigeants interistes ont nommé un ancien de la maison à son poste : Cristian Chivu, débarqué de Parme, et qui avait coaché les moins de 19 ans du club lombard entre 2021 et 2024. Mais force est de constater que le Roumain ne parvient, pour le moment, pas à imposer sa patte. Son équipe est difficilement parvenue à sortir d’une poule pourtant largement à sa portée sur le papier, avant d’être éliminée par Fluminense (0-2) dès les huitièmes de finale, au terme d’une prestation à la limite du pitoyable. Sur le plan purement sportif, cet exercice 2024-2025 est désormais terminé. Mais l’ambiance qui semble régner au sein du vestiaire ne présage absolument rien de bon quant à la suite de l’aventure. Après ce triste revers, Lautaro Martínez s’est d’abord lâché, pointant du doigt l’attitude de certains de ses coéquipiers, sans les nommer : « celui qui ne veut pas être ici doit partir. Ceux qui veulent se battre et rester ici, restez, ceux qui ne veulent pas, alors partez, s’il vous plaît. » Un premier message fort, marquant une fracture profonde dans l’unité du groupe.
Alors que la situation aurait pu en rester là, Beppe Marotta, président de l’Inter, a directement expliqué qui était le joueur visé, annonçant que Lautaro Martínez « faisait peut-être référence à la dynamique de Çalhanoğlu ». Des propos qui ne sont visiblement pas tombés dans l’oreille d’un sourd. Ce mardi, le Turc n’a pas mâché ses mots. Sur son compte Instagram, le milieu de terrain a rédigé un message qui ne laisse que peu de place au doute, après les propos de son capitaine tenus la veille : « des paroles qui divisent et non qui unissent. L’histoire retiendra ceux qui sont restés debout, pas ceux qui ont élevé la voix. L’avenir ? On verra. Je n’ai jamais dit que je n’étais pas heureux ici, je n’ai jamais trahi ce maillot. » Si ceux-ci sont pour le moment restés sans réponse, la femme de l’intéressé est également venue mettre son grain de sel. Toujours sur Instagram, la compagne de Çalhanoğlu a évoqué un manque de loyauté de la part des partenaires envers son mari, toujours sans citer personne : « certaines personnes ne sont pas loyales envers toi. Elles sont loyales envers leur besoin de toi. Une fois que leurs besoins changent, leur loyauté aussi. Ne regrette pas d’avoir un bon cœur. Toutes les bonnes choses reviennent et se multiplient. » Alors que l’Inter Milan rentrera des États-Unis avec une triste mine, le futur s’annonce plus que tumultueux du côté de l’Italie. Entre des performances sportives plus que décevantes, un entraîneur peu expérimenté avec qui la mayonnaise semble, pour le moment, avoir du mal à prendre, et un vestiaire en pleine implosion, la trêve estivale sera absolument cruciale pour l’écurie qui détenait le titre de Serie A il y a encore un an.
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