Pour cette ultime rencontre de poules, les Bleus de Didier Deschamps affrontaient, pour la première place du groupe le Danmekar au Stade Loujniki de Moscou. Le sélectionneur tricolore opérait quelques changements dans son onze de départ puisque la France était déjà qualifiée pour les huitièmes de finale. Ainsi, Dembélé, Sidibé, Lemar, Kimpembe, N’Zonzi et Mandanda démarraient la rencontre qui allait donc décider qui finirait premier ou second de ce groupe et donc qui allait devoir se coltiner la Croatie pour la première rencontre du tour à élimination directe.

Inutile de dire qu’on attendait quand même beaucoup de ceux qui débutaient cet après-midi. Mais pour les premières minutes de la rencontre, on ne voyait pas beaucoup Thomas Lemar, tout l’inverse de Presnel Kimpembe qui faisait admirer, à chaque accélération adverse sa puissance et sa lecture du jeu. Les occasions se faisaient plutôt rares même si la possession était à l’avantage des Bleus. Olivier Giroud obligeait Schmeichel à se détendre (15e) et Steve Mandanda, le portier marseillais, sortait étrangement devant Eriksen, mais repoussait l’offensive avec l’aide d’un Lucas Hernandez bien en jambes (29e). Il fallait alors forcer la décision. Ousmane Dembélé s’y essayait de loin, sans succès (33e). C’était vraiment trop peu et on imagine sans mal les supporters des deux formations piquer du nez devant leur téléviseur. A la pause, le score était nul et vierge.

Une rencontre soporifique

Au retour des vestiaires, ce n’était pas franchement mieux et Didier Deschamps tentait quelque chose en faisant rentrer Benjamin Mendy en lieu et place de Lucas Hernandez (50e). Mais c’était les Danois qui allaient se mettre en évidence. Sur un coup franc très lointain, Christian Eriksen tentait sa chance. Le cuir rebondissait devant Mandanda qui ne parvenait à capter le ballon qu’en deux temps (54e). Mais il ne se passait toujours rien et Didier Deschamps décidait de faire sortir une nouvelle fois Griezmann pour tenter le coup avec Nabil Fekir (68e). Le Lyonnais ne tardait pas à se mettre en évidence. Du côté gauche, il tentait sa chance, mais le ballon n’était pas cadré (70e).

Pour le dernier quart d’heure, les Danois récupéraient le ballon et on se demandait à nouveau quelle était l’idée dans le placement de Djibril Sidibé. Ensuite, Deschamps faisait entre Kylian Mbappé à la place d’un Ousmane Dembélé très décevant (78e). Mais c’est une nouvelle fois Fékir qui, d’une frappe enroulée, obligeait le gardien du Danemark à se détendre (83e). Visiblement, les Danois n’avaient pas envie de remporter ce match non plus tant ils perdaient du temps en redoublant les passes derrière. Avec ce résultat, la France termine première du groupe et évitera donc la Croatie en huitième de finale de la Coupe du Monde. Rendez-vous ce soir, aux alentours de 21h45 pour connaître l’identité du futur adversaire des Bleus.

- l’homme du match : Kjaer (6) : le capitaine du Danemark évoluait dans à droite dans l’arrière-garde de sa nation. Sérieux et autoritaire, il a bien maîtrisé les attaquants français. Grâce à une bonne lecture de jeu et un bon sens du placement, il était sur la trajectoire de la plupart des centres venant de son côté, Lucas Hernandez peut en témoigner. Beaucoup de sérénité dans son jeu, de la maîtrise dans le domaine aérien, il a réalisé un match de très bonne facture.

Danemark :

- Schmeichel (6) : deuxième gardien le plus sollicité du tournoi, le dernier rempart danois pensait certainement que son compteur allait augmenter face aux Bleus. Chose qui n’a pas eu lieu. Protégé par une défense solide et bien regroupée, il a attendu le quart d’heure de jeu et une frappe de Giroud pour s’employer. Une frappe plein axe de Griezmann, rien d’autre à signaler dans ce premier acte (39e). La deuxième période des attaquants français ne fut pas plus glorieuse. La seule parade qu’il a eu à faire était sur une frappe de Fekir... qu’il a su bien détourner (82e).

- Kjaer (6) : voir ci-dessus.

