Qu’il était attendu ce match, surtout après la contre-performance du Real Madrid plus tôt dans la soirée, les Madrilènes ayant été accrochés par Villarreal à la maison (1-1). Tant Luis Enrique que Diego Simeone alignaient ce qui ressemblait clairement à des onze de gala. Sans surprise, les Catalans partaient à l’attaque dès le coup d’envoi de la rencontre, mais les Rojiblancos tenaient bien derrière, et Oblak captait à merveille la première frappe cadrée de la rencontre, oeuvre de Lionel Messi (13e). Mais c’est bien Ter Stegen qui a dû réaliser la première parade décisive de la rencontre, sur une frappe enroulée de Yannick Carrasco (16e). Le Belge était clairement le joueur le plus dangereux de ce début de rencontre assez équilibré, et venait encore semer le trouble avec une frappe non cadrée de peu (31e).

La domination du Barça se traduisait par une longue possession, mais une certaine stérilité devant. Neymar devait ainsi tenter sa chance de loin, à l’image de cette frappe passée finalement assez loin des cages défendues par Oblak (36e). Et contrairement à ce qu’on pouvait attendre, ce ne sont ni Messi, ni Suarez, ni Neymar qui ont fait la différence, mais bel et bien Rakitic, auteur de l’ouverture du score de la tête après un superbe centre d’Iniesta (1-0, 41e). Au retour des vestiaires, les Colchoneros passaient la seconde. Griezmann, après un long rush, s’essayait à la frappe de loin, sans succès puisque ter Stegen s’interposait sans soucis (47e).

Les troupes de Diego Simeone avaient haussé le ton, mais l’arrière-garde barcelonaise tenait très bien. Mais tout s’est vite compliqué pour les Catalans. Peu avant l’heure de jeu, Lionel Messi devait quitter les siens, visiblement touché à l’adducteur. Et dans la foulée, Angel Correa, qui avait pris la place de Gameiro une minute auparavant, crucifiait ter Stegen (1-1, 61e) ! Les locaux ont mis du temps à réagir face à des Madrilènes qui semblaient se satisfaire du point du nul. Piqué était cependant à deux doigts de remettre les siens devant au score, avec une tête qui a frôlé le poteau de très peu (82e), et derrière, Alba expédiait un missile juste au-dessus de la barre (86e) ! De son côté, Godin était lui proche de faire trembler les filets, avec une tête stoppée in extremis par Ter Stegen (88e). Le score n’a finalement pas bougé, et le Barça ira se coucher en étant troisième du championnat, un point et une place devant son rival du soir.

L’homme du match : Iniesta (8) : c’est lui qui dicte le tempo offensif des Blaugranas. Très présent aux abords de la surface de l’Atlético il a combiné dans les petits espaces et a offert un magnifique centre pour Rakitic pour l’ouverture du score du FCB (41e). Ses dribles ont régalé les téléspectateurs ainsi que les gens présents au Camp Nou, il a, une nouvelle fois fait étalage de toute sa classe dans une grande rencontre. Du grand Iniesta.

FC Barcelone

- Ter Stegen (6) : à dire vrai il n’a pas eu grand-chose à faire en première période hormis bien relancer sur ses défenseurs. Il reste toutefois vigilant et s’étend bien pour repousser la tentative de Ferreira Carrasco (16e). Au retour sur le rectangle vert, il se couche bien sur une frappe lointaine d’Antoine Griezmann (46e). Il ne peut strictement rien sur le but de Correa (61e)

- Sergi Roberto (6)  : le latéral droit du FC Barcelone a passé les trois quarts de son temps en position d’ailier droit ce qui permet aux joueurs de Luis Enrique d’étirer la défense de l’Atlético Madrid. Il a été plutôt précis dans ses centres en première période. Lorsque le Barça fut un peu dominé en seconde période on l’a moins vu, mais il est resté sérieux défensivement.

- Piqué (6) : à l’instar des trois autres défenseurs barcelonais, il a joué très haut et a coupé bon nombre de transmissions des Colchoneros au milieu de terrain. Il reste un danger permanent sur les coups de pied arrêtés offensifs de son équipe.Sur le but de Correa, le ballon passe entre ses jambes et il paraît un peu emprunté (61e). Il aurait pu donner l’avantage à son équipe sur une tête qui passe de peu à côté (83e).

