Agression du Youtubeur algérien : le Cameroun se déchire pour Samuel Eto'o !

Par Matthieu Margueritte
5 min.
Agression du Youtubeur algérien : le Cameroun se déchire pour Samuel Eto'o ! @Maxppp

La vidéo polémique de l'agression du Youtubeur algérien par le président de la fédération camerounaise a beaucoup fait parler. Y compris au pays des Lions indomptables où le cas Eto'o fait débat.

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L’image a fait le tour du monde. Au sortir du huitième de finale entre le Brésil et la Corée du Sud, Samuel Eto’o a complètement craqué en s’en prenant physiquement au Youtubeur algérien Sadouni SM. Ce dernier est accusé d’avoir provoqué l’ancien attaquant en lui demandant combien cela coûte pour acheter un arbitre (en référence à un barrage retour controversé entre le Cameroun et l'Algérie en mars dernier). Une provocation certes, mais voir un président de fédération réagir de la sorte a interpellé.

Les soutiens d'Eto'o se manifestent

Plus tard, Sadouni SM a publié une vidéo depuis un commissariat pour annoncer qu’il portait plainte et qu’il espérait que cette affaire n’allait pas être étouffée en raison de la notoriété de l’ancien joueur duo FC Barcelone. « Il a détruit ma caméra et mon microphone. Je suis au commissariat de police. Partagez cette vidéo, je sais que le Qatar est un pays de droit. Soyez solidaire. J’ai fait ça pour l’Algérie. » Depuis, la fédération camerounaise (FECAFOOT) ne s’est toujours exprimée. En revanche, Samuel Eto’o l’a fait, mais via son compte personnel.

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L’ancien buteur s’est excusé, mais a rappelé qu’il est l’objet de harcèlement continu de certains supporters algériens depuis le fameux barrage remporté face aux Fennecs. Un climat pesant qui l’a donc fait dégoupiller, même si la star camerounaise a appelé tout le monde au calme. Mais que pense le Cameroun des actes de son président ? Visiblement, l’opinion est tiraillée. Il y a ceux qui soutiennent fermement Eto’o. Le journal L’Info à Chaud a ainsi publié une page où il est écrit : « La patrie d’abord. Petite correction du harceler raciste algérien. Même si dans sa lettre d’excuses le « soldat » Samuel Eto’o Fils regrette d’avoir perdu son sang-froid et réagi d’une manière qui ne correspond pas à sa personnalité, le président de la FECAFOOT rappelle aux autorités algériennes que son pays est la cible d’insultes et d’allégations de tricherie sans aucun fondement. »

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De son côté, L’Info Matin publie un encart sur sa Une soulignant : « Une agression de trop contre Eto’o et le Cameroun ». Un parti pris également illustré par les propos suivants : « le Youtubeur algérien, à la sortie du stade 974 de Doha, est en réalité un membre d’un gang d’extrémistes ». Enfin, le Professeur de sociologie Claude Abé est lui aussi venu soutenir Eto’o. « Il faut donner du temps à monsieur Eto’o pour faire son travail. Je pense qu’il est en train de bien structurer le football camerounais, il doit d’être soutenu », a-t-il déclaré sur Vision 4. Petite précision, Claude Abé a été le directeur de campagne d’Eto’o (pour les élections de la FECAFOOT). Et puis il y a ceux qui n’ont pas une vision angélique du Samuel Eto’o version président de la fédération.

Eto'o accusé de faire ce qu'il veut

Le quotidien Émergence a ainsi parlé d’une « nouvelle affaire Eto’o ». De son côté, Guibai Gatama a réclamé des comptes à la fédération. « Si je dis ça, vous direz que j’ai mal bouche. Mais normalement, quand un président fait ce qu’il a fait là, en public, à tort ou à raison, i devrait quand même passer devant le conseil de discipline de la FECAFOOT ou ce qui en tient lieu pour s’expliquer. Quitte à être blanchi ! C’est la règle, le respect de l’institution. heureusement qu’il a eu la bonne idée de m’exclure très tôt de tout ça », a-t-il posté sur son compte Facebook. Pour rappel, Gatama est le premier journaliste à s’être opposé à la nomination d’Eto’o au poste de président de la fédération suite à une condamnation judiciaire prononcée contre Eto’o par la justice espagnole. Une prise de position qui avait valu à Gatama d’être exclu du comité exécutif de la FECAFOOT en août dernier.

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Face au silence de la fédération, pas sûr que Gatama soit écouté. Car dans ses colonnes, Le Parisien a fait des révélations sur la mainmise d’Eto’o sur la FECAFOOT. Ainsi, il lui est reproché ses interventions dans le vestiaire de la sélection nationale, mettant ainsi en cause l’autorité du sélectionneur. Ensuite, il a attiré l’attention de la FIFA en modifiant les statuts de la fédération avec pour but d’allonger le mandat présidentiel (de 4 à 7 ans). « Il prend les décisions tout seul, explique encore un proche de l’instance. Je ne vois pas qui oserait lever le petit doigt », indique une source proche de la fédération au quotidien. Des décisions prises selon son bon vouloir qui ont couté cher à la FECAFOOT : le licenciement de Toni Conceição (1,6 M€) et la rupture unilatérale du contrat avec l’équipementier Le Coq Sportif. Ce dernier point fait d’ailleurs encore l’objet d’un litige. Vous l’aurez compris, Samuel Eto’o est loin de faire l’unanimité dans son pays.

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