Le FC Barcelone a signé un gros coup en venant à bout de l’Atlético de Madrid ce soir (3-1). L’équipe d’Hansi Flick a été portée par plusieurs individualités en forme, dont Dani Olmo.
Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Cette formule sied parfaitement au duel à distance entre le Real Madrid et le FC Barcelone. Les trois nuls consécutifs de la Casa Blanca ont permis aux Blaugranas de prendre la tête du championnat le week-end dernier, trois points devant son adversaire du soir. Il fallait maintenant confirmer à domicile, au Nou Camp, contre l’autre gros bras de Liga : l’Atlético de Madrid, en grande forme lui aussi du haut de ses 7 succès consécutifs toutes compétitions confondues.
Classement général Liga
Ce choc au sommet tenait rapidement ses promesses, d’autant qu’il n’y avait presque pas d’absents des deux côtés puisque seuls Araujo et De Jong manquaient à l’appel au Barça, juste avant la sortie de Cardoso du côté madrilène dès la 14e. Malgré ce coup dur, les Colchoneros prenaient un bon départ. Leur pressing faisait mal et, plus inhabituel dans ce genre de confrontation, ils parvenaient à prendre des risques dans leur sortie de balle. C’est même sur un ballon à la limite du hors-jeu qu’ils ouvraient le score.
Le Barça retourne la situation
Molina récupérait sur Raphinha et alertait en une touche Baena, qui surprenait la défense dans le dos, pour conclure en effaçant Joan Garcia (0-1, 20e). Pas de quoi faire douter le Barça cependant. Les Catalans avaient déjà repris du poil de la bête avant cette ouverture du score et égalisaient rapidement par Raphinha, lequel héritait d’une ouverture parfaite de Pedri (1-1, 26e). Ce temps fort ne durait pas pour voir les débats s’équilibrer, à l’image de la situation que Baena ne concrétisait pas (32e) et du penalty obtenu par Olmo mais manqué par Lewandowski, hors cadre (36e). Oblak le mettait ensuite en échec (38e).
L’entrée de Gallagher à la pause n’a pas forcément apporté l’équilibre nécessaire à l’Atlético. Les deux équipes se rendaient encore coup pour coup avec Raphinha (53e) puis Giuliano Simeone (54e). Lewandowski, pas dans un grand soir décidément, ne pouvait reprendre ce centre de son ailier brésilien (57e). Les venues de Sorloth et Almada (62e) ont fait du bien mais elles ont mis un certain temps à se faire ressentir, la faute au but d’Olmo, qui donnait l’avantage au Barça (2-1, 65e), en plus de sortir sur blessure. L’échec de Lamine Yamal en position de contre (73e) laissait un certain suspense dans ce match.
Le dernier quart d’heure était exclusivement rojiblanco. Thiago Almada aurait pu égaliser d’un formidable numéro mais il y a eu cette touche de trop pour rater le cadre (79e). Sortloth aussi a eu une très belle situation qu’il n’a pu conclure, alors que Griezmann, entré quelques minutes plus tôt, a eu une énorme balle de match (90e+2). Le centre venu de la gauche était sans doute un poil trop en retrait pour permettre au Français d’arracher l’égalisation. Résultat, le Barça est parvenu à conserver un avantage finalement plus large. Si Oblak avait mis Rashford en échec (90e+3), Ferran lui ne tremblait pas sur ce ballon de l’Anglais (3-1, 90e+6). Le Barça conforte son avance en tête de la Liga avec 4 points d’avance sur le Real, et 6 sur son adversaire du soir.
L’homme du match : Dani Olmo (7) : critiqué sur le début de saison, l’international espagnol revient bien après son doublé du week-end contre Alavés. Ce soir, il est clairement le joueur le plus décisif de son équipe. Il a pourtant eu du mal à entrer dans la rencontre, mais il aura terminé par faire très mal aux Madrilènes. Les joueurs de l’Atlético ont surtout eu du mal à défendre sur lui lorsqu’il bougeait entre les lignes, et ça lui a permis de provoquer un penalty, ensuite manqué par Lewandowski. Tot comme il a provoqué plusieurs situations dangereuses devant en surgissant de nulle part. En deuxième période, il met les siens devant avec un joli but qu’il est lui-même allé se chercher. Blessé à l’épaule sur son but, il a dû laisser sa place à Ferran Torres (67e), qui n’a pas eu énormément d’occasions de se montrer… jusqu’à ce centre de Baldé qu’il expédie parfaitement au fond des filets pour marquer le troisième dans le temps additionnel.
