PSG - Monaco : les notes du match
Pour sa première au Parc des Princes, le PSG s’est incliné face à l’AS Monaco ce vendredi soir (1-2). Un nouveau match sans victoire pour les Parisiens. Voici les notes du match.
Toujours pas de victoire en Ligue 1 après 2 journées, première au Parc des Princes, choix tactiques forts de Luis Enrique (Ferran et Dembélé sur le banc, Digne même pas dans le groupe), il y avait beaucoup d’attente autour de la 3e apparition des Parisiens en Ligue 1 ce vendredi soir, face à un Monaco auteur de son côté d’un sans-faute jusque-là. Une apparition précédée par une grande annonce, avec la prolongation de Luis Enrique et de 5 joueurs.
Il ne fallait donc pas se louper en ce soir de fête pour le PSG et ses supporters. Et après 5 bonnes minutes monégasques au niveau du pressing, le club de la capitale sortait peu à peu la tête de l’eau. Désiré Doué alertait une première fois Hradecki, avant une belle combinaison collective, et une nouvelle frappe de Doué détournée par le solide portier finlandais (12e). Le PSG maîtrisait la circulation de balle et le tempo mais après ce beau mouvement, plus grand-chose à signaler, alors que l’ASM se montrait dangereuse avec un joli numéro de Nazinho conclu par un centre fort de Vanderson repoussé par Safonov (28e).
Monaco a tout renversé
Et au moment où le PSG semblait un peu ronronner, il a été brutalement réveillé par une accélération de Kvaratskhelia, qui a centré fort devant le but monégasque, sur la poitrine de Marquinhos qui avait bien senti le coup (1-0, 31e). Hradecky sortait dans la foulée une grosse frappe du Géorgien (36e) pour préserver les chances monégasques. Au retour des vestiaires, le PSG repartait fort, avec la barre trouvée par Aklioche (49e) mais c’est bien l’AS Monaco qui égalisait, presque contre le cours du jeu. Teze, entré en jeu, profitait de l’apathie de la défense parisienne pour trouver Nazinho, d’un joli centre. Le latéral gauche ne se faisait pas prier pour envoyer sa tête au fond des filets (1-1, 58e).
Le PSG reprenait de plus belle : débordements de Kvaratskhelia, frappes de Hakimi, Vitinha et consorts. Et Luis Enrique lançait Ferran Torres, puis Ousmane Dembélé et Mika Godts un peu après l’heure de jeu. Mais c’est encore l’AS Monaco qui allait piquer. Zakaria se baladait au milieu, Idumbo se retrouvait en 1 contre 1 face à Marquinhos et n’avait aucun mal à déborder le Brésilien avant de fusiller Safonov en angle fermé (1-2, 72e). Alors, le PSG allait-il encore arracher le 2-2, comme face à Rennes et Lille ? Ferran Torres pensait être le sauveur comme à Rennes mais son but était refusé pour un hors-jeu de Dembélé (83e). Le PSG jetait toutes ses forces dans la bataille mais butait sur une défense monégasque héroïque et un Hradecky phénoménal sur une dernière frappe de Dembélé. Voilà Monaco avec 3 victoires en 3 matches, quand le PSG n’en compte aucune après 3 journées. Une première dans l’ère Luis Enrique.
- l’homme du match : Hradecky (8) : l’homme du match. Du haut de son expérience, le gardien monégasque a livré une prestation exceptionnelle pour écœurer presque à lui seul les attaquants parisiens. Sollicité dès la 7e minute devant Doué, il réalise ensuite un énorme arrêt réflexe à la 11e avec une main ferme. Impuissant sur l’ouverture du score de Marquinhos, seul au second poteau, il ne laisse ensuite plus rien passer, à l’image de cette parade de grande classe devant Kvaratskhelia où, malgré la déviation d’un défenseur, il parvient à changer ses appuis au dernier moment. Avec 9 arrêts sur 10 tirs cadrés, il maintient constamment Monaco en vie lorsque Paris pousse et finit par dégoûter les attaquants adverses. Si Monaco repart avec la victoire, il la doit en grande partie à son gardien, décisif du début à la fin.
