Notes du match Coupe du Monde

Brésil - Maroc : les notes du match

Pour son entrée en lice dans cette Coupe du Monde 2026, le Brésil, bousculé, n’a pu faire mieux qu’un match nul face au Maroc (1-1). Voici les notes du match.

Par La Rédaction FM
12 min.
Saibari face à Fabinho @Maxppp

C’était probablement l’affiche la plus attendue du premier tour de cette Coupe du Monde 2026. Le Brésil, quintuple champion du monde en titre, commençait sa compétition face au Maroc, demi-finaliste lors de la dernière édition. Sur le papier, on ne pouvait attendre que du beau spectacle entre deux équipes joueuses, dans un stade du MetLife Stadium de New York (qui accueillera la finale) largement occupé par les supporters brésiliens, forcément. Pour les compositions, Carlo Ancelotti pouvait compter sur sa charnière Marquinhos-Gabriel dans l’axe et un trio offensif Vinicius Jr, Raphinha et Igor Thiago. Du côté du Maroc, le sélectionneur Mohamed Ouahbi, qui devait donc composer sans Nayef Aguerd ni Abde Ez, alignait notamment Bouaddi, El Aynaoui et Ounahi au milieu, alors que Brahim Diaz occupait l’attaque avec Ismael Saibari et El Khannouss.

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Dès le début de la rencontre, le Maroc confirmait la tendance : cette équipe a de la qualité. Imposant un pressing à toute épreuve, le Maroc asphyxiait complètement cette équipe brésilienne méconnaissable et impuissante. Les Marocains se procuraient les premières occasions tout en manquant de précision dans le dernier geste. Et si l’on soulignait l’impressionnante domination marocaine, on se demandait aussi si, à force d’avoir des opportunités, les Marocains n’allaient pas le regretter. D’autant plus que, malgré sa nette domination, le Maroc laissait des espaces par moments à Vinicius Jr, comme sur ce centre bien trouvé vers Igor Thiago. Mais le Maroc a de la ressource, et c’est bien lui qui était récompensé dans un premier temps grâce à l’ouverture du score d’Ismael Saibari. Bien lancé par Brahim Diaz, l’attaquant du PSV, élu meilleur joueur d’Eredivisie cette saison, prenait de vitesse Gabriel avant d’ajuster Alisson d’un joli piqué (1-0, 21e).

Le Brésil accroché

Un but subtil qui venait confirmer la bonne entame du Maroc. Le Brésil répondait par l’intermédiaire de Vinicius Jr, seul Brésilien en jambes sur ce début de rencontre. Et l’attaquant du Real Madrid finissait par égaliser sur l’un des temps forts des siens, profitant des montées trop risquées d’Achraf Hakimi par moments. En un contre un face à El Aynaoui, l’attaquant de 25 ans repiquait dans l’axe et allumait la cage d’un Yassine Bounou impuissant (1-1, 32e). Un but qui redonnait de la confiance au Brésil après une entame marquée par une multitude d’erreurs de relance.

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À la pause, les deux équipes étaient donc dos à dos, et on se demandait si le Brésil allait réagir à un moment ou si le Maroc allait continuer sur cet impressionnant rythme. Mécontent de son équipe, Carlo Ancelotti réalisait deux changements dès la mi-temps. Dépassés et déjà avertis, Casemiro et Roger Ibanez, défenseur droit ce soir, cédaient leur place. Et tout de suite, le Brésil se sentait beaucoup mieux et mettait cette fois la pression sur une équipe marocaine asphyxiée à son tour. Vinicius et Raphinha se montraient plus pressants devant le but. Voyant son équipe souffrir, le coach Ouahbi réalisait à son tour des changements. Des choix bien pensés puisque les entrants donnaient un second souffle au Maroc pour terminer la rencontre. Mise à part une petite frayeur brésilienne signée Raphinha et surtout cette frappe sèche de Neil El Aynaoui (90e+8), le score ne bougera plus dans cette affiche qui aura tenu ses promesses dans le premier acte uniquement. Le Brésil débute sa compétition par un nul face à une équipe marocaine qui aura su rivaliser.

- L’homme du match : Ayyoub Bouaddi (7,5) : pour son premier match en Coupe du Monde et en compétition officielle avec le Maroc, le prodige du LOSC a été brillant. Doté d’une qualité technique supérieure qui lui a permis de faire de nombreuses différences, il a joué en étant totalement libéré et il a brillé pour son premier match avec le Maroc en affichant une qualité technique affolante pour un joueur de son âge et face à un tel adversaire. D’un point de vue défensif, il a gratté de nombreux ballons et a été souvent au bon endroit au bon moment en avalant les kilomètres tel un marathonien. Malgré quelques pertes de balle inhérentes à son jeu porté vers l’avant, il a été, tant dans la volonté que dans l’exécution, assez impressionnant pour son premier match en compétition officielle avec les Lions de l’Atlas.

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Brésil

- Alisson (6) : titularisé pour le premier match de la Seleção dans ce Mondial, le dernier rempart de Liverpool, abandonné par sa défense centrale, ne pouvait que constater les dégâts sur l’ouverture du score de Salibari (21e). Autoritaire dans ses sorties et appliqué dans ses relances, il a finalement été peu inquiété dans ce match. Sa double intervention sur le gong aura été plus que précieuse.

