Traditionnellement placée à 21h, le derby le plus enflammé de France est aujourd’hui placé à 17h quelques heures avec le Classico entre le PSG et l’OM. Pour ce choc historique de Ligue 1, les deux coaches alignaient des compositions relativement classiques. Bruno Genesio s’appuyait sur un 4-2-3-1, copie conforme du onze de départ de Villarreal (victoire 1-0), jeudi dernier. Seul Anthony Lopes, blessé, manquait à l’appel. Il était remplacé par Mathieu Gorgelin. Memphis Depay était préféré à Houssem Aouar, Ferland Mendy à Fernando Marçal et Rafael à Kenny Tete. Du côté de l’ASSE, Jean-Louis Gasset optait lui aussi pour un 4-2-3-1. Sévèrement battue au match aller (5-0) l’ASSE abordait ce nouveau derby avec 7 nouveaux joueurs dans son onze de départ. Si Ruffier, Selnaes, Bamba et Monnet-Paquet étaient présents au match aller, c’était une défense new-look qui était alignée : blessé à l’aller, Perrin est bien là, tout comme Gabriel Silva. Subotic et Debuchy découvraient quant à eux le derby, tout comme M’Vila et Rémy Cabella. Robert Beric était lui de retour après sa parenthèse belge.

Dans un Groupama plein comme un œuf, le début de match s’avérait très équilibré. L’ASSE, sous l’impulsion de ses recrues hivernales et d’un bon Rémy Cabella, donnait du fil à retordre et empêchait les Lyonnais de jouer. Au quart d’heure de jeu, Robert Beric ouvrait le score, mais le but était logiquement refusé pour une position de hors-jeu flagrante (13e). Ce fait de jeu avait pour mérite de réveiller l’OL qui répondait immédiatement par l’intermédiaire de Mariano Diaz. Sur une ouverture de Marcelo, l’ancien attaquant du Real Madrid effectuait un superbe enchainement et trompait à bout portant Ruffier pris à contre-pied (19e). Sonnée, l’ASSE voyait une nouvelle offensive lyonnaise sur ses buts quelques minutes plus tard. À la 25e minute, Tanguy N’Dombelé s’offrait un petit numéro dans la surface stéphanoise, mais sa tentative était parfaitement repoussée par un Ruffier vigilant. Le match baissait un peu d’intensité jusqu’à cet éclair de Memphis Depay. Pas toujours heureux dans ses choix et ses dribbles, l’ancien de Manchester United plaçait un amour de frappe enroulée du droit parfaitement claqué par Stéphane Ruffier (39e). À la fin de la première période, c’est l’OL qui revenait logiquement avec un but d’avance aux vestiaires dans ce 116e derby.

L’OL a reculé et l’ASSE en a profité !

Dès l’entame de la seconde période, les débats étaient de nouveau très équilibrés et l’intensité en chute libre. Saint-Etienne revenait avec de meilleures intentions. Rémy Cabella, sur une nouvelle percée, lançait les hostilités, mais Monnet Paquet voyait sa frappe s’envoler dans le ciel du Groupama Stadium (53e). Ce diable de Mariano Diaz donnait de nouvelles sueurs froides à la charnière centrale Subotic-Perrin. Mais la tentative de l’attaquant espagnol trouvait cette fois les gants du portier stéphanois (58e). Le match continuait de perdre en intensité et Nabil Fekir devait quitter ses partenaires à la 70e minute après une pointe au genou. À la sortie de son capitaine, l’OL reculait et jouait en contre.

Une aubaine pour l’ASSE qui reprenait du poil de la bête. Robert Beric était à deux doigts d’égaliser, mais un sauvetage incroyable de Marcelo permettait à l’OL de rester devant au tableau d’affichage (74e). Quelques instants plus tard, Romain Hamouma déclenchait une frappe à l’entrée de la surface et Tete sauve devant son but (75e). Sur courant alternatif tout au long du match, Memphis Depay faisait chauffer les gants de Ruffier sur une frappe sur coup franc surpuissante (85e). Mais ce qui devait arriver arriva. À force de reculer, l’ASSE parvenait à égaliser par Mathieu Debuchy, auteur d’un match plein et sans doute le meilleur stéphanois (87e). Le score n’évoluera plus et l’AS Saint-Etienne ramène un bon point du Groupama Stadium. Quant à l’OL, il pourra regretter sa frilosité tactique. Au classement, les rhodaniens poursuivent leur surplace et restent encore très loin de Monaco et de l’OM. 