- Mascherano (4) : il est un peu moins monté que son collègue de l’axe central, mais il demeure indispensable dans l’anticipation et la couverture. En témoigne ce tacle au-devant de Kévin Gameiro qui allait frapper aux six mètres (18e). Sur le but de Correa, il glisse et ouvre donc une voie royale vers Ter Stegen pour le petit buteur argentin (61e).

- Alba (6) : comme son pendant de l’autre côté, il a joué la plupart de la rencontre dans le camp de l’Atlético Madrid. Il participe beaucoup au jeu et souvent avec justesse. Il permet à son bloc de rester très haut. En seconde période, il est resté sérieux défensivement quand le Barça était un peu dominé. Match sérieux.

- Busquets (6,5) : il est le métronome défensif de ce milieu de terrain catalan. Il joue souvent juste et court, mais surtout c’est lui qui décide si le milieu presse ou non. Il a une nouvelle fois été très impressionnant ce soir en remportant quasiment tous ses duels et en jouant juste et toujours simple, un régal. Blessé et remplacé par André Gomes (51e) qui n’a eu strictement aucun impact.

- Rakitic (8) : qu’est-ce qu’il est beau à voir jouer ! Toujours juste dans ses passes et dans ses placements, il a aussi été au duel et en a remporté de nombreux. Il se défait du marquage de Filipe Luis pour l’ouverture du score du Barça (41e). En deuxième période il a surtout été utile pour relancer puisque son équipe jouait plus bas, toujours aussi précieux.

- Iniesta (8) : voir ci-dessus.

- Messi (4) : la Pulga s’est beaucoup dépensée ce soir sans toutefois trouver la faille en première mi-temps. Le fait d’essayer de créer et de jouer entre les lignes cache un peu sa première période ratée. Il tente de frapper en force sans succès sur une passe de Neymar (47e). Blessé ; Messi est remplacé par Arda Turan (58e) qui a tenté et souvent sans succès, dans ses dribbles et ses centres.

- Luis Suárez (5) : toujours aussi vif, l’international uruguayen va toujours autant au duel, même si c’est limite à chaque fois. Il est embêtant pour les relances adverses par le pressing constant qu’il exerce. Il reste aussi un poison dans la surface, toujours bien placé et à la réception des centres de ses coéquipiers. Il obtenu quelques coups-franc en deuxième période puis un jaune pour une faute stupide sur Filipe Luis (84e).

- Neymar (6) : l’attaquant brésilien est sûrement l’élément le plus en vue de l’attaque barcelonaise ces temps-ci et surtout ce soir. Par ses déplacements et ses remises il a offert de réelles possibilités à ses coéquipiers qui n’ont pas toujours pu concrétiser comme cette frappe contrée de Lionel Messi (47e). Il a tenté de sonner la révolte, mais sa frappe est bien repoussée par Oblak (65e).

Atlético de Madrid

- Oblak (6) : très serein sur sa ligne, comme d’habitude. Il ne peut rien faire sur le but de Rakitic, et n’a rien laissé passer. Il sort ainsi une belle main sur une tentative de Neymar (65e), et répond présent sur une frappe puissante de Neymar (79e). Il a été rassurant sur toutes ses sorties, qu’elles soient aériennes ou en dehors de la surface de réparation.

- Juanfran (6,5) : globalement solide face à Neymar, l’international espagnol a parfaitement tenu son rang défensivement parlant et a rendu une copie plus que correcte. Le Brésilien n’a jamais su prendre le dessus sur lui, et pourtant il a souvent essayé, de même pour Jordi Alba. On aurait cependant apprécié le voir monter un peu plus, surtout en deuxième période.

- Savic (7) : très belle performance du défenseur monténégrin, qui match après match donne raison à Diego Simeone de le titulariser en lieu et place de Giménez. Il a été très solide, neutralisant Luis Suarez pendant la quasi-intégralité de la rencontre et se montrant toujours propre à la relance. Plus de doutes, il a définitivement assuré sa place dans le onze ce soir, et les attaquants catalans risquent de faire des cauchemars en repensant à lui cette nuit...

