Une nouvelle fronde massive s’organise pour réduire à néant la Super League !

Par Josué Cassé
10 min.
Des messages de supporters de Liverpool devant Anfield @Maxppp

Par le biais d’un communiqué, publié ce jeudi, la Cour de justice de l’Union européenne a estimé que les règles imposées par la FIFA et l’UEFA au sujet des créations de compétitions, comme la Super League, seraient contraires au droit de l’Union Européenne. De quoi relancer le projet défendu depuis plusieurs mois par le Real Madrid et le FC Barcelone et porté la société A22 Sports, qui s’est empressée de proposer sa nouvelle formule. Pour autant, une nouvelle fronde de masse s’organise ces dernières heures et un nouveau fiasco reste envisageable…

Fronde populaire, désaveu des acteurs du football, menaces de l’UEFA et interventions politiques, le projet de Super League, lancé une première fois en 2021, n’avait finalement tenu que 48 heures. L’humiliation pourrait-elle se reproduire à l’aube des fêtes de fin d’année 2023 ? Plus que jamais relancé après le verdict rendu, ce jeudi, par la Cour de justice de l’Union européenne, le format défendu par le Real ou encore le Barça ne semble, en effet, toujours pas faire l’unanimité. Loin s’en faut. Alors que la société promotrice A22 Sports vient de présenter [les détails d’une nouvelle compétition européenne ouverte avec 64 clubs répartis en trois ligues]((https://www.footmercato.net/a4717663581832828676-les-nouvelles-regles-de-la-super-league-revelees), de nombreux clubs européens n’hésitent pas à sortir du silence pour exprimer leur désaccord. Annoncé comme un candidat intéressé par cette nouvelle formule, l’Olympique de Marseille, par la voix de son président Pablo Longoria, a ainsi rapidement exprimé son inquiétude.

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Les cadors d’Europe se lèvent (encore) contre la Super League !

«Pour tous les acteurs du monde du foot, c’était prévu puisque tu ne peux pas faire des règles différentes entre le foot, le basket ou l’athlétisme. La décision n’ouvre à aucun moment la porte à la Super League. J’ai passé toute la matinée à analyser la sentence… Il a y une chose claire : la décision rappelle à tout le monde la nécessité de dialogue dans le foot européen. Je considère qu’avoir trois ou quatre compétitions organisées par autant d’organisateurs différents, c’est la catastrophe du football. Si c’est le cas, je vois un avenir difficile pour le monde du foot. Ce n’est pas le moment de la division», a, à ce titre, lancé l’Espagnol avant de balayer d’un revers de main son intention d’y participer. «C’est complètement faux. Il n’y a pas une seule conservation sérieuse sur ce thème. C’est pour ça qu’on a présenté notre candidature à l’ECA, pour essayer de proposer des changements. Sur la question de la Super League et l’OM, je tiens à nier complètement». Dans la lignée de la réaction marseillaise, d’autres cadors d’Europe sont également sortis du silence.

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«Notre position n’a pas changé. Nous restons pleinement engagés en faveur de la participation aux compétitions de l’UEFA et d’une coopération positive avec l’UEFA, la Premier League et les autres clubs par l’intermédiaire de l’ECA pour le développement continu du football européen», a ainsi rappelé Manchester United, pointant actuellement à la 7e place du championnat anglais. D’ores et déjà opposé à ce projet en 2021, le Bayern Munich a également rappelé sa position ferme vis à vis de la Super League. « Nous avons pris note de l’arrêt de la Cour de justice européenne. Cependant, cela ne change rien à l’attitude du FC Bayern et de l’ECA, selon laquelle une telle compétition représenterait une atteinte à l’importance des ligues nationales et à la statique du football européen. (…) Il est donc de notre devoir et de notre profonde conviction de les renforcer et non de les affaiblir. Nous soutenons également les compétitions interclubs européennes sous l’égide de l’UEFA. C’est donc encore une fois très clair : la porte de la Super League au FC Bayern reste fermée.»

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Un rejet également exprimé par la LFP et l’ECA !

