PSG : Luis Enrique est-il responsable de la méforme de Kylian Mbappé ?

Par Aurélien Léger-Moëc
4 min.
Kylian Mbappé sur le banc avec Luis Enrique @Maxppp

Décevant contre le FC Barcelone alors qu’il avait promis un grand match, Kylian Mbappé divise à nouveau l’opinion entre ceux qui lui trouvent des circonstances atténuantes et ceux qui l’accablent. Son entraîneur est pour beaucoup coupable du coup de mou actuel de l’attaquant français.

C’est la question qui agite les