Le grand jour est enfin arrivé pour le Paris Saint-Germain. En effet, les Parisiens entamaient leur huitième de finale de la Ligue des Champions ce mardi soir en se déplaçant en Allemagne, pour affronter le Borussia Dortmund. Thomas Tuchel avait réservé une petite surprise puisque malgré le fait que le 4-4-2 était installé, il optait finalement pour un 3-4-3 avec Marquinhos, Thiago Silva et Presnel Kimpembe dans l’axe central et une attaque à trois avec Kylian Mbappé, Neymar et Angel Di Maria, exit donc Mauro Icardi, le quatrième fantastique. De l’autre côté, Favre avait lui aussi choisi un 3-4-3, mais c’est plus habituel pour le club de la Ruhr.

Comme on l’attendait, la rencontre était assez rythmée dès les premières minutes. Neymar était bien en jambes et obtenait un bon coup franc suite à une faute de Raphaël Guerreiro, l’ancien Lorientais. Le Brésilien se chargeait lui-même de la sentence, mais ratait de peu le cadre (11e). Mais peu à peu, les hommes de Tuchel semblaient paniquer et étaient sous la menace des contres allemands. Ainsi, Sancho, se présentait avec quatre de ses coéquipiers contre trois Parisiens. L’Anglais voulait y aller tout seul et ne cadrait pas sa tentative (14e). Quelques instants plus tard, Sancho, encore lui, obligeait Navas à se détendre (27e). Les occasions étaient vraiment pour les Locaux et Erling Braut Håland ne trouvait pas le cadre à quelques minutes d’intervalle (35e, 36e) et il fallait un grand Verratti pour empêcher le géant norvégien de partir encore vers le but (38e). Clairement, on se demandait, à la pause, si Tuchel n’avait pas fait erreur tant l’animation offensive était défaillante dans ce premier acte.

Signé Erling Braut Håland

Le début de seconde période était particulièrement tendu pour le Paris Saint-Germain, les joueurs perdant des duels inhabituels. Lancé dans le dos de la défense, Hakimi tentait de revenir du côté vers l’axe, longeant la ligne de sortie de but, pour servir en retrait un de ses coéquipiers, mais Thiago Silva et Keylor Navas intervenaient bien (49e). Sur le corner qui suit et suite à un magnifique jeu des hommes de Favre, Sancho centre, mais Zagadou est pris dans son dos et ne peut frapper (50e). Quasiment dans la foulée, Erling Braut Håland chipe le cuir à Kimpembe et s’enfuit vers le but, mais il tombe sur un bon Thiago Silva et un excellent retour de Marco Verratti (51e). Le PSG essayait de se refaire une santé et de calmer le jeu en conservant le ballon.

Mais les offensives étaient un peu trop timides pour inquiéter une arrière-garde allemande bien en place et Roman Bürki sortait très bien devant Di Maria, cherché dans le dos de la défense par Mbappé (52e). Le Paris SG avait finalement un temps fort et Kylian Mbappé butait par deux fois sur Roman Bürki (65e et 66e). Juste avant, il fallait un grand Piszczek pour empêcher le PSG de se montrer très dangereux (65e). Mais finalement, le BvB allait trouver la faille. Sur un bon décalage sur la droite, Hakimi centrait fort au sol pour Guerreiro. Le champion d’Europe 2016 voyait sa frappe contrée par Marquinhos, mais Håland traînait par là et punissait de près Navas (1-0, 69e). Alors qu’on craignait le pire pour le PSG, les hommes de Tuchel allaient finalement trouver la faille. Kylian Mbappé accélérait, éliminait Zagadou et centrait devant le but pour Neymar qui trouvait la faille (1-1, 76e).

