Quand il démarre la saison 2016/2017, Cristian Lopez porte les couleurs cerise et blanches du CFR Cluj (Roumanie). 4 buts en 6 matches plus tard, auréolé du titre de joueur du mois d’août en Liga 1, et l’attaquant espagnol débarque au Racing Club de Lens pour 250 000 € le 31 août, dernier jour du mercato estival. Et si personne en France ne connaissait Cristian Lopez avant son arrivée dans le club nordiste, c’était pourtant un espoir prometteur en Espagne, au Real Madrid. Quand il quitte Alicante, son club formateur, pour intégrer l’effectif de la réserve madrilène en 2009, Cristian Lopez dispute 33 matches dont 19 en tant que titulaire. Ses 10 buts sur sa première saison marquent les esprits au sein du Castilla. Mais l’année suivante sera moins glorieuse. « À cette époque, il y avait Alvaro Morata et Joselu à son poste. Ce n’était pas facile de se faire sa place dans cette équipe », commente son agent Ivan Vazquez. Durant son passage au sein de l’équipe bis de la Casa Blanca, il côtoie également Carvajal, Nacho, Cheryshev, Jesé, Marcos Alonso et Sarabia. Une bien belle génération en somme. Pour percer, « il a finalement décidé de partir pour le Valencia CF Mestalla, ne regrettant rien de son passage à Madrid car, le passé, c’est du passé. Il pense toujours au présent et à poursuivre sa progression comme joueur et homme ».

Le rôle de l’Atlético Madrid dans son transfert

Après l’Espagne, il a bourlingué en Angleterre à Huddersfield Town (D2), Shrewsbury Town (D3) et Northampton Town (D4), sans aucun succès. Alors en 2014, un retour sur sa terre natale s’impose et c’est à Burgos (Segunda B) qu’il relance sa carrière en inscrivant 13 buts sur une saison pleine. De là, le CFR Cluj le repère et il devient un véritable goleador en Roumanie (18 buts). « Cristian a fini meilleur buteur là-bas mais Lens a quand même un sacré réseau de scouts maintenant. Le club a toujours eu de bons observateurs. Avec le RCL, nous parlions depuis pas mal de temps et ils ont finalement décidé de miser sur lui cette saison. Beaucoup de clubs le voulaient après sa saison à Cluj », explique Ivan Vazquez. Et si Lens a été, en partie, racheté par l’Atlético Madrid cet été, on se demande si le club espagnol n’y est pas pour quelque chose dans son recrutement. Ivan Vazquez nous livre sa version des faits : « évidemment, l’Atlético connaît le joueur. Il a joué avec le Real Madrid Castilla, il a donc un nom connu en Espagne, à Madrid. Quand il était en Roumanie, vu sa réussite et ses statistiques, les Colchoneros se sont rappelé de lui. Nous, c’est Lens qui nous a contactés directement. L’Atlético a sûrement dû donner son aval ».

À Lens, Cristian Lopez s’impose tout naturellement, aux côtés de l’autre phénomène du Racing cette année, John Bostock. « Il a joué en Espagne, en Championship en Angleterre et en Roumanie. Alors l’adaptation à la France n’a pas été un problème pour lui. Il y a quelques similarités entre tous ces championnats, intenses et passionnés », analyse-t-il. Le buteur espagnol n’a pas eu besoin de beaucoup de temps pour décrocher une place de titulaire au sein de l’attaque aligné par le coach lensois Alain Casanova. « La confiance donnée par l’entraîneur a été très importante. C’est un facteur clé dans la réussite du joueur. Cristian est enchanté de voir que Casanova compte sur lui. C’est beaucoup plus simple comme cela ».

Buteur, mais aussi guerrier

But après but (six à ce jour), Cristian Lopez prouve qu’il est un véritable attaquant, un renard des surfaces, comme Lens n’en avait plus connu depuis longtemps. « Il a toujours été un buteur, un tireur, un joueur de surface. Il n’a pas besoin de quatre occasions pour marquer un but, et ça, c’est depuis qu’il est jeune. En Espagne, avec le Real Madrid Castilla ou le Valencia Mestalla, il franchissait toujours la barre des 12-13 réalisations. Il a le but dans le sang, c’est quelque chose d’inné chez lui ». Sur le terrain, il joue le rôle du buteur, bien sûr, mais aussi celui d’un récupérateur, parfois. Aussi surprenant que cela puisse paraître, il n’est pas rare de voir Lopez redescendre le terrain à grandes enjambées pour aider ses partenaires. Un bel état d’esprit apprécié des supporters sang-et-or. Mais cela non plus ne date pas d’hier. « Il a toujours été pareil. Cristian est un guerrier, un joueur qui donne tout pendant les 90 minutes. Il se dépouille sur le terrain. Il jouait déjà comme ça quand il avait 18 ans ». Celui qui fête ses buts en mimant le geste d’un archer gagne également le cœur du public lensois en s’invitant dans les tribunes avec eux, un soir de Coupe de France (contre l’Olympique Marcquois).

Un rêve de Ligue 1 avec Lens

Malgré tout, Cristian Lopez a 27 ans, déjà. Il atteindra même les 28 avant la fin de la saison (27 avril). De quoi regretter une réussite et une reconnaissance tardives dans son plan de carrière ? « Le football est très capricieux. Certains y arrivent tout de suite, d’autres prennent plus de temps. Mieux vaut tard que jamais. Aujourd’hui, Cristian est en pleine forme, il peut profiter de nombreuses saisons encore », raisonne Ivan Vazquez avant de donner un exemple. « Prenez Gianluca Lapadula (26 ans), il jouait encore en Serie C (Italie), il y a 18 mois, et, aujourd’hui, il est titulaire à l’AC Milan ! Il a simplement un peu tardé à arriver dans l’élite. Il y a des joueurs qui y arrivent tout de suite, Cristian, lui, a dû attendre son moment. ».

Mais pour lui, Lens est-il un accomplissement ou un tremplin ? « Nous sommes convaincus que le club va grandir dans les prochains mois. Cristian veut faire partie de l’histoire de Lens. C’est une grande équipe en France. Le club, le public et la ville ont fait qu’il est vraiment bien depuis son arrivée. Il est très reconnaissant de la manière dont il a été accueilli et traité », nous répond Ivan Vazquez. Avec un contrat jusqu’en juin 2018 (+ une année en option), Cristian Lopez souhaiterait donc s’installer dans le Pas-de-Calais. « Il veut jouer en Ligue 1 avec Lens. Nous ne pensons à rien d’autre. C’est l’envie et le rêve de Cristian et de tout le monde. Remettre Lens en L1, où il mérite d’être, c’est ce qu’il veut ».