Malgré l’éclaircie Rémi Himbert, buteur et passeur, l’OL a été battu aux tirs au but ce soir à domicile contre Lens (2-2, 4-5 tab). Les Lyonnais prennent la porte en 1/4 de finale de Coupe de France, les Lensois défieront Toulouse en 1/2 finale.
Après l’élimination de l’OM face à Toulouse et le verdict du tirage au sort du dernier carré, l’OL et le RC Lens croisaient le fer, ce jeudi soir, dans le cadre des quarts de finale de la Coupe de France. 2es et 3es de Ligue 1, Lensois et Lyonnais avaient une opportunité en or d’endosser le costume de favori pour la victoire finale. Pour ce faire, Paulo Fonseca optait pour un 4-3-3 avec Tolisso en soutien d’Endrick et Yaremchuk. De son côté, Pierre Sage alignait lui un 3-4-3 avec Sima, Edouard et Thauvin sur le front de l’attaque.
Une affiche qui ne tardait pas à s’enflammer. Déterminés, les Sang et Or prenaient rapidement le contrôle des opérations et maintenaient la pression dans le camp rhodanien. Acculé, l’OL résistait et s’enhardissait progressivement. Mais ce qui devait arriver arriva… Après une tentative d’Abdulhamid, Thauvin, opportuniste, débloquait les compteurs (0-1, 23e). Climatisé, le Groupama Stadium s’endormait un peu plus dans la foulée. Si Edouard butait sur Descamps (43e), Sima, lancé par Thauvin, doublait la mise juste avant la pause (0-2, 45+1e).
Lens, au bout de la nuit
Au retour des vestiaires, l’OL tentait le tout pour le tout pour revenir. Offensifs, les Lyonnais ne parvenaient pourtant pas à faire la différence et se mettaient encore en danger. Sur un corner à gauche frappé par le gaucher Thuavin, Sima était trouvé dans les airs au premier poteau. Il plaçait une dangereuse tête décroisée qui finissait à droite du cadre (57e). Proche de craquer, l’OL avait ensuite l’opportunité d’égaliser mais Yaremchuk, lancé par Tolisso, voyait sa tentative trouver la barre lensoise (63e).
Dos au mur, Lyon allait finalement relancer le suspens. Entré en jeu, Himbert délivrait un centre parfait pour Yaremchuk qui trompait Risser d’une tête parfaite (1-2, 67e). Galvanisé par ce but, l’OL continuait d’accélérer mais butait sur une défense nordiste bien regroupé. Dans les derniers instants, le match allait finalement être totalement relancé. Profitant d’une sortie hasardeuse de Risser et une remise astucieuse de Tolisso, Himbert surgissait pour égaliser (2-2, 90+4e). Un but qui permettait à l’OL de décrocher une séance de tirs au but, où les Lensois l’emportaient finalement sur une ultime tentative réussie de Thauvin.
L’homme du match : Thauvin (8) : le milieu offensif tricolore n’a pas manqué d’intensité sur la pelouse du Parc OL. Par ailleurs, il aurait pu offrir une passe décisive après le quart d’heure de jeu, mais celui-ci a trop tardé dans les derniers mètres lyonnais. Ensuite, le champion du Monde 2018 a poursuivi ses efforts dans les contre-attaques. Sur une frappe d’Abdulhamid, repoussée par Descamps, il a finalement ouvert le score (23e). De la réussite certes, mais un opportunisme brillant dans la surface rhodanienne qui lui a été joliment rendu. Avant la pause, il a servi avec justesse Sima, offrant une passe décisive au Sénégalais (45+1). Moins tranchant ensuite, il est resté concentré, impliqué dans l’impact, sans se mettre d’autres occasions dangereuses sous la dent. Au bout du bout, il offre avec sang-froid la qualification à son équipe lors de la séance de tir au but et est élu homme du match.
