FM : Tout d’abord, comment allez-vous ?

Youssouf Mulumbu : Un peu fatigué, la saison a été très longue. On essaie de savourer la montée en Premier League. On est partis en vacances avec le sentiment du travail accompli. On est tous contents.

FM : Racontez-nous cette belle aventure avec West Bromwich Albion.

YM : Au départ, je ne m’y attendais pas vraiment. On était descendu la saison précédente, je n’avais pas beaucoup joué. Je suis arrivé en tant que remplaçant. Et dès mon premier match, j’ai su trouver mes marques et j’ai enchaîné beaucoup de matches. Ca s’est super bien passé. L’entraîneur, le staff et le public étaient contents de moi. C’était une saison très enrichissante. J’ai progressé, j’ai marqué des buts. Je ne m’y attendais pas et au final je suis super heureux.

FM : WBA est votre première expérience à l’étranger, qu’avez-vous pensé de la Premier League et du Championship ?

YM : J’ai eu la chance de jouer 7 matches en Premier League la saison dernière. J’ai pu faire la différence entre les deux championnats et c’est vrai que la deuxième division est beaucoup plus physique. Surtout, on joue tous les trois jours. Je me disais : on n’a pas temps de repos ! Les dix derniers matches, j’ai joué en tirant la langue. J’ai joué 42 matches de championnat, 45 en comptant les Coupes. C’est très exigeant pour les organismes. J’ai vraiment gagné en volume du jeu, et en terme de puissance physique. Je suis un autre joueur depuis que je suis arrivé en Angleterre.



L’avenir est en Premier League

FM : Ce style de jeu semble vous avoir plu, non ?

YM : Oui. Il fallait que je confirme. Et je peux le dire aujourd’hui, c’est mon style de jeu. Il ne me reste plus qu’à confirmer en Premier League.

FM : Justement, avez-vous déjà parlé avec vos dirigeants et votre entraîneur au sujet de l’année prochaine ?

YM : Il me reste un an de contrat (ndlr : jusqu’en juin 2011). On a parlé avec les dirigeants, ils veulent que je prolonge de deux ans. Il y a des clubs qui sont intéressés, et notamment Newcastle, qui est vraiment très intéressé, avec qui mon agent a des contacts. Il y a aussi des clubs italiens. Moi, j’ai vraiment envie de rester à West Brom, car j’ai beaucoup appris là-bas. En montant en Premier League avec cette équipe, j’aurais plus de chances de jouer. Mais après, il faut trouver un terrain d’entente avec les dirigeants pour que je puisse rester. Mon idée première, c’est de rester à WBA, mais si les négociations ne se passent pas bien, je pense que j’irais peut-être voir ailleurs.

FM : Avec l’équipe actuelle, rester en Premier League n’est pas une ambition démesurée ?

YM : En fait, le club a gardé la même ossature que lors de la dernière saison en Premier League. Seuls deux ou trois joueurs étaient partis. Donc les joueurs présents aujourd’hui connaissent déjà bien la Premier League. Le président et l’entraîneur nous l’ont d’ailleurs dit : ils ne vont pas beaucoup recruter. Comme la plupart des joueurs a déjà gouté à la Premier League, cela sera moins difficile que pour d’autres promus.

FM : L’entraîneur Roberto Di Matteo (ndlr : ancien joueur de Chelsea) va-t-il rester lui aussi ? Quel genre d’entraîneur est-il ?

YM : Oui, il sera là la saison prochaine. Il est assez content de tout le monde. Il m’a félicité pour mon année. Je suis content, car tactiquement c’est un super bon coach. En même temps, il est italien ! Il attache beaucoup d’importance à l’aspect tactique et défensif. Comme il a joué à mon poste, il m’aide beaucoup, on discute beaucoup. C’est aussi pour ça que je me sens bien à WBA.



Le PSG et ses jeunes, une histoire difficile

FM : Suivez-vous toujours les résultats du PSG, votre club formateur ?

YM : Je regarde tout ce qui se passe au PSG. J’ai des amis qui y sont encore, des gens comme Mamadou Sakho, Grandi N’Goyi. Et puis c’est le club de mon cœur. Je suis supporter même dans les moments les plus durs.

FM : Justement, les dirigeants parisiens ont décidé de prendre à bras le corps le problème des supporters et ont pris des mesures drastiques (suppression des abonnements, places aléatoires, etc). Qu’en pensez-vous ?

