Mercredi 29 janvier 2020, le Paris Saint-Germain ne tombe pas dans le piège tendu par le Pau FC et s’impose 2-0. Dans le même temps, Lille ne connaît par pareille fortune. Sur la pelouse du SAS Épinal, les Dogues mènent pourtant rapidement 1-0 grâce à Loïc Rémy (8e). Si tout partait bien pour la bande de Christophe Galtier, les Lorrains n’abdiqueront pas. Prenant peu à peu le contrôle du match, ils ont gêné les Nordistes. Cela s’est traduit en seconde période avec un doublé de Jean-Philippe Krasso (54e et 61e). Avec une victoire 2-1, les Spinaliens ont fait l’exploit de retourner le LOSC et se sont qualifiés pour les quarts de finale de la Coupe de France. Un parcours solide pour l’équipe de National 2. Petit poucet à ce stade de la compétition avec l’ASM Belfort (éliminé 3-0 par Rennes hier ndlr), le SAS ira défier au Stade Marcel-Picot de Nancy, l’AS Saint-Étienne (rencontre à suivre ce jeudi à 21h sur notre live commenté). Un match auquel Christopher Makengo pourrait prendre part. Milieu de terrain du club lorrain, ce joueur au profil box-to-box est revenu sur le parcours de son équipe pour Foot Mercato. Le joueur formé du côté de l’Olympique Lyonnais a également évoqué son parcours de globe-trotter. Des États-Unis à la Grèce en passant par la Slovénie.

Au septième tour de la Coupe de France en novembre dernier, Épinal ne part pas avec l’avantage des pronostics. Opposé au FC Sochaux, club de Ligue 2, le club vosgien crée l’exploit et s’impose 2-0. Le début d’une épopée. Au prochain tour, les Spinaliens effacent Mulhouse (3-2) puis l’Entente Sannois Saint-Gratien (1-0). Le club dirigé par Xavier Collin est donc qualifié pour les seizièmes de finale de l’épreuve et contre toute attente doit endosser le costume de favori. Car oui, le tirage de la Coupe de France a mis la Jeunesse sportive saint-pierroise sur la route de la formation vosgienne. Petit poucet de l’épreuve, la formation d’outre-mer posera plus de problèmes que prévu au SAS comme se le rappelle Christopher Makengo : « on a eu peut-être un match difficile contre la Jeunesse sportive saint-pierroise. On passe de peu, on avait beaucoup à perdre, on était stressé, on était crispé. On savait qu’on était attendu et que si on était éliminé, on allait peut-être pas être le dindon de la farce, mais ça aurait été une grande déception. On avait l’occasion de rentrer dans l’histoire du club. Forcément inconsciemment ça a joué sur le début de match où on était timoré et on avait peur de faire des erreurs. » Pourtant à onze contre dix après 15 minutes de jeu, Épinal va longtemps buter avant de trouver la solution à la 118e minute via Adel Berkane. Une prestation très loin de celle affichée 11 jours plus tard : « contre Lille, on était sûr de nos forces, on n’avait rien à perdre. On a juste joué et ça a fait la différence. Je pense qu’à la TV ça a dû être un beau match à regarder. On s’est dit quand on se prend un but après 8 minutes, on n’a rien à perdre. »

« J’aurais aimé jouer contre Lyon, mais Saint-Étienne, c’est mon derby »

« On fait une grosse première mi-temps ensuite où on rentre aux vestiaires alors que le score est de 1-0, mais je pense que ce n’est pas cher payé. On peut revenir à égalité ou même devant. Ensuite on s’est parlé dans les vestiaires. On s’est dit que notre histoire ne pouvait pas se terminer comme ça. Qu’on leur tenait la dragée haute et qu’on avait largement de quoi faire pour passer et maintenant on est en quart de finale » poursuit-il. Si Christopher Makengo n’a pas vraiment ressenti de différences notables lors de ce match entre les deux équipes, il a été particulièrement bluffé par les prestations de trois joueurs nordistes : « le joueur qui m’a le plus impressionné c’est Soumaré qui pour moi au milieu de terrain est un joueur de classe mondiale. Il est vraiment au-dessus et il a vraiment un bel avenir. Jonathan Bamba aussi est vraiment très bon et dur à défendre. Toute l’équipe lilloise est bonne, mais si je dois sortir des joueurs c’est eux et aussi Loïc Rémy pour son calme. De toute façon avec sa carrière, il n’y a plus rien à dire. Ça reste un grand joueur, bon devant le but et qui tient bien le ballon. » Équipe de Coupe, Épinal s’est déjà distingué il y a deux ans face à l’Olympique de Marseille en seizième de finale. Les Spinaliens ont tenu un peu plus de 70 minutes avant de s’incliner 2-0. En 2013, le club avait fait mieux en éliminant l’Olympique Lyonnais tenant du titre dès les 32es de finale avec une victoire aux tirs au but (3-3 puis 4-2). Épinal effacera ensuite le FC Nantes autre pensionnaire de Ligue 1 avant de trébucher en huitième contre Lens.

