Le PSG remporte sans sourciller le Trophée des Champions en domptant l'OL 4-1 notamment grâce à une superbe première mi-temps. L'animation offensive parisienne a donné beaucoup d'enseignements positifs.
Cette fois la saison est bien lancée pour le football d'élite en France. En Autriche, le PSG et Lyon s'offraient un remake du trophée des Champions de l'an dernier. Vainqueurs 2-0 il y un an, les Parisiens avaient cette fois-ci la partie loin d'être jouée face à l'OL. La faute à tous les changements intervenus cet été entre les départs de Laurent Blanc et Zlatan Ibrahimovic et les arrivées d'Unai Emery et d'Hatem Ben Arfa. Le Français était d'ailleurs titulaire en pointe avec Lucas et Di Maria sur les côtés. Au milieu, c'est le trio Motta, Stambouli et Pastore qui avait les préférences de l’entraîneur espagnol alors que Trapp gardait les buts aux dépends d'Aréola. Côté Lyonnais, Genesio faisait confiance à ses hommes de la saison passée. Seule la recrue Nkoulou était titulaire au coup d'envoi.
Les cinq premières minutes de la rencontre offraient un début équilibré où Lyon aura une belle occasion. Après un tir de Morel repoussé par Trapp, Fekir envoyait le cuir au fond des filets mais l’arbitre signalait une position de hors-jeu (4e). Le gardien allemand ne rassurait pas et donnait un peu d’espoir aux Lyonnais. Un espoir de très courte durée. Kurzawa profitait des largesses au marquage de Rafael pour ajuster son centre à destination d’un Pastore décisif face au but (1-0, 9e). L’ouverture du score sonnait l’OL et Di Maria tentait un lob incroyable de 40 mètres que Lopes repoussait tant bien que mal (13e). Les Gones réagissaient avec cette frappe de Lacazette sur le poteau (14e) mais il en fallait plus pour le PSG qui doublait la mise avec ce but de Lucas sur cette offrande de Pastore (2-0, 19e). Le pressing parisien asphyxiait ses adversaires et offrait une main-mise totale sur la rencontre.
Les occasions s’accumulaient donc. Di Maria récupérait un ballon haut qu’il piquait, mais il trouvait le haut de la barre transversale (23e). C’est ensuite David Luiz qui faisait briller Lopes sur ce coup-franc (31e). Le portier lyonnais ne pouvait en revanche rien faire sur cette frappe en pivot de Ben Arfa qui terminait en lucarne (3-0, 34e). En fin de première mi-temps, le PSG faillit marquer un nouveau but sur ce mauvais renvoi de Lopes seulement sa défense effectuait un retour inespéré. La seconde période offrait le même scénario. Paris repartait à l'abordage et se procurait de nombreuses et franches occasions. Seuls face à Lopes, Lucas (48e) puis Pastore (50e) se déconcentraient et manquaient leur lob. Kurzawa, lui, remportait son duel sur cette magnifique ouverture de Pastore (4-0, 54e). La fin de match était légèrement plus équilibrée. Trapp brillait sur cette frappe de Cornet (59e) mais il devait s'incliner sur ce joli but de la tête de Tolisso (4-1, 87e). Paris remporte brillamment son 4e Trophée des Champions en surclassant l'OL. L'aventure d'Unai Emery au PSG commence bien.
L'homme du match : Pastore (8,5) : sous les ordres d'Unai Emery, on retrouve peut-être le joueur qu'il était il y a un an et demi. Tout au long de la soirée, l'Argentin a éclairé le match de son génie. Buteur dès la 9e minute, il est également passeur sur les réalisations de Lucas (19e) et de Kurzawa (54e). Globalement, il a parfaitement orienté le jeu de son équipe grâce à sa vista et sa technique très sure. Il aura tout de même eu parfois une attitude négative à l'image de son duel perdu face à Lopes (50e) qu'il joue trop facilement.
PSG :
Trapp (6) : préféré à Aréola, le gardien allemand n'a pas rassuré. Surpris dès l'entame de match, il relâche une frappe Morel que Fekir peut expédier au fond des filets mais l'arbitre indiquait une position de hors-jeu. Après ce début de match manqué, il a semblé fébrile dans ses rares interventions. Sauvé par son poteau (14e) sur ce tir de Lacazette, il a été plus rassurant en seconde période comme sur ces tentatives de Cornet (42e et 59e).
Aurier (7) : à la lutte pour une place de titulaire avec la nouvelle recrue Meunier, l'Ivoirien a été à l'image de ses premiers matches de cet été. Costaud dans les duels, propre défensivement et généreux offensivement, il aura tout de même manqué de justesse dans ses gestes à l'image de ces centres mal gérés (21e, 28e). Autoritaire.
