Ils ne l’ont pas fait. Les Parisiens ont échoué, ce soir, à se qualifier aux dépens du Real Madrid. Pourtant, tout avait été mis en place pour que le Paris Saint-Germain, qui accueillait les Madrilènes de Zinedine Zidane, réussisse l’exploit. Dans un Parc des Princes surchauffé, les joueurs de la capitale française se devaient de l’emporter sur le score de deux buts à zéro ou par n’importe quel autre résultat avec au moins deux buts d’écart vu qu’ils s’étaient inclinés lors de la confrontation aller. Unai Emery, privé de Neymar pendant deux voire trois mois, optait pour un trio Cavani-Mbappé-Di Maria devant et titularisait son capitaine Thiago Silva, sur le banc à l’aller, avec Marquinhos. Enfin, Motta était titulaire au milieu et Berchiche au poste de latéral gauche, Kurzawa étant en tribunes.

Du côté de Zidane, on se passait de Modric et Kroos, pas suffisamment prêts afin d’opter pour un milieu à quatre avec Kovacic, Casemiro, Asensio et Lucas Vazquez.C’était sur un faux rythme qui faisait la satisfaction du Real Madrid. La Casa Blanca était d’ailleurs la première à se montrer dangereuse dans cette partie. À la 18e minute, Alphonse Areola effectuait une grande parade horizontale sur une reprise de Ramos sur corner. Le Titi Parisien a fait une grande première partie, comme à l’aller, et une seconde grande parade au-devant de Karim Benzema, parti seul dans le dos de la défense (38e). Le club hexagonal a montré trop peu dans le premier acte. Le Parc peinait à donner de la voix tandis que le jeu était lent et que peu de joueurs venaient décrocher ou prendre la profondeur sauf à quelques exceptions près comme Verratti ou Di Maria. Keylor Navas n’a eu, en première mi-temps, qu’un seul arrêt à faire sur un débordement de Mbappé dans le coin droit de la surface de réparation (43e). À la pause, le score était nul et vierge.

Le PSG a démissionné en deuxième période

De retour sur la pelouse on voyait un Paris Saint-Germain bien plus hargneux, qui s’en allait presser très haut le Real Madrid. Mais, dans les sorties de balle, on ne pouvait pas faire beaucoup mieux ce soir que les joueurs madrilènes. Il fallait donc une erreur pour que la rencontre se débloque et celle-ci allait venir de Dani Alves, qui a connu une dure deuxième période. Le latéral brésilien perdait stupidement un ballon au-devant d’Asensio. L’Espagnol décale Lucas Vazquez qui centre pour Cristiano Ronaldo, seul au deuxième poteau qui, de la tête, est imbattable (0-1, 51e). Cela devenait d’un coup bien plus simple pour les visiteurs. Surtout qu’ils allaient, quinze minutes plus tard, encore avoir un coup de pouce du destin.

Marco Verratti perdait le ballon Lucas Vazquez et venait se plaindre auprès de l’arbitre et écopait d’un deuxième jaune, synonyme d’exclusion (66e). Dans la foulée, Asensio, Marcelo et Benzema jouaient à trois et l’Espagnol envoyait une lourde frappe sur le poteau, que semblait légèrement dévier Areola (69e). Mais les Parisiens allaient revenir au score par chance ! Sur un centre venu de la gauche, Thiago Silva remettait dans l’axe. Casemiro dégageait le cuir sur Cavani ce qui le propulsait dans le but (1-1, 71e). Il restait alors aux Parisiens 20 minutes pour le faire. Sauf que sur les contres, le PSG était en danger mais Thiago Silva, excellent ce soir, fermait bien devant Benzema (74e). Mais six minutes plus tard, le PSG allait être crucifié. Sur un contre côté droit, Rabiot relançait le ballon n’importe comment et Casemiro crucifiait Areola malgré un tacle du désespoir de Marquinhos (1-2, 80e). Presque dans la foulée, Lucas Vazquez, sur un centre de Bale, rentré en jeu peu avant, trouvait le poteau (83e). Cette rencontre tournait à la correction pour un Paris Saint-Germain pas du tout au niveau ce soir. La fin de rencontre était totalement à sens unique, comme si les Parisiens avaient abandonné. Le PSG s’incline donc deux buts à un et se retrouve éliminé de la Ligue des Champions en huitièmes de finale, comme l’année passée.