Pour Christopher Makengo, cette culture de la Coupe de France est très importante pour un club de l’échelle d’Épinal : « en fait, la Coupe c’est notre Ligue des Champions à nous. Le championnat c’est le pain quotidien et l’épopée qu’on est en train de faire cette année c’est magnifique. Les émotions qu’on a avec cette Coupe de France - qui reste pour moi une compétition exceptionnelle - font qu’on est encore plus proche et plus solide. Si l’année prochaine ce n’est pas le même groupe, ça restera en nous. On fera partie de ce club avec un quart de finale, car c’est historique. Après on ne veut pas s’arrêter-là, mais c’est quelque chose de beau. Que ce soit le président, les bénévoles, les joueurs, c’est tout le club qui avance ensemble. » Face à Saint-Étienne, Christopher Makengo s’attend à un grand match et rêve d’un nouvel exploit. En tant qu’ancien Lyonnais, ce match est forcément spécial : « pour moi c’est un match particulier, j’aurais aimé joué face à Lyon, mais Saint-Étienne, c’est mon derby, car j’ai été formé à l’OL. C’est un club mythique que je respecte, qui est connu dans la France entière et en Europe. J’ai de l’excitation, je veux jouer ce match-là, ça fait longtemps que je n’ai pas affronté Saint-Étienne donc j’ai hâte. Les coachs sont partis voir le match de l’ASSE contre l’OM. On regarde aussi, on regarde le football. On est plus attentif à leurs matches. On ne doit pas être attentiste et les laisser jouer. On a des individualités pour les mettre en difficulté. Après c’est sûr il y a un écart de niveau, mais on va rentrer sur le terrain sans pression et jouer le match en mettant les mêmes ingrédients que contre Lille. » Également en course, l’Olympique Lyonnais affronte l’Olympique de Marseille ce mercredi (rencontre à suivre sur notre live commenté). Si Christopher Makengo sait que ce sera compliqué, il entretient le rêve d’accrocher une demi-finale avec si possible un duel contre les Gones. Une belle récompense pour le joueur de 25 ans.

« À Lyon, tu ne peux pas être la star, il y en a 15-20 comme toi »

Originaire de la région lyonnaise, il prend contact avec le ballon rond par le biais de son père de son grand frère. Baigné dans le milieu du football, il a très vite opté pour devenir footballeur : « quand j’ai décidé, c’était à Gerland j’avais 4 ans. J’étais parti voir Lyon - Bastia à l’époque et j’avais dit à mon père en rentrant que je voulais faire ça donc il m’a inscrit au club local de l’ASPTT de Lyon. J’y ai fait deux ans avant d’arriver directement à l’Olympique Lyonnais. » Avec les Gones depuis ses six ans, Christopher Makengo va découvrir l’un des meilleurs centres de formation d’Europe. L’apprentissage se fait très vite et lui permettra de grandir. « À Lyon, tu ne peux pas être la star, il y en a 15-20 comme toi donc forcément tu prends l’esprit de compétition très jeune. La concurrence t’apprend que ta place n’est jamais acquise et ça m’a forgé. Je n’ai pas forcément été conservé, mais c’était un bon apprentissage avec la haine de la défaite. Ça restera une partie de ma vie très importante » nous explique le milieu d’Épinal. À Lyon, la concurrence est forte et certains joueurs qui ont explosé à l’Olympique Lyonnais ont évolué avec lui. Ils s’appellent notamment Nabil Fekir ou Corentin Tolisso. Des joueurs qui avaient rapidement tapé dans l’œil de Christopher Makengo : « (les imaginer ndlr) champion du monde ? Non honnêtement. Nabil Fekir c’est peut-être le joueur le plus talentueux avec qui j’ai joué. C’est de la classe mondiale, même à l’époque on savait qu’il allait finir au-dessus. Après champion du monde non, mais il le mérite. C’est des joueurs qui font partie du gratin qui jouent dans des grands clubs. »

