Entre Dominik Greif et l’OL, la greffe a bien pris
Dernier rempart de l’Olympique Lyonnais, Dominik Greif est l’une des bonnes pioches de la saison. À 28 ans, le portier slovaque est en train de prendre une nouvelle dimension, lui qui revient de loin.
Dominik Greif a de nombreuses qualités. Avant même d’avoir signé en faveur de l’Olympique Lyonnais, le club et ses supporters ont pu s’en rendre compte. Ils ont pu constater que le Slovaque est un homme de parole. Durant le dernier mercato d’été, il a été solide sur ses appuis et il a tenu bon malgré les avances du LOSC, prêt à faire de lui le successeur de Lucas Chevalier parti au PSG. Malgré une belle proposition qui lui tendait les bras, Greif a maintenu son souhait de rejoindre les pensionnaires du Groupama Stadium. Ensuite, il a montré qu’il est une personne très patiente. Durant des semaines, il a dû attendre avant que son transfert soit enfin bouclé. Ce qui est finalement arrivé le 18 août, après de longues et âpres négociations avec Majorque. L’OL a officialisé la bonne nouvelle par le biais d’un communiqué de presse.
Une patience à toute épreuve
«L’Olympique Lyonnais est heureux d’annoncer l’arrivée du gardien international slovaque Dominik Greif, en provenance du RCD Majorque, pour 4 saisons, jusqu’au 30 juin 2029. Le transfert s’élève à 4M€, auxquels pourront s’ajouter 1,25M€ de bonus ainsi qu’un intéressement de 15 % sur une éventuelle plus-value future.» Un soulagement pour le portier né en 97 comme il l’a avoué au site de l’UEFA. «À la fin du processus, c’était un grand soulagement car cela a pris beaucoup de temps, et je ne suis pas sûr que ce soit si courant. Ça a duré trois semaines, quelque chose comme ça. J’ai reçu un message m’annonçant que le transfert était finalisé, mais cela a continué pendant plusieurs semaines après. J’étais donc un peu nerveux. Au final, j’étais soulagé et heureux. Un nouveau chapitre m’attendait, et j’allais rejoindre un grand club.»
Un club qui cherchait un portier titulaire après la vente de Lucas Perri à Leeds. Mais Greif a dû encore faire preuve de patience puisque Rémy Descamps, qui était sur le départ durant le mercato d’été, a marqué des points auprès du staff durant la préparation estivale. C’est donc sur le banc que le natif de Bratislava a vécu ses premiers matches à Lyon. Cela a été le cas face à Metz, Marseille et Rennes (il n’avait pas encore signé quand les Gones ont affronté Lens, ndlr). Ensuite, les choses sont "rentrées dans l’ordre". Descamps, plutôt bon jusqu’alors, a été stoppé par une blessure. Greif en a donc profité pour retrouver du temps de jeu et se faire une place dans le onze de départ. Quelques mois plus tard, il s’est confortablement installé au poste de n°1, même si Paulo Fonseca est plutôt un adepte de l’alternance.
Un n°1 qui accepte l’alternance
Au mois de janvier, le Portugais avait expliqué son épineuse gestion des gardiens. «Naturellement, Dominik Greif est celui qui joue le plus, mais on a besoin aussi d’avoir Rémy Descamps à un bon niveau, prêt à répondre présent. Et ces rencontres sont bien pour qu’il emmagasine de la compétition.» Cette saison, Descamps a ainsi pris part à 11 matches toutes compétitions confondues. Dans le détail, il a joué 4 matches de championnat, 4 en ligue Europa et 3 en Coupe de France. Ce qui est pas mal pour une doublure. Greif, qui n’a donc pas été utilisé en Coupe de France, a participé à 4 rencontres de C3. Mais il faut noter qu’il est resté sur le banc lors des 4 derniers matches d’Europa League. En revanche, il enchaîne les rencontres en championnat de France. Pour le moment, Fonseca a fait appel à lui à 18 reprises. C’est bien simple, depuis qu’il a relayé Descamps en septembre dernier, il n’est plus sorti du onze de départ. Soit 18 matches
Il faut dire qu’il est plutôt difficile à déloger. Sur les 22 matches qu’il a joués toutes compétitions confondues (1980 minutes de jeu), il a encaissé 19 buts (17 en Ligue 1, 2 en C3). En ce qui concerne les clean-sheets, il en est à 12, dont 3 en C3 et 9 en championnat de France, dont 3 lors des 3 dernières sorties des Gones. Avec Lucas Chevalier (PSG) et Robin Risser (Lens), il est le meilleur dans ce domaine dans l’Hexagone. Il n’est donc pas étranger au fait que l’OL possède la troisième meilleure défense de Ligue 1. D’ailleurs, Marca indique que «l’Olympique Lyonnais affiche le meilleur pourcentage de matches sans encaisser de but (58 %) parmi les cinq grands championnats européens» et qu’ils «ont réalisé 19 clean sheets en 33 rencontres cette saison, dont 12 avec Greif et 7 avec Rémy Descamps».