L’homme du match : Debuchy (7) : dans la lignée de ces derniers matchs, l’international français a réalisé un match très solide, tant défensivement qu’offensivement. Opposé à Memphis Depay, il a fait preuve d’une rigueur défensive à toute épreuve en limitant l’activité offensive du Néerlandais. Ce qui lui a permis de faire apprécier sa qualité de centre lors de ses montées. A une minute du temps additionnel, il s’est montré opportuniste en reprenant la passe de Cabella (90e) et en offrant l’égalisation aux Verts. Son deuxième but sous les couleurs de Saint-Etienne. Un but ô combien important.

Olympique Lyonnais :

- Mathieu Gorgelin (5) : pour son sixième match de Ligue 1, l’habituel remplaçant d’Anthony Lopes a vécu une première période plus que tranquille. Peu de travail, mais une belle sortie devant Robert Beric (64e). Il ne peut rien sur l’égalisation de Debuchy en fin de match.

- Rafael (non noté) : un début de match solide sur son côté droit, mais une blessure à la cuisse l’a stoppé net à la demi-heure de jeu. Remplacé par Kenny Tete (5) A l’instar du brésilien, le latéral droit néerlandais n’a pas vraiment eu à forcer son talent sur son côté. Un match relativement tranquille et une prestation solide. À noter son sauvetage sur une frappe lointaine de Romain Hamouma.

Marcelo (5) : précieux dans la première relance sur l’ouverture du score puisque c’est lui qui a délivré un amour d’ouverture pour Mariano sur l’ouverture du score de l’OL, le roc défensif brésilien a eu beaucoup de déchet par la suite. Patron de la défense lyonnaise, il a sauvé les siens d’un tacle parfait sur une frappe de Robert Beric à deux mètres du but.

- Jérémy Morel (4) : pas toujours d’une sérénité de tous les instants, l’ancien Marseillais a tenu tant bien que mal la baraque derrière, mais n’a pas vraiment été mis en danger devant un Robert Beric bien trop esseulé et trop lent pour mettre le mettre en danger. Pas vraiment impérial sur l’égalisation de Debuchy.

- Ferland Mendy (5) : bon début de match, mais une opposition de choix avec Mathieu Debuchy. Malgré son jeune âge, l’ancien Havrais affiche une sérénité déconcertante et n’a pas fui ses responsabilités. À défaut de faire un grand match, le latéral gauche s’est montré solide sur son côté.

- Lucas Tousart (5) : malade dès l’entame du match, il a tenté tant bien que mal de faire bonne figure au milieu de terrain. Remplacé par Houssem Aouar à la mi-temps (5). Le jeune lyonnais va mettre 15 minutes à se mettre dans le bon sens de la marche. Sa qualité de passe et sa capacité à porter le ballon offensivement ont été très précieuses même s’il a eu un peu de déchet dans son jeu. A eu plus de mal en fin de match suite à la réorganisation tactique de Génesio.

- Tanguy Ndombele (7) : encore un match énorme de l’ancien Amienois. S’il a mis le feu dans la défense suite à un joli numéro dans la surface et une frappe bien repoussée sur Ruffier, c’est son impact physique et ses récupérations de balle qui ont impressionné. À ce niveau de jeu, Ndombele est tout simplement indispensable à l’OL, même s’il a connu une petite baisse de régime en seconde période.

- Bertrand Traoré (4) : un match compliqué pour l’attaquant burkinabé que l’on a connu bien plus tranchant offensivement. Beaucoup de remises en une touche de balle, peu de dribbles et de pénétration, mais un gros travail défensif pour soutenir Rafael puis Kenny Tete. Insuffisant.

- Memphis Depay (4) : l’attaquant néerlandais retombe dans ses travers, trop de dribbles tentés. Malgré tout, ce dernier est capable de gestes géniaux comme sur cette frappe enroulée de 20 mètres bien claquée par Ruffier (39e) ou encore sur un coup franc surpuissant sur Ruffier (85e). Bien cadré par un bon Debuchy, ce n’est pas le meilleur des Memphis que l’on a vu ce soir.

- Nabil Fekir (3) : si brillant au match aller, le capitaine lyonnais a connu une soirée très compliquée. Peu inspiré dans ses choix, il a été obligé d’aller chercher les ballons très bas. Gêné par son genou, l’international tricolore a dû quitter ses partenaires prématurément. Une rencontre à oublier pour Fekir qui a cédé sa place à Mouctar Diakhaby (69e) qui est resté cantonné à un rôle défensif sans réellement se mettre en évidence.