PSG
- Matvey Safonov (4) : le portier russe n’a pas été très sollicité dans cette partie car son équipe a monopolisé le ballon. Mais quand il a dû s’employer, il n’a pas été spécialement à son avantage. Si sur le premier but, il semble un peu délaissé par sa défense, sur le second but, il peut largement mieux faire car il ne bloque pas suffisamment bien son premier poteau.
- Achraf Hakimi (4,5) : le Marocain est toujours actif sur son couloir droit et n’hésite pas à proposer des solutions. Mais son manque d’automatisme se ressent clairement avec Akliouche et techniquement, ses imprécisions ralentissent les transitions et gâchent ses bonnes initiatives. Il aurait pourtant pu ouvrir le score en début de rencontre et a su faire des différences face à Nazinho. Mais comme souvent, et ça ne pardonne pas quand collectivement ça va moins bien, ses montées laissent des boulevards dans son dos qui ne sont pas comblés.
- Marquinhos (5) : comme face à Lille, le Brésilien a trouvé le chemin des filets pour l’ouverture du score. Mais cette fois, ça n’a pas permis à son équipe de prendre des points. Car si dans le secteur défensif, il a été plutôt peu mis à contribution en première période, il est petit à petit sorti de son match avec quelques imprécisions. Il peut largement mieux faire sur l’égalisation monégasque et pareil sur le deuxième but monégasque.
- William Pacho (6) : le défenseur équatorien a livré une prestation très solide et a complètement éteint Paris Brunner sur le front de l’attaque. Dans le duel, celui qui vient tout juste de prolonger, a été impérial ne laissant que des miettes à l’attaquant allemand. Il a réalisé plusieurs interventions de grande classe au point même de bluffer Luis Enrique sur le banc de touche.
- Warren Zaire-Emery (3) : encore dans ce rôle de latéral gauche hybride, le jeune milieu français n’a pas été à son avantage forcément. Comme lors de la dernière journée face au LOSC, il a été en difficulté dans le placement et a laissé des espaces dans son dos. Cela n’a pas aidé à l’équilibre de l’équipe même s’il a souvent réussi à apporter le surnombre dans le coeur du jeu pour contrôler le ballon. Un placement utile une bonne partie de la rencontre. Remplacé par Lucas Hernandez à la 63e qui a laissé des espaces aussi.
- Vitinha (5) : le Portugais a été encore actif avec le ballon, il en a d’ailleurs touché beaucoup puisque son équipe a longtemps largement dominé les débats sans être inquiétée. Comme souvent d’ailleurs, quand les siens ont été dans le dur et ont poussé pour revenir, il a offert beaucoup de bons ballons. Mais cette fois, ça n’a pas suffi. Sans ballon, dans le secteur défensif, il a aussi été un peu plus en galère et a semblé largement baissé en régime sur le plan physique et donc sur le pressing.
- Fabian Ruiz (4,5) : auteur d’une bonne première période, l’international espagnol, qui vient de prolonger jusqu’en 2028, a largement baissé en régime au retour des vestiaires. Et ça se ressent collectivement lorsqu’il est moins bien puisque sa baisse de régime a coïncidé avec un bloc parisien plus friable et moins compact. Si son équipe a encaissé deux buts, c’est aussi parce qu’il semblait cuit. Remplacé par Dro Fernandez à la 79e qui n’a pas vraiment existé.
- Joâo Neves (4,5) : le petit milieu portugais n’est pas encore à son meilleur niveau loin de là. Avec le ballon, il est bien moins tranchant et il s’est souvent fait transpercer sur les transitions monégasques. Même dans les duels, qu’il arrive d’ordinaire à bien gérer, il a été moins solide et sur l’égalisation monégasque, il est coupable d’une grossière erreur de marquage.