FC Barcelone
- Joan Garcia (5) : décisif ce week-end face à Alavés, le gardien catalan n’a pas eu tant de travail que ça ce soir, et il est assez difficile. Il est abandonné par sa défense sur l’ouverture du score de Baena, où il ne peut pas faire grand-chose. Derrière, si ce n’est une nouvelle intervention cette fois gagnée face au numéro 10 colchonero, ou un ballon bien capté sur une tentative de lob de Julian Alvarez en deuxième période.
- Koundé (5) : très en difficulté ces derniers temps, le Français a été un peu plus rassurant ce soir. Il n’a pas été vraiment pris à défaut par ses vis-à-vis, et a souvent bien couvert son flanc droit. Souvent fautif lorsque le Barça a essayé de jouer le piège du hors-jeu, il a été impeccable ce soir dans ce registre et cette ligne haute barcelonaise. Rien à se reprocher défensivement, mais on aurait peut-être aimé le voir un peu plus souvent aux avant-postes pour prêter main forte à Lamine Yamal.
- Cubarsí (3) : il n’est clairement pas rassurant cette saison et le match de ce soir ne va pas faire taire les critiques, bien au contraire, avec plusieurs erreurs à son actif. Il couvre Baena qui peut s’en aller battre Joan Garcia pour l’ouverture du score. Il n’est pas loin d’offrir un deuxième but à l’ancien de Villarreal avec une mauvaise tête mais cette fois, le gardien catalan était bien sorti (31e). Il est aussi pris dans son dos par Almada sur une action qui aurait pu être le 2-2 (79e). De façon générale, il n’aura pas été serein lorsqu’il fallait défendre mais aura au moins eu le mérite d’être bon avec le ballon.
- Gerard Martín (6) : encore repositionné en tant que défenseur central, le joueur formé à La Masia a rendu une très bonne copie, comme s’il avait joué toute sa vie à ce poste. Bien meilleur que son acolyte du soir. Il a été très vigilant aux déplacements d’un Julian Alvarez discret en partie à cause de lui. Toujours bien placé, bon dans la relance. Il a tout de même frôlé le rouge juste avant la pause avec une intervention rugueuse sur Giuliano Simeone, mais s’en est sorti avec un jaune.
- Baldé (7) : assez en forme dernièrement, le latéral gauche a encore été très performant contre un sacré client. Il a multiplié les courses sur son flanc gauche, se montrant très disponible, et surtout très dangereux, notamment en première période où on l’a vu finir des actions dans la surface rivale à plusieurs reprises. On peut regretter un peu de brouillon dans le dernier geste tout de même. Il termine son match par une passe décisive pour Ferran Torres. Défensivement, il a parfaitement tenu son rang et n’a pas vraiment été mis en difficulté par les joueurs offensifs colchoneros.
- Eric Garcia (6) : le couteau-suisse d’Hansi Flick a encore confirmé pourquoi il est un des chouchous de son coach et de sa presse. Aligné au milieu, en l’absence de Frenkie de Jong notamment, l’ancien de Manchester City était comme un poisson dans l’eau dans l’entrejeu. Toujours disponible, proposant énormément de solutions et prenant des initiatives à un poste qui n’est pas le sien, le Catalan continue de marquer des points, et son duo avec Pedri a été une des raisons du
- Pedri (7) : de retour dans un onze titulaire après sa blessure, le milieu canarien a fait du bien et a confirmé qu’il y a un Barça sans lui, et avec lui. Il délivre une super passe décisive pour Raphinha sur le but de l’égalisation en première période, et de façon globale, il a bonifié tous les ballons qui sont passés par ses pieds. Toujours technique, toujours intelligent, toujours à la recherche de la meilleure solution pour faire avancer le jeu, il a clairement été le maître à jouer de son équipe. Malheureusement, il s’est blessé en deuxième période et Casado a dû le remplacer (74e). Si le numéro 17 a contribué à apporter du muscle et de l’intensité, le Barça a clairement perdu en contrôle à la sortie de Pedri.