YM : Supprimer les kops de supporters, c’est aussi pénaliser les joueurs. On a toujours besoin des supporters, des encouragements. Mais si c’est la seule solution, alors il faut le faire. Cela a toujours été un gros problème au PSG.

FM : Quand vous voyez vos anciens partenaires en équipe de jeunes en difficulté ou en manque de temps de jeu comme Sankharé, Chantôme ou N’Goyi, pensez-vous avoir fait le bon choix en partant en Angleterre ?

YM : Personnellement, je pense avoir fait le bon choix. Enchaîner 45 matches avec mon équipe et entendre les échos positifs sur ma saison, je pense que c’était la meilleure solution. Pour Clément Chantôme, c’est différent. Le club tenait vraiment à lui, et lui a promis beaucoup de choses. Je pensais moi aussi qu’il allait s’imposer. Après, au vu des résultats de Paris, cela a été dur de lancer les plus jeunes. C’est toujours plus dur dans un grand club comme le PSG. L’avenir des jeunes est souvent conditionné aux résultats du club. Alors, quand ça devient plus dur, on opte plus pour les joueurs plus âgés et expérimentés. C’est peut-être ça qui porte le plus préjudices aux jeunes pousses du PSG. Mais c’est dur de quitter un club comme ça. Quand on est jeune, on est attaché au club et ce n’est pas évident de partir. Mais il faut savoir ce que l’on veut. La meilleure solution pour moi, c’était de partir et aujourd’hui je suis très content de ce choix.

FM : Comment se passe l’intégration des jeunes en équipe première à Paris ?

YM : L’intégration des jeunes chez les pros se déroule bien. Le problème, c’est ce qui suit. Il y a rarement de la continuité. On ne peut pas juger un jeune sur une petite dizaine de matches. On peut avoir une bonne formation, mais si on ne joue pas derrière. À Lille, il y a des jeunes comme Cabaye, formé au club et qui finit pro et titulaire. On peut aussi citer l’exemple de M’Vila. Ce n’est pas le cas de Sankharé ou Chantôme à Paris.

FM : Vous étiez bien parti pourtant à Paris, puisque Guy Lacombe vous avait lancé en équipe première assez vite. C’est le changement d’entraîner et l’arrivée de Paul Le Guen qui vous a pénalisé ?

YM : Exactement. C’était un cycle non accompli. Quand Lacombe était là, il m’avait vu en équipe réserve et il m’a finalement intégré à l’équipe première. Malheureusement, il y a eu changement de coach. Qui dit changement de coach dit mauvais résultats à l’origine. Donc quand Le Guen est arrivé, cela a été assez dur.

FM : Si Lacombe avait été maintenu, auriez-vous pu vous imposer durablement ?

YM : Oui je pense. Quand j’ai joué, même avec Le Guen, je n’ai pas été mauvais. J’ai quand même un sentiment d’amertume aujourd’hui quand je regarde Paris. Je me dis que j’aurais pu avoir ma chance. Maintenant, la page est tournée. Je reste supporter du PSG, mais je suis allé de l’avant. Et cela se passe bien.



Où l’on reparle de Newcastle

FM : À quoi ressemble votre plan de carrière ?

YM : Disons que ça ressemble encore à deux ans à West Brom ou à Newcastle, et après pourquoi pas un club plus huppé. Mais cela dépend de mes performances. Ici, tout va très vite : un ou deux bons matches et les recruteurs viennent te voir, discutent avec toi après les matches. C’est ce qui se passe avec Newcastle actuellement, avec qui j’ai beaucoup parlé.

FM : L’intérêt de Newcastle semble vous titiller…

YM : C’est un super club. Lorsque mes coéquipiers ont su que Newcastle était intéressé, tout de suite, ils m’en ont parlé, me disant que c’était un grand club avec une grande histoire. J’ai aussi eu la chance de parler avec Fabrice Pancrate, qui était là-bas.

FM : Et la vie en Angleterre, comment vous la trouvez ?

YM : Ici, le foot, c’est passionnel, les gens t’en parlent tout le temps, les stades sont toujours pleins. En dehors du foot, j’arrive à m’occuper, mais je reste souvent à la maison. Avec la Playstation et la télé française, j’ai tout ce qu’il faut !