OL :
- Descamps (3) : son intervention n’est pas mauvaise devant Abdulhamid, mais il a le malheur de remettre le ballon dans les pieds de Thauvin qui n’a plus qu’à pousser le ballon au fond des filets. Il est décisif devant Edouard avant la pause, mais n’a pas le droit d’ouvrir autant son premier poteau sur le but de Sima pour le 2-0. Une seconde période en eaux paisibles, jusqu’à cet arrêt important devant Thomasson dans les arrêts de jeu. Il s’incline sur les 5 tirs au but lensois.
- Maitland-Niles (3) : son oubli de Thauvin sur le premier but lensois avait annoncé la noirceur de sa soirée. L’Anglais a plus brillé par ses placements hasardeux que par ses centres, et il a eu des moments d’absence parfois inexplicables. Il expose son équipe sur une passe hasardeuse pour Tagliafico en première période, et a globalement souffert face aux montées d’Udol. Un apport offensif très neutre, avant d’être remplacé par Hateboer (69e).
- Mata (4) : le défenseur angolais est aux fraises sur le but de Sima, et son association avec Maitland-Niles a sombré comme deux capitaines sans boussole pendant la première période. On en avait presque de la compassion pour lui, tant il semblait en détresse sur le terrain. Il pouvait difficilement faire pire en deuxième mi-temps, et il a su rectifier le tir en gagnant la plupart de ses duels.
- Niakhaté (6) : le champion d’Afrique a soufflé le chaud et le froid ce soir. Des jaillissements de patron face à Thauvin et Edouard, mais des moments d’égarement, aussi. Il a été mis en difficulté sur plusieurs séquences face à l’attaquant lensois, et ses interventions n’ont pas toujours inspiré la sérénité. C’est sa tête ratée qui mène au second but de Sima avant la pause. De gros signes d’agacement, et des discussions très musclées avec Malang Sarr en seconde période. Son tir au but manque trop de conviction face à Risser.
- Tagliafico (3) : isolé, l’Argentin a dû colmater les brèches mais en travaillant parfois pour deux, voire trois. On l’a senti frustré par moment, livré à lui-même face aux assauts incessants des Lensois. On ne peut pas vraiment dire qu’Abner lui a été d’une grande aide ce soir. Pas plus en réussite au retour des vestiaires, il aurait pu prendre un carton rouge si Paulo Fonseca ne l’avait pas sorti. Remplacé par Himbert (59e), auteur d’une entrée pleine de fougue et de personnalité. C’est lui qui délivre un caviar pour le but de Yaremchuk de la tête, avant d’égaliser d’un lob génial suite à la sortie ratée de Risser. Le gamin du cru a changé le match à lui seul, quel vent de fraîcheur.
- Abner (3,5) : il doit gêner Abdulhamid sur la frappe du Saoudien menant au but de Thauvin en première période. Cette action est d’ailleurs un peu à l’image de son match : à contre-temps. On l’a constamment senti loin des actions, et même parfois peu concerné par ce qui se passait dans sa zone. Sur le deuxième but lensois, il semble totalement perdu. Ses limites ont moins été mises en lumière après la pause puisque l’OL avait le ballon.
- Morton (5) : l’Anglais ne s’est pas montré sous son plus beau visage ce soir, mais il a eu le mérite de rebondir après la pause. Loin de l’assurance qu’on lui connaît, il avait souffert sur les transitions adverses en première mi-temps. Souvent à contre-temps dans ses transmissions, il avait manqué d’influence et de justesse avant ce regain de forme bienvenu. Il a coupé plusieurs situations lensoises après la pause, et a davantage pesé dans le jeu. Tir au but parfait.
- Tolisso (6) : c’est lui qui est venu réveiller le Groupama Stadium en début de match, tantôt par la frappe, tantôt par la passe. S’il n’a pas eu son impact habituel, on a senti qu’il pouvait faire basculer le match sur une passe ou un centre. Avec un Yaremchuk un peu moins maladroit à ses côtés, il aurait certainement pu boucler son match avec 1 ou 2 passes décisives au compteur. C’est encore lui à la passe pour la frappe de l’Ukrainien sur la barre. Il a transformé son tir au but.