L’aventure lyonnaise tournera finalement court pour Christopher Makengo puisqu’il ne sera pas conservé. Un moment difficile pour le joueur qui s’est alors logiquement questionné sur lui même : « forcément, il y a un doute. Pourquoi je suis viré ? Je ne suis pas assez bon ? » Mais rapidement, le milieu de terrain s’est remis la tête à l’endroit et a décidé de repartir vers l’avant : « je suis quelqu’un de bien accompagné. Mes parents m’ont remotivé et m’ont aidé. À cet âge-là, c’est compliqué et il y a parfois des non-dits donc j’ai vite rebondi. Je suis quelqu’un d’hyper famille donc l’entourage c’est très important. Déjà pour se sentir bien et que je m’épanouisse, j’ai besoin de les impliquer dans mon foot. Même quand j’étais à l’étranger, mon entourage a toujours eu à la première place. » Christopher Makengo va alors décider de rallier les États-Unis et l’équipe universitaire de Mercyhurst Lakers. « Je pars aux États-Unis, car pour eux (mes parents ndlr) le plus important c’était les études donc je pars, car j’étais intéressé. Les États-Unis c’est le rêve américain et j’avais besoin de découvrir une autre culture, de voir quelque chose d’autre. J’étais allé à New York quelques années avant et je me suis dit je vais y revenir. Donc c’était le moment parfait pour y aller. J’aime énormément le football, mais il y a plus que ça. D’autres choses sont importantes. Voir d’autres cultures, voyager ça fait partie de moi et je ressentais ce besoin-là donc j’ai pris cette décision » souligne le joueur. Le début d’une belle et longue aventure.

« Ça m’a permis de gagner en maturité »

Si le football n’est pas aussi populaire aux États-Unis qu’en Europe, cela n’a pas fait peur à Christopher Makengo. Ce dernier a d’ailleurs été agréablement surpris du niveau : « non ça ne m’a pas gêné. On parle de championnat de retraités, car des joueurs comme Thierry Henry ou Zlatan y sont allés sur la fin de leur carrière, mais après en soit le niveau je peux vous le dire ça joue au ballon. Il y a des jeunes qui viennent du Brésil, du Mexique ou même du Nigeria, c’est très cosmopolite. Il y a un écart avec la France, notamment tactiquement, mais au niveau des infrastructures, les championnats américains n’ont rien à envier à l’Europe. Ce n’est pas un sport populaire même s’il se développe notamment grâce aux féminines qui ont gagné la dernière Coupe du monde. C’est un sport plutôt populaire au niveau féminin. Le basket, le football américain et le baseball passent devant pour le moment. » L’expérience se passe idéalement. Sur le terrain, il trouve son plaisir tandis que la vie à l’américaine lui sied parfaitement : « sur le plan sportif, je suis le meilleur joueur de la conférence dans la meilleure équipe de la région. Je vis la vie américaine, ça se passe super bien. Pour un jeune qui arrive et obtient autant de distinctions, c’est beau. C’est sûrement l’une des plus belles années de ma vie où j’ai pris du plaisir. Pas seulement sur le terrain. Pour moi la possibilité de faire tous les États-Unis, voir d’autres sports aussi comme le football américain, le basket, le baseball, des sports que je n’aurais jamais pensé voir aussi. C’est incroyable. »