- Ibanez (4) : défenseur d’Al-Ahli, le natif de Cenela débutait ce choc dans un rôle de latéral droit. Plutôt solide défensivement malgré la pression marocaine, il a fait le job sans pour autant se montrer offensivement. Sanctionné d’un carton jaune pour une faute grossière sur un contre marocain (43e), il cédait sa place à la pause. Remplacé par Danilo (45e, 5,5), qui a bien tenu son rang en seconde période sans pour autant briller. Il aurait même pu libérer les siens dans le temps additionnel mais sa frappe était captée par Bounou (90+3e).

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- Marquinhos (6,5) : capitaine de la sélection brésilienne et double champion d’Europe en titre, le défenseur du PSG a été sollicité d’entrée de jeu. Rassurant, il laissait toutefois Salibari s’échapper dans son dos sur l’ouverture du score marocaine (21e). Globalement irréprochable, le numéro 4 brésilien a réalisé une prestation très convaincante.

- Gabriel (6,5) : finaliste malheureux de la dernière Ligue des Champions, le roc des Gunners a très vite subi l’envie des Marocains. Solide dans ses premières interventions, il ne pouvait cependant rien sur l’appel en profondeur de Salibari, auteur de l’ouverture du score (21e). Précieux par ailleurs, il a confirmé sa très bonne forme en se montrant rigoureux sur chaque intervention.

- Douglas Santos (6) : aligné dans le couloir gauche de la défense auriverde, le joueur du Zenit Saint Petersbourg a eu du travail face à l’activité de Diaz. En souffrance, il a d’abord fait de son mieux pour contenir l’attaquant madrilène. De plus en plus solide, il a parfaitement géré les montées des offensifs marocains. Un match propre.

- Bruno Guimaraes (6) : dans un rôle de sentinelle, le milieu défensif de Newcastle a rapidement sauvé les siens en repoussant la frappe dangereuse d’El Aynaoui (6e). Malgré cette intervention décisive, il a, à l’instar de ses partenaires, subi la loi des Lions de l’Atlas en début de rencontre. Plus consistant que ses compagnons de l’entrejeu, il a permis aux siens de tenir bon dans les temps faibles. Un rendement intéressant et précieux pour la Seleção.

- Casemiro (4) : taulier de cette sélection brésilienne, l’expérimenté milieu de terrain de Manchester United a vécu un début de match compliqué. Pris par l’intensité marocaine, il a souffert et s’est rendu coupable de nombreuses erreurs techniques. C’est pourtant lui qui se mue en passeur décisif pour l’égalisation de Vinicius (32e). Averti pour un tacle à retardement (37e), l’ancien Madrilène a finalement été remplacé à la pause après un premier acte insuffisant. Remplacé par Fabinho (45e, 6,5), qui a changé le visage de la Seleção en apportant de la maîtrise technique et de l’autorité dans les duels. Une entrée décisive de l’ancien Monégasque qui aura permis au Brésil d’inverser le cours de cette rencontre et de reprendre le contrôle.

- Paqueta (5,5) : aujourd’hui sous les couleurs de Flamengo, l’ancien Lyonnais est mal rentré dans ce match. Coupable de quelques imprécisions techniques et pertes de balle évitables, il a mis en confiance les Marocains avant de se réveiller juste avant la pause. Un geste technique génial et une reprise de volée proche de donner l’avantage au Brésil (45+2e). Plus solide après, il a contribué à la domination brésilienne après la pause. Remplacé par Luiz Henrique (61e), pas forcément à son avantage dans la dernière demi-heure.

- Raphinha (3,5) : star de l’attaque barcelonaise, l’ailier auriverde débutait dans le couloir droit de l’attaque brésilienne. Inspiré sur ses premières touches de balle, il a rapidement facilité le jeu offensif de la Seleção avant de progressivement disparaitre des radars. Peu en réussite dans ses choix, il n’a jamais su peser sur cette rencontre, mise à part cette frappe dangereuse dans le dernier quart d’heure (78e).

- Vinicius Junior (6,5) : leader offensif des Brésiliens, l’ailier du Real Madrid a d’abord été très discret avant faire valoir ses qualités de percussion et de vitesse. Peu trouvé - conséquence directe de la domination marocaine en début de match - il a finalement réveillé les siens avec une inspiration géniale. Servi par Casemiro en position préférentielle, il repiquait dans l’axe avant d’envoyer une frappe dans la lucarne opposée (32e). Impliqué, percutant, il a porté la Seleção et offert le point du match nul malgré un rendement moindre au retour des vestiaires.

- Igor Thiago (2,5) : préféré à Endrick pour débuter ce premier gros choc du Mondial 2026, l’attaquant de Brentford aurait pu ouvrir le score sur la première offensive auriverde mais il manquait sa tête sur un centre de Vinicius (14e). Absent des débats dans la foulée, il n’a jamais pesé au cours du premier acte. Une tendance confirmée au retour des vestiaires où il a traversé ce match comme une âme en peine. Remplacé par Cunha (61e), plus mobile que son prédécesseur mais qui n’a pas pu se muer en héros.

