Gagner l’Euro, devant son public, l’équipe de France de Didier Deschamps a longtemps caressé cet espoir. Seulement, les Bleus ont été cueillis par le froid réalisme du Portugal, lors des prolongations (1-0). Une immense déception sur laquelle certains joueurs avaient bien du mal à poser des mots, à l’image d’un André-Pierre Gignac particulièrement affecté. « Pendant 90 minutes, on a dominé notre sujet en jouant de malchance. C’est le football… Ils nous ont attendus, ils nous ont imposé un faux rythme et ils nous ont tués durant la prolongation. C’est terrible, c’est un cauchemar. C’est dur », a-t-il lâché en zone mixte avant d’insister.

« Il va falloir digérer même si ça va être dur. On va passer des vacances de merde. (...) Mon poteau ? C’est de la malchance, je sais pas, c’est terrible… », a-t-il répété en quittant les travées du Stade de France. Blaise Matuidi, en larmes lors de la remise du trophée, est apparu très touché. Fatigué, le milieu de terrain était proche de l’abattement. « Oui, c’est très dur. Parce qu’on s’est donné les moyens de jouer une finale. (...) Comment s’en remettre ? C’est trop tôt pour en parler là. Aujourd’hui, c’est la déception qui prime. On va essayer d’oublier. (...) On a des regrets. Mais quand on perd une finale, on ne peut qu’en avoir », a-t-il lâché.

Déçu, Griezmann pense déjà à rebondir

Un sentiment partagé par son capitaine Hugo Lloris. « Il y a beaucoup de déception, c’est difficile de le voir autrement », a résumé le portier, irréprochable pendant la compétition. Dimitri Payet, lui aussi très touché, était lui aussi très grave. « Il manquera la cerise sur le gâteau... (...) Ce but est cruel à la fin. La sensation à la fin du match ? Horrible... », a-t-il confié en prenant la direction de la sortie. Si les mots sont forts et la déception est légitime, Antoine Griezmann a tenu à apporter une petite touche d’optimisme.

« On est tous triste, un peu énervé, mais c’est le football, on va revenir plus fort et être prêt pour les qualifications de la Coupe du monde. Cette génération a un grand avenir. On aurait dû gagner cet Euro, mais cela n’est pas arrivé, on va revenir plus fort pour prouver que cette équipe a un avenir. Il y a des choses pires dans la vie. C’est peut-être un mal pour un bien. On va travailler et revenir plus fort pour gagner à l’avenir », a-t-il conclu. Une petite éclaircie dans un tableau logiquement et légitimement bien sombre...