Trois jours après avoir concédé le nul face à Bordeaux, le PSG était attendu sur la pelouse de Strasbourg, qui l’avait fait tomber, quasiment un an jour pour jour (c’était le 2 décembre 2017), sur le score de 2-1. Cela n’a pas empêché Thomas Tuchel de sortir une équipe mixte, avec des éléments moins utilisés comme Diaby, N’Soki ou encore Choupo-Moting titulaires dans son 3-5-2 où Rabiot faisait également son retour. Le PSG est bien entré dans son match, avec une intensité intéressante et une possession de balle vite en sa faveur, comme souvent. Mais Strasbourg avait le mérite de bien défendre avec son bloc bas et sa ligne de 5 en défense. Paris ne parvenait donc pas vraiment à accélérer le jeu, orphelin aussi de Neymar et Mbappé. Moussa Diaby se distinguait en délivrant deux bons centres, finalement dégagés et la première vraie occasion naissait d’une talonnade de Cavani pour Meunier qui tirait au-dessus (16e). C’était tout, et bien trop peu pour le PSG, qui peu à peu se complaisait dans un faux rythme, bien trop timoré pour déstabiliser l’arrière-garde strasbourgeoise.

Les joueurs parisiens s’énervaient même, à l’image d’un Draxler agacé des petites fautes de Fofana. Le Racing jouait la carte de l’agressivité dans les duels, et se procurait une occasion sur un contre mené par Zohi (31e), qui tirait au-dessus. Puis, sur un centre de Carole, Kehrer touchait le ballon de la main. Après appel à la VAR, l’arbitre désignait le point de penalty. Kenny Lala transformait (1-0, 41e). Le PSG se retrouvait mené au score et n’était clairement pas dans son assiette, notamment d’un point de vue technique, avec beaucoup trop de déchet. L’arbitre sifflait la mi-temps et on pouvait décemment penser que Thomas Tuchel allait secouer ses hommes dans le vestiaire.

Mbappé change le visage du PSG

Le coach allemand décidait déjà de lancer Kylian Mbappé pour booster son attaque, trop neutre en première période, à la place de N’Soki, proposant une nouvelle organisation tactique, Rabiot descendant d’un cran notamment pour se placer en défense. L’entrée de Mbappé avait le mérite de réveiller ses coéquipiers, avec un premier bon centre du numéro 7 pour la tête de Kehrer, sortie magnifiquement par Sels (51e). Mbappé se signalait dans la foulée par une frappe non cadrée (52e). En l’espace de 6 minutes, le PSG s’était créé plus de situations qu’en première période. Mais Strasbourg restait menaçant, notamment avec son jeu sur les ailes et les nombreux centres effectués. Paris se montrait toutefois plus tranchant et investissait le camp strasbourgeois. Les mouvements de Mbappé amenaient enfin la vitesse qui manquait tant en première période.

Sur un coup-franc obtenu par l’international français, Edinson Cavani tirait juste au-dessus (63e). Kylian Mbappé était bien le principal danger et il le prouvait en obtenant le penalty après un débordement sur Lala, qui maîtrisait mal son tacle (70e). Cavani transformait malgré un Sels parti du bon côté (1-1, 71e). Dès lors, c’était un véritable siège sur les buts du gardien belge, avec une défense strasbourgeoise positionnée très bas, avec beaucoup de densité. Le PSG ne se créait pas de grosses occasions et s’en remettait aux coups de pied arrêtés, où Kehrer mettait Sels à contribution. C’est même Strasbourg qui était le plus dangereux en fin de rencontre. Le Racing pensait même arracher la victoire avec un but de Thomasson, finalement annulé pour hors-jeu. Score final 1-1 et deuxième match nul consécutif pour le PSG, qui reste bien sûr en tête, mais aussi invaincu, qui aura livré un match médiocre.

Revivez le film de la rencontre.

L’homme du match : Jonas Martin (7) : le milieu de terrain strasbourgeois a peu été en vue en première période, se contentant de mettre la pression sur les milieux du PSG, ce qu’il a très bien fait avec beaucoup d’impact. Plaque tournante de son équipe (49 ballons touchés, 83% de passes réussies), il a beaucoup apporté et a permis à son équipe de conserver le ballon à certains moments. Un match plein pour l’ancien de Montpellier.

Strasbourg :

- Sels (6) : le portier strasbourgeois a connu une première période tranquille, où il n’a eu qu’à capter une frappe lointaine de Draxler (24e). Dès le retour des vestiaires, il s’est interposé devant Kehrer (49e). Finalement, il a été battu par Cavani, buteur sur penalty (1-1, 70e), avant de repousser une nouvelle tête de Kehrer (79e) et une frappe de Choupo-Moting (82e).

