Claude Makelele a été appelé à la rescousse pour tenter de sauver Eupen de la relégation. Seulement, depuis son arrivée, le technicien français a mal commencé son opération maintien, avec deux revers en autant de matches. Samedi, à Ostende (1-0, 16e journée de Jupiler Pro League), son équipe a encore déçu, incapable de se montrer dangereuse devant. « Un manque de percussion offensive étonnant dans le chef de Pandas que l’on disait trop offensifs et pas assez rigoureux en défense avant l’arrivée de Claude Makelele. (...) Si le bloc défensif apporte davantage de stabilité que par le passé, il reste néanmoins à régler certains petits détails afin de franchir un palier et de quitter cette position peu enviable de lanterne rouge », regrette La Dernière Heure.

Le technicien se concentre sur le positif. « Nous sommes à présent plus compacts et c’est de bien de sentir que nous sommes plus solides. Cela donne confiance, bien sûr, mais maintenant, pour vraiment retrouver pleinement notre confiance, il serait temps de gagner », a-t-il lancé en conférence de presse, mettant ses joueurs au défi. Seulement, s’il est encore tôt pour juger son bilan, la presse locale goûte très peu aux méthodes de l’ancien Parisien, qui a imposé à ses joueurs de ne pas parler aux médias de manière individuelle il y a quelques jours. L’édito du jour dans les pages sports de La Dernière Heure en dit assez long : « M. Makelele, vous êtes à Eupen, pas au Real », titre la publication belge avant de poursuivre.

« Makelele doit d’abord comprendre qu’il n’est pas au Real Madrid, ni au PSG ou à Chelsea »

« Quand on a appris la nouvelle, on a eu du mal à en croire nos oreilles : depuis la semaine dernière, Claude Makelele a interdit à ses joueurs d’accorder des interviews, en dehors des (très lisses) points presse hebdomadaires. Sa justification : “Mes joueurs doivent se concentrer sur le jeu. Dans leur boulot, on leur demande beaucoup de choses. Le but, c’est qu’ils ne s’éparpillent pas.” On ne comprend pas comment Makelele a pu penser que cette mesure pourrait être utile ou efficace. Pense-t-il vraiment que si l’un de ses joueurs parle à un journaliste pendant une demi-heure durant la semaine, cela va avoir un impact sur sa prestation ? Pense-t-il vraiment que ses joueurs “s’éparpillent” à cause des médias ? », laisse entendre le journal avant d’ajouter.

« En imposant cela, Claude Makelele a sans doute fait un copier-coller des règles qu’il a connues dans les grands clubs. Mais sans tenir compte du contexte d’Eupen, cela n’a pas de sens. Cela en a encore moins pour un club qui souffre d’un manque de médiatisation et d’un vrai déficit d’image auprès du grand public… S’il veut espérer réussir sa délicate mission de sauvetage, Claude Makelele doit d’abord comprendre qu’il n’est pas au Real Madrid, ni au PSG ou à Chelsea. Il est à Eupen, une équipe qui a marqué zéro but en 180 minutes sous ses ordres et qui est bonne dernière de Pro League. Comprendre et accepter cela avec une certaine humilité, ce sera la première étape pour ne pas couler avec le navire », conclut le billet d’humeur. C’est plutôt mal parti pour Makelele dans le Plat pays...