- Nartey (4) : on n’avait pas attendu ce soir pour connaître sa qualité dans les petites espaces, mais il lui en faudra plus pour espérer jouer un rôle plus important dans cette équipe. A sa décharge, ce n’était pas vraiment lui rendre service que de le faire jouer collé à la ligne de touche. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard s’il a été plus impactant à chaque fois qu’il était au coeur du jeu. C’est dans cette configuration qu’il trouve Himbert sur une transition. Il s’est éteint, avant d’être remplacé par Karabec (87e), qui a transformé son tir au but.
- Yaremchuk (5,5) : pour sa deuxième titularisation, l’Ukrainien a pesé, a fait reculer la défense lensoise, mais il a rarement été en réussite dans le dernier geste. Sa qualité première n’est pas la mobilité, on l’avait compris, et il lui aura fallu une dizaine de centres pour enfin marquer un (très joli) but de la tête. Il avait aussi heurté la barre après une course dans la profondeur, registre qu’on ne lui connaissait pas forcément jusqu’ici. En résumé : de la volonté, mais aussi de la maladresse.
- Endrick (2) : un Endrick à l’envers ce soir. On n’a jamais senti de relation technique naître entre le Brésilien et son compère Yaremchuk. L’attaquant prêté par le Real Madrid a peiné à exister en première période, et il a diffusé la sensation de vouloir sans cesse se la jouer en héros en seconde. Il a obtenu des fautes, mais il a aussi eu un taux de déchets criant. Des signes de frustration, mais aussi d’égoïsme. S’il n’était pas prêté par le Real Madrid, il serait certainement sorti depuis un bon moment. Il transforme quand même son tir au but.
Lens :
- Risser (6,5) : le rempart lensois a vécu un premier acte en demi-teinte. Face aux assauts de Tolisso, Endrick et Yaremchuk, il a dû rester concentré sur sa ligne. Propre dans ses relances au pied, il a maîtrisé son début de soirée. Or, les locaux se sont réveillés après l’heure de jeu. C’est à ce moment que le portier a vu Yaremchuk propulser une tête croisée au fond de ses filets (67e). En fin de match, une incompréhension avec Ganiou a failli lui être fatale. Puis, Himbert l’a brillamment lobé, égalisant contre toute attente dans le temps additionnel (90+4). Pendant la séance de tirs au but, il stoppe la frappe de Niakhaté.
- Celik (5) : positionné dans une défense à trois, l’arrière bosnien a eu quelques interventions importantes à réaliser durant le premier quart d’heure de jeu. Yaremchuk et Endrick ne l’ont pas réellement déstabilisé ensuite, ce qui lui a permis de rentrer aux vestiaires avec une certaine confiance. Grand par la taille et le talent, il ne s’est pas laissé faire devant l’entrée en jeu d’Himbert. Sous pression, il a tout de même été averti pour une faute justifiée après le dernier quart d’heure de jeu et le second but lyonnais inscrit par Himbert l’a laissé sans voix (90+4).
- Ganiou (5) : au cœur de la charnière centrale de Pierre Sage, le joueur de 20 ans a dû s’employer à plusieurs reprises dans le premier acte. Face à une attaque lyonnaise en pleine forme, enragée et combative, il a dû être attentif dans ses interventions. Durant le second acte, les Lyonnais n’ont pas abdiqué et son tacle devant Yaremchuk a permis à ses partenaires de ne pas encaisser de but (63e). Or, quelques instants plus tard, l’attaquant a pris le dessus dans les airs, cassant la dynamique de celui-ci (67e). En fin de match, l’égalisation d’Himbert le laisse sur place, surpris par son geste (90+4).
- Sarr (5) : placé juste derrière Udol, aux côtés de ses deux autres défenseurs, le joueur de 27 ans s’est montré agressif et solide ce soir. Sans se faire bouger, il a défendu avec une grande intelligence dans le premier acte. Celui-ci n’a pas reculé devant les attaquants, toujours autant à l’aise dans sa zone, notamment dans l’alignement avec ses partenaires et dans les airs. Sans réellement être inquiété par les vagues lyonnaises, il a fait preuve de prudence. Après la pause, il a d’ailleurs mis Endrick dans sa poche, alors que le Brésilien partait au but (50e). Trop fébrile sur la réduction de l’écart des Lyonnais, l’arrière garde a pris un coup au moral (67e).
