L’arrivée de Thibaut Courtois, la Ligue 1… les révélations croustillantes du président du Mans
Le Mans FC a officialisé ce jeudi l’arrivée de Thibaut Courtois au capital du club, mais aussi la prise de participation majoritaire d’Outfield, le fonds d’investissement brésilien arrivé cet été avec Novak Djokovic, Kevin Magnussen ou encore Felipe Massa dans ses bagages. Mais qu’est-ce que cela va changer ?
Les rêves sont plus légers et le sommeil plus profond du côté du Mans en ce moment. Il y a encore quinze mois, le club sarthois était pourtant 13e de National, plongé dans l’incertitude sportivement. Mais depuis ce 1/8e de finale de Coupe de France perdu face au PSG (2-0 en février 2025), on a comme le sentiment que les Manceaux portent avec eux l’énergie victorieuse de leur adversaire, vainqueur quelques mois plus tard de la Ligue des Champions. Après avoir obtenu une montée épique l’an passé, les Sang et Or sont aujourd’hui 5es de Ligue 2 et peuvent se permettre de rêver d’une promotion en L1, un championnat plus fréquenté depuis la saison 2009/2010.
𝗟𝗶𝗿𝗲 𝗹𝗮 𝘀𝘂𝗶𝘁𝗲 :
#AllezLEMANSFC ❤️💛
«Il reste trois mois fantastiques à vivre, ce n’est que du bonus mais il ne faudra pas être déçu, confie Thierry Gomez, président du Mans. Avec 39 points, on est quasiment maintenu, ce qui était l’objectif, l’année prochaine il faudra être encore meilleur. J’aimerais que Le Mans revienne en Ligue 1 à l’avenir, avec ou sans moi». Mais avec sûrement des moyens supplémentaires. Ce matin, Le Mans a officialisé l’arrivée de Thibaut Courtois au capital du club. Via la société d’investissement NxtPlay qu’il a cofondée, le gardien du Real Madrid rejoint un cercle d’investisseurs de renom aux côtés de Novak Djokovic, ou encore de Felipe Massa et de Kevin Magnussen, arrivés cet été dans le sillage du fonds d’investissement Outfield, devenu actionnaire majoritaire du club aujourd’hui. Ces super athlètes ne seront pas juste des super ambassadeurs. A priori, ils seront actifs dans la vie du club, et endosseront un rôle de "conseiller".
Thibaut Courtois est espéré au Mans dans les mois à venir
Pour Thierry Gomez, qui restera président et actionnaire suite à ce réagencement de l’organigramme, trouver de nouveaux partenaires financiers était impératif pour pérenniser le club. Il n’est d’ailleurs pas impossible de voir d’autres clubs français suivre le même modèle dans les mois à venir. «Depuis deux ans, je prédisais que ce serait compliqué pour le foot français. Je me suis mis à la recherche de partenaires fiables et crédibles. OutField nous apporte sa connaissance et son expertise du milieu du sport avec ces grands champions (Djokovic, Magnussen et Massa), et ça a interpellé d’autres investisseurs depuis cet été. J’ai reçu plus de 100 sollicitations pour devenir actionnaires, dont d’autres sportifs bien connus.» C’est NxtPlay, un acteur connu pour financer et accompagner des projets dans le sport, les médias, ou encore la tech, qui a finalement été retenu.
«J’ai rencontré les co-investisseurs de Courtois à deux ou trois reprises, à chaque fois lors de matchs du Mans. Ils sont tombés amoureux du projet, et ils sont très excités de s’associer avec nous pour développer le club. Faire venir Djokovic, Courtois, Magnussen et Massa (qui était venu aux 40 ans du club en septembre, puis lors du derby contre Laval ce mois-ci, ndlr), pourquoi pas ? Peut-être à l’occasion des 24h du Mans, ce sera peut-être une période calme pour eux. Ou il faudrait qu’on joue le Real Madrid en Ligue des Champions (rires). Mais l’idée, c’est vraiment de les faire venir.» En interne, l’arrivée de Courtois a été accueillie avec enthousiasme et surprise. Le président a lancé ce matin un petit jeu de devinettes façon Julien Lepers auprès du personnel et des joueurs pour révéler l’identité de l’investisseur en question, alors qu’il avait annoncé il y a quelques jours l’arrivée d’un "très grand footballeur".
Tous étaient scotchés. Les gardiens rêvent de le rencontrer, et le Belge était forcément au cœur des échanges dans le vestiaire manceau. Pour certains agents, l’idée d’un départ de leur(s) poulain(s) cet été ne va plus forcément de soi. L’arrivée de Courtois, conjuguée à la dynamique des derniers mois et la prise de participation majoritaire d’Outfield, en a amené certains à reconsidérer leurs plans. D’autres cherchent à se renseigner sur les conséquences concrètes, sportivement et financièrement, de ce remaniement. Chez les supporters, l’annonce a rencontré un écho favorable. Là où d’autres clubs ont vu leur identité diluée par l’arrivée de nouveaux investisseurs ces dernières années, Thierry Gomez balaie tout de suite cette hypothèse. «J’ai eu trois clubs de supporters officiels, j’ai eu les présidents au téléphone, je leur ai expliqué le projet, ils comprennent et veulent voir leur club grandir. Tout le monde est heureux de cette nouvelle étape, les supporters savent que retrouver un centre de formation est une bonne nouvelle, et pouvoir croiser un jour des gens comme "Djoko" ou Courtois, c’est du plaisir.»
Feu vert pour le centre de formation
L’arrivée de nouveaux investisseurs va mécaniquement accroître le budget dans les années à venir. Mais Le Mans n’est pas appelé à intégrer dès la saison prochaine le top 5 des puissances financières de L2, par exemple. En tout cas pas en matière de recrutement. «Prendre un club dans lequel il y a 0 dette, il y en a très peu ou aucun, c’est pourtant le cas du Mans. On a la deuxième meilleure affluence de L2 derrière l’ASSE. On veut surfer sur cette dynamique en achetant notre centre d’entraînement de La Pincenardière et du Clos Fleuri, cela nous permet d’avoir un actif. Et on vient d’avoir le feu vert de la DTN et de la DNCG cette semaine sur la possibilité d’ouvrir notre centre de formation», détaille le président sarthois, peu loquace en revanche sur la possibilité de voir Adidas équiper Le Mans dès la saison prochaine, alors que le contrat avec Kappa expirera en fin de saison après 12 ans de collaboration ininterrompue (Kappa avait aussi habillé le club entre 2003 et 2011 puis entre 2014 et 2026).
Pour Le Mans, retrouver un centre de formation était impératif, surtout après l’épisode Gabin Bernardeau, parti signer son premier contrat professionnel à Nice l’été dernier après une superbe saison avec son club formateur en National. «On aura la possibilité de garder nos meilleurs jeunes, ça fait 10 ans que je les vois partir, il faut garder une identité, avoir des jeunes issus du territoire qui viennent peupler l’effectif pro. Pour les supporters et pour tout le monde, c’est une proximité, c’est être en accord avec l’identité du club, du territoire.» Le Mans revoit ses ambitions à la hausse, avec l’objectif de revenir en Ligue 1 à terme… Et si le frisson arrivait plus vite que prévu ?