Un message clair également envoyé par l’Atlético de Madrid. «La famille du football européen ne veut pas de la Super League européenne. Allemagne, France, Angleterre, Italie, Espagne (sauf Real Madrid et Barcelone), etc. Ils ne veulent pas de Super League. Nous sommes favorables à la protection de la grande famille du football européen, à la protection des ligues nationales et, à travers elles, à la qualification pour les compétitions européennes sur le terrain chaque saison». En Espagne, nombreux sont les clubs à avoir d’ores et déjà communiqué publiquement. Ainsi, Grenade, Valence, Cadix, Villarreal, Valladolid ou encore Séville ont également rejeté ce nouvel élan donné à la Super League. Tout comme Braga au Portugal. En Italie, l’AS Roma en a fait de même. «Suite à l’arrêt rendu aujourd’hui par la Cour de justice de l’Union européenne dans l’affaire de la Super League, l’AS Roma réaffirme sa position en ce qui concerne les valeurs et l’avenir du football européen. Le Club ne soutient en aucun cas un projet de Super League qui représenterait une atteinte inacceptable à l’importance des ligues nationales et aux fondements du football européen. L’AS Roma est convaincue que l’avenir et le bien-être du football européen ne peuvent être assurés que par le travail conjoint des clubs par le biais de l’ECA, en étroite collaboration et partenariat avec l’UEFA et la FIFA». Un rejet aussi visible outre-Rhin où Hans-Joachim Watzke, directeur général du Borussia Dortmund, n’y est pas allé par quatre chemins pour clarifier les intentions des Marsupiaux.

«Le Borussia Dortmund examinera en détail la décision de la CJUE dès que nous aurons reçu les raisons complètes de la décision. Cependant, nous sommes d’ores et déjà convaincus que les conclusions à tirer de l’arrêt de la CJUE ne correspondent pas à celles qui circulent actuellement dans les médias. Ce n’est pas pour rien que la CJUE a précisé dans son communiqué, entre autres, que la décision ne signifie pas qu’une compétition telle que la Super League doit nécessairement être autorisée. Pour le Borussia Dortmund, quelles que soient les discussions autour de la décision, la règle suivante s’applique : nous ne sommes pas disponibles pour une Super League», peut-on ainsi lire dans le communiqué du BvB. De son côté, la Premier League est aussi sortie du silence. «La Premier League prend note de l’arrêt rendu aujourd’hui par la Cour de justice de l’Union européenne dans l’affaire impliquant la « Société européenne de la Superleague », la FIFA et l’UEFA. Il s’agit d’une décision importante et nous allons maintenant examiner en détail ses implications pour le jeu. La décision n’approuve pas la soi-disant « Super Ligue européenne » et la Premier League continue de rejeter tout concept de ce type. Les supporters sont d’une importance vitale pour le football et ils ont clairement exprimé à maintes reprises leur opposition à une compétition « dissidente » qui rompt le lien entre le football national et le football européen».

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Nouveau fiasco à venir ?

Si la décision rendue par la Cour de justice de l’Union européenne n’a pas manqué de réjouir le Barça et le Real, le projet défendu par les Madrilènes et les Catalans est donc encore très largement critiqué. Une fronde également visible au niveau des instances. Dans cette optique, Vincent Labrune, président de la Ligue de football professionnel, n’a pas tardé à prendre la parole pour apporter son soutien à l’UEFA. «La Ligue de Football Professionnel soutient sans équivoque les compétitions organisées par l’UEFA. Rien ne peut remplacer la légitimité, la crédibilité et le prestige des compétitions européennes telles qu’elles sont organisées depuis maintenant plus de 60 ans. Nous sommes très attachés aux principes de mérite sportif qui doivent régir l’organisation de notre sport : que ce soit dans le cadre des qualifications aux compétitions européennes, mais aussi d’une manière plus générale aux principes de promotions / relégations. Si le football est aujourd’hui le plus grand sport au niveau planétaire, c’est justement parce qu’il a su créer les bases de compétitions simples, claires et transparentes. Rien ne saurait aller contre ce principe intangible qui est de pouvoir donner à chacun le droit de « rêver » et de pouvoir accéder au sommet de la pyramide sportive», a ainsi assuré l’ancien président de l’OM. Même son de cloche du côté de l’Association européenne des clubs (ECA), présidée par Nasser al-Khelaïfi.

