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La FIFA va organiser sa deuxième petite Coupe du Monde 2026

Avec 48 sélections issues des six confédérations, les FIFA Series 2026 prendront des allures de "petite Coupe du Monde", pensée pour offrir visibilité, expérience et rencontres internationales à des nations souvent éloignées des projecteurs du très haut niveau.

Par Valentin Feuillette
5 min.
Gianni Infantino, président de la FIFA @Maxppp

Loin des stades flambant neufs des États-Unis, du Mexique et du Canada, loin aussi de l’énorme machine médiatique qui accompagnera la Coupe du Monde 2026 officielle, une autre compétition mondiale se met en place, plus discrète, mais tout aussi révélatrice de l’évolution du football international. La FIFA a confirmé la tenue des FIFA Series 2026, un tournoi d’ampleur inédite qui réunira 48 sélections issues des six confédérations, soit près d’un quart de ses associations membres. Sans revendiquer le prestige ni l’aura d’un Mondial classique, cette compétition s’inscrit comme une sorte de miroir parallèle. Comme une Coupe du Monde plus modeste, plus éclatée géographiquement, pensée pour offrir une scène internationale à des nations souvent cantonnées aux marges du grand récit footballistique. Une vitrine globale, mais à taille humaine, où l’enjeu n’est pas tant le sacre que l’exposition, l’expérience et la progression.

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Le format, élargi et soigneusement structuré, illustre cette ambition. Les 48 équipes seront réparties en 12 groupes de quatre, disputés lors des fenêtres internationales de mars et d’avril 2026, sans alourdir un calendrier déjà saturé. La particularité notable réside sur la présence de onze associations membres de la FIFA qui accueilleront les rencontres, avec une répartition qui en dit long sur la philosophie du projet. Azerbaïdjan, Kazakhstan, Ouzbékistan, Rwanda, Porto Rico, Indonésie ou encore Nouvelle-Zélande et Australie pour les hommes. Et le Brésil, la Côte d’Ivoire et la Thaïlande pour les femmes. Autant de territoires rarement au centre du football mondial, mais appelés ici à devenir, le temps de quelques semaines, des carrefours internationaux. La présence de neuf groupes masculins et de trois groupes féminins confirme également la volonté de la FIFA d’inscrire cette initiative dans une logique globale de développement, sans hiérarchie de principe entre les deux disciplines.

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Aider les petites fédérations à briller

Sportivement, les FIFA Series 2026 proposeront un contraste assumé. On y croisera aussi bien des sélections solidement installées dans le paysage international, notamment dans les groupes des équipes féminines comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Brésil ou le Canada, que des nations beaucoup plus discrètes, parfois classées au-delà de la 150e ou 200e place mondiale, comme les Îles Vierges américaines, Guam, Aruba, Saint-Christophe-et-Niévès, le Samoa ou les Turks-et-Caicos. Cinq équipes déjà qualifiées pour la Coupe du Monde 2026 (l’Australie, le Cap-Vert, Curaçao, la Nouvelle-Zélande et l’Ouzbékistan) seront de la partie, ce qui confère au tournoi une crédibilité compétitive réelle, tout en rappelant que l’essence du projet demeure ailleurs. Ici, il s’agit avant tout de créer des confrontations pertinentes pour des sélections peu habituées à se mesurer à d’autres confédérations, de leur offrir une visibilité mondiale. Tous les matchs seront diffusés à l’échelle internationale, ce qui peut leur permettre d’exister, même brièvement, dans l’écosystème médiatique global du football. « Le but des FIFA Series est simple : libérer le potentiel de développement des joueurs, des joueuses, des entraîneurs et des supporters, tout en promouvant l’universalité et la diversité du football par le biais de matches à enjeu. L’édition 2026 permettra d’aller encore plus loin dans cette direction, aussi bien pour le football masculin que féminin », a déclaré le Président de la FIFA, Gianni Infantino.

« En réunissant des nations dans un cadre compétitif, les FIFA Series permettent de faire grandir le football à tous les niveaux, tant à l’échelle locale qu’internationale», a-t-il poursuivi. Au-delà du terrain, les FIFA Series s’inscrivent dans une stratégie plus large de la FIFA, alignée sur ses objectifs 2023-2027 pour un football véritablement mondial. Les fédérations hôtes et participantes y gagnent une expérience précieuse en matière d’organisation, d’arbitrage, de logistique et de gestion d’événements internationaux, dans des conditions proches de celles des grandes compétitions. Une dimension souvent invisible, mais essentielle pour des associations qui n’auront sans doute jamais l’occasion d’accueillir une Coupe du Monde classique. À l’heure où circulent, en parallèle, des rumeurs plus politiques sur des projets d’un «Mondial alternatif» portés par des nations mises à l’écart comme la Russie, les FIFA Series apparaissent comme la réponse institutionnelle de la FIFA. Une Coupe du Monde officieuse, encadrée, assumée, destinée non pas aux exclus du système, mais à ceux qui, habituellement, en occupent les étages inférieurs. Une Coupe du Monde des petites nations, certes, mais une Coupe du Monde quand même, et peut-être, pour certaines d’entre elles, la plus grande de leur histoire.

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Liste de pays participants

Groupes masculins :

  • Groupe A : Australie (pays hôte), Cameroun, RP Chine, Curaçao
  • Groupe B : Azerbaïdjan (pays hôte), Oman, Sierra Leone, Sainte-Lucie
  • Groupe C : Indonésie (pays hôte), Bulgarie, Îles Salomon, Saint-Christophe-et-Niévès
  • Groupe D : Kazakhstan (pays hôte), Comores, Koweït, Namibie
  • Groupe E : Nouvelle-Zélande (pays hôte), Cap-Vert, Chili, Finlande
  • Groupe F : Porto Rico (pays hôte), Samoa américaines, Guam, Îles Vierges américaines
  • Groupe G : Rwanda (pays hôte), Estonie, Grenade, Kenya
  • Groupe H : Aruba, Liechtenstein, Macao, Tanzanie
  • Groupe I : Ouzbékistan (pays hôte), Gabon, Trinité-et-Tobago, Venezuela

Groupes féminins :

  • Groupe A : Brésil (pays hôte), Canada, République de Corée, Zambie
  • Groupe B : Côte d’Ivoire (pays hôte), Mauritanie, Pakistan, Turks-et-Caicos
  • Groupe C : Thaïlande (pays hôte), RD Congo, Népal, Équipe de l’OFC à déterminer
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