- Caci (6) : habituellement milieu de terrain, mais titulaire en défense centrale en l’absence de Martinez, suspendu, il a récupéré beaucoup de ballons dans le premier acte (8, meilleur total de son équipe en première période). Il a ensuite été décisif dans les pieds de Cavani (73e), et a terminé le match avec 14 ballons touchés, le meilleur de son équipe dans ce domaine.

- Koné (5,5) : l’ancien Lorientais a été propre et a réalisé plusieurs bonnes interventions dans les pieds parisiens. Dans le second acte, il a été inquiété par la rentrée de Mbappé, qui a rajouté de la vitesse au PSG, mais a tenu, solide dans l’axe.

- Martinez (5) : Moins en vue que ses deux autres compères défensifs, il a été un peu approximatif au marquage sur l’occasion de Kehrer au retour des vestiaires (49e). Cependant, il s’est rattrapé sur un centre puissant de Meunier (79e). Le plus en difficulté de la défense à trois, il a finalement réalisé un match correct.

- Lala (5,5) : le prolifique latéral s’est mué en buteur ce soir. Très présent offensivement, à l’image d’un crochet entre deux Parisiens (18e), il a transformé un penalty pour donner l’avantage à Strasbourg (1-0, 40e). Après la blessure de Carole, il a eu un rôle purement défensif, mais il a offert un penalty au PSG en faisant faute sur Mbappé (70e). Frustrant.

- Martin (7) : lire ci-dessus.

- Fofana (5,5) : précieux dans l’entrejeu, le milieu de terrain a réalisé un gros travail sur Draxler notamment, intervenant à plusieurs reprises dans ses pieds. S’il a touché moins de ballons que son compère Martin, son pressing incessant sur les milieux du PSG a été constant et a beaucoup gêné les champions de France en titre.

- Carole (5) : le latéral de Strasbourg s’est montré décisif puisqu’il a obtenu un penalty en centrant fort sur la main de Kehrer (37e). Intéressant dans son couloir, notamment défensivement, il s’est blessé au retour des vestiaires. Remplacé par Thomasson (46e), qui s’est offert une énorme occasion en fin de match, mais Areola a sorti une superbe claquette (88e), avant de voir son but refusé pour hors-jeu (90e+5).

- Liénard (5,5) : le milieu de terrain strasbourgeois n’a pas beaucoup apporté offensivement, mais s’est contenté de défendre. Repositionné plus bas après l’entrée de Thomasson, il a continué son travail de l’ombre en courant beaucoup après le ballon, participant au jeu de son équipe (48 ballons touchés).

- Da Costa (4) : l’ancien attaquant de Valenciennes a tenté d’apporter offensivement, mais il n’a pas su se montrer dangereux dans le premier acte. En deuxième période, il n’a fait que défendre et n’a pas pu apporter offensivement, se sacrifiant pour les siens (seulement 22 ballons en 80 minutes de jeu). Remplacé par Mothiba (81e), qui a tenté d’apporter offensivement en fin de match, offrant un bol d’air aux siens sur les longs ballons.

- Zohi (4,5) : il a réalisé beaucoup d’effort offensivement et s’est offert une seule occasion, sans parvenir à accrocher le cadre d’Areola (30e). Ensuite, il a défendu avec les siens avant de céder sa place à Sissoko (62e), immédiatement venu se placer plus bas. Le milieu strasbourgeois a beaucoup aidé dans le cœur du jeu, et son gabarit a bien servi les siens.

PSG :

- Areola (6)  : au chômage technique une bonne partie de la rencontre, il est parti du mauvais côté sur le penalty de Lala. Il a réalisé une belle parade en fin de match sur une frappe de Thomasson qui était cadrée.

- Meunier (4) : il est moins performant depuis quelques semaines maintenant. Le Belge ne s’est pas vraiment signalé dans son couloir droit. Pas de véritable débordement ni de bon centre à son actif. Défensivement il n’a pas été mis en danger, mais il n’était pas là pour embêter Carole avant qu’il centre, provoquant la main de Kehrer. Il n’est pas assez passé balle au pied. Remplacé par Nkunku (81e).

- Kehrer (5) : il est le joueur qui concède le plus de penalties en Ligue 1 (désormais 3, après ceux contre Angers et Lille). Sa main, vue après utilisation de la VAR, sur un centre de Carole a permis à Strasbourg de marquer sur penalty. Dommage car il semblait être le défenseur parisien le plus serein et tranchant dans les duels jusque-là. Deux coups de tête offensifs stoppés par Sels qui auraient pu faire mouche.