Le football européen est «plus uni que jamais contre les tentatives de quelques individus de relancer des projets de tournois privés», a notamment affirmé l’ECA avant d’ajouter que l’arrêt de la Cour européenne de justice invalidant les règles opposées en 2021 par l’UEFA à une première tentative de compétition concurrente «ne soutient ni n’approuve en aucune manière un quelconque projet de Super League», et des «réformes majeures» ont été menées dans l’intervalle. Relancé sur la question, le président du PSG (club opposé à la Super League) s’est lui aussi affiché au côté d’Aleksander Ceferin. «Ils y voient une victoire mais moi, je ne la vois pas du tout. La décision n’a rien à voir avec la Super League", a lancé le dirigeant du club francilien et de l’ECA. "Toutes les parties prenantes en Europe se serrent les coudes avec le même objectif… (La décision de la CJUE) nous rendra simplement meilleurs et plus forts», lançait NAK, également très cash à l’heure de s’exprimer dans la peau du boss des Rouge et Bleu. «Le Paris Saint-Germain rejette totalement et complètement tout projet de soi-disant Super League, ce qui a été le cas depuis le premier jour et le restera toujours. En tant que fière institution européenne, le PSG soutient les principes du modèle sportif européen, les valeurs de compétition ouverte et d’inclusion, et travaille avec toutes les parties prenantes reconnues du football européen - surtout avec les supporters et les joueurs, qui sont au cœur du football».

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En Ligue 1, l’AS Monaco a également exprimé son désaccord. «Suite à la décision de la Cour de justice de l’Union européenne, l’AS Monaco tient à exprimer tout son attachement au principe de mérite sportif qui régit les compétitions de l’UEFA et du championnat de France. L’AS Monaco continuera de travailler avec les clubs de Ligue 1 au sein de la Ligue de Football Professionnel, et les autres clubs à travers l’ECA afin de participer, de façon progressive et collective, au développement du football», peut-on lire dans le communiqué du club asémiste. «Nous sommes la seule fédération à prendre une position très claire. Nous y sommes totalement opposés, il existe une règle fédérale selon laquelle ceux qui rejoignent cette ligue quitteront alors le système fédéral du football. Nous nous battons déjà aujourd’hui en interne sur les dates disponibles pour le championnat. Vous pouvez imaginer ce qui se passerait si nous ajoutions encore une autre compétition. Je dois sauvegarder la marque du football italien et vous devez savoir à quoi vous êtes confronté», ajoute, par ailleurs, Gabriele Gravina, président de la Fédération italienne

Prêts à se battre, les instances, les clubs, les fédérations ou encore les associations n’hésitent donc pas à prendre la parole pour réaffirmer leur position vis à vis de ce projet qui pourrait révolutionner la planète football. Si les réactions à l’encontre de cette Super League devraient se multiplier dans les heures à venir, Bernd Reichart, patron d’A22 Sports, a lui souhaité tendre la main à l’UEFA, en rappelant son intention de coopérer avec l’ensemble des acteurs du football. «Notre initiative veut renforcer les clubs, veut leur donner le pouvoir de décider de leur propre destinée mais aussi les renforcer financièrement. Cela renforce aussi les clubs sur le plan financier au sein des ligues domestiques. Cela doit être et cela sera positif pour les ligues domestiques aussi. Nous tendons la main à tous les membres de la famille du football. Depuis 18 mois nous avons conduit un dialogue d’ouverture avec toutes les personnes qui veulent parler des problèmes et des solutions potentielles. Et cela inclut l’UEFA. Je l’ai fait par le passé et je serais ravi de le refaire». Réponse d’Aleksander Ceferin ? «J’espère qu’ils commenceront leur fantastique compétition le plus tôt possible avec deux clubs. J’ai vu aujourd’hui des articles de presse de supporters anglais l’appeler "La Ligue des Zombies"… Ils peuvent créer ce qu’ils veulent». Le cadre est posé. Le risque d’un nouveau fiasco, lui, pointe le bout de son nez…

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