Foot Mercato : quel bilan dressez-vous de la saison de l’En Avant Guingamp jusqu’à maintenant ?

Marçal : le bilan est très positif, surtout sur la première partie de saison. Notre première moitié de championnat a vraiment été très positive, au-delà des attentes. Nous avons fait un excellent départ, nous étions à la lutte pour les places européennes. Mais au retour de la trêve, nous n’avons pas réussi à maintenir les bons résultats que nous enchaînions. Nous avons connu des hauts et des bas, avec de belles victoires contre l’Olympique Lyonnais (2-1) et Bastia (5-0) mais des défaites contre Caen (0-1) et Angers (0-3). On n’est pas aussi bien qu’en 2016 mais il reste beaucoup de matches. J’espère qu’on va enchaîner des succès pour terminer le plus haut possible.

FM : vous êtes 10es au classement et qualifiés en quart de finale de Coupe de France. Quels sont les objectifs d’ici la fin de la saison ?

M : évidemment ! Nous voulons terminer le plus haut possible au classement. L’objectif est de récupérer trois-quatre places. Il reste encore 9 matches, 27 points à prendre. Notre idée est de prendre au moins la moitié des points. Si nous prenons 1,5 point par match, nous terminerions vers la 7-8e place. C’est l’idée, histoire de récupérer les points perdus depuis le début d’année. Nous allons aussi nous battre pour aller le plus loin possible en Coupe de France. Nous travaillons fort pour pouvoir y arriver. C’est une compétition qui tient à cœur au club. Nous allons voir si nous arrivons à la gagner une 3e fois dans l’histoire du club.

FM : sur le plan personnel, vous réalisez une saison de haute volée. Comment jugez-vous vos performances avec l’EAG ?

M : ma saison se passe bien, très bien. J’ai réussi à faire de belles prestations au service du collectif. L’équipe a réussi de bons résultats et, quand l’équipe tourne bien, j’ai apporté ma contribution par des passes décisives ou des avant-dernières passes. Je suis content d’aider l’équipe autant que je le peux. La saison est très positive, consistante. J’ai davantage de visibilité du fait des passes décisives. J’espère maintenir mon niveau de performance jusqu’à la fin de l’exercice pour finir avec le sentiment du devoir accompli et être pleinement satisfait de ma saison.

Le titre de meilleur passeur en vue

FM : vous comptez 7 passes décisives en 25 apparitions en L1. Quel est votre secret ?

M : (rires) je vais partager cette belle réussite avec mes partenaires, parce que, même si j’ai fait de bons centres et de belles passes, mes partenaires ont su les convertir ! Il n’y a pas de secret. L’équipe croit en mon potentiel, surtout dans le dernier tiers du terrain. Les choses se passent bien, j’espère pouvoir encore gonfler ces statistiques d’ici la fin du championnat !

FM : le Marseillais Morgan Sanson et le Niçois Jean-Michaël Seri sont devant vous au classement avec 9 offrandes au compteur. Terminer meilleur passeur de L1 en fin de saison est-il l’un de vos objectifs personnels ?

M : je ne suis pas loin d’eux ! Mais les deux sont milieux, touchent davantage de ballons, participent directement à la construction du jeu. Ma priorité est toujours de bien défendre. Ensuite, je vois ce que je peux faire pour être utile offensivement. J’espère pouvoir au moins augmenter mon total d’ici la fin du championnat. Et si je finis devant, ce sera encore mieux !

FM : Guingamp affiche une belle force collective et une grosse solidarité. Quelle est la part du coach Antoine Kombouaré là-dedans ?

M : tout au long de la saison, le coach a su tirer le meilleur de chaque joueur pour le bien du collectif. Nous sommes un vrai groupe, avec un collectif fort. Nous avons des joueurs capables de faire la différence, comme Salibur, Briand, De Pauw ou Coco, mais nous allons chercher nos résultats tous ensemble. Si vous analysez bien notre jeu, vous verrez que c’est toujours le collectif qui prime. Le coach a beaucoup travaillé avec les joueurs, avec Jimmy à la finition. Il échange aussi beaucoup avec Salibur et tous les joueurs. Il m’a parlé après mes premiers matches pour rectifier ce qui n’allait pas et appuyer sur les points positifs. J’ai pris ces conseils. Il m’a permis de m’améliorer, notamment sur le plan défensif. Il m’a aidé à être performant défensivement. Il est une pièce fondamentale dans notre bonne saison jusqu’ici.

FM : y a-t-il un joueur de l’effectif guingampais qui vous impressionné depuis votre arrivée ?

M : il est difficile de ne ressortir qu’un joueur. Nous avons plusieurs joueurs de qualité, comme Jimmy Briand, Yannis Salibur ou Marcus Coco, qui font un super travail devant et sont importants dans nos bons résultats. Mais je dois dire que j’apprécie beaucoup Christophe Kerbrat. Il est au club depuis longtemps, il a l’expérience de la L1. Il transmet beaucoup de sérénité en défense. Techniquement, il n’est jamais embêté avec le ballon. J’aime aussi beaucoup le style de jeu d’Etienne Didot, un joueur expérimenté qui apporte beaucoup de qualité à notre jeu.

FM : vous êtes prêté à Guingamp par Benfica jusqu’à la fin de la saison. Quelles sont vos envies pour cet été ?