- Christensen (6) : le jeune défenseur de Chelsea avait face à lui cet après-midi un attaquant qu’il connaissait bien en la personne d’Oliver Giroud. En effet, les deux hommes évoluent ensemble en club à Chelsea. Coïncidence ou non, il a plutôt bien muselé l’attaquant français, et ce, même dans le domaine aérien où Giroud excelle habituellement. Tranchant dans ses interventions, il a réduit au silence les attaquants français.

- Jørgensen (5,5) : dur sur l’homme, il a réalisé une partie plutôt satisfaisante. Tout au long du premier acte, il a mangé Griezmann sur le plan physique. La seule fois où le Colchonero a réussi à prendre le dessus sur lui, il s’est rendu coupable d’une grossière faute pour le stopper, ce qui lui a valu un carton jaune (45e+2). Solide et sérieux, il a été au niveau de ses coéquipiers de l’arrière-garde.

- Dalsgaard (5) : d’habitude aligné au poste de latéral droit, il évoluait cet après-midi un cran plus haut, en raison de l’organisation tactique choisie par le sélectionneur Åge Hareide. Sérieux dans son couloir, pas avare dans les efforts, il a éteint un Thomas Lemar extrêmement discret qui rodait dans sa zone.

- Delaney (5,5) : positionné au côté d’Eriksen, il formait la première lance de rampement avec le Spur. Mais face à la domination du milieu français, il était cantonné à un rôle défensif. Avec un pressing de tous les instants, il a avalé un grand nombre de kilomètres et récupéré bon nombre de ballons. Sa mission principale était de couper les transmissions entre le milieu et l’attaque française, ce qu’il a globalement bien réussi à réaliser. Remplacé à la 90e+2 par Lerager.

- Eriksen (5,5) : la superstar de la sélection danoise avait un rôle différent cet après-midi. D’ordinaire placé en meneur de jeu, le milieu de Tottenham évoluait en milieu relayeur face aux Bleus. Un poste qui mettait forcément moins en lumière la palette technique du Danois. Il s’est procuré la plus belle situation en première mi-temps, mais Mandanda avait réalisé une belle sortie (29e). Habile sur coup franc comme à son accoutumée, il a fait trembler Mandanda sur un tir lointain (54e). Plus haut sur le premier dans le second acte, il se procurait plus d’occasions, à l’image de cette demi-volée... non cadrée (58e).

- Larsen (5) : positionné à gauche, il avait pour mission principale de bloquer le feu-follet Dembélé dans son couloir droit. Une mission qu’il a globalement bien réussie en première période, en limitant son espace d’activité. Généreux dans l’effort, il a multiplié les allers-retours dans son couloir et apporté son aide à sa défense.

- Braithwaite (4,5) : en l’absence de Poulsen suspendu, l’attaquant du FCGB démarrait la rencontre dans la peau d’un titulaire. Côté Danois, il était le plus incisif dans les premiers instants du match, mais au fil des minutes, il a dû se résigner à effectuer les tâches défensives. Techniquement, on l’a senti à son aise, mais il n’a pas eu l’occasion de s’illustrer devant.

- Sisto (4) : c’est le feu-follet des Dynamites danoises. Opposé à Sidibé dans son couloir gauche, l’ailier a eu bien du mal à exister. Pourtant, le latéral droit de l’AS Monaco semblait très fébrile dans ce match. Tout au long du match, il s’est contenté d’apporter son aide à sa défense. Dommage, au vu de ce qu’on a pu entrevoir lors de ses deux premiers matchs. Remplacé à la 60e par Fischer. Celui qui était considéré très tôt comme un grand espoir du football danois a tenté d’apporter un peu de vitesse et de vivacité dans le jeu des siens. Chose qu’il a réussi à faire par intermittence, mais il n’a pas su se montrer décisif.

- Cornelius (5) : titularisé en lieu et place de Nicolai Jørgensen, l’avant-centre de l’Atalanta Bergame avait la lourde tâche de tenter de faire trembler les filets adverses. La tour de contrôle danoise (1m95) a principalement joué en pivot, et tenté de garder le ballon pour faire remonter le bloc. Chose qu’il a plutôt bien réussi à faire. Remplacé à la 75e par Dolberg qui n’a pas eu de ballon intéressant à négocier.

