L’été avait été plutôt chaotique à Barcelone. Après le long feuilleton Neymar et certains joueurs comme Philippe Coutinho qui ne sont finalement pas arrivés, le club barcelonais a démarré sa saison avec une double humiliation face à l’ennemi juré, le Real Madrid, en Supercoupe d’Espagne. Deux défaites 3-1 et 2-0, mais surtout, un sentiment d’impuissance terrible face à un rival bien supérieur, tant sur le plan collectif que sur le plan individuel. A cette époque, la tendance était donc au pessimisme vis-à-vis de la saison à venir en Catalogne, mais peu à peu, Ernesto Valverde a su mettre fin aux doutes avant que ces derniers puissent réellement s’installer dans les esprits des joueurs, des supporters ou des journalistes. Avant d’avoir su remettre l’équipe dans le bain tactiquement parlant, il a surtout relancé ses troupes dans les vestiaires, dès la fin du match retour de Supercopa comme l’expliquait AS.

Aidé par Gerard Piqué, le tacticien s’est exprimé dans les vestiaires, se montrant plus extraverti que ce qu’il est habituellement. Le Txingurri aurait notamment expliqué que le Real Madrid allait aussi connaître des échecs au cours de la saison, ce qui aurait servi à remettre en question certains joueurs. C’est d’ailleurs dans ce rôle qu’excelle l’ancien de l’Athletic cette saison : il a su remettre dans le bain des joueurs qui semblaient un peu perdus pour le Barça, ou d’autres dont on attendait pas forcément grand chose. Paco Alcacer est l’un des meilleurs exemples. Peu utilisé par Luis Enrique, et assez médiocre les quelques fois où il avait l’occasion de fouler la pelouse, il a offert de belles performances lorsque Valverde a fait appel à lui. En plus d’être plus adroit devant les cages (déjà 6 buts cette saison, 8 sur toute la saison dernière), il a montré de belles choses lorsqu’il a été utilisé à une position plus latérale et plus éloignée de la pointe de l’attaque.

Des joueurs de retour au top

Autre joueur qui revit sous ses ordres : Jordi Alba. Nous vous parlions déjà du retour en force incroyable du latéral catalan sur Foot Mercato. L’entraîneur gère très bien l’effectif. « On joue pratiquement tous, certains plus que d’autres, mais ça c’est normal. Et la vérité c’est que les joueurs répondent bien », confiait le joueur de la Roja récemment pour mettre en lumière le bon travail relationnel effectué par son nouveau coach. On pense forcément à Paulinho, qui n’était pas particulièrement facile à intégrer à l’équipe aux premiers abords, de par les nombreuses critiques qui se sont abattues à son égard à son arrivée, mais surtout par son profil totalement atypique. Et finalement, le Brésilien a montré être tout à fait au niveau dans les domaines demandés par Valverde : apporter de l’intensité au milieu de terrain, briser des lignes facilement ou créer du danger en arrivant dans la surface depuis les deuxièmes lignes. Des joueurs comme Sergio Busquets ou Andrés Iniesta livrent également des prestations de haute volée sous les ordres de Valverde, mais ces deux joueurs n’étaient pas forcément en énorme difficulté sous les ordres de Luis Enrique.

Il a simplement su éloigner les joueurs de ce contexte compliqué du début de saison et servir en quelque sorte de paratonnerre. Au delà du bon niveau individuel d’une bonne partie de l’effectif - si on met de côté quelques joueurs comme Rakitic voire Luis Suarez - c’est tactiquement que l’équipe a beaucoup progressé. Parfois en 4-2-3-1 ou en 4-4-2 losange, le temps qu’Ousmane Dembélé revienne de sa blessure, Ernesto Valverde a d’abord commencé par solidifier sa défense, bien aidé par un Samuel Umtiti impérial dans l’axe et un ter Stegen en feu dans l’axe. Les Catalans sont d’ailleurs la meilleure défense de Liga à égalité avec l’Atlético. Il a cependant essuyé quelques critiques en raison de son animation offensive parfois assez morne par moments et des rencontres débloquées par la qualité individuelle de ces joueurs, Messi en tête de liste, mais aussi en raison de certains choix de compositions étonnants, comme les titularisations répétées d’Ivan Rakitic. On peut imaginer que ce dernier apporte plus défensivement que des joueurs comme Denis Suarez aux yeux du tacticien barcelonais. Valverde a d’ailleurs insisté à plusieurs reprises que ce qui compte, ce n’est pas le système mis en place mais la façon de jouer. On commence d’ailleurs, peu à peu, à retrouver des séquences de possession et de combinaisons comme "à la belle époque". Demain, à l’occasion du Clasico face au Real Madrid, il aura une nouvelle opportunité de montrer que son Barça a emprunté le bon chemin...