Fonseca en a parlé vendredi en conférence de presse. «Mentalement, nous sommes bien. La semaine de travail nous permet de travailler sur les aspects que nous devons améliorer, notamment la préparation stratégique du match contre Strasbourg. Nous pouvons aussi parler des gardiens et des défenseurs, qui sont très importants pour les performances de l’équipe. C’est un processus collectif : nous avons la ligne défensive avec le gardien, mais le mérite revient à toute l’équipe, à la façon dont ils travaillent ensemble défensivement.» En plus des clean-sheets, Greif, qui vient d’atteindre la barre des 200 matches en pros (132 avec le Slovan Bratislava, 46 avec Majorque et 22 avec Lyon), a aussi stoppé 2 pénaltys. C’est une vraie bonne pioche. Au-delà de ses qualités sur la ligne et ses réflexes, son jeu au pied est un réel atout pour les Lyonnais.
Interrogé par le site de l’UEFA, il en avait dit plus sur l’évolution de son style en France il y a quelques semaines de cela. «Je me suis toujours considéré comme un gardien complet, assez bon dans tous les compartiments du jeu qu’un gardien moderne doit maîtriser. C’est le type de gardien que je suis, je me suis toujours senti plus à l’aise dans mon but, sur ma ligne. Vu ma taille, j’ai développé d’excellents réflexes et une grande souplesse. Mais être gardien de nos jours… Comme je l’ai dit, j’ai toujours pensé que ma capacité à utiliser mes pieds et ma qualité de passe étaient correctes, mais on ne m’a jamais demandé de le faire autant. Pour l’instant, j’en suis content».
L’essayer c’est l’adopter
Il a ajouté :«cela dépend aussi de la qualité des joueurs qui m’entourent, qui est d’un très haut niveau. Dans une situation où, auparavant, je n’aurais peut-être pas réfléchi et j’aurais simplement dégagé le ballon, maintenant je m’arrête, même quand je ne vois pas d’option de passe. Si je garde le ballon une seconde, une opportunité peut se créer. Cela me rend plus calme. Et je sens que je progresse chaque jour à l’entraînement.» Prêt à aider les siens à poursuivre leur belle saison, Greif savoure cette réussite, lui qui a vécu des moments plus compliqués par le passé notamment en 2021 lorsqu’il a souffert d’un sérieux problème de dos comme il l’a avoué à l’Equipe en octobre dernier.« Le problème, c’était le diagnostic. En Espagne, les médecins tournaient en rond sans parvenir à trouver la cause de mes douleurs.»
Greif a ajouté : «au bout d’un moment, la situation est devenue tendue. Les examens n’ont rien révélé de concluant, et ils n’arrivaient pas à croire que je souffrais autant. En Slovaquie, pendant ce temps-là, on me disait que je ne jouais pas parce que je n’étais pas assez bon. J’ai fini par penser, oui, que ce serait peut-être la fin. Certains jours, je ne voyais pas la lumière au bout du tunnel, parce qu’il n’y avait pas de solution. J’étais à la limite du fauteuil roulant. Alors qu’au final, c’en est presque risible tellement c’était simple à résoudre.» Une épreuve qui a marqué son parcours de footballeur et d’homme. Mais cela lui a aussi permis d’apprendre et de profiter un peu plus de ce qu’il vit. Ce soir, à Strasbourg, Greif, qui a connu quelques problèmes en sélection nationale, aura l’occasion de poursuivre sur sa belle lancée en club (13 victoires de suite, 9 clean-sheets en championnat). À Lyon, tout le monde l’a d’ailleurs déjà adopté.
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