Serie A

La très inquiétante disparition d’Arkadiusz Milik à la Juventus

Plus de 500 jours sans jouer, trois opérations, un contrat prolongé mais aucun retour à l’horizon. Arkadiusz Milik a disparu des radars de la Juventus, victime d’un enchaînement de blessures et de choix de club désormais difficiles à justifier.

Par Valentin Feuillette
3 min.
Arkadiusz Milk sous les couleurs de la Juventus @Maxppp

Arkadiusz Milik n’est plus apparu sur un terrain depuis plus de 500 jours, une absence interminable pour un joueur censé être une pièce importante du dispositif offensif de la Juventus. Tout a commencé le 7 juin 2024, lors d’un match amical entre la Pologne et l’Ukraine, quand l’attaquant a subi une grave blessure au genou gauche. L’opération réalisée au J-Medical par le professeur Roberto Rossi semblait bénigne à première vue, avec une convalescence estimée à une quarantaine de jours. Mais les complications se sont rapidement multipliées : l’articulation n’a jamais totalement répondu au traitement, et Milik a dû subir une seconde intervention chirurgicale en octobre 2024 à la Villa Stuart. Cette rechute a marqué un tournant pour un attaquant, autrefois solide et décisif, qui s’est ainsi retrouvé plongé dans un tunnel médical sans fin. Entre soins, rééducation et frustrations, le Polonais s’est progressivement effacé de la scène sportive, symbolisant les dangers d’une récupération précipitée et mal maîtrisée.

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Cette longue indisponibilité a profondément bousculé la stratégie sportive de la Juventus. Initialement, la direction turinoise, alors menée à l’époque par Cristiano Giuntoli, avait fait le pari de miser sur le retour de Milik plutôt que de recruter un nouvel avant-centre à l’été 2024. Mais ce choix s’est rapidement révélé désastreux. Face à l’impossibilité de compter sur le Polonais, le club turinois a dû corriger le tir en urgence, d’abord en janvier 2025 avec le prêt de Randal Kolo Muani, puis durant le mercato estival suivant avec les arrivées de Jonathan David et Loïs Openda. Ces décisions ont transformé la hiérarchie offensive avec désormais Vlahovic, David et Openda qui se disputent aujourd’hui une place dans un système où Milik n’a plus aucun rôle. La Juventus, qui l’avait inscrit comme un simple nom dans sa liste officielle, ne le considère plus comme une solution sportive viable. L’ancien buteur de Naples est ainsi devenu un fantôme du vestiaire, un joueur sous contrat mais sans véritable place dans le projet d’Igor Tudor.

Un avenir en pointillés

La surprise a été totale lorsque, en avril 2025, la Juventus a annoncé le renouvellement du contrat d’Arkadiusz Milik jusqu’en 2027. Une décision qui a suscité de vives interrogations, tant du côté des supporters que des observateurs du football italien. En réalité, cette prolongation avait davantage une justification économique que sportive puisqu’elle permettait au club de répartir le salaire net de 3,5 millions d’euros du joueur sur deux saisons supplémentaires, allégeant ainsi le poids financier à court terme. Mais sur le plan sportif, ce renouvellement apparaît aujourd’hui comme une erreur manifeste. Car non seulement Milik n’a pas disputé la moindre minute officielle depuis mai 2024, mais il a également connu un nouveau contretemps en juillet 2025, avec une lacération au tibia droit survenue lors d’un accident d’entraînement. Une blessure qui a mis fin, avant même de commencer, à tout espoir de retour lors de la Coupe du Monde des Clubs. Le Polonais semble enfermé dans une spirale d’infortunes physiques et mentales dont il ne parvient plus à sortir.

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Aujourd’hui, la situation d’Arkadiusz Milik à la Juventus apparaît plus fragile que jamais. Exclu de la liste UEFA, absent des entraînements collectifs et visiblement loin de retrouver son niveau d’antan, l’attaquant polonais se retrouve face à un mur. Les prochains mois s’annoncent décisifs avec une décision à prendre, soit un départ dès le mercato hivernal 2026 qui reste une hypothèse compliquée par son état physique et l’absence d’acheteurs prêts à prendre un tel risque, soit une résiliation de contrat à l’amiable, option envisagée en interne pour clore ce long feuilleton. À 31 ans, Milik est confronté à une réalité brutale. Après des années marquées par les blessures, il semble avoir perdu le rythme et la confiance nécessaires pour évoluer au plus haut niveau. La Juventus, de son côté, cherche avant tout à tourner la page. Ainsi s’éteint, dans le silence des couloirs du J-Medical, l’un des chapitres les plus frustrants de la carrière d’un attaquant qui, à son arrivée à Turin, incarnait l’expérience et la sérénité devant le but.

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