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-  L’homme du match : Casemiro (7,5) : le chien de garde de la Casa Blanca a été omniprésent. Il a quadrillé les moindres cm2 du milieu de la pelouse. Infatigable, il a parcouru beaucoup de kilomètres dans le but de récupérer le cuir. Sa couverture du terrain a permis de stabiliser le milieu madrilène, tout comme sa simplicité dans son jeu de passe, en alternant les passes courtes et les passes longues. Pour donner un peu plus de relief à sa partition, il a su se montrer opportuniste en inscrivant le but du break sur un tir dévié par Marquinhos (80e).

PSG :

- Areola (5) : décidément, le Real Madrid lui va bien. Déjà excellent à l’aller, Alphonse Areola a récidivé lors de cette deuxième confrontation. Il se détend bien sur une reprise sur corner de Ramos (18e) et surtout sort très bien pour fermer l’angle à Benzema en toute fin de première période (38e). Il ne peut rien du tout sur le but de Ronaldo (51e). Il se montre encore présent sur la frappe d’Isco (90e). Des buts pas vraiment pour sa pomme.

- Dani Alves (2,5) : le latéral droit parisien passait à nouveau un grand test ce soir. Il était chargé d’apporter offensivement et surtout de surveiller Cristiano Ronaldo . Il a d’abord bien tenu son couloir, mais se fait quand même trop facilement éliminer sur la seule accélération de Ronaldo en première mi-temps. Il perd le ballon grossièrement sur le but de Cristiano Ronaldo (51e). Il a continué à faire des erreurs sur con côté en deuxième période. Dure soirée.

- Marquinhos (3,5) : il se devait juste d’être attentif et il ne l’a pas toujours été en première mi-temps. Il a essayé de suppléer un Thiago Silva étincelant. Il rate totalement son intervention lors de l’action de Karim Benzema en fin de première période (38e). En deuxième période, il a eu beaucoup de mal, à l’instar de ses compères défensifs, en seconde période. Il tente de tacler sur le but de Casemiro, sans succès (80e).

- Thiago Silva (5) : le capitaine du PSG était attendu au tournant. Réputé fragile mentalement par certains, il a montré la voie dans ses interventions ce soir. Il revient bien dans sa surface (18e). Il a donné de la voix et a joué totalement son rôle de capitaine ce soir. En deuxième période il a tenté d’empêcher le navire de couler et c’est lui qui remet le ballon vers le but pour l’égalisation de Cavani (71e).

- Berchiche (3) : favorisé par Unai Emery aux dépens de Layvin Kurzawa, l’Espagnol se devait aussi d’apporter offensivement et de bien tenir son couloir. Défensivement, il est propre et s’est rarement fait prendre par Carvajal et Lucas Vazquez. Offensivement c’est une autre paire de manches et son pied n’est pas toujours très sûr. Il est aussi extrêmement en retard sur son duel avec Ronaldo sur le but (51e). Même s’il a plus été tranchant offensivement en seconde période, il abandonne complètement en fin de rencontre, laissant son couloir à l’abandon.

- Motta (4,5) : à l’aller, l’entraîneur du PSG avait fait jouer Lo Celso, Motta et Diarra pas encore prêt. Ce soir, on a vu la différence avec la performance de l’Italien. En effet, l’ancien de l’Inter Milan notamment, a fait remonter son bloc en début de deuxième période et surtout a régulé le jeu de son équipe avec des passes courtes, il est victime des choix d’Emery en deuxième période. Il est remplacé par Javier Pastore (59e). El Flaco est impliqué sur l’égalisation de Cavani (71e) mais il perd un ballon qui aurait pu faire but pour Madrid (74e). On l’a senti un peu démobilisé.

