Arnaud Souquet : «je suis prêt et déterminé à rejoindre un nouveau projet»
En fin de contrat à Chicago après deux saisons en MLS, Arnaud Souquet se retrouve libre et déjà sur les tablettes d’un club de première division européenne. Resté sérieux et intransigeant dans sa préparation physique, l’ancien latéral de Ligue 1, passé par le Paris FC, Montpellier ou encore l’OGC Nice, espère profiter des derniers jours du mercato afin de poursuivre sa carrière sur le Vieux Continent.

Foot Mercato : vous avez disputé 51 matchs avec Chicago, quel bilan tirez-vous de ces deux saisons aux États-Unis ?
Arnaud Souquet : alors, individuellement, je pense que ça a été une bonne saison parce qu’il y a eu des statistiques, pas de blessures, des stats offensives, des stats défensives. Sur deux saisons, j’ai joué 51 matchs, ça reste cohérent, surtout qu’au tout début de la deuxième saison, ça avait été un petit peu compliqué de démarrer, mais finalement, j’avais récupéré ma place un peu plus tard dans les mois qui ont suivi. Après, collectivement, un petit peu plus de frustration, parce que j’étais venu pour pouvoir me battre, pour pouvoir au moins jouer les playoffs, et peut-être un jour le titre, ou gagner des matchs en coupe. Et finalement, on n’a pas réussi à faire quelque chose de ce niveau-là, donc c’est la seule petite frustration que je peux avoir de ce côté-là.
FM : depuis novembre 2024, vous n’avez plus eu de temps de jeu. Mais vous aviez pris le temps de réfléchir avant d’accepter la MLS, parce que cela faisait déplacer votre famille. Comment vous avez donc vécu cette mise à l’écart ?
AS : après deux saisons, le propriétaire du club a décidé de changer de direction au vu des résultats qui n’étaient pas assez performants depuis quelques années. Ils ont pu récupérer un coach qui était l’ancien coach de la sélection américaine, Gregg Berhalter. Moi, j’ai pu le rencontrer, on a discuté. Et en novembre, quand je l’ai rencontré il était intéressé, il m’a dit : "le profil, il me plaît, c’est le type de joueur que je veux, on va travailler ensemble, il n’y a pas de souci". C’était le discours de novembre. Ils ont fait un grand ménage notamment dans le stade, dans la restructuration. Le club allait en plus rentrer dans des nouvelles infrastructures pour le début 2025, donc avec un gros investissement dans le centre d’entraînement, ils avaient tout préparé.
Puis en janvier 2025, au moment de la reprise avec le club, on m’a appris qu’ils allaient peut-être fonctionné avec un autre joueur, plus jeune. Pour compenser ça, vu qu’on était trois au poste et que j’avais un plus gros salaire (j’étais aussi un des joueurs les plus âgés), ils ont considéré qu’ils pouvaient utiliser mon salaire (le buy-out, un droit de rachat que possède les franchises de MLS) pour le réinvestir dans ce nouveau joueur-là justement, sans avoir de pénalité par la MLS. Parce que la MLS c’est très carré, on ne pouvait pas sortir de la masse salariale, sinon il y avait de grosses pénalités, les clubs ne s’amusent pas à être en déficit, ce n’est pas possible. C’est une des options qui a été négociée par le club, d’où le fait que depuis janvier 2025, je me retrouve en dehors de ces infrastructures-là. Je m’entraîne à mes frais avec un préparateur physique et un coach pour pouvoir rester en forme et prêt pour répondre au projet.
FM : le Chicago Fire a utilisé son droit de rachat sur votre contrat ?