- Lamine Yamal (4,5) : assez moyen dans les gros matchs de son équipe cette saison, le numéro 10 blaugrana avait des choses à prouver ce soir. Mais on était encore loin du meilleur Lamine Yamal, une fois encore. On l’a senti très motivé et volontaire, mais il a tout de même beaucoup raté en première période. Un bon centre pour Lewandowski (37e), quelques dribbles, mais beaucoup de transmissions manquées. En revanche, au retour des vestiaires, du mieux, à l’image de son rush incroyable conclu sur un bon ballon pour Raphinha, que le Brésilien a trop croisé (52e). Il manque tout de même une belle occasion, ne trouvant pas le cadre sur cet enroulé (69e). Christensen a pris sa place (87e) pour solidifier l’équipe.
- Dani Olmo (7) : voir ci-dessus.
- Raphinha (6) : dès l’entame du match, on sentait qu’il était le Barcelonais le plus à même de faire mal aux Colchoneros. Souvent bien trouvé et dangereux devant, c’est lui qui a égalisé, avec un super appel, puis un joli crochet pour battre Oblak et envoyer le cuir au fond des filets. Ses appels auront été dévastateurs tout au long du match. Il a tout de même un peu perdu en importance en deuxième période, où il est aussi passé dans un rôle plus axial. On notera aussi son leadership et son travail défensif permanent qui ont été très utiles. Remplacé par Dro Fernandez (74e), qui a contribué à conserver le ballon intelligemment.
- Lewandowski (5) : rencontre en dents de scie pour le buteur polonais, qui a tout simplement tout raté en première période. Son apport dans le jeu a été assez mauvais, avec des mauvaises remises et beaucoup de difficultés à se montrer. Il manque complètement son penalty, expédiant le ballon dans les nuages (36e). En revanche, en deuxième période, il s’est un peu lâché et a été meilleur dans la participation dans le jeu. Il se bat bien pour mettre Olmo dans la meilleure position pour marquer sur le deuxième but catalan (64e). Remplacé par Rashford à la 67e, peu en vue mais auteur d’une superbe action individuelle dans le temps additionnel.
Atlético de Madrid
- Oblak (4) : le portier slovène a réalisé une première période de bon niveau, avec notamment une parade exceptionnelle de la main gauche pour empêcher Robert Lewandowski de marquer sur une tête presque à bout portant (38e). On peut lui reprocher de s’être mis trop vite au sol devant Raphinha, mais il faut surtout saluer la feinte du Brésilien sur l’égalisation (26e). La frappe de Dani Olmo est également trop bien placée pour que l’ancien de Benfica la sorte. Il n’a pas pu faire grand-chose sur la frappe à bout portant de Ferran Torres, mais finit par souffrir par son manque d’arrêts décisifs dans le second acte.
- Molina (5,5) : très combatif sur son côté droit, il a commencé fort la rencontre en facilitant la sortie de balle de son équipe avec des passes précises. L’une d’elles a permis à Álex Baena d’ouvrir le score, parfaitement servi dans la profondeur. Le champion du monde 2022 a perdu un peu en précision technique au fil du match, mais a continué à enchaîner les récupérations (10 au total).
- Gimenez (3) : d’abord très sérieux dans la surface lorsque l’Atlético a reculé après le premier but, l’Uruguayen a ensuite enchaîné les interventions mal assurées et n’a pas apporté la sécurité qu’on attend d’un cadre des Colchoneros. Il a multiplié les dégagements, parfois de manière précipitée, ce qui a mis son équipe en difficulté.
- Lenglet (4) : coupable sur l’action du but de Raphinha, l’international français se focalise sur Robert Lewandowski alors que celui-ci est déjà surveillé par José María Giménez, oubliant complètement le Brésilien dans son dos. Des problèmes de marquage tout au long du match donnent l’impression qu’il est souvent en retard sur les actions cruciales. Son entente avec son partenaire dans l’axe n’a pas été optimale lorsqu’il fallait défendre à deux.
- Hancko (5,5) : Souvent en un contre un face à Lamine Yamal, il a parfois reculé lorsque l’Espagnol lui faisait face, mais a su monter au pressing aux moments opportuns. Par moments, il a tout de même laissé trop d’espace au prodige espagnol, mais a pu compter sur Barrios pour le suppléer. Resté concentré tout le match, il s’est montré très solide dans les duels, remportant 8/14 au sol et 3/3 dans les airs.