- Verratti (2) : pour être tout à fait honnête, on était un peu inquiet de voir qu’il avait été le meilleur parisien en première période. Malgré son jaune pris assez tôt, il a été partout, a demandé le ballon dans l’espace. En clair, il est le seul qui a tenté quelque chose, avec Di Maria, en première période. Lors du second acte, il a harcelé ses adversaires directs, impulsant un pressing intense aux Madrilènes. Il se fait expulser pour contestations (66e)... Une erreur stupide qui laissait ses coéquipiers seuls.

- Rabiot (2) : le Duc a été un plus en dedans qu’à l’aller ce soir. En première mi-temps il a perdu quelques ballons, en a peu récupérés et surtout il n’a pas perforé les lignes adverses. Pourtant en grande forme contre la Casa Blanca d’habitude, ce soir Rabiot n’a pas été au niveau du rendez-vous. Il relance par ailleurs, absolument n’importe comment sur le but de Casemiro (80e). Il semblait avoir baissé les bras avant la rencontre.

- Mbappé (1) : on ne l’a pas du tout vu pendant 20 minutes, il s’est agité pendant 10 en ratant une occasion alors qu’il aurait pu/dû l’offrir à Cavani bien mieux placé (43e). Puis il s’est à nouveau éteint. Comme lors des rencontres face à l’Espagne ou lors de la rencontre aller, il a bien peiné face à Sergio Ramos. Remplacé en fin de match par Lassana Diarra (85e) que l’on a pas vraiment vu.

- Di Maria (3) : il remplaçait Neymar ce soir et ce qu’on peut dire c’est qu’il a essayé. À l’instar de Marco Verratti, l’Argentin était l’un des seuls à essayer et à mettre de la vitesse et du mouvement dans une première période bien insipide du PSG. Il s’est bien battu, mais il est souvent tombé sur un très bon Carvajal. Remplacé par Julian Draxler (76e). L’Allemand s’est fait bouger physiquement mais il a essayé de mettre de la vitesse dans le jeu du PSG, sans succès.

- Cavani (3) : c’est souvent tout ou rien avec lui et il le sait. Ce soir, Edinson n’a rien réussi. Il s’est même montré très énervé, on a pu le voir pousser une véritable gueulante sur Casemiro qu’il accusait d’avoir plongé. Une rencontre vraiment très compliquée pour lui ce soir entre un Ramos et un Varane absolument incroyables. Toutefois, c’est lui qui réduit l’écart d’une manière chanceuse puisque le cuir lui rebondit dessus avant de rentrer dans le but (71e). Il a été d’un niveau technique particulièrement affligeant ce soir.

Real Madrid :

-  Navas (6) : le dernier rempart madrilène devait s’attendre à prendre le feu de tous les côtés, il n’en a rien été. Face aux manque d’imagination des attaquants parisiens, le portier costaricain n’a été que rarement inquiété. Il a fallu attendre la 41ème minute pour voir sa première parade. Dans la foulée, il a sorti un joli arrêt du pied devant Mbappé (43e). Même scénario dans le second acte, il n’a pas eu l’occasion de faire apprécier ses jolis réflexes sur la ligne.

-  Carvajal (6) : absent au match aller, l’apport offensif du latéral espagnol avait manqué au Real Madrid. Pour ce match retour, le principal intéressé n’a pas souvent eu l’occasion de monter dans le camp adverse, étant obligé de respecter les consignes défensives de son entraîneur. Chose qu’il a su faire à merveille en contenant un Kylian Mbappé bien trop brouillon.

-  Ramos (7,5) : le capitaine de la Casa Blanca a maintenu le navire madrilène à flot. Maître dans les airs, agressif dans le bon sens du terme, il a régné en maître dans sa surface de réparation. Tranchant dans ses interventions, il s’est même permis d’amener le danger dans la surface parisienne – son péché mignon - comme en témoigne sa demi-volée parfaitement stoppée par Areola (18e). Sa deuxième mi-temps a nettement été plus tranquille, face à l’apathie des attaquants parisiens. Son expérience des matchs à haut niveau s’est fait grandement ressentir.