AS : oui voilà, c’est ça. Pour nous les Européens, c’est un peu inconnu, c’est un système qui permet au club de reprendre l’année ou les années manquantes, en disant que : "ce montant-là, on va le sortir de la masse salariale pour le réinvestir dans un nouveau joueur, au même montant, et sans avoir de pénalité". La contrepartie négociée, c’est que le joueur continue de toucher son salaire jusqu’à ce qu’il trouve un club. C’est-à-dire que je suis assuré d’avoir mon salaire au moins jusqu’en 2025. La seule particularité, c’est qu’ils nous sortent du club, c’est-à dire que vous n’avez plus accès aux infrastructures, plus accès au club, plus accès aux équipes (ni réserves) pour s’entraîner, donc il faut s’entretenir tout seul. Mais j’ai envie de vous dire : s’il y a quelqu’un qui a envie de faire le tour du monde, il peut faire le tour du monde, mais moi, ce n’est pas mon état d’esprit.
FM : pour remédier à ça, vous vous êtes entouré de préparateurs personnels aux États-Unis, Darcy Norman, Nacho, et même en France avec l’ex-préparateur de l’OGC Nice Alexandre Dellal. Est-ce que vous pouvez nous parler en détail de ces préparations ?
AS : à partir de janvier, j’ai récupéré auprès de Darcy Norman et de Nacho un programme d’entretien physique pur. Et à ça, j’ai couplé avec un entraîneur des séances en plus, pour pouvoir continuer à toucher le ballon et continuer à m’entraîner. Tout ça fait qu’aujourd’hui, même à l’heure actuelle, je reste "fit". Je suis donc prêt à retrouver un projet. Je ne suis pas à la rue physiquement même s’il faudra retrouver les séances collectives. Concernant Alex Delal, c’était plus un complément, parce que je le connaissais quand j’étais à Nice. On a toujours été en contact depuis un moment. Même quand j’étais encore en MLS, quand je rentrais pour la trêve. Donc ça a été plus facile quand je suis revenu cet été avec mes enfants en France. Ça m’a permis de garder un entretien d’entraînement physique et technique.
FM : votre volonté de revenir en Europe est-elle née de cette période sans jouer, ou l’Europe vous manquait-elle déjà auparavant ?
AS : c’est différent parce que forcément, j’ai fait toute ma carrière en Europe. Donc je suivais plus facilement le championnat de France. Mais je prenais du plaisir en MLS. Je n’ai pas de regrets de ce côté-là. Je n’étais pas venu juste pour être en pré-retraite et profiter de ma vie. Mais c’est vrai que l’Europe, je pense que c’est là où je suis un peu plus connu, notamment en France, par rapport à ce que j’ai pu démontrer. Donc forcément, ça aide, je pense pour pouvoir être visible au niveau des clubs.
FM : vous êtes en attente d’un nouveau challenge. Qu’est-ce qui vous motive le plus à l’idée de revenir en Europe ?
AS : De rejouer, de reparticiper à la vie de groupe, de transmettre, de sentir qu’on peut aider l’équipe et un club à performer. Je pense que je suis encore performant et que je peux apporter. Physiquement, par rapport à mes programmes, je suis encore bien. Donc de ce côté-là, ça me permet aussi de garder de la motivation et de l’envie, surtout de pouvoir apporter à un club.
FM : vous dites que vous pensez avoir gardé le physique. Un club l’a remarqué puisque vous avez reçu une offre de première division étrangère. Est-ce que vous pouvez nous en dire davantage ?
AS : oui, on a eu des contacts à l’étranger, c’est vrai. Alors, c’était plus en Europe, en Europe de l’Est. Donc il faut qu’on réfléchisse. C’est encore du débat. Il y a beaucoup de discussions à avoir autour de ça. On est aux prémices. Après, ce qui est difficile dans cette période-là, c’est de réussir à juger les bonnes choses qu’il faut prendre, ce qu’il ne faut pas prendre, et ne pas partir dans tout et n’importe quoi. Donc là, on est encore en train d’étudier l’idée. Après, ce sont des discussions avec des clubs, c’est un peu long, il y a beaucoup de choses à voir. Donc on essaie peut-être de saisir une opportunité et de voir ce qui peut être intéressant à faire ou pas.