France :

- Mandanda (5,5) : le portier marseillais n’a pas eu grand-chose à faire au cours de la première période. Quelques relances et une sortie quelque peu tardive au-devant d’Eriksen (29e). Il s’impose de façon peu rassurante devant un coup franc de Christian Eriksen (54e). Hormis cela, il n’a rien eu à faire.

- Sidibé (2) : son placement est incompréhensible. Tout au long de la première période, on l’a trouvé peu inspiré que ce soit défensivement ou offensivement. Sa relation avec Ousmane Dembélé a été quasiment nulle. Il est aux abonnés absents sur l’occasion d’Eriksen. Toujours aussi insipide en seconde période.

- Varane (6) : s’il y en a deux qui ont tenu leur rôle en cette rencontre, notamment en première période, ce fut bien Varane et Kimpembe. On n’a pas franchement senti les deux hommes en difficulté, coupant toute relation entre les attaquants et les milieux de terrain adverses. Calme et posé tout au long de la rencontre.

- Kimpembe (6) : titulaire pour la première fois en Bleu, le Parisien s’est montré rassurant lors du premier acte de cette rencontre. Il a utilisé son physique et sa vision du jeu à bon escient. Il a été parfaitement complémentaire avec Lucas Hernandez et son compère de l’axe central Raphaël Varane. Sa sérénité a été utile pour couper toutes les envies offensives danoises.

- Hernandez (6) : en première période, il a probablement été le meilleur Français. Sur défensivement et disponible offensivement, le Colchonero a une nouvelle fois donné raison à Didier Deschamps quant à sa titularisation. Toutefois, il peut encore progresser dans sa technique de centres. Remplacé par Benjamin Mendy (56e). Le Citizen tentait de proposer aussi sur son côté, mais ses centres étaient toujours imprécis. Cela se voit qu’il n’est pas prêt physiquement.

- Kanté (6,5) : le milieu de terrain français a, une nouvelle fois, été au four et au moulin. Il a fait parler sa puissance pour récupérer bon nombre de ballons et initier les attaques. Il est coupable d’une seule erreur en première période qui amène la plus grosse occasion des Danois, mais Hernandez et Mandanda ont bien sauvé le coup. On a eu l’impression qu’il était le seul à voir jouer.

- N’Zonzi (5) : il a été absolument inutile en début de rencontre. Le milieu de terrain du FC Séville n’a pas récupéré beaucoup de ballons et surtout il les a mal utilisés. Beaucoup trop de passes en retrait ou latérales. Ce fut beaucoup mieux par la suite, mais Paul Pogba, bien que critiqué, nous a bien manqué.

- Dembélé (2,5) : on attendait beaucoup la prestation de l’ancien Rennais. En première période, on a été un peu déçu. Aucune relation avec Sidibé, trop de crochets qui ralentissent le jeu et surtout une vision du jeu défaillante. Pourtant, il est l’un des attaquants qui a touché le plus de ballons. Il a totalement disparu des radars en deuxième période. Remplacé par Kylian Mbappé (78e) qui n’a pas manqué grand-chose hormis des roulettes ratées.

- Griezmann (3,5) : il manque de jus, c’est certain et un passage sur le banc pourrait lui faire le plus grand bien. Il nous a toutefois gratifiés d’une belle accélération en fin de première mi-temps. En dehors de ça ? Pas grand-chose. Des passes ratées, des appels pas franchement tranchants. On attend mieux. Remplacé par Nabil Fekir (68e). Le Lyonnais s’est mis en évidence rapidement par une frappe non cadrée, mais quand même dangereuse (70e). Une nouvelle belle tentative repoussée par Kasper Schmeichel (83e).

- Lemar (2) : Thomas Lemar est dans la lignée de ses prestations avec l’AS Monaco : fade. Son placement est étonnant, puisqu’il n’évolue pas comme un ailier ni comme un joueur intérieur. Il ne dispose d’aucune relation avec Hernandez qui a pourtant tenté de proposer des solutions. Toujours aussi faible en deuxième période. Assez décevant.

- Giroud (4) : il n’a pas touché beaucoup de ballons et il n’a pas toujours bien utilisé ces derniers. Il a voulu jouer en pivot et remiser les ballons, mais, d’une part, il n’a pas toujours gagné ses duels et, d’autre part, il n’était pas franchement suivi par ses partenaires offensifs. Invisible pour le second acte.