- Johnny (non noté) : absent pendant plus d’un mois en raison d’une blessure à la cheville, l’Américain était revenu dans le groupe début novembre. Aligné d’entrée contre le Barça ce soir, il a quitté la pelouse dès la 14e minute après un duel aérien avec Dani Olmo, visiblement touché à la jambe gauche. Son remplaçant, Koke (2,5), n’a pas été à la hauteur de l’événement. Le vétéran espagnol n’a remporté aucun de ses quatre duels au sol et a surtout donné l’impression de n’avoir aucun impact dans le milieu colchonero. Preuve en est : il est sorti à la 75e minute pour laisser sa place à Antoine Griezmann, qui s’est montré trop imprécis, notamment avec ce tir manqué au cœur de la surface (90e+3).
- Barrios (5) : auteur d’une belle couverture face à Lamine Yamal dans l’axe (29e), suivie une minute plus tard d’une bonne intervention pour empêcher un centre potentiellement décisif de Dani Olmo. Alors que le jeune milieu espagnol se montrait indispensable pour faire déjouer tout le côté droit barcelonais, il s’est rendu coupable d’une faute sur Dani Olmo dans la surface. Heureusement pour lui, Robert Lewandowski a complètement manqué sa tentative. Malgré cet épisode, il a été l’un des éléments les plus constants côté Atlético.
- Simeone (4,5) : fidèle à son style et à son nom de famille, il a tout donné tant qu’il était sur le terrain, sans toujours trouver la réussite. Le fils d’El Cholo a multiplié les courses avec et sans ballon sur le couloir droit, mais le fait que son équipe attaque souvent en sous-nombre lui a compliqué la tâche. Il aura pu changer son exhibition avec cette grosse occasion au point de penalty (54e), mais n’a pas assez ouvert son plat du pied droit. Quelques minutes plus tard, il s’est illustré par un excellent retour dans les pieds de Balde (58e), un tacle qui reflète parfaitement le joueur combatif qu’il est. Il a été*remplacé par Alexander Sørloth à la 63e, avec un taux de passes réussies à peine supérieur à la moyenne.
- Baena (7) : la clé pour battre le Barça d’Hansi Flick réside souvent dans la capacité à déjouer son piège du hors-jeu à double tranchant. C’est Álex Baena qui s’y est essayé ce soir, avec succès à plusieurs reprises. Lancé dans la profondeur par Nahuel Molina, l’ancien de Villarreal a fait preuve d’une finition parfaite devant le gardien adverse, le trompant d’un extérieur du pied subtil (19e). D’abord signalé hors-jeu, l’attaquant a finalement vu son ouverture du score être validée par le VAR. Une dizaine de minutes plus tard, il aurait même pu profiter d’une erreur de Pau Cubarsí pour inscrire un doublé, mais Joan García a pris des risques pour s’interposer hors de la surface. Il a demandé le changement après une enième course dans le dos de la défense barcelonaise, et a été remplacé par Thiago Almada (62e). L’international argentin a enchaîné les mauvaises décisions. Lancé dans le dos de la défense, il a tergiversé et dribblé à deux reprises avant de dévisser sa frappe, alors qu’il aurait pu tirer bien plus tôt (79e).
- Gonzalez (2) : contrairement à son homologue sur l’aile opposée, Nico González est complètement passé à côté de son match. Son incapacité à se lier avec ses coéquipiers (0/4 passes réussies dans la moitié adverse) ou à réussir le moindre dribble (0 sur 3 tentés) en témoigne. L’ancien de la Juventus est sorti à la mi-temps, remplacé par Conor Gallagher (4), qui n’a pas pris beaucoup de risques mais a le mérite d’avoir été plus précis dans ses transmissions. En revanche, son apport défensif ne s’est quasiment pas fait sentir alors que le Barça poussait pour inscrire le deuxième but.
- Alvarez (4) : presque tout le protagonisme de l’attaque madrilène est revenu à Álex Baena jusqu’à sa sortie. Le buteur argentin, qui n’a frappé qu’une seule fois, a passé l’ensemble du match loin de la cage de Joan García. S’il a laissé entrevoir quelques remises intéressantes, il n’a presque jamais réussi à enchaîner. Il s’est tout de même distingué par une passe en retrait bien sentie pour Giuliano Simeone, mais ce dernier a manqué sa tentative (54e).