- Maghnès Akliouche (4) : face à son ancien club, l’international français a livré une prestation dans la continuité de ses derniers matches. S’il est plein de bonnes volontés, il semble complètement déconnecté des circuits de passe et ne parvient pas à combiner avec ses coéquipiers. En témoigne notamment le faible nombre de passes échangées avec Hakimi à droite. Il a néanmoins touché la barre au retour des vestiaires avant d’encore une fois disparaître. Remplacé par Ousmane Dembélé à la 68e. Le Français a eu quelques ballons à négocier et n’est pas passé loin, par deux frappes, de sauver les siens pour égaliser en fin de match.
- Désiré Doué (4) : titulaire à la pointe de l’attaque en tant que faux numéro 9, il a encore une fois été maladroit technique. Il a le mérite de faire les efforts défensivement et de participer au jeu sans ballons de son équipe mais avec le cuir, il enchaîne souvent les imprécisions et les mauvais choix surtout dans les transitions offensives. Remplacé par Ferran Torres à la 63e. L’Espagnol a été très discret pour son entrée même s’il a vu son but annulé pour hors-jeu.
- Khvicha Kvaratskhelia (4) : de retour en tant que titulaire sur l’aile gauche de l’attaque parisienne, le Géorgien a confirmé qu’il n’avait pas encore les cannes de sa fin de saison dernière. Face à son adversaire du soir, il n’a fait que très peu de différences et n’a pas vraiment réussi à prendre le dessus. D’ordinaire très audacieux dans son jeu, il n’a pas su se mettre en position de frappe et quand il l’a été, il n’a pas inquiété un Hradecky vigilant. Remplacé par Mika Godts à la 68e qui a eu des coups d’éclats sans être renversant.
Monaco
- Hradecky (8) : voir ci-dessous.
- Vanderson (5,5) : une seule véritable montée dangereuse en première période, qui aurait pu se transformer en passe décisive sans la bonne sortie de Safonov. Défensivement, il souffre beaucoup plus et se montre surtout trop laxiste sur l’ouverture du score, abandonnant complètement son couloir et laissant à Kvaratskhelia tout le temps nécessaire pour centrer. Trop souvent en difficulté face aux assauts parisiens, il manque de rigueur et pousse son entraîneur à opter rapidement pour un profil plus défensif. Il est remplacé par Teze (51e). Un choix immédiatement payant : plus solide et souvent en avance sur son vis-à-vis, le Néerlandais se projette également pour déposer le centre de l’égalisation sur la tête de Nazinho. Un changement qui a clairement renforcé Monaco des deux côtés du terrain.
- Sane (6,5) : décisif dès la 11e minute avec un sauvetage sur une frappe qui prenait la direction du but, il affiche ensuite beaucoup de concentration dans ses interventions. Sa vitesse lui permet de rarement se faire prendre en un contre un et surtout de compenser certaines limites de Dier lorsque Paris attaque la profondeur. Solide au sol comme dans les airs, il referme bien l’axe et communique constamment avec l’expérimenté Anglais pour ajuster son placement. Très mobile et à l’aise balle au pied, il apporte aussi de la sérénité dans les sorties de balle. Une prestation mature avec cinq récupérations et une interception.
- Dier (6,5) : très costaud dans les duels, il impose sa puissance et assure une excellente couverture sur les ballons aériens. Sa lecture du jeu lui permet également d’anticiper plusieurs transmissions au sol et de couper les circuits parisiens avant qu’ils ne deviennent dangereux. Ses limites apparaissent davantage lorsqu’il doit défendre lancé ou couvrir de grands espaces, où son manque de vitesse peut être exposé. Heureusement pour lui, la complémentarité avec son partenaire de charnière lui permet souvent de compenser cette faiblesse.
- Nazinho (6,5) : d’abord discret et appliqué dans son placement, il montre sa puissance à la 28e minute avec une percée de 40 mètres pour servir son latéral opposé, lui aussi monté aux avant-postes. Défensivement, il souffre pourtant longtemps : trop éloigné de son vis-à-vis, parfois naïf, il laisse des espaces que Paris cherche régulièrement à exploiter. Ses premières montées manquent également de précision, avec deux centres complètement manqués. Mais il se retrouve au bon endroit pour égaliser, en reprenant de la tête un centre parfaitement déposé par l’autre latéral monégasque. Libéré par son but, il hausse ensuite nettement son niveau, avec davantage de vitesse, d’impact et de rigueur défensive.
