« J’ai un peu d’expérience. Il faut être très prudent avec les jeunes. On le protège un peu médiatiquement, il est encore très très jeune. Je me demande comment je réagirais à tout ça à sa place », a lâché Rudi Garcia en conférence de presse lundi au moment d’évoquer le cas de Rayan Cherki. Un jeune homme âgé de 16 ans à la précocité affolante qu’il n’a pas hésité à lancer dans le monde professionnel le 19 octobre dernier à l’occasion de la réception de Dijon (0-0). Depuis, le natif de Lyon a été utilisé à plusieurs reprises. Il a notamment fait une bonne entrée à l’Orange Vélodrome lors de la défaite face à l’OM (2-1). Avec Houssem Aouar, il était d’ailleurs le seul joueur lyonnais à s’être exprimé face aux médias en zone mixte. Muet depuis, Rayan Cherki était l’invité d’OL Access sur OLTV, la chaîne officielle du club rhodanien. L’occasion pour lui de faire sa première télé. Et comme sur un terrain de football, la pépite lyonnaise a été plutôt à l’aise au moment de répondre aux nombreuses questions sur sa saison, ses ambitions et ses premiers pas avec le groupe professionnel.

Couvé par ses proches et l’OL

Un groupe où il se sent de mieux en mieux, sur le pré comme en dehors. « Je me suis bien senti (face à Brest). Je commence à avoir de plus en plus de temps de jeu. Ça me fait plaisir. Je me sens de mieux en mieux avec mes coéquipiers. (...) Il me fallait du temps pour jouer comme à mon habitude. J’espère qu’on va continuer à faire de bonnes prestations comme hier. » Il poursuit : « ça fait bizarre, on a que 16 ans et on est avec des pères de famille, des joueurs qui ont 10 ou 15 ans de carrière. Il ne faut pas se mettre la pression et faire comme d’habitude. (...) J’ai été très bien accueilli. Je suis quelqu’un qui arrive à bien me fondre dans la masse. J’étais souvent avec Amine (Gouiri), Maxence (Caqueret), Oumar (Solet) et Racioppi. Il y a aussi des joueurs comme Moussa (Dembélé), Martin (Terrier), Jason (Denayer) ou Houssem (Aouar) qui m’ont bien accueilli. » Bien intégré dans la famille OL, il est aussi bien entouré par ses proches. « Oui, j’ai l’impression d’être un peu couvé. Ma famille va faire en sorte que je garde la tête sur les épaules. C’est la plus belle chose que je peux avoir. »

Une famille qui l’accompagne au quotidien pour l’aider à réaliser son rêve. Ses proches, dont son père qui lui a transmis la passion du ballon rond, étaient présents en juillet dernier lorsqu’il a paraphé son premier contrat professionnel. « S’il y a quelques années, on m’avait dit qu’à 15 ans j’allais signer pro, j’aurais dit que ce n’était pas possible. Ça m’a fait du bien. Le dénouement m’a beaucoup plu, c’est à l’OL que je voulais jouer. (...) Si j’étais parti du club, j’aurais eu un pincement au cœur. Je n’aurais pas pu réaliser mon rêve de jouer ici. Jusqu’au dernier moment de la signature, on a toujours été lucides et solides. » Un moment important dans la jeune carrière du précoce Cherki. Sa première avec les pros en octobre dernier en était un autre. « Ça restera gravé à jamais dans ma tête. Je m’attendais à être 19e, le coach a décidé de me faire confiance. Ça m’a fait plaisir ainsi qu’à mes proches. Ça m’a beaucoup touché (la standing-ovation du stade pour son entrée). »

Rayan Cherki rêve encore plus grand

Le 4 janvier 2020 restera aussi gravé dans sa mémoire. Ce jour-là, le jeune homme a marqué son premier but avec les pros. Un but important puisqu’il lui a permis d’entrer dans l’histoire du club en devenant le plus jeune buteur de l’histoire de l’OL. « Je ne m’attendais pas à marquer dans ce match (contre Bourg-Péronnas en Coupe de France) comme c’était la 90ème, mais ça m’a souri et marquer ce but fait du bien. Avoir cette ovation, ç’a été un vrai bonheur pour moi. Pour ce but, je savais que je pouvais battre le record. J’essaye de regarder tous les records que je peux battre, ça me stimule. C’est l’une de mes grandes ambitions d’entrer dans l’histoire du club et que personne ne vienne me détrôner. » Le jeune homme ne veut pas s’arrêter en si bon chemin lui qui vit une ascension fulgurante. « Tout est allé très vite. Depuis mon plus jeune âge, je sais ce que je vaux et je sais où je veux aller. Tous les jours, je bosse plus que les autres pour me donner les moyens de faire ce que je sais faire. »

Il ajoute : « il faut toujours viser plus haut. (...) Mon premier rêve était de jouer au Groupama Stadium et j’ai réussi grâce à un travail acharné. Il ne faut pas s’arrêter là et devenir titulaire puis titulaire indiscutable. » En attendant, Rayan Cherki prend ce que Rudi Garcia lui donne, apprend et progresse. « En tant que compétiteur, je n’aime pas être sur le banc de touche mais ce sont les choix du coach. Après, quand je rentre, je sais ce que j’ai à faire. J’aime jouer un peu partout tant que le coach me donne ma chance, même défenseur central (rires). Non mais numéro 10, je pense que c’est là où je suis le plus performant. » Et là où il s’imagine évoluer dans le futur, même si ses qualités et sa polyvalence lui permettent d’être bon à différents postes offensifs. Pétri de talent, le garçon de 16 ans sait qu’il a encore du pain sur la planche pour atteindre ses objectifs et s’imposer définitivement dans son club de cœur. « Tactiquement, j’ai parfois du mal et dans les zones de vérité, avec le temps, j’arriverai à me lâcher plus comme je le faisais en N2 notamment. Je ne peux pas faire certaines choses avec les pros. » Le meilleur reste donc encore à venir pour Rayan Cherki !