David Luiz (6,5) : pris de vitesse à certaines occasions comme sur ce centre de Cornet (14e), le défenseur n'aura pas affiché une sérénité à toute épreuve. Son jeu de tête a tout de même été précieux tout comme ses relances, il a également été efficace dans son travail de couverture. Auteur d'un coup-franc vicieux qui a mis Lopes en difficulté (31e). Remplacé par Meunier (75e) qui a joué à droite obligeant Aurier à se replacer dans l'axe de la défense.
Kimpembe (7) : le jeune défenseur aura fait son match. Parfois bougé par Lacazette et trompé par Fekir, il a tout de même tenu la baraque en effectuant quelques interventions précieuses dans les pieds adverses. Il a coupé pas mal de centres (26e, 39e) et a su se rendre disponible pour ses milieux de terrain. Pas maladroit avec le ballon, il a affiché une certaine maturité.
Kurzawa (8) : très en jambes dans son couloir gauche, l'international français a vraiment donné satisfaction ce soir, tant en phases défensives qu'offensives. Le latéral a complètement dominé son sujet, bouchant bien son côté. Il a également apporté le nombre devant et a mis sa qualité technique au service du collectif. Son centre sur le premier but est un délice (9e) et en plus il marque. Il prend une option pour la place de titulaire contre Maxwell, qui l'a d'ailleurs remplacé (75e).
Thiago Motta (7) : le capitaine du soir côté parisien a rendu une très bonne copie. Aligné devant sa défense, il a soulagé cette dernière à plusieurs reprises en venant récupérer des ballons dans les pieds adverses (16e, 30e, 50e) et il a assuré à la relance derrière. Son jeu long a permis à son équipe de développer un jeu plus direct lorsque le besoin s'en faisait sentir.
Stambouli (6) : titulaire en lieu et place de Verratti, considéré comme trop juste par le staff parisien, l'ancien Montpelliérain a disputé un match correct. Il a su épauler Motta à certaines occasions et n'a pas hésité à venir tacler dans les pieds lyonnais. Son pressing a été efficace mais il n'a pas toujours donné satisfaction balle au pied.
Pastore (8,5) : voir ci-dessus.
Di Maria (8) : lui aussi s'est régalé ce soir. El Fideo a sans cesse réalisé des différences balle au pied. Techniquement très propre, il a fait vivre un calvaire à Rafael et globalement à la défense lyonnaise. Passeur pour Ben Arfa (34e), il est l'auteur de deux inspirations magnifiques avec cette tentative de lob sur Lopes (12e) et ce ballon piqué sur la barre (23e). Son entente avec Kurzawa et Pastore doit donner des idées à son entraîneur. Remplacé par Verratti (67e), qui disputait ses premières minutes de la saison. L'Italien n'a pas eu beaucoup de temps pour se mettre en évidence.
Lucas (6,5) : on l'a senti à son aise même si l’on aperçoit encore ses défauts récurrents. Son profil différent des trois techniciens de devant a offert une alternative au jeu de son équipe. Grâce à ses accélérations, il a pu prendre la profondeur à plusieurs reprises et a même marqué le second but du PSG (19e). Il la joue trop facile par contre lorsqu'il décide de lober Lopes (48e). Il n'a pas lésiné non plus sur le travail défensif en venant aider Aurier.
Ben Arfa (7,5) : on sent que la pointe de l'attaque n'est pas faite pour lui dans ce système mais le néo-Parisien a tout de même offert une prestation convaincante. Après un début de match à l'image de la préparation, un peu en dedans, il s'est libéré et a profité de la force de son collectif. Son entente avec Pastore et Di Maria se précise. Ses dribbles ont fait des dégâts et il a enfin marqué son premier but sous ses nouvelles couleurs (34e).
Lyon :
Lopes (4) : le gardien international portugais a souvent fait ce qu'il a pu, c'est-à-dire constater les dégâts. Il ne peut rien sur la reprise limpide de Pastore ou celle à bout portant de Ben Arfa. Très vigilant sur le lob de Di Maria (13e), où il anticipe bien. Repousse difficilement un coup-franc vicieux de David Luiz (31e), et intervient en catastrophe sur un centre en retrait de Pastore (44e). A mettre à son débit tout de même, sa relance complètement ratée qui aurait pu faire très mal (42e).
