AC Milan : Rafael Leão renaît de ses cendres au meilleur des moments
Après une longue absence et des prestations mitigées, l’attaquant portugais a inscrit un doublé décisif face à la Fiorentina, prenant son équipe sur ses épaules et la propulsant en tête de la Serie A.
Rafael Leão était sans doute l’homme le plus attendu de cette rencontre au sommet entre l’AC Milan et la Fiorentina. Longtemps éloigné des terrains après un mois et demi d’absence depuis la Coppa Italia contre Bari, l’ailier portugais devait prouver qu’il avait retrouvé sa forme et, surtout, son envie. Ses récentes apparitions, notamment face à Naples et à la Juventus, avaient laissé transparaître un certain désintérêt, une absence de tranchant dans le jeu et même une lassitude inquiétante. Mais ce dimanche soir à San Siro, la réponse de Leão a été éclatante. Face à son ancien mentor, l’ancienne pépite du Sporting a signé un doublé décisif, retrouvant le chemin des filets à domicile après 512 jours de disette en Serie A. Deux buts qui n’ont pas seulement offert la victoire à Milan, mais qui ont aussi replacé les Rossoneri en tête du classement, rappelant à tous que Leão reste, malgré les critiques, un joueur capable de changer le destin d’un match à lui seul. Ses deux réalisations racontent à elles seules la transformation du joueur.
Le premier but porte sa signature avec cette accélération, suivie d’un dribble rapide et d’une frappe sèche du droit face à un De Gea impuissant. Du Leão pur jus, instinctif et inspiré. Mais c’est surtout le second but, inscrit sur penalty, qui en dit long sur son état d’esprit. Car cette fois, le Portugais de 26 ans a pris ses responsabilités : « Nous savions que ce serait un match difficile. La Fiorentina a des joueurs de qualité et l’entraîneur nous a dit de ne pas leur laisser d’espaces. C’est ce que nous avons fait, même si nous n’avons pas eu beaucoup de tirs cadrés en première période, mais nous avons ensuite débloqué la situation. C’est une victoire collective. J’ai passé près d’un mois et demi blessé. Je dédie ce match à ma famille et à mes coéquipiers. Nous pouvons accomplir beaucoup de choses importantes cette saison », a expliqué l’ailier passé par le LOSC. Après les hésitations des semaines précédentes et les doutes liés à son leadership offensif, il a choisi de tirer, sereinement, prenant le gardien de la Viola à contrepied. Ce geste, simple en apparence, symbolise pourtant la renaissance d’un joueur conscient de son rôle et prêt à l’assumer. Loin du Leão parfois nonchalant ou égoïste, les tifosi milanais ont vu un attaquant impliqué, déterminé à être le moteur d’un Milan meurtri par les blessures, mais toujours ambitieux.
Le retour tant attendu du Portugais
Si cette renaissance a pris forme en seconde période, c’est en grande partie grâce à un ajustement tactique de Massimiliano Allegri. Durant la première mi-temps, Leão avait semblé emprunter, enfermé dans un rôle de pur avant-centre qui ne correspond pas à ses qualités naturelles. Peu d’appels, beaucoup de pertes de balle, et un Milan trop prévisible offensivement. Mais après l’ouverture du score de la Fiorentina, le coach rossonero a revu sa copie en replaçant Leão à un poste plus libre, proche d’un second attaquant, soutenu par Giménez et alimenté par Saelemaekers sur le flanc droit : « Avec Giménez à ses côtés, il était plus libre de ses mouvements, mais il doit s’y habituer. Ce soir, Fofana a rempli la surface, et c’est important de le faire même avec des joueurs extérieurs. Il n’y a pas eu de confusion. J’ai choisi Rafa parce qu’il tire très bien à l’entraînement, mais Fofana est aussi très bon. Je ne regarde jamais les penalties : à Turin, ça s’est mal passé, ce soir, c’était mieux », a affirmé l’entraîneur italien. Ce repositionnement a tout changé. Revenu dans sa zone de confort, libre de décrocher, d’attaquer l’espace et de provoquer, le Portugais a pris feu. Il a renversé le match, retrouvé la confiance, et entraîné toute l’équipe avec lui. Lucide, Allegri a sans doute trouvé la clé d’un équilibre offensif plus fluide, centré autour de son joueur le plus imprévisible.
Au-delà de la performance individuelle, cette victoire symbolise la force de caractère d’un Milan décimé, mais combatif. Avec une infirmerie pleine, marquée par les absences de Pulisic, Rabiot, Nkunku, Estupiñán et Loftus-Cheek, Allegri ne disposait que de cinq joueurs de champ sur le banc, dont deux issus de Milan Futuro. Et pourtant, les Rossoneri ont su puiser dans leurs ressources pour renverser une Fiorentina compacte, mais stérile. Le but de Gosens, né d’une erreur rare entre Maignan et Gabbia, aurait pu abattre une équipe fragilisée. Il a, au contraire, réveillé l’âme d’une équipe qui avait cruellement besoin d’enchaîner au retour de la trêve internationale. Leão a d’abord égalisé d’une frappe chirurgicale avant de libérer tout un stade sur penalty, brisant une malédiction longue de 17 mois. Dans la grisaille des absents, le natif d’Almada a ramené la lumière. Et si Milan semble bandé de la tête aux pieds, c’est bien son numéro 10 qui, tel un phénix, vient de renaître au moment où son équipe avait le plus besoin de lui.
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