-  Varane (7) : souvent présent dans les grands rendez-vous, l’international français a une fois de plus répondu à l’appel. Il a fait preuve d’une maturité et d’une sérénité impressionnante dans les duels. Ce dernier a pris le dessus dans le domaine aérien, face à un Cavani inexistant dans le domaine. Sa lecture de jeu et sa qualité de relance ont été extrêmement précieuses pour son équipe.

-  Marcelo (6,5) : de retour de blessure, le latéral brésilien s’est contenté de défendre ce soir, alors qu’il a été intenable dans couloir gauche au match aller. Opposé à un Di Maria aux jambes de feu ces dernières semaines, il a globalement bien rempli son rôle, même s’il a parfois été pris à défaut par son adversaire direct. Après l’ouverture du score madrilène, ce dernier s’est libéré de ses tâches défensives pour faire apprécier son aisance balle au pied dans le camp parisien.

-  Kovacic (6,5) : Si le croate a pu jouer ce match de gala, c’est en raison des absences combinées de Kroos et Modric. Sur ce match, il a montré qu’il était bel et bien à la hauteur de ce genre d’événement, que le potentiel dont on lui loue sans cesse n’est pas usurpé. Généreux dans l’effort, il a fait preuve d’un pressing permanent. De nombreux ballons récupérer à mettre à son actif. Son activité incessante dans l’entrejeu madrilène a fait un bien fou à la Casa Blanca. Remplacé par Kroos à la 71ème, qui a su donner encore plus de fluidité au jeu des Merengues.

-  Casemiro (7,5) : voir ci-dessus.

-  Asensio (6,5) : l’Espagnol a fait apprécier sa patte gauche. Précis dans ses passes, il a fait admirer toute sa palette technique en alternant jeu long et jeu court. Très adroit sur coup de pied arrêté, le soldat madrilène a livré une prestation très convaincante. Son repli défensif a été d’une importance capitale pour les hommes de Zidane. Il aurait même pu se muer en buteur, mais Areola a dévié son tir sur le montant (69e) Remplacé par Isco à la 82è qui a failli corser l’addition (89e).

-  Vazquez (6,5) : certainement préféré à Bale par son entraîneur pour sa capacité à reproduire les efforts défensif, l’Espagnol a su justifier la confiance accordée par l’entraîneur. Son repli défensif aura été extrêmement précieux pour les hommes de Zidane. Une fois son rôle défensif rempli, il s’est permis un peu plus de liberté offensive, comme en témoigne sa passe décisive sur le but de Ronaldo. Simple et efficace dans le jeu, il aurait même pu signer un but si son tir n’avait pas trouvé le poteau (83e).

-  Ronaldo (7) : c’est dans les grands matchs que l’on reconnaît les grands joueurs dit-on. Un dicton que la star portugaise a parfaitement su illustrer. S’il s’est montré relativement discret, le numéro 7 merengue a fait preuve d’un réalisme froid. Le meilleur buteur de la Ligue des Champions s’est essayé une première fois, mais son coup de tête est passé à côté des cages (50e). Ce dernier va régler la mire sur sa deuxième occasion, en assénant un coup de casque salvateur (51e). Il aurait même pu inscrire un doublé lorsque le PSG avait un genou à terre après l’expulsion de Verratti (84e).

-  Benzema (6) : pour sa 100ème en Ligue des Champions, le cinquième meilleur buteur de la compétition a délivré une partition intéressante. Comme à son habitude, il a beaucoup participé à la construction du jeu madrilène en redescendant pour toucher le cuir. Etonnamment, il a été le joueur le plus dangereux côté madrilène en première mi-temps. Si sa première frappe n’a nullement inquiété le portier parisien(12e), son face à face manqué face à Areola a donné des sueurs froides aux supporters parisiens (38e). Un peu plus discret en deuxième période, même s’il a eu l’occasion de faire le break, mais le Français a fait le mauvais choix. Remplacé par Bale à la 77e qui a apporté sa vitesse et sa vivacité alors que les Parisiens baissaient le pied.