- Camara (6,5) : très présent au repli, il couvre énormément de terrain et ratisse l’entrejeu avec six récupérations. Il n’hésite pas à porter le ballon pour casser le premier rideau parisien, parfois au prix de prises de risques, mais parvient souvent à faire progresser son équipe. Dans les premières relances, il vient régulièrement se placer entre ses deux centraux pour offrir une solution et organiser les sorties de balle. Son engagement et son activité obligent également les Parisiens à multiplier les fautes pour le stopper. Un gros travail dans l’ombre, essentiel pour donner de l’équilibre et de la continuité au jeu monégasque.
- Zakaria (6,5) : le capitaine monégasque avale les kilomètres pour être partout, aussi bien dans l’entrejeu que plus bas pour créer des prises à deux et refermer l’axe. Autoritaire à la récupération, il harcèle constamment le porteur et se montre précieux devant sa surface, où il contre plusieurs frappes qui prenaient la direction du but. Son énorme volume de jeu se matérialise aussi offensivement sur le deuxième but : il déclenche la contre-attaque par une percée pleine de puissance sur près de 60 mètres, permettant à tout son bloc de remonter. Un véritable match de capitaine, avec de l’impact, du caractère et une influence des deux côtés du terrain.
- Coulibaly (5,5) : beaucoup trop de déchet dans ses choix, ses dribbles et surtout dans les derniers gestes, où il devient rapidement prévisible et se fait régulièrement contrer. Son activité reste précieuse : il se projette, fait quelques différences dans son couloir et fournit de gros efforts au repli pour épauler son latéral. Son pressing aurait même pu être récompensé à la 67e minute lorsqu’il chipe le ballon à Hernandez et s’ouvre le chemin du but avant d’être stoppé par la faute du Parisien. Quelques fulgurances donc, mais encore trop espacées et rarement bien exploitées. Un talent brut dont le potentiel se voit, mais dont le jeune âge se ressent encore dans la justesse et la régularité. Il est remplacé par Soubeir (73e).
- Golovin (6) : un numéro 10 beaucoup trop discret dans un premier temps, qui s’agace lorsqu’il n’est pas servi mais ralentit lui-même le jeu en gardant trop longtemps le ballon. Son attitude dans le repli interpelle également, avec plusieurs retours effectués en marchant et un manque d’intensité. Il finit pourtant par peser sur les deux buts monégasques : son centre trouve Teze sur l’action de l’égalisation, puis il décale parfaitement Idumbo pour le 2-1. Entre ces deux éclairs, il reste trop irrégulier, fait plusieurs mauvais choix et perd trop facilement le ballon sous pression. Quand il simplifie son jeu et exploite sa qualité de passe, son influence change immédiatement. Il est remplacé par Benzahra (87e).
- Idumbo (6,5) : un duel compliqué face à Hakimi, qu’il a pourtant le courage de provoquer régulièrement. Mais ses tentatives manquent trop souvent de justesse et il se complique la tâche dans les derniers mètres, là où davantage de simplicité aurait pu lui permettre de faire des différences. Son manque d’expérience dans ce type de rendez-vous se ressent encore dans ses choix. Mais il suffit d’un éclair pour changer son match : lancé en contre, il prend de vitesse son vis-à-vis, l’élimine d’un crochet et enchaîne avec une frappe puissante au premier poteau qui surprend Safonov pour ramener Monaco à 2-1. Encore irrégulier dans le jeu, mais décisif au moment où Monaco en avait besoin. Il est remplacé par Mawissa (87e).
- Brunner (4,5) : complètement neutralisé par la paire Pacho-Marquinhos en première période, il ne touche que 11 ballons et n’est jamais trouvé dans les 30 derniers mètres. Sa première véritable situation arrive dans le temps additionnel, avec une frappe en pivot forcée qui passe largement à côté. Frustré, il décroche davantage après la pause pour participer au jeu et réclame des ballons dans la profondeur, mais ses transmissions manquent de justesse et son influence reste trop faible. Il est remplacé par Abline (73e).