- Godín (7) : l’Uruguayen a encore une fois été impérial. Il a enchaîné les interventions décisives, surtout dans les pieds de Messi, comme ce tacle vigoureux à la 27e minute par exemple. L’Argentin cherche encore le chemin pour sortir de sa poche. Plus globalement, si la MSN n’a été que très peu dangereuse, c’est en bonne partie grâce à lui. On notera comme d’habitude plusieurs interventions décisives dans le jeu aérien, et même en attaque, puisqu’il a été proche de donner la victoire aux Madrilènes sur une tête bien détournée par ter Stegen (88e).

- Filipe Luis (5,5) : comme son coéquipier du couloir gauche, le Brésilien a été assez solide défensivement. En revanche, il n’est pas au marquage sur Rakitic lors de l’ouverture du score des Catalans, ce qui vient quand même mettre une petite ombre à sa performance. Au retour des vestiaires, il est monté de quelques crans, et on l’a vu enchaîner les rush sur son couloir, sans pour autant réussir à faire la différence avec une percée décisive ou une dernière passe. Match plus que sérieux, mais pas brillant.

- Gabi (5) : le capitaine de l’Atlético a tenu la baraque tant bien que mal au milieu, agissant en véritable chien de garde, à l’affût de tous les ballons qui passaient, ratissant énormément de terrain au niveau du milieu. Il n’a pratiquement eu aucune influence dans le jeu, mais ce n’est probablement pas ce que lui demandait Simeone ce soir.

- Koke (6) : à l’aise dans le milieu de terrain colchonero. Lui a vraiment bénéficié de ce changement de style de l’Atlético à la mi-temps. Il a ensuite pris le jeu à son compte, n’oubliant pas de donner un coup de main dans les labeurs défensives, parcourant énormément de kilomètres. On peut éventuellement regretter qu’il se soit contenté de jouer de façon assez simple, alors qu’il est clairement capable de faire une passe laser qui perce les lignes à n’importe quel moment.

- Saúl (5) : lui aussi été cantonné à des tâches défensives en première période, ce qui a fait qu’on ne l’a que trop peu vu dans le jeu. Sur son côté droit, il a bien aidé Juanfran à fermer le couloir devant Neymar et Alba. Il a laissé sa place à Fernando Torres (60e), qui a adressé la passe pour Correa sur l’égalisation mais n’a pratiquement pas touché de ballons pendant le restant du match.

- Carrasco (6) : il a fait du Carrasco, et ce qu’on attendait de lui en somme. L’ailier belge a créé du danger en permanence sur son côté gauche, déséquilibrant, dribblant, et mettant le feu dans les derniers mètres. Joueur le plus en vue côté colchonero en première période, il a un peu disparu après la pause, alors qu’il avait pourtant plus de renfort à ses côtés. Remplacé par Thomas Partey à la 72e minute, qui n’a pas eu le temps de montrer quoi que ce soit.

- Griezmann (5) : il a joué plus bas que d’habitude aujourd’hui, en étant pratiquement positionné au milieu de terrain en première période. Dès lors, compliqué de le voir créer du danger devant. Avec les intentions plus offensives de Diego Simeone en deuxième période, il n’a pas forcément été plus à son aise, et n’est apparu que par intermittence. Une performance à oublier pour celui qui réalisait un début de saison canon, même si on notera de beaux efforts défensifs.

- Gameiro (4) : on ne l’a pas beaucoup vu ce soir... Alors qu’il semblait être de plus en plus intégré à l’équipe, il a vécu une soirée difficile, puisqu’il a dû énormément courir, toujours au pressing pour empêcher la relance des défenseurs de l’Atlético. Il n’a pratiquement eu aucun bon ballon à exploiter devant. Sa performance "anecdotique" est donc à relativiser. Angel Correa a pris sa place à la 60e minute, et l’Argentin égalisait une minute après son entrée en jeu ! Il n’a cependant pas eu d’autres opportunités de se mettre en valeur pendant la demi-heure suivante.