Foot Mercato : Pourquoi êtes-vous finalement resté à Norwich cet été ?

Youssouf Mulumbu : J’étais plus parti pour m’en aller que pour rester. Mais il y a eu plusieurs problèmes sur les termes de mon contrat. J’ai eu des propositions en France. Malheureusement, ça ne s’est pas fait pour des raisons financières. Ensuite, il y a eu quelques problèmes sur les clauses en Turquie. Je suis parti en sélection et j’ai préféré rester. Ça allait être compliqué de trouver un club avec un bon standing en fin de mercato.

FM : On aurait pu vous voir revenir en France lors du mercato estival puisque plusieurs clubs de Ligue 1 étaient intéressés par vous.

Y.M : Il y a eu Montpellier. Ils s’étaient renseignés. Il y a eu Lille aussi. Mais ça ne s’est pas fait. Pour Marseille, ils étaient partis sur une autre piste. Je pense que je n’étais pas la première option. J’ai préféré rester en Angleterre pour jouer des matches. En plus, le fait qu’il y a la CAN en 2017 m’a fait réfléchir.

FM : Quelque part, n’avez-vous pas des regrets de ne pas avoir rejoint l’Olympique de Marseille ?

Y.M : Marseille était une bonne opportunité. Quand nous nous étions parlés cet été, je vous avais dit que rien n’était fait et tant que rien n’était signé il ne fallait pas s’emballer. J’avais raison. Je connais le système des transferts et je sais que c’est assez compliqué. Il faut que tous les paramètres soient réunis pour pouvoir signer dans un club. Les regrets, je pense qu’il ne faut pas en avoir dans le foot. Je suis passé à autre chose. C’est un autre challenge. Il faut jouer, prouver qu’on peut revenir en Premier League. Le plus important est de jouer et de relever la tête. Mais il est vrai que j’étais un peu déçu de ne pas être parti.

FM : Comment avez-vous vécu cet été très agité ?

Y.M : C’est assez compliqué. Mon agent le savait et c’est pour ça qu’il voulait garder les choses un peu secrètes. Mais tout était presque sorti dans la presse. Dans ma tête, j’étais déjà parti. J’ai mis du temps à me remettre dans le bain, à me dire que j’étais à Norwich et qu’il fallait que je donne le maximum pour jouer. Maintenant, c’est du passé. Ça va faire presque 4 ou 5 mois.

FM : Quels sont vos objectifs en club et en sélection cette saison ?

Y.M : Mon objectif est de jouer le plus de matches possibles avant d’aller à la CAN. S’il y a un objectif premier pour moi, c’est cette CAN qui, sait-on jamais, va peut-être être la dernière. On a fini 3e il y a deux ans. Avec l’effectif que l’on a, je pense qu’on peut prétendre au titre tout simplement. Il va falloir bien se préparer car la concurrence est rude. Il va falloir être bien collectivement et individuellement. Je suis en fin de contrat. Personnellement, j’espère jouer le maximum de matches pour trouver un club avec un bon standing. Collectivement, j’espère monter en Premier League avec Norwich, même si en ce moment on est dans une mauvaise passe.

FM : Vous êtes en fin de contrat en juin 2017. Un départ cet hiver est-il envisageable ?

Y.M : C’est possible. Mais ça dépend du club. Ça va être difficile par rapport à la Coupe d’Afrique des Nations. J’ai déjà discuté avec certains clubs (selon nos informations il y a deux clubs français, des écuries anglaises et un club grec). Mais il n’y a rien de concret, même si c’est flatteur. C’est comme cet été, il y a eu beaucoup de demandes, de pourparlers. Mais au final, il n’y a rien eu. Je ne suis pas pressé. Je me suis remis au travail. J’ai fait 7 ans en Premier League. Le fait de descendre en Championship et de ne pas trouver un club en Premier League, il fallait se remettre en question. J’ai fait le vide autour de moi. Je me suis remis au travail pour pouvoir jouer le plus de matches possibles et être dans de bonnes conditions. Me mettre la pression car je suis en fin de contrat ça ne sert à rien. Le plus important pour un joueur de foot est de bien s’entraîner, bien jouer. Quand le coach a besoin de moi, je veux répondre présent.

FM : Revenir en France est-il toujours possible ?

Y.M : Oui, revenir ce serait intéressant. Je n’écarte aucune piste. C’est à mon agent de travailler dessus. Moi, tout ce que je peux faire c’est de jouer beaucoup de matches.

FM : On a l’impression à vous écouter que votre mésaventure de l’été dernier vous a profondément marqué.

Y.M : Ça m’a marqué oui. Je ne m’y attendais pas. Je pensais vraiment que j’allais partir, qui plus est à Marseille. Quand ça ne s’est pas fait, c’était un retour à la case départ. Ça m’a un peu touché. On est des professionnels. Il faut revenir à la réalité et ça ne se passe pas plus mal.