Catégorisé comme l’un des plus grands espoirs du football russe, Aleksandr Golovin est attiré par les sommets. Alors qu’il fait ses premiers pas avec son club formateur du CSKA Moscou lors de la saison 2014-2015, il crève très vite l’écran. Malgré sept petites rentrées en jeu pour aucune titularisation, il impressionne le sélectionneur Fabio Capello qui n’hésite pas une seule seconde et le convoque. Le technicien italien est vite convaincu par le potentiel du joueur et lui offre une première cape contre la Biélorussie le 7 juin 2015. Les yeux remplis d’étoiles, Aleksandr Golovin savoure après cette victoire (4-2) : « Je ne savais pas que j’entrerais sur le terrain. Tout s’est passé de façon inattendue. Un grand merci à Fabio Capello, qui m’a donné une chance. Je comprends que c’était une opportunité. Il m’a demandé de jouer calmement, de ne pas m’inquiéter. »

Désormais international, il tient toutefois à relativiser et garde les pieds sur terre : « C’est gentil que beaucoup m’aient félicité, merci pour cela, mais je n’ai encore rien fait. Face à tout cet abattage médiatique, je vais bien, je perçois calmement tout ce qui est écrit, j’essaie de ne pas y prêter attention. » Le plus dur reste à faire pour le natif de Kaltan. Affublé d’un statut de future star, il doit désormais assumer. Une nouvelle pression à laquelle il va parfaitement répondre. Malgré la forte présence d’internationaux au CSKA Moscou, il se fait une place très rapidement dans l’entrejeu du Champion de Russie 2016. Pourtant le milieu offensif de formation a dû évoluer pour y parvenir. Il va s’adapter aux différents postes du milieu de terrain et notamment dans des positions plus reculées. Capable de jouer 6 ou 8, il apprend très vite. D’ailleurs, pour progresser, il s’est inspiré de certains box-to-box : « J’ai regardé beaucoup de vidéos d’Italie, et j’ai aussi étudié le jeu de mon milieu défensif préféré, N’Golo Kante. »

D’espoir à leader

De nouvelles qualités qu’il va aiguiser au fil des matches et qui le conduiront à l’Euro 2016. Polyvalent et complet, il s’installe tout doucement au sein de la Sbornaïa. Son sélectionneur qui est aussi son entraîneur au CSKA Moscou, Leonid Slutski, n’est pas avare en compliments : « Golovin peut vraiment devenir un joueur de très haut-niveau. Mais pour y parvenir, il doit vraiment beaucoup travailler. Sans aucun doute, Golovin est le jeune espoir le plus brillant de Russie. » S’il ne parvient pas à éviter le fiasco russe lors du Championnat d’Europe en France, il acquiert beaucoup d’expérience en disputant les trois rencontres de phase de poule. De retour en club, il doit faire sans son mentor Leonid Slutsky parti à Hull City. Ce dernier ne s’inquiète pourtant pas. Selon lui le joueur a déjà tout pour réussir : « Faire progresser un joueur est l’un des objectifs les plus importants pour un entraîneur. Quand Golovin est arrivé et a commencé à progresser très rapidement, je lui ai fait faire beaucoup d’efforts. Désormais, il est comme un enfant qui n’a plus besoin de ses parents. »

Tout fraîchement arrivé, son remplaçant Viktor Goncharenko, confie davantage de responsabilités à Golovin. Il s’impose comme l’un des leaders techniques du club russe avec Alan Dzagoev, Bibras Natkho et Roman Eremenko (même si ce dernier sera suspendu pendant deux ans pour contrôle positif à la cocaïne). Libre sur le terrain, il se distingue aussi bien à la récupération qu’à la création. Voir même à la finition. Si ses statistiques sont loin d’être impressionnantes (3 buts et 4 passes décisives en 36 matches lors de l’exercice 2016-2017), son impact sur le jeu des Hommes de l’Armée est indéniable. En sélection, il va être mis de côté par le nouveau sélectionneur, Stanislav Cherchesov, dans un premier temps. Toutefois,ce dernier s’inclinera face aux performances majuscules d’Aleksandr Golovin et il en fera même l’un de ses leaders offensifs avec Aleksandr Kokorin et Fyodor Smolov.

Un départ pour franchir un cap ?

Cette saison encore, il continue de se montrer précieux avec le CSKA. Un niveau de jeu qui lui ouvre la voie vers les plus grandes formations du continent. Si Chelsea s’est renseigné sur le joueur et aurait pu le faire venir lors du mercato hivernal, le FC Barcelone et Arsenal le surveillent aussi de très près. Des intérêts marqués qui pourraient pousser le joueur à faire le grand saut. Ancien sélectionneur russe, Boris Ignatyev, aimerait bien voir le milieu de terrain rejoindre un club plus prestigieux comme le rapporte SovSport : « Cela vaut-il la peine que Golovin parte vers un top club européen ? Je répète, tout dépend de lui. Nous ne savons pas ce qu’Aleksandr pense, quelle est sa motivation. Dans un bon scénario, il doit partir. Ce serait génial si Golovin représentait la Russie dans un grand championnat européen. »

Qualifié pour les quarts de finale de la Ligue Europa avec le CSKA Moscou, Aleksandr Golovin s’est distingué au tour précédent avec un but sublime contre l’Olympique Lyonnais ainsi qu’une forte activité. Au passage, il a été élu meilleur joueur de la semaine en Ligue Europa et son entraîneur Viktor Goncharenko n’hésitera pas à le complimenter : « Ce n’était pas simple. Il y a eu un match ouvert entre deux équipes qui ont joué l’attaque. Golovin a été merveilleux durant la rencontre même si je n’aime pas citer un joueur plutôt qu’un autre. ». A tout juste 21 ans, ce grand fan de Xavi, Modric et Iniesta ne manque pas d’ambition à l’approche de la Coupe du monde comme le rapporte SovSport : « Dans un avenir proche, je voudrais apporter le maximum à mon club et emmener l’équipe russe au moins en demi-finales de la Coupe du monde. » Si sa force de caractère laisse entrevoir un futur doré pour Aleksandr Golovin, ce dernier devra être brillant cet été avec la Sbornaïa pour éventuellement rêvé plus grand. Le match de mardi contre la France s’annonce donc comme un excellent révélateur pour lui à moins de trois mois de la Coupe du monde.