Mais, quasiment dans la foulée, on ne comprenait pas vraiment comment le Paris SG défendait et Reyna progressait au milieu de terrain avec la balle. Le natif de Sunderland passait le cuir à Håland, qui envoyait une praline de 25 mètres sous la barre d’un Navas impuissant (2-1, 78e). Le club français réagissait à nouveau. Sur un long ballon, Thomas Meunier remettait de la tête, de la gauche vers la droite, la défense du BvB ne savait pas quoi faire et Neymar en profitait pour envoyer une frappe qui heurtait l’extérieur du poteau (81e). En fin de match, Hakimi croisait trop sa tentative (86e) juste avant que Thomas Meunier ne récolte un carton jaune pour une faute sur Reyna, qui le privera du retour (87e). Marco Verratti, en contestant bêtement, écope aussi d’un carton jaune, qui le privera du match retour à son tour (88e). Malgré une dernière tête de Thiago Silva sur corner (90e +2), le PSG a donc subi sa première défaite en Ligue des Champions cette année.

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- L’homme du match : Håland (9) : la star norvégienne a beaucoup servi au début de point d’appui. Thiago Silva a beaucoup souffert au duel avec lui et dans la première demi-heure il a été peu en vue concernant la finition. Toutefois il se procure deux occasions, d’une frappe et d’une reprise de la tête, qu’il ne parvient pas à cadrer (35e, 36e). Peu en vue offensivement, il se retourne parfaitement pour tromper Navas de près et ouvrir le score (69e). Quasiment dans la foulée du but du PSG, il est lancé à 25 mètres par Reyna, envoie une frappe incroyable sous la barre de Navas (78e). Quel monstre !

- Borussia Dortmund :

- Bürki (6) : étrangement, on ne l’a pas vraiment senti fébrile. Il est présent sur le coup franc non cadré de Neymar et il s’est montré plutôt à son aise, en première période, dans les relances au pied. Une incompréhension avec Hummels qui n’a pas été punie. Auteur d’une excellente sortie loin de ses buts au-devant de Di Maria (52e). Il ne peut absolument rien sur le but de Neymar

- Piszczek (7) : le vétéran polonais avait le brassard de capitaine ce mardi soir. S’il n’est plus aussi tonique que par le passé, le poste de troisième défenseur lui va comme un gant. Il s’est occupé à couper les espaces dans le dos d’Hakimi tout en couvant l’axe lorsque le jeu se déroulait à droite. Encore incroyable en seconde période, il arrête d’une superbe façon une offensive parisienne (65e).

- Hummels (6) : l’Allemand a bien commandé sa défense ce soir. Il a été à l’aise en première période dans la lecture du jeu et s’est imposé, comme très souvent, dans les airs avec maitrise. Toujours aussi serein en seconde période, il a coupé un bon nombre de transmissions aériennes du PSG.

- Zagadou (5,5) : quelle première mi-temps ! S’il n’est pas expert en relance, et on l’a vu avec quelques belles saucisses envoyées vers l’avant, quelle force physique et quel talent au duel. Ce n’est pas Di Maria, qu’il a souvent envoyé valdinguer à l’épaule un nombre impressionnant de fois, qui va nous contredire. Il se manque un peu dans son tacle sur Mbappé sur l’égalisation du PSG.

- Hakimi (6,5) : l’international marocain a été plutôt bon dans son rôle. On l’attendait offensif, on l’a vu beaucoup proposer de son côté droit, souvent délaissé par Jadon Sancho. Il a beaucoup défendu aussi et on ne le connaissait pas aussi bon dans le replacement et la lecture du jeu. C’est lui qui centre pour Guerreiro sur le but d’Håland (69e).

- Can (6) : on l’a connu plus inspiré. Il a une grosse occasion, mais décide de contrôler le ballon sans que l’on comprenne vraiment pourquoi. À cause de cela il se fait rattraper par un Marco Verratti excellent. Il a commis beaucoup de fautes, notamment sur Neymar et on se demande encore comment cela se fait que Mateu Lahoz ne l’ait pas averti en première période. Beaucoup mieux en seconde période même s’il s’est manqué dans certaines de ses transitions.

