Quelques jours après la biographie de Steven Gerrard, c’est la sortie d’un autre livre qui fait grand bruit de l’autre côté de la Manche. « Leading », le nouvel ouvrage de Sir Alex Ferguson, est sur toutes les lèvres. Le Daily Mail publie notamment les meilleures feuilles ce mardi. Et évidemment, le manager écossais revient sur sa succession sur le banc de touche des Red Devils, défendant le choix David Moyes. « J’ai pris ma décision d’arrêter après la mort de la sœur de Cathy (sa femme). Je lui ai dit que j’allais arrêter, mais comment pouvais-je l’annoncer à la famille Glazer ? Je savais ce que représentait le titre de champion pour eux. J’étais prêt à leur dire au mois de mars, et à ce moment-là, David Gill (manager) m’a dit qu’il arrêtait. C’était un coup dur. Que devais-je faire ? Mais je me suis décidé. C’était le bon choix. Quand je l’ai dit aux Glazer, nous avons commencé à regardé les successeurs potentiels. Nous avons choisi David Moyes. Il avait été régulier à Everton, il avait passé 11 bonnes années là-bas et avait de l’appétit. Personne ne le savait à part les Glazer, David Gill et moi. Quand nous l’avons engagé, la presse était enthousiaste parce qu’un manager britannique débarquait. Malheureusement, ça s’est mal passé pour David. Mais c’était un bon choix », a-t-il assumé.

Pour autant, Moyes, aujourd’hui à la Real Sociedad, n’est pas la seule solution à avoir été envisagée par les Mancuniens. Il révèle notamment que Pep Guardiola l’a snobé alors qu’il voyait en lui un potentiel remplaçant. « J’ai demandé à Guardiola de m’appeler avant d’accepter une offre d’un autre club, mais il ne l’a pas fait et est parti pour le Bayern en juillet 2013. Nous avons pris acte que plusieurs autres candidats dignes d’intérêt n’étaient pas disponibles. Il était clair que José Mourinho avait donné sa parole à Roman Abramovich pour revenir à Chelsea et Carlo Ancelotti lui succèderait au Real Madrid. Je savais aussi que Jürgen Klopp était très heureux au Borussia Dortmund et allait prolonger. Louis van Gaal venait de prendre les rênes de la sélection des Pays-Bas pour essayer de gagner le Mondial 2014 », a-t-il raconté, précisant que même si Ryan Giggs, aujourd’hui adjoint de Louis van Gaal sur le banc de MU, avait « l’intelligence, la présence et les connaissances pour devenir un grand manager », il n’y avait aucune chance qu’il demande à un de ses joueurs de lui succéder.

Ronaldo superstar, le regret Pogba

Ses idées sur le management sont parfois très arrêtées. Il a par exemple refusé que Wayne Rooney, en 2010, alors qu’il était sérieusement courtisé par Manchester City, soit mieux rémunéré que lui. Un évènement qu’il a décrit en ces termes. « Quand les Glazer et David Gill ont accepté d’augmenter le salaire de Wayne Rooney, ils ont voulu savoir ce que j’en pensais. Je leur ai dit que je pensais qu’il n’était pas juste que Rooney gagne deux fois plus que moi et Joel Glazer m’a immédiatement dit : "Je suis totalement d’accord avec vous mais que devrions-nous faire ?" C’était simple. Nous nous sommes juste accordés pour qu’aucun joueur ne soit mieux payé que moi. Ça a pris moins de temps qu’il ne faut pour lire la phrase précédente », a-t-il conté. L’ancien technicien a également évoqué les joueurs lui ayant laissé le souvenir le plus fort durant son mandat à Old Trafford. « Je ne veux pas mépriser ou critiquer les joueurs qui ont joué pour moi pendant mes 26 ans de carrière à United, mais il n’y a eu que quatre joueurs de classe mondiale : Cantona, Giggs, Ronaldo et Scholes. Et sur les quatre, Cristiano était comme l’étoile sur le sapin de Noël », a-t-il lâché. Le Lusitanien appréciera.

Interrogé sur le marché des transferts, l’ancien coach d’Aberdeen a raconté quelques anecdotes croustillantes. Le transfert de Dimitar Berbatov en 2008 et les négociations avec le président de Tottenham Daniel Levy étaient « plus douloureuses que le remplacement de ma hanche », a-t-il expliqué. Il a également révélé avoir tenté sa chance pour Mario Balotelli avant qu’il n’aille à Manchester City. « En 2010, j’ai brièvement flirté avec l’idée de recruter Mario Balotelli, le talentueux mais controversé buteur italien. J’ai fait mon travail dans ce dossier, en parlant avec des contacts italiens, mais les retours que j’ai eus m’ont confirmé que c’était un risque trop élevé. Je ne sais pas si cette courtoisie professionnelle candide existe dans d’autres milieux, mais pour moi, c’était une bénédiction », a-t-il indiqué. Mino Raiola l’a peut-être aussi poussé à ne pas aller plus loin pour Super Mario. Ferguson n’apprécie en effet que très peu l’agent, qu’il estime notamment responsable du départ de Paul Pogba, libre, vers la Juventus Turin, en 2012. « Il y a simplement un ou deux agents que je n’aime pas et Mino Raiola est l’un d’eux. Lui et moi étions comme l’huile et l’eau. Je ne l’ai pas cru à partir du moment où je l’ai rencontré », a-t-il conclu. Des mots qui ne tarderont sans doute pas à faire réagir...