Maroc

- Bounou (5,5) : dans les buts, il a délivré une prestation correcte. Ne pouvant pas faire grand-chose sur l’égalisation de Bounou, il a réalisé plusieurs interventions précieuses et a été très juste au pied. Malgré quelques passes de mauvaise qualité à son égard et des frayeurs sur son état physique, le portier d’Al-Hilal a été vaillant jusqu’au bout et a contribué au nul des siens.

- Hakimi (5) : offensivement, le joueur du PSG a beaucoup apporté avec sa vitesse et sa qualité technique lors de la première demi-heure. Jouant avec parfois trop de certitudes, il a souvent été ciblé par des fautes de joueurs brésiliens. Sa semelle sur Vinicius aurait pu être dangereuse en fin de premier acte. Défensivement, il a réalisé de nombreuses bévues. Absent sur l’égalisation de Vinicius, il a réalisé un nombre incalculable de fautes qui aurait dû lui valoir un jaune et qui trahissent un manque de lucidité inquiétant pour un joueur de son acabit.

- Riad (5,5) : un match intéressant pour le jeune remplaçant de Nayef Aguerd. Solide dans les duels, il a fait parler ses qualités techniques pour couvrir la profondeur et jaillir dans les pieds de ses adversaires. N’hésitant pas à poursuivre ses adversaires jusqu’en dehors de son champ d’action, il a montré un visage conquérant qui devrait rassurer pour la suite du côté marocain.

- Diop (5) : le roc jouait également son premier match de Coupe du Monde. Et globalement, il n’a pas été hyper inquiété. Auteur de quelques interventions promptes, il a été intéressant dans les airs. Pour autant, il a affiché quelques lacunes techniques avec des relances dangereuses au mieux et totalement ratées au pire.

- Mazraoui (6) : sur son flanc gauche, le latéral a tenu son rang de bien belle manière. Que cela soit face à Paqueta, Raphinha voire Douglas Santos, l’ancien de Manchester United a dominé et n’a jamais été en réel danger. En seconde période, il a muselé Raphinha et a calmé les ardeurs de ses vis-à-vis. Un match très rassurant pour celui qui était incertain il y a quelques jours.

- El Aynaoui (6) : au milieu de terrain, il a montré beaucoup d’activité en première période. Parfois impulsif, il a fait de nombreuses fautes et quelques pertes de balles ont terni son bon bilan lors du premier acte. Il s’est fait avoir défensivement sur l’égalisation de Vinicius. Pour le reste, il faut saluer sa prestation. Ultra-mobile, il a semblé être partout même si cette débauche d’énergie lui a fait perdre du flux et de la précision dans ses velléités techniques.

- Bouaddi (7,5) : voir ci-dessus.

- Brahim (6,5) : quelques mois après sa panenka ratée en finale de la CAN, le joueur du Real Madrid semble être totalement remis mentalement. Dans tous les bons coups de son équipe en première période, c’est lui qui donne ce ballon merveilleux à Saibari pour l’ouverture du score marocaine. Par la suite, ses petits dribbles et sa vision de jeu ont fait des dégâts lors du premier acte. Légérement plus en retrait à l’instar de son équipe en seconde période, le joueur du Real Madrid n’a pas pu faire parler sa grande qualité technique autrement que par quelques flashes. Remplacé par Talbi (64e), qui a fait parler sa qualité technique malgré des imprécisions.

- Ounahi (6) : un peu plus haut dans l’entrejeu, l’ancien de l’OM a brillé en première période. Ne perdant que très peu de ballons et recherchant toujours la verticalité, il a eu la créativité qui a permis au Maroc de faire des différences. Même s’il a parfois payé son manque de physique sur les duels, il a eu l’intelligence de peser défensivement différemment. Plus discret en seconde période, il a été remplacé par El-Mourabet. Pour son premier match en Coupe du Monde, il a réalisé une entrée honnête.

- El Khannouss (6) : lors du premier quart d’heure, il a été un relais précieux et a contribué à la bonne maîtrise du ballon. Par la suite, il s’est globalement effacé et n’a pas apporté plus de danger en phase offensive. Généreux dans les efforts, il a souvent essayé d’apporter le surnombre dans l’entrejeu et a été disponible dans le pressing. Fiable techniquement, il a fait un match assez correct. Remplacé par Amaimouni (80e), auteur d’une entrée timide.

- Saibari (7) : aligné à la pointe de l’attaque, la cible du Bayern Munich a réalisé un match intéressant. Capable de répondre physiquement à des Marquinhos et Gabriel Magalhaes, il a ouvert le score en allant chercher la profondeur et en crucifiant Alisson d’un superbe piqué. Au-delà de ce superbe but, il a été très intéressant. Tant en point d’appui qu’en profondeur, il a été utile et a montré qu’il a un avenir à ce poste avec la sélection. Très volontaire au pressing, il a été une pile d’énergie et a réalisé un match très satisfaisant. Remplacé par Soufiane Rahimi (89e).

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