En réussite sur les terrains de football et épanoui dans sa vie, Christopher Makengo est alors satisfait de son choix : « c’est ce qui déclenche tout, la prise de conscience de me dire que les qualités tu les as. Il y a eu une période de doute où je me suis dit si j’en suis capable ou pas. C’est là que je me suis dit que les qualités je l’ai, je ne dois pas douter et avoir confiance en moi. C’est là que des portes se sont ouvertes à moi. » Devenu bien plus autonome et ayant progressé au niveau de son football, il a compris qu’il fallait être bien plus exigent au haut niveau : « ça m’a permis de gagner en maturité. Être seul à l’autre bout du monde ça m’a permis de grandir. J’en avais besoin. Je suis quelqu’un qui est très famille, mais j’étais trop choyé, j’avais besoin qu’on me pique et qu’on me fasse bosser plus dur. J’ai compris qu’il fallait que je travaille plus, le talent c’était bien, mais si je rajoutais cette part de travail, j’allais être récompensé. » En mai 2017, il décide de rejoindre l’équipe canadienne de Thunder Bay Chill. Une courte expérience, mais très importante : « en fait c’était une ligue d’été reconnue auprès des clubs de MLS. À la base, je voulais rentrer chez moi en vacances, mais un coéquipier m’avait demandé de jouer avec eux. Je suis allé là-bas. Au début ça se passe bien, mais il fallait que je m’adapte. C’est une équipe canadienne qui évolue aux États-Unis on jouait contre des réserves d’Atlanta, des New York Red Bulls. On fait la Ligue et ça se passe bien, on atteint la finale nationale, on a néanmoins perdu 2-1, mais c’est une bonne expérience et ça m’a permis d’être dans l’équipe type dans cette ligue. C’était court et bref, mais c’était 5 mois magnifique avec une traversée des États-Unis et la découverte du Canada. » Si l’expérience est riche est courte, ce n’est pas forcément un problème avec des déplacements très contraignants avec parfois 15 heures de bus et des rencontres sur deux jours de suite.

Premier contrat en Slovénie puis une mauvaise surprise en Grèce

Christopher fait ensuite son retour en Europe avec l’envie de signer professionnel en 2018 « À l’époque, je m’entraînais avec Lyon Duchère en National 1 avec la possibilité de signer avec eux par la suite », nous explique le joueur qui s’engagera avec le NK Aluminij Kidricevo : « j’ai eu cette opportunité de signer en D1 slovène, je suis parti pour une semaine. Après des essais concluants, j’ai signé mon premier contrat professionnel. Sortant des États-Unis je ne m’y attendais pas, mais c’était une bonne récompense pour le travail que j’avais fait. » Cependant, l’expérience est loin d’être aussi réjouissante que prévu. Il joue peu et connaît des difficultés pour communiquer avec son coach et ses coéquipiers. Devenu titulaire en fin de saison, il se maintient avec son équipe dans l’élite slovène. Cependant, il décidera de ne pas prolonger l’aventure : « j’avais la possibilité de rester en Slovénie, mais je n’étais pas très heureux. Le football c’est important, mais j’ai besoin d’être épanoui aussi et je ne l’étais pas forcément. Je prenais du plaisir sur le terrain, mais j’étais loin de tout le monde, de ma famille, j’étais loin et je n’étais pas au top. J’avais la possibilité de rester à Gorica qui évoluait en D1 slovène et qui cette année est en D2, mais ça ne me plaisait pas et je voulais profiter de la vie tout en pouvant jouer mon football. » S’il retient du positif de cette expérience, il a vite été fixé sur son envie de partir : « c’est totalement différent. La barrière de la langue, la communication. Je sortais des États-Unis donc j’ai eu un décalage, en Slovénie c’était très compliqué. Après quand j’ai commencé à tisser des liens avec les coéquipiers, j’ai un peu plus apprécié le pays, mais j’ai tout de suite su que ce n’était pas fait pour moi. Ça m’a forgé mentalement surtout. »