- Kimpembe (5) : positionné au coeur de la défense à trois, le gaucher a laissé son habituel poste à N’Soki. On l’a donc vu moins à l’ouvrage, puisqu’il était plutôt censé colmater les brèches. On a encore noté une mauvaise agressivité dans les duels, avec une ou deux fautes bêtement provoquées. Dans la relance, il s’est montré précis. Il est repassé à gauche de la défense à trois après la pause. Et on l’a retrouvé plus saignant et inspiré dans ses interventions.

- Nsoki (4) : déjà en difficulté face à Bordeaux, le jeune élément formé au club a encore eu du mal contre Strasbourg. Sa première période a été marquée par des relances compliquées, des ballons perdus et des duels mal gérés, notamment face à Lala. Logiquement remplacé par Kylian Mbappé (6,5) à la mi-temps. L’entrée de l’international français a fait beaucoup de bien à son équipe. Un centre précis pour Kehrer, une frappe non cadrée, un débordement qui provoque un penalty, il a tout relancé et a été une menace constante pour la défense strasbourgeoise, d’un coup plus craintive. Il n’a cependant pas marqué, et se voit donc rattrapé au classement des buteurs par Sala.

- Diaby (5) : un début de match intéressant dans son couloir gauche, avec deux centres bien sentis qui auraient mérité meilleur sort. Il s’est un peu éteint au fil des minutes, ne faisant plus de différences. Après la mi-temps, il s’est retrouvé milieu relayeur, dans l’axe, pour amener sa vivacité. Il s’est montré plus à son avantage que dans le couloir gauche, même s’il n’a pas assez provoqué. Remplacé à la 68e par Dani Alves, qui s’est chargé des coups de pied arrêtés. Son entrée a fait un bien fou à son équipe d’un point de vue technique. Ses petits ballons piqués ont fait merveille et auraient mérité meilleur sort. Nerveux en fin de rencontre avec une altercation inutile avec Thomasson.

- Verratti (5,5) : on n’a vu que lui au cours du premier quart d’heure. Il était alors le seul à mettre du rythme dans le jeu parisien, à tenter de le fluidifier au maximum en jouant vers l’avant. Mais il s’est peu à peu déréglé, perdant plusieurs ballons de manière assez inhabituelle. Des erreurs techniques qui n’ont pas aidé son équipe, même s’il était l’un des rares à surnager balle au pied. Une deuxième période bien plus constante, même s’il a encore affiché ses carences offensives puisqu’il a refusé à une ou deux reprises de tirer alors qu’il était en bonne position.

- Rabiot (5) : de retour dans le onze titulaire, il a livré une première période d’une neutralité confondante. Trop de touches de balle, trop de passes latérales, donc trop peu d’impact dans le jeu parisien. Tuchel réclamait de la rapidité dans les transmissions, il a fait tout le contraire. Est-ce pour cela qu’il a été reculé d’un cran en seconde période avec l’entrée de Mbappé ? Il a joué dans l’axe de la défense à trois durant toute la seconde période, et à ce poste, il a fait parler son physique, notamment dans les airs. Il a même parfois impressionné, avec une qualité de relance appréciable. Ce serait un comble que Rabiot, qui ne souhaite pas jouer sentinelle, se retrouve à jouer régulièrement défenseur au cours des prochains mois !

- Draxler (5) : un match bizarre de la part de l’international allemand. Il a eu beaucoup de mal à se positionner dans l’entrejeu, tout en touchant beaucoup de ballons. Il a essayé de donner du rythme, sans succès. Il a surtout été bousculé dans les duels par Fofana et il s’en est agacé. Il s’est repris en seconde période. Plus discret offensivement, il a été utile à la récupération du ballon et en jouant le plus simple possible pour fluidifier le jeu.

- Cavani (5) : une première période dramatique d’un point de vue technique. En l’absence de Neymar et avec Mbappé sur le banc, il se sentait peut-être investi d’une mission différente et est venu chercher les ballons très bas. Pas à bon escient puisqu’il a été particulièrement imprécis techniquement, rendant plusieurs ballons à l’adversaire. Offensivement, c’était le néant en première période, hormis une bonne talonnade pour Meunier. Un peu mieux en seconde période, il a eu plus de cartouches et surtout transformé le penalty obtenu par Mbappé. De quoi sauver sa première soirée en tant que capitaine du PSG.

- Choupo-Moting (3) : après plus de 4 mois au PSG, on peut désormais être sûr que Choupo-Moting ne sera jamais plus qu’un joueur de complément. Surtout utilisé en cours de match par Tuchel depuis le début de saison, à des postes différents, il avait l’occasion de s’illustrer ce soir à la pointe de l’attaque avec Cavani. Entre les deux hommes, aucune relation technique. Le Camerounais s’est contenté de jouer simple, en appui, avec des remises en retrait. Bien trop peu. Il est passé piston gauche après la pause, se montrant un poil plus dangereux, mais en s’enfermant souvent dans des dribbles inutiles.