Rafael (2) : de l'envie dans l'apport offensif, à l'image de deux bons centres renvoyés par David Luiz (40e, 65e). Pour le reste, le Brésilien a vécu une soirée cauchemardesque. Il laisse beaucoup trop d'espace à Kurzawa sur le centre qui amène le but de Pastore (9e). C'est encore de son côté qu'arrive le but de Lucas (19e). Un ballon trop facilement perdu (24e). Et c'est encore les journées portes ouvertes sur le débordement de Di Maria qui amène le but du 3-0. Une nouvelle couverture catastrophique sans conséquence (50e), avant celle qui amène le 4e but 4 minutes plus tard. Son supplice prend fin à la 65e minute, lorsqu'il cède sa place à Jallet, qui centre sur le but de Tolisso (87e).
Yanga-Mbiwa (3): dans l'ensemble, l'ancien défenseur de la Roma a été complètement dépassé. Quelques rares bonnes interventions comme lorsqu'il garde son sang-froid dans la surface face à Ben Arfa (25e). Pour le reste, il a souvent été au supplice face aux attaquants parisiens, comme Ben Arfa ou Lucas, qui provoque son carton jaune (30e).
Nkoulou (4) : difficile pour l'ex-Marseillais de disputer son 2e match en tant que titulaire face à un adversaire aussi supérieur. C'est pourtant peut-être le défenseur lyonnais qui a le moins pris l'eau. Sa mauvaise passe pour Lopes (42e) aurait pu coûter cher, mais il sauve aussi les meubles dans la minute qui suit sur un centre à ras de terre de Pastore. Il anticipe aussi quelques trajectoires et reste bien sur ses appuis face à Ben Arfa (56e).
Morel (3,5) : il a multiplié les montées incisives sur son côté gauche en première mi-temps, comme celle ponctuée par une frappe mal repoussée par Trapp et qui aurait pu coûter cher aux Parisiens si Fekir n'était pas hors-jeu (4e). Mais c'est lui qui est au marquage de Pastore sur l'ouverture du score parisienne (9e) et de Lucas sur le deuxième but (19e). Souvent pris dans son dos, comme presque tous ses coéquipiers de la défense lyonnaise. C'est aussi lui qui couvre mal et laisse Aurier en jeu (29e).
Gonalons (3,5) : Il bloque d'entrée Di Maria côté gauche. Une intervention anodine mais qui aurait pu donner le ton. Il n'en a rien été. Comme ses partenaires de milieu rhodanien, le capitaine a été dominé par la maîtrise technique de l'entrejeu parisien, comme face à Pastore, qui se permet de lui mettre un petit pont (70e). Il a su renvoyer le danger sur quelques corners parisiens (24e).
Darder (4) : il a tenté de se rendre disponible en jouant près, autant que possible, de ses attaquants. Mais il a connu trop de déchet technique, comme sur cette mauvaise transmission dans le dos de Fekir (2e). Il effectue un bon tacle sur Kimpembe qui se sentait pousser des ailes en contre (52e). Il a été remplacé par Ferri (76e) qui a tenté d'apporter du rythme et de l'envie alors que la rencontre, déjà jouée, était sans saveur.
Tolisso (5) : son but de la tête sur un centre de Jallet (87e) sauve (un peu) son match. Mangé par le milieu parisien, battu dans l'agressivité par Motta (45e), il n'a que peu pu monter et apporter sa bonne frappe de balle (une tentative lointaine détournée par Kimpembe à la 72e tout de même). Défensivement, il a souvent tenté de venir prêter main forte à une arrière-garde aux abois.
Fekir (3) : il aurait pu ouvrir le score très tôt et, qui sait, rendre la physionomie du match différente. Car c'est lui qui a bien suivi la frappe de Morel mal repoussée par Trapp mais est signalé hors jeu à juste titre. Pour le reste, il s'est montré assez inexistant, et a connu du déchet et des imprécisions, comme sur ses coup-francs non cadrés (18e, 37e).
Lacazette (3,5) match frustrant pour le Guadeloupéen. Il a eu trop peu de bons ballons à faire fructifier à part cette belle reprise au second poteau qui touche l'extérieur du poteau de Trapp. Averti pour antijeu (36e), il est remplacé dès la mi-temps par Valbuena (6), qui a tout de suite amené son envie pour tenter de sonner une vaine révolte en trouvant quelques intervalles et décalages. Sa précision sur les coups de pied arrêtés, ce qui change de Fekir, a donné satisfaction.
Cornet (6) : l'un des rares Gones intéressants ce soir. Un bon centre au second poteau qui offre une énorme balle d'égalisation à l'OL, mais Lacazette manque de réussite sur sa reprise (14e). A l’affût des quelques bons coups offensifs comme sur ce tir à l'entrée de la surface capté facilement par Trapp (40e). Bien lancé par Valbuena, il voit sa frappe enroulée détournée par Trapp (59e). Il a tenté quelque peu de dynamiser une équipe complètement apathique.
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