Il part alors pour la Grèce au Niki Volou plein d’enthousiasme, mais rien ne se passe comme prévu : « en fait quand je signe, le club avait des soucis. On m’annonce que le club est monté en D2 et quand j’y vais, je me dis que je vais jouer en deuxième division. Quand le championnat démarre, on m’annonce que le club est en D3 et j’ai déjà signé. Tout est fait en juin alors que le championnat débute en septembre. Il s’est passé des événements entre temps et j’étais bloqué. J’avais un contrat là-bas donc je ne pouvais pas forcément me retourner. C’était une régression d’une D1 à une D3. Le niveau de la Grèce c’est solide, mais il y a des problèmes au niveau du football avec la corruption et tout ce qui l’entoure ...Après quand j’ai signé en Grèce, j’avais des conditions, des avances sur salaire donc je me disais que le club était assez fiable financièrement. C’est vraiment quand j’ai signé là-bas que j’ai compris que c’était en quelque sorte de la mafia. Entre ce qui est écrit et ce qui est dit, il y a un gros fossé. » S’il apprécie la vie à Volos et que ça se passe plutôt bien sur le terrain, il ne reste que six mois et décide de partir à la première possibilité : « j’ai eu la possibilité de resigner en Grèce en D2 avec des clubs là-bas, car on a fait un bon parcours en Coupe. Des clubs m’ont relancé, mais vu comment s’est passé cette expérience j’ai voulu rentrer en France. Il fallait trouver une stabilité plutôt que de partir 6 mois par ci et 6 mois par là. » Pour autant, il garde de beaux souvenirs de la Grèce : « il fait beau jusqu’à décembre donc au niveau du cadre de vie c’était magnifique et je n’avais rien à dire par rapport à ça. J’y ai passé six bons mois. J’ai apprécié les Grecs qui ont le cœur sur la main et qui ne font pas de différence. Les gens parlent du racisme, il y en a de partout, mais je ne l’ai pas ressenti. C’était des gens qui si j’avais besoin étaient toujours là pour moi et c’est une culture que j’ai vraiment apprécié. »

« Ça faisait trois ans que j’évoluais à l’étranger donc je voulais me poser un peu en France »

C’est donc à l’hiver 2019 que se présente l’opportunité Épinal, las de ses expériences à l’étranger, Christopher Makengo n’a pas hésité pour saisir l’opportunité : « ça faisait trois ans que j’évoluais à l’étranger donc je voulais me poser un peu en France. Un ami m’a dit qu’Épinal cherchait un joueur de mon profil et m’a mis en relation avec Xavier Collin (le coach ndlr). Je suis venu une semaine pour m’entraîner avec eux. Au bout de deux jours, on m’a annoncé que j’allais signer avec eux. Je ne regrette pas ce choix-là, car ça m’a apporté de la stabilité. C’est un super bon club et je suis content d’avoir fait ce choix. » Si les premières semaines en Lorraine sont un peu compliquées, il trouve vite un cadre chaleureux et intégrant : « au club j’ai eu une superbe intégration, les coachs que ça soit Xavier Collin ou Djamel Menai m’ont très bien intégré. C’est le meilleur vestiaire que j’ai eu de toute ma vie, on est tous soudés, du plus jeune au plus âgé on s’entend bien c’est comme une famille. On partage beaucoup de choses ensemble et ça se voit sur le terrain. Honnêtement c’était le bon moment. Ces expériences à l’étranger m’a forgé, m’a aidé mentalement. Ça m’a aidé à comprendre que le football est le même de partout. Qu’on soit en France, au Brésil ou ailleurs, c’est le même donc ça a été un déclic. »

S’il avait également l’opportunité de partir en Angleterre, en National League, Christopher Makengo a fait le choix de rentrer en France. Une décision payante compte tenu du parcours d’Épinal en Coupe de France. S’il se plaît au club, il n’oublie pas son objectif de carrière : « je suis plus posé, stable, réfléchi dans mes décisions. Mon objectif à court terme est de retoucher le monde pro. Que ce soit en France où à l’étranger. Pas forcément en Grèce mais il y a des pays comme la Suisse, l’Angleterre ou la Belgique. Avec modestie, je pense avoir les qualités pour apporter à une équipe. Je peux progresser avec des joueurs et des coachs qui peuvent me faire passer certains paliers. Je suis un joueur à polir, mais c’est ce que je veux. » Si son parcours est atypique, il en garde beaucoup de fierté : « à un si jeune âge d’avoir autant voyagé, d’être parti seul à l’autre bout du monde, ce n’est pas donné à tout le monde. Après je suis débrouillard donc ça colle avec ma personnalité. Je suis fier de mon parcours, de tout ces hauts et ces bas dans ma jeune carrière. Si je devais le refaire demain je le referais parce qu’aujourd’hui je sais que j’ai été au plus bas. Je sais ce que c’est d’entendre qu’on n’est pas assez bon. Aujourd’hui je m’en sers tous les jours et je suis revanchard. »