Rarement la presse anglaise aura autant tapé sur Arsène Wenger. La sphère médiatique, des journalistes aux consultants, a clairement émis un avis définitif suite à la lourde défaite d’Arsenal sur la pelouse du Bayern Munich (5-1) : il est temps pour l’entraîneur français de partir. Les fans désabusés, les tabloïds comme les grandes plumes n’ont jamais été aussi unanimes. Ce matin, le Daily Mirror annonçait même que Wenger avait pris sa décision, à savoir de partir à l’issue de la saison, alors qu’il dispose d’une offre de prolongation de deux ans.

C’est donc peu dire que sa conférence de presse était attendue ce matin. Avec la même question sur toutes les bouches. Arrivé avec le sourire, Wenger a d’abord tenu à faire un rapide bilan sur la défaite face aux Bavarois, avant de passer à autre chose. « Je pense que nous pouvons parler maintenant. Je sais que les médias aiment ce genre de conférence de presse. Mais ce qui est important est de se concentrer sur le prochain match et de laisser chacun juger. » C’est alors son avenir qui est devenu le sujet principal des questions.

Wenger entraînera la saison prochaine

« Je suis habitué à cela. Je suis là depuis 20 ans. Dans la vie, il est important de faire ce qui est juste. J’ai un travail public, et je dois l’accepter. Tout le monde peut avoir une opinion », a-t-il commencé par répondre, avant de revenir sur le timing choisi quant à sa future décision. « Si j’ai dit mars/avril, c’est parce que je ne savais pas. Je ne veux pas faire de commentaire là-dessus. Mon avenir n’est pas important, l’équipe l’est. Nous devons nous concentrer sur les vrais problèmes, la manière dont nous jouons au football et pas mon avenir », a-t-il déclaré, refusant donc de faire de la défaite contre le Bayern le déclencheur de quoi que ce soit.

Cependant, il a glissé une information de taille. « Peu importe ce qu’il va se passer, j’entraînerai la saison prochaine. C’est une certitude, que ce soit ici ou non. Je déteste la défaite, je déteste perdre des matches. J’ai une grande responsabilité dans ce club. C’est difficile à encaisser, mais j’ai de la force et de l’expérience. Même si je pars, Arsenal ne gagnera pas tous ses matches », a-t-il lancé.

Il a aussi tenu à rappeler que lui avait résisté à l’appel de clubs européens au cours de son aventure avec les Gunners, à des moments où pas grand-monde ne voulait le voir partir... « Il est important pour le club de prendre la bonne décision pour le futur. Je ne travaille pas ici depuis 20 ans pour ne pas m’en préoccuper. J’ai eu plusieurs fois l’opportunité d’aller ailleurs, mais je me préoccupe de ce club et de son futur. C’est important qu’il soit entre de bonnes mains », a-t-il assuré, comme s’il voulait lui-même désigner son successeur. Preuve que Wenger garde la main, il a lui-même terminé la discussion à son sujet. « Je ne veux pas continuer à parler de ça, le chapitre est clos. » Jusqu’aux prochains remous.