- Mariano Diaz (7) : attaquant au sens du but aiguisé a encore fait parler la poudre. Son enchainement contrôle orienté-frappe est un modèle du genre. Hormis ce but, beaucoup de travail et d’appel de balle et un danger permanent pour la charnière centrale Subotic-Perrin comme sur cette frappe bien repoussée par Ruffier suite à une nouvelle tentative de Mariano dans son style si caractéristique (58e).

AS Saint-Etienne :

-  Ruffier (6,5) : le dernier rempart de l’ASSE a fait le boulot. S’il ne peut rien sur le but de Mariano Diaz, pris à contre-pied, il a permis à son équipe de rester en vie dans ce derby en s’employant sur une frappe de Ndombélé (25e). Juste avant la mi-temps, il a sorti d’une main ferme une belle frappe enroulée de Depay (39e). Malgré la discrétion des Gones en deuxième mi-temps, il a su se montrer déterminant dans les temps faibles des Verts, à l’image de la demi-volée de Mariano (60e). Solide sur ses appuis, il a détourné le missile de Depay sur coup franc (85e).

-  Debuchy (7) : voir ci-dessus

-  Subotic (4) : pour son premier derby, le défenseur serbe a livré une prestation moyenne. Face à la vivacité des attaquants lyonnais, il a beaucoup souffert en se faisait trop souvent prendre de vitesse. Ce dernier a tenté de combler ce manque en dominant ses adversaires dans le domaine aérien. Sanctionné d’un jaune à la 84e.

-  Perrin (3) : le capitaine des Verts a livré une copie décevante au vu de son expérience dans ce genre de match. Très fébrile, Mariano Diaz lui a fait vivre un cauchemar, comme en témoigne son superbe enchaînement contrôle-frappe sur l’unique but du match. Il est clairement passé à côté de son match.

-  Gabriel Silva (4,5) : opposé à Bertrand Traoré bien trop brouillon, le latéral Brésilien a parfaitement su remplir son rôle défensif. Presque jamais pris à défaut par l’international burkinabé, il s’est permis quelques montées pour venir en aide à son ailier. Remplacé par Doussié à la 87e.

-  M’Vila (5) : positionnée dans un rôle de milieu récupérateur, la recrue hivernale a été l’auteur d’une prestation mitigée. S’il a récupéré quelques bons ballons, il n’a pas su ressortir le cuir pour mettre dans les meilleures positions ses attaquants. S’il a souffert face à la puissance de Ndombélé dans le premier acte, il a vécu une deuxième période plus tranquille lorsque l’entrejeu des Verts a pris le dessus sur celui des Gones.

-  Selnæs (5) : comme à son habitude, le milieu norvégien a été très généreux dans l’effort avec un pressing permanent. Ce dernier a beaucoup couru pour tenter de récupérer le cuir. Son excès d’agressivité lui a d’ailleurs valu un carton jaune à la 42e. Plus discret en seconde période, il est remplacé par Ntep à la 67e minute, qui n’a pas su apporter sa fraicheur.

-  Bamba (4) : très à l’aise balle au pied, l’international espoirs français semblait être l’un des seuls stéphanois en première mi-temps à pouvoir perforer la défense lyonnaise de par sa vitesse et ses accélérations. Au retour des vestiaires, il a disparu de la circulation et laissé son coéquipier Cabella mener les offensives des Verts.

-  Cabella (7) : positionné en numéro 10, il s’est montré omniprésent en début de match en touchant un grand nombre de ballons… avant de lever le pied après l’ouverture du score de Mariano Diaz. Au retour des vestiaires, l’ancien marseillais a remis le pied sur le cuir. Grâce à sa justesse technique, il a été à l’origine de toutes les offensives stéphanoises. Il a ponctué sa très belle partition en offrant le but de l’égalisation à Debuchy. Le meilleur Stéphanois dans ce derby.

-  Monnet-Paquet (3,5) : des trois milieux offensifs, le franco-rwandais a été le plus discret. Sur les peu de ballons qu’il a eu à négocier lors des phases offensives, il a fait preuve d’imprécisions dans ces choix. Match délicat de sa part. Remplacé par Hamouma à la 63e, qui a été à l’origine de la meilleure occasion de l’ASSE en deuxième mi-temps.

-  Beric (3) : esseulé à la pointe de l’attaque de l’ASSE, l’attaquant slovène a tenté tant bien que mal d’exister dans ce derby. Il a bien cru ouvrir le score pour les siens, mais son but a été refusé pour une position de hors-jeu (15e). À un quart de la fin du match, il a eu l’occasion d’égaliser, mais Marcelo a été l’auteur d’un incroyable sauvetage (75e). Frustrant.