Après avoir fait longtemps mariner les dirigeants de l’Olympique de Marseille, Mario Balotelli (29 ans) avait finalement choisi de revenir dans le club de son coeur, Brescia. Promue en Serie A cette saison, la formation lombarde pensait alors avoir réalisé l’un de ses plus beaux coups du mercato, après avoir pu conserver l’un de ses joyaux, le jeune milieu de terrain Sandro Tonali (19 ans, convoité par l’Inter et le PSG entre autres). Malheureusement, ça ne se passe pas vraiment comme prévu.

Brescia est lanterne rouge du championnat et Balotelli traverse des moments compliqués. Pas très efficace sur le terrain (2 buts inscrits en 7 rencontres de championnat), l’ancien attaquant phocéen a ensuite été la cible de cris raciste lors du déplacement à Vérone le 3 novembre dernier, avant de se faire virer de l’entraînement en fin de semaine dernière par son entraîneur, le champion du monde 2006 Fabio Grosso. Un dernier événement qui, selon la presse transalpine, pourrait sceller la fin de l’aventure du joueur à Brescia.

Balotelli plus actif sur les réseaux sociaux que sur le terrain

Face à tout ce remue ménage, le président du club, Massimo Cellino, a profité d’une assemblée générale de la Serie A pour faire le point sur cette situation. Et sa première phrase n’a pas manqué de provoquer une énorme polémique en Italie. « Il est noir mais il travaille pour s’éclaircir, mais il a des difficultés. Mario donne plus de poids aux réseaux sociaux qu’à sa valeur sportive. Je ne l’ai pas recruté pour les réseaux sociaux parce qu’il peut encore donner quelque chose au monde du football, quand il sera en condition de le faire. Le jour où il le sera, il répondra sur le terrain et ils nous donnera cette valeur ajoutée (pour laquelle il a été recruté). S’il le veut, il peut nous apporter une valeur ajoutée, mais nous ne pouvons le lui reprocher. »

Personne ne sait vraiment si sa première phrase était ironique ou non (vis-à-vis des différents problèmes de racismes survenus en Italie). Sur la vidéo, il semble que Cellino tente un bon mot, de manière très maladroite, pour défendre son joueur. Toujours est-il, pour revenir au sportif, qu’il estime que son joueur n’est pas totalement concentré sur son travail de joueur (Balotelli a été laissé de côté pour le match contre l’AS Roma). Et pour l’aider, le dirigeant de Brescia aimerait qu’il mette de côté les réseaux sociaux. « Il redeviendra footballeur. En ce moment, il est un peu loin de tout ça. Je l’ai pris en pensant que ça allait être une valeur ajoutée, mais je ne m’attendais absolument pas qu’il soit celui qui doive sauver l’équipe (de la relégation). Il l’a dit lui même. C’est trop facile de blâmer Balotelli. C’est pourquoi j’ai changé d’entraîneur. Maintenant, nous sommes amoindris et c’est plus difficile. C’est pour ça qu’on doit en parler le moins possible et désactiver ses réseaux sociaux. » Reste que si la volonté de Brescia d’aider Balotelli à sortir la tête de l’eau est certaine, la suite du discours de Cellino risque d’être beaucoup moins audible que sa première intervention.