- Witsel (7) : le patron du milieu de terrain, c’était lui. Il a récupéré un nombre incalculable de ballons et il a tenté de relancer rapidement vers ses attaquants tout en accompagnant les offensives de son équipe. Il récolte un jaune un peu sévère pour une faute sur Angel Di Maria au milieu de terrain. Il a encore rayonné en seconde période, marchant facilement sur Idrissa Gueye.

- Guerreiro (6,5) : l’ancien Lorientais n’a pas eu beaucoup de choses à faire défensivement tant les offensives parisiennes se sont déroulées du côté droit de la défense du BvB. Il s’est souvent proposé pour aider un Sancho qui dézonait énormément, mais il a peu centré et s’est peu retrouvé en situation de faire quelque chose de plus intéressant offensivement. C’est lui qui se retrouve à frapper sur le but d’Håland (69e).

- Sancho (8) : il a été probablement le joueur le plus impressionnant côté BvB sur cette première période. L’Anglais était absolument partout et toutes les occasions de son équipe venaient de lui que ce soit à la passe où à la finition. Il a perdu peu de ballons et surtout a toujours utilisé le cuir à bon escient. Il a montré tous ses talents techniques, écœurant ses adversaires et se permettant même un petit pont d’une semelle sur Marco Verratti. Remplacé par Marcel Schmelzer (90e).

- Håland (9) : voir ci-dessus.

- Hazard (4) : le Belge a été le moins bon des trois offensifs. Il s’est un peu caché et finalement n’a proposé que trop peu de choses intéressantes. En même temps, la comparaison avec Sancho ne peut être que dure tant le jeune Anglais était absolument partout. Il peut vraiment mieux faire. Remplacé par Giovanni Reyna (68e). C’est lui qui, au départ, décale Sancho pour le but d’Håland (69e). C’est encore lui qui offre une passe décisive pour le même Håland (78e). Il a fait étalage de sa technique, sans gêne à 17 ans, et obtient le jaune pour Meunier qui privera le Belge du match retour.

PSG

- Navas (6) : l’ancien portier du Real Madrid a parfaitement tenu son rang et a une fois de plus, dans un grand match, justifié son recrutement. Sollicité à deux reprises en première période, l’international costaricain a jailli pour capter un centre de Sancho (24e) avant de se détendre comme il le fallait sur une frappe enroulé de l’Anglais (27e). Battu par Håland, Navas ne peut pas faire grand-chose sur le but du Norvégien (69e), sur qui il a aussi bien jailli (75e).

- Thiago Silva (3,5) : son duel face à Håland était attendu. Et le capitaine parisien a, dans un premier temps, été vigilant devant face au crack norvégien (4e, 26e, 48e, 52e). Le défenseur central brésilien a également bien bloqué les situations dangereuses (6e) et a été impeccable de la tête sur les coups de pied arrêtés. Mais par la suite, il a laissé trop de liberté à la pépite du BvB, comme sur le deuxième but des locaux, qui en a profité pour tromper Navas par deux fois pour donner la victoire à son équipe.

- Marquinhos (4) : la prestation de l’Auriverde n’est pas à jeter à la poubelle dans les rangs parisiens. L’ancien de l’AS Rome est intervenu quand il le fallait (18e, 48e, 65e) et a fait le job dans la couverture (34e, 51e), en protégeant également bien Keylor Navas et son compère brésilien dans l’axe quand celui-ci a été éliminé par Håland (57e). Il est, au même titre que Thiago Silva, aspiré par Håland sur le premier but du Borussia.

- Kimpembe (4,5) : l’international français avait annoncé être prêt à 120% face au BvB. Il n’a pas menti. Plutôt solide dans les duels, le Tricolore est intervenu au bon moment (30e, 59e, 66e) pour stopper les offensives allemandes et a tenté de mettre du rythme lors des phases offensives du PSG.