FM : le Mercato de Ligue 1 ferme très bientôt. Est-ce que vous espérez un retour en France ?
AS : le retour en France, forcément… c’est un championnat que je connais. Ça serait plus simple. Après, il faut aussi être réaliste sur ce qui peut se proposer à nous. Aujourd’hui, même financièrement, je pense que les clubs sont aussi un peu dans le dur. Après, moi, je vais être un joueur libre. Ça peut être un avantage. Il n’y a pas de frais de transfert à payer, il y a un salaire qui sera en partie pris en charge par la MLS jusqu’à décembre. Il y a plein de bases positives. Donc je reste à l’écoute de ce qui peut se proposer. Et en tout cas, je suis prêt et déterminé à pouvoir rejoindre un projet qui peut être cohérent. Et si c’est en France, ça sera très bien. Parce que le championnat, je le connais forcément.
FM : à 33 ans maintenant, quel est le rôle que vous voyez jouer dans un effectif ? Un cadre expérimenté, le capitaine, un joueur très endurant qui est prêt à enchaîner les matchs. Comment vous voyez vous ?
AS : non, je pense qu’aujourd’hui, ça va être global. Moi, si je viens dans un club, c’est pour jouer forcément. Pour me battre, pour jouer. Je ne viens pas juste pour encadrer. Parce que je pense que ce n’est pas très "challenger" d’arriver et de se dire "je vais faire juste de l’encadrement". Ce n’est pas ce que je souhaite. Après, si je viens en tant que concurrent, pour aider peut-être un jeune : tant mieux. Ce sera le but. Mais je me battrai, quoi qu’il arrive, pour venir et pour jouer et pour gagner ma place. Pour enchaîner les matchs, je n’ai pas de crainte particulière. Il faut remettre le physique en route. J’ai une base qui est bonne. Il faut juste la performer avec un préparateur physique et des séances collectives, des situations de match. Donc, de ce côté-là, ça ne peut pas être quelque chose qui me fait peur. Après, on verra ce que je peux apporter. C’est sûr qu’à 33 ans, j’ai l’expérience d’avoir fait pas mal de clubs et d’avoir joué beaucoup de matchs à haut niveau, que ce soit en Coupe d’Europe ou même en professionnel. Si je peux l’apporter en plus, je le ferai. Et ce sera avec grand plaisir.
FM : quelles sont les qualités que vous pourriez apporter à un club qui miserait sur vous ?
AS : moi, je suis un joueur qui travaille. Je suis très résilient. Je ne dis rien, je bosse beaucoup. Je ne suis pas un joueur à problème. Je n’ai jamais eu de soucis, que ce soit avec des coachs avec qui je m’entendais, ou surtout avec qui je m’entendais un petit peu moins. Donc je pense que de ce côté-là, il n’y aura pas de soucis. Après, ça va être de la joie de vivre, de l’envie de partager et d’exercer notre métier dans un cadre où je me sens bien et où tout le monde se sent bien. Après, s’il faut se serrer les coudes pour atteindre nos objectifs, je le ferai avec grand plaisir. Je serai le premier à pousser le collectif et à être le joueur que je suis depuis le début, c’est-à-dire sérieux et compétiteur dans l’âme, pour pouvoir gagner ma place et aider le groupe à aller vers le haut avec un objectif commun.
FM : quel est, en quelques mots votre état d’esprit actuel ?
AS : très motivé. Très très motivé et impatient de trouver un projet intéressant.
Déterminé, affûté et animé par l’envie de retrouver les terrains, Arnaud Souquet se dit prêt à relever de nouveaux défis. Fort de son expérience et de sa rigueur, l’ancien défenseur de Ligue 1 attend désormais l’opportunité qui lui permettra de renouer avec la compétition. Alors que le mercato touche bientôt à sa fin, le message est clair : il est disponible, motivé et impatient d’écrire la suite de son histoire en Europe.
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