M : je me suis surtout concentré sur la position et les progrès de l’équipe, sur mes progrès personnels, mais pas vraiment sur mon avenir. Je suis prêté par Benfica. Guingamp n’a pas d’option d’achat. Je vais donc probablement et contractuellement retourner à Lisbonne cet été. Mais il est encore tôt pour parler de tout ça. On verra ce qui se passera lors du mercato. Il y a toujours beaucoup de mouvements. Le poste de latéral gauche est très recherché sur le marché. Je fais une bonne saison en France et j’espère pouvoir faire une saison prochaine encore meilleure. C’est la seule chose à laquelle je pense. Je ne sais pas encore où je jouerai, mais je dois rentrer à Benfica et on verra ensuite. Je suis pleinement concentré sur Guingamp.

FM : en parlant de Benfica, pourquoi n’avez-vous pas eu votre chance là-bas depuis votre arrivée en provenance du Nacional à l’été 2014 ?

M : c’est compliqué d’expliquer pourquoi… Il y a plusieurs versions… Beaucoup de choses ont été dites… Mais, moi, je ne sais pas pourquoi je n’ai pas vraiment eu ma chance. J’ai fait la préparation estivale deux fois, mais je n’ai pas eu ma chance en compétition officielle de pouvoir me montrer au coach, au staff et aux supporters. Qui sait, cet été peut-être ?

Pas contre un nouveau challenge en L1

FM : si une opportunité se présentait en France cet été, dans un bon club de L1, j’imagine que vous étudieriez attentivement cette possibilité ?

M : sans aucun doute ! Surtout s’il y a des clubs majeurs de L1 intéressés qui parviennent à se mettre d’accord avec Benfica. J’aurai un grand plaisir à poursuivre ma carrière en France. C’est un pays dans lequel je me suis très facilement adapté. Je comprends déjà un peu le français. Ma famille est avec moi ici et adore vivre ici. Mon épouse adore la France. Mon fils parle déjà français. Je serai très heureux de rester. Mais comme je n’ai encore reçu aucune offre et que j’appartiens à Benfica, c’est tout ce que je peux dire.

FM : quel regard portez-vous sur la L1 ?

M : la L1 est un championnat fort, très compétitif, avec beaucoup de visibilité. Je suis bien ici. Le jeu est très dynamique, très rapide. Il y a aussi beaucoup de puissance, de force. C’est un championnat assez physique. Mais c’est quelque chose qui me va plutôt bien. D’autant qu’avec ma technique, je peux sortir du lot. Le style de jeu me plaît beaucoup. C’est aussi pour ça que je suis venu l’été dernier. J’avais d’autres offres plus avantageuses financièrement, mais j’ai choisi la France pour ça. Et grâce à Dieu, la saison se passe bien, encore mieux que je ne l’avais imaginé. Si j’ai la possibilité de continuer ma carrière en France, je serai ravi.

FM : selon vous, quelle est la meilleure équipe de L1 cette saison ? Le meilleur joueur ?

M : pour moi, même si le Paris SG est très fort et possède des joueurs fantastiques, l’équipe qui joue le mieux en France est Monaco. C’est une équipe qui marque beaucoup de buts, qui en prend très peu, à l’exception de l’aller contre Manchester City (5-3). Ils sont favoris pour le titre pour moi, mais je ne sais pas s’ils vont y arriver car Paris est une vraie machine. Pour ce qui est du meilleur, je dirai Marco Verratti. C’est un joueur que n’importe quel club ou n’importe quelle sélection aimerait avoir. Et même s’il n’est pas forcément dans son meilleur moment de forme, il reste un joueur incroyable. Je citerai aussi Kylian Mbappé, de Monaco, qui est, pour moi, la révélation du championnat. Il n’y a pas grand-chose à ajouter sur le potentiel de ce jeune joueur quand on voit tout ce qui se dit récemment et les offres que reçoit l’ASM pour lui.

FM : vous êtes un exemple parfait du latéral moderne, solide défensivement mais porté vers l’offensive dès que possible. Quel regard portez-vous sur l’évolution du poste de latéral ?

M : il y a quelques années, je défendais beaucoup, je me concentrais sur ça. Mais j’ai aussi pris goût à attaquer. En voyant ce que Daniel Alves faisait à Barcelone, participant au jeu et défendant toujours très bien, je me suis penché sur son style. Avant je me fixais sur Roberto Carlos, mais je me suis porté sur Daniel Alves et Marcelo. Ce style colle au football moderne, toujours plus rapide. C’est bien pour le spectacle de voir un joueur se battre derrière et devant sur son côté. Mais il faut continuer à progresser.

FM : pour terminer, un petit mot sur votre passage en Turquie, à Gaziantepspor, la saison passée. Vous aviez été élu dans le onze-type de Süper Lig. Que retenez-vous de cette expérience ?

M : la Turquie est un pays qui m’a toujours plu, pour l’aspect culturel notamment. Ce pays avec une histoire incroyable m’a toujours attiré. J’avais la sensation d’être chez moi. C’est un pays magnifique pour un footballeur. Les gens veulent toujours parler avec toi, échanger, t’encourager. Ils sont terriblement passionnés par le football. Humainement, c’était très enrichissant. Sportivement, même si mon équipe n’avait pas d’énormes résultats, j’ai su imprimer ma patte dans un championnat dans lequel jouaient Mario Gomez, Lukas Podolski, Nani, Ricardo Quaresma. J’ai été élu dans le onze de l’année. Par ailleurs, Gaziantep est proche de la Syrie. Beaucoup de réfugiés arrivaient en Turquie. J’en ai aidé certains. Humainement, c’était marquant. Cette expérience m’a fait grandir en tant que père, qu’homme. J’en garderai un souvenir très fort.