- Meunier (4) : le Diable Rouge a rendu une copie moyenne au Signal Iduna Park. S’il a gratté quelques ballons (5e, 49e), sa volonté de se projeter a parfois fait du bien aux Parisiens récupère ballons (5e). Surtout, le Belge a été relativement juste dans ses transmissions vers l’avant. Mais averti à la 87e minute pour une faute d’antijeu, Meunier manquera le 8e de finale retour face au BvB.

- Gueye (3) : l’ancien milieu d’Everton s’est contenté de faire ce qu’il savait faire face au 3e de Bundesliga. Souvent confronté à Sancho, en électron libre, il a beaucoup harcelé le porteur de balle tout en étant souvent poussé à la faute, lui valant notamment un carton jaune (55e). Le Sénégalais a aussi récupéré beaucoup de ballons (26e, 31e, 32e, 41e) grâce à son agressivité utile à une équipe parisienne bousculée. Match tout de même très moyen de sa part.

- Verratti (6) : le Petit Hibou a été fidèle à lui même dans ce 8e de finale aller. Il a été très difficile de lui prendre le ballon, avec son jeu de corps et ses petits appuis. Mais l’international italien a aussi pris beaucoup de risques dans des zones dangereuses. La relance est passée par lui, mais l’animation offensive des siens, hormis quelques ouvertures pour Mbappé, ne lui a pas permis de s’exprimer. Défensivement, en plus de récupérer (12e, 32e, 67e, 73e), il a été décisif à plusieurs reprises (21e, 38e, 50e). Averti pour contestation à la 88e minute, Verratti sera suspendu pour le retour au Parc des Princes. Fidèle à lui-même, on vous a dit...

- Kurzawa (3,5) : l’ancien Monégasque a vécu une soirée compliquée à Dortmund. S’il a tenté d’apporter du danger offensivement de par sa présence, la pression imposée par les joueurs de Lucien Favre l’en a empêché. Défensivement, le latéral gauche du PSG a laissé des espaces dans son dos, notamment en raison de son positionnement haut dans le 3-4-3 de Thomas Tuchel. Il a tout de même sauvé Navas en se jetant bien sur une frappe d’Hakimi (27e). L’ouverture du score est venue de son couloir gauche, comme de nombreuses situations adverses.

- Di Maria (3) : El Fideo a eu tout faux face au Borussia Dortmund. Bien loin de la forme qu’est la sienne ces dernières semaines, l’international albiceleste n’a pas fait le poids face à la puissance physique de Dan-Axel Zagadou. Le défenseur central du BvB n’a jamais été inquiété par l’ancien Merengue, qui est clairement passé au travers de son match. Remplacé par Sarabia (77e).

- Mbappé (4) : titularisé à la pointe de l’attaque du PSG, le champion du monde français a eu du mal à voir le jour. Très actif, effectuant de nombreuses courses, le numéro 7 parisien a été trop souvent esseulé pour pouvoir s’exprimer et a rarement été servi dans les meilleures conditions. Cherchant beaucoup à combiner avec Neymar, il en a oublié Di Maria. Dans le second acte, il a toutefois été le Parisien le plus dangereux. En trouvant par deux fois les gants de Burki (65e, 66e) avant de déposer la défense allemande pour servir Neymar (1-1, 75e).

- Neymar (4) : aligné sur l’aile gauche sur le papier, l’ancien attaquant du Barça a en fait été plus en retrait et a souvent dézoné pour servir Mbappé. S’il semblait être en mesure de faire la différence sur ses prises de balles en début de match, son manque de condition physique s’est cruellement ressenti par la suite. Le pressing et l’agressivité des Jaune et Noir l’ont éteint dans ce match. Mais Neymar peut faire la différence. Il a surgi sur une offrande de Mbappé pour conserver l’espoir du PSG intact (75e) avant de trouver le poteau de Burki (81e). Averti pour un mauvais geste sur Witsel (59e).