- Abdulhamid (7) : le piston droit des Sang et Or a encore une fois réalisé des sprints à haute intensité en première période. Présent, attentif et engagé dans sa zone, il a aussi effectué des retours express sur Yaremchuk (14e, 17e). Puis, il a pris ses responsabilités, osant une frappe puissante, repoussée par Descamps, mais finalement mise au fond des filets par Thauvin (23e). Sans se précipiter, ni compter ses courses, il a remis du rythme dans le jeu sans ballon après la pause. Durant la séance de tirs au but, il trompe parfaitement Descamps.
- Sangaré (7) : buteur face à Strasbourg la semaine passée, le milieu de terrain devait se muer en leader dans l’entrejeu ce soir. Cependant, il a entamé la rencontre avec un tacle non maîtrisé sur Abner, qui ne l’a pas vraiment mis en confiance. Pendant les minutes qui ont suivi, celui-ci a perdu quelques ballons, notifiant des impressions dans ses relances. Or, cela n’a pas complètement changé la donne, puisque les siens ont ensuite maîtrisé le cœur du jeu avec une possession remarquable. Bien aidé par Thomasson, son expérience a pu faciliter ses déplacements et son attractivité. Au retour des vestiaires, il a nettement baissé en intensité, à l’image d’une formation lensoise un peu plus douteuse. Sans se laisser abattre, le Malien a poursuivi avec calme sa soirée, subitement assombrie par Himbert, tout en inscrivant son penalty.
- Thomasson (5,5) : vigilant et rigoureux, le patron artésien a été précieux dans la conservation du ballon. Malgré un jeu basé sur les ailes, il n’est pas resté dans l’ombre et a pu se montrer volontaire. Il a aussi donné beaucoup de consignes à ses coéquipiers, notamment lorsqu’il était trop loin lors des possessions lyonnaises.
- Udol (6) : dans son habituel couloir gauche, le piston a eu un peu de mal à se mettre dans le match. Cependant, il a bien été entouré et a finalement pris confiance en lui. Ses retours défensifs ont notifié une certaine volonté de sa part. Capable de faire les allers-retours sans rechigner sur la pelouse, Udol a montré de la rigueur et de la détermination. Averti d’un carton jaune pour avoir déstabilisé Endrick ensuite, il a dû se montrer plus calme et surtout moins affolé. Avec une belle maîtrise, il a inscrit son penalty.
- Thauvin (8) : voir ci-dessus.
- Sima (6,5) : titularisé contre toute attente suite à la blessure de Said, l’Artésien s’est montré disponible durant les quarante-cinq premières minutes. Présent dans les phases offensives, il a participé aux contre-attaques et fait preuve d’une rigueur dans ses déplacements. Sans empiéter sur ses milieux de terrain, celui-ci a osé, sans relâche, pour déstabiliser la charnière centrale adverse. Juste avant le retour aux vestiaires, à la suite d’un service de Thauvin, il a mystifié Descamps avec un boulet de canon, climatisant ainsi le public lyonnais (45+1). Toujours en jambe après la pause, il a poursuivi ses courses, sans réellement inquiéter Niakhaté et Mata. À l’image de Thauvin, sa fin de soirée a été plus délicate puisque les Sang et Or n’ont plus approché la cage de Descamps. Remplacé par Rayan Fofana (90+6) auteur d’une panenka lors de la séance de tirs au but.
- Édouard (6) : décisif lors de trois de ses quatre dernières apparitions, le buteur a été important par son placement dos au but. Capable de décrocher très bas, il n’est pas resté immobile, essayant d’aller perturber la défense lyonnaise. Après la demi-heure de jeu, il est rentré dans la surface, crochetant ses adversaires avec audace, mais sans succès dans le dernier geste. Avant la pause, il a buté sur Descamps (43e) et s’est fait avertir d’un carton jaune. Moins sollicité durant le second acte, il a attendu des potentielles erreurs lyonnaises, sans se montrer décisif. Remplacé par Amadou Haidara (78e) qui n’a pas grandement participer au jeu.
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