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La Russie veut organiser sa propre Coupe du Monde 2026 !

Alors que le Mondial 2026 approche aux États-Unis, au Mexique et au Canada, la Russie, toujours bannie du football international, envisage d’organiser sa propre Coupe du Monde pour les nations non qualifiées. Un projet à forte portée diplomatique, destiné à peser sur la FIFA et à préparer son retour sur la scène mondiale.

Par Valentin Feuillette
4 min.
Gianni Infantino et Vladimir Poutine @Maxppp

À huit mois du coup d’envoi de la Coupe du Monde 2026, que coorganiseront les États-Unis, le Mexique et le Canada, l’effervescence monte autour d’une édition élargie, désormais forte de 48 participants. 42 pays sont déjà qualifiés, tandis que les derniers billets se joueront en mars prochain lors des barrages européens et intercontinentaux. En coulisses, la FIFA multiplie les réunions stratégiques, et son président Gianni Infantino enchaîne depuis des semaines les allers-retours vers Washington pour travailler le dispositif logistique, médiatique et politique du tournoi. Plusieurs sources mentionnent également des rencontres régulières avec le président américain Donald Trump, très impliqué dans l’organisation de ce Mondial nord-américain. Encore récemment, le pensionnaire de la Maison-Blanche a accueilli Cristiano Ronaldo et Gianni Infantino, lors d’une rencontre diplomatique avec une délégation d’Arabie saoudite.

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Pendant ce temps, la Russie reste fermement mise à l’écart des compétitions internationales à la suite de l’invasion de l’Ukraine en 2022. Clubs et sélection évoluent dans une bulle footballistique périphérique, disputant des matchs amicaux hors radar et privés de visibilité mondiale, de compétitions officielles et de revenus associés. Cette marginalisation sportive se double d’un isolement politique, alors que la FIFA et l’UEFA maintiennent leur veto sans signe clair d’assouplissement. Privée de qualifications pour 2026 et incertaine quant à un retour sur la scène internationale d’ici 2030, la Sbornaïa cherche des chemins alternatifs pour rester active et visible, quitte à bousculer les lignes diplomatiques du football mondial.

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Une Coupe du Monde des «recalés» ?

Dans ce contexte, plusieurs médias européens et sud-américains dévoilent depuis quelques semaines un projet étonnant : la Russie envisagerait d’organiser sa propre Coupe du Monde parallèle en 2026, destinée aux sélections non qualifiées. Selon le journal polonais Przeglad Sportowy, Moscou travaille depuis plusieurs mois à la création d’un tournoi international qui se déroulerait… en même temps que le Mondial officiel. L’objectif officieux serait d’exister médiatiquement au moment où la planète football aura les yeux tournés vers l’Amérique du Nord, et de renforcer la pression politique sur la FIFA pour obtenir un retour à la compétition. Le projet, encore informel, réunirait déjà huit équipes invitées : la Serbie, la Grèce, le Chili, le Pérou, le Venezuela, le Nigeria, le Cameroun et la Chine. Des nations qui, elles aussi, n’ont pas réussi à décrocher leur billet pour 2026. Du côté sud-américain, la radio chilienne ADN Deportes confirme que la Fédération russe est bien à la manœuvre pour monter un «Mondial des recalés». Selon leurs informations, Washington D.C. serait même envisagée comme ville-hôte potentielle, un choix symboliquement fort à l’heure où le Mondial officiel se jouera aussi sur le sol américain. Une piste qui semble diplomatiquement difficile, compte tenu de l’interdiction de territoires américains pour certains de ces pays.

Mais avec la Russie à la manœuvre, trouver un lieu d’organisation ne serait pas compliqué, précise le média chilien. Le Chili, engagé dans une tournée de matches amicaux en Russie pour entamer un nouveau cycle sportif, aurait été approché pour participer au projet. Mais un obstacle majeur demeure puisque tant que le veto imposé par la FIFA et l’UEFA n’est pas levé, la Russie ne peut organiser un tournoi international impliquant des fédérations membres, même sous une forme amicale. Plusieurs sources évoquent toutefois un optimisme prudent du côté russe, convaincu que la situation géopolitique pourrait évoluer dans les prochains mois. Au-delà de l’aspect sportif, cette initiative illustre une fois de plus le rôle croissant de la diplomatie dans le football mondial. Le timing du projet russe n’est pas anodin, car il intervient alors que circulent des informations sur un plan de paix en 28 points proposé par Donald Trump à Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky pour tenter d’esquisser une sortie de crise en Ukraine. En cherchant à créer un événement international parallèle, Moscou teste la réaction de la FIFA et rappelle qu’elle compte redevenir un acteur majeur de la scène sportive globale. Le football, et plus encore la Coupe du monde, reste un instrument de soft power d’une puissance exceptionnelle. Dans cette bataille d’influence, la Russie entend ramener la lumière sur elle, quitte à défier l’ordre établi et à prouver une nouvelle fois que, derrière le ballon, se jouent souvent des enjeux bien plus larges que ceux du terrain.

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