De champion du monde à indésirable, la lente agonie d'André Schürrle

Champion du monde en 2014 avec l'Allemagne et grand espoir du football outre-Rhin, André Schürrle a vu sa carrière prendre un mauvais tournant. Après son départ de Chelsea, il a enchaîné les échecs à Wolfsbourg, Dortmund, Fulham et le Spartak Moscou. Retour sur la lente descente aux enfers d'un homme qui a pourtant changé le cours de l'histoire du football allemand.

André Schürrle avec le maillot de l'Allemagne
André Schürrle avec le maillot de l'Allemagne ©Maxppp

13 juillet 2014, Stade Maracanã, Rio de Janeiro, Brésil. On joue la 113e minute de jeu quand l'histoire du football allemand est sur le point de connaître un tournant. Le score est de 0-0 entre la Nationalmannschaft et l'Argentine. Le suspense est entier et il ne suffit que d'un exploit individuel pour que la rencontre bascule. Décalé côté gauche, André Schürrle démarre et accélère. Il dépose Javier Mascherano et centre devant Pablo Zabaleta au premier poteau. Mario Götze contrôle de la poitrine et enchaîne d'une reprise victorieuse. Comme en 1990, l'Allemagne se défait de l'Albiceleste et retrouve la victoire en Coupe du monde. La quatrième étoile orne désormais le maillot de l'équipe de Joachim Löw.

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Pour André Schürrle, la récompense est belle et confirme la montée en puissance de sa carrière. Révélé à Mayence, il se fait un nom qui dépasse les frontières avec le Bayer Leverkusen. L'ailier cartonne avec 14 buts et 9 passes décisives en 43 matches lors de la saison 2012-2013. Des statistiques prometteuses auxquelles s'ajoutent de belles qualités. Rapide, technique et doté d'une belle vision de jeu, le natif de Ludwigshafen est en pleine réussite et Chelsea flaire la bonne affaire. 20 millions d'euros arrivent sur le bureau des dirigeants et l'international allemand découvre la Premier League. L'apprentissage se passe relativement bien et il s'impose dans le onze des Blues. Déjà présent à l'Euro 2012, il prend de nouveau le bon wagon et participe au Mondial 2014.

À l'origine du sacre mondial 2014

Comme expliqué un peu plus tôt, la compétition se déroule idéalement pour André Schürrle. Jamais titulaire, il se distingue comme joker. Tout d'abord en huitième de finale en ouvrant le score lors de la victoire face à l'Algérie (2-1 après prolongation). Puis en demi-finale, en enfonçant un peu plus le Brésil (7-1) avec un doublé. En finale, il rentre en jeu rapidement puisque Christian Kramer est victime d'une commotion cérébrale (et oubliera même cette douce soirée pour le football allemand). La suite appartient à l'histoire. Champion du monde et dans une belle dynamique à Chelsea où il se développe avec José Mourinho, il va connaître une suite de parcours bien moins glorieuse.

Troisième de Premier League la saison précédente, Chelsea se prépare à rouler sur le championnat avec un mercato estival de grande ampleur. Exit l'ancienne génération avec les départs de Fernando Torres, Ashley Cole ou encore Frank Lampard. Les arrivées sont nombreuses en revanche avec Diego Costa (Atlético de Madrid), Loïc Rémy (Queens Park Rangers), Didier Drogba (Galatasaray), Cesc Fabregas (FC Barcelone) et Filipe Luis (Atlético de Madrid). Thibaut Courtois et Kurt Zouma, qui étaient respectivement prêtés à l'Atlético de Madrid et à l'AS Saint-Étienne, renforcent les Blues. Remodelant son équipe, José Mourinho ne va pas incorporer André Schürrle dans son onze et va préférer Willian. Se distinguant en tant que joker, le champion du monde va finalement tourner court à son aventure anglaise. À la recherche de temps de jeu, il rejoint le VfL Wolfsbourg. Porté par Kevin De Bruyne, le club détenu par Volkswagen pointe à la deuxième place et terminera la saison derrière le Bayern Munich.

Premier mauvais choix à Wolfsbourg et une succession d'échecs

Frappé par le scandale Volkswagen en début de saison 2015-2016, le club vert et blanc connaîtra un exercice compliqué aussi bien d'un point de vue économique que sportif. Assez irrégulier, mais tout de même important, André Schürrle achève cette saison avec 12 buts et 3 passes décisives en 41 matches et conservera une belle cote. Demi-finaliste de l'Euro 2016, il est invité à se trouver un nouveau club pour permettre au VfL Wolfsbourg d'assainir ses finances. Se présente alors à lui le projet Borussia Dortmund. Arrivé avec notamment Mario Götze, il doit aider les Marsupiaux de Thomas Tuchel à s'affirmer en Bundesliga face à un Bayern Munich gargantuesque sur la scène nationale. Ce sera un nouvel échec. En deux saisons, il ne parvient pas à s'imposer en tant que titulaire, n'est plus appelé en sélection, manque la Coupe du monde 2018 et doit se relancer.

C'est finalement Fulham qui fait le pari. L'un des nombreux paris du club anglais à l'intersaison 2018. Promue en Premier League, la formation londonienne se détache de ce qui a été fait en Championship avec Slaviša Jokanović. Beaucoup de joueurs arrivent à l'image de Jean Michaël Seri, André-Frank Zambo Anguissa, Luciano Vietto ou encore Ryan Babel, mais ce sera une catastrophe industrielle. Avant-dernier avec 26 points, Fulham passe la saison relégable et ne fera pas illusion. Malgré 6 buts en 25 matches, André Schürrle - qui sera perturbé par quelques pépins physiques - ne se montre pas convaincant. Dans une position plus axiale, il semble souvent à contre temps et son jeu semble bien moins fluide que celui du jeune joueur véloce qu'il était encore cinq ans plus tôt. Désormais âgé de 29 ans, il enchaîne un second prêt du côté du Spartak Moscou. Un mauvais choix encore une fois que ça soit d'un point de vue individuel ou collectif. Déjà en perte de vitesse la saison dernière avec les départs de son coach Massimo Carrera et de son meilleur joueur Quincy Promes, le club de la capitale russe a fortement déçu malgré des investissements intéressants.

Arrivé en tant que vedette d'un nouveau projet aux côtés de jeunes talents tels que Jordan Larsson (fils d'Henrik), Guus Til ou encore Alex Král, il est encore loin de répondre aux attentes. S'il conserve certaines qualités techniques, il est loin de présenter sa meilleure version et pioche. Il débute la saison titulaire, mais ses prestations sont en dents de scie. Aligné dans l'axe ou sur l'aile gauche, il ne facture que 2 buts et 4 passes décisives en 18 matches et se montre régulièrement transparent. Pire, avec l'arrivée de Domenico Tedesco en tant que coach du Spartak Moscou, il se retrouve souvent sur le banc et l'équipe ne semble pas en souffrir. À tel point qu'il ne sera pas préservé à l'issue de son prêt et devra revenir au Borussia Dortmund. Enfin pas vraiment puisque son contrat avec les Marsupiaux arrivera à son terme en même temps que son prêt. Incertain, l'avenir footballistique d'André Schürrle s'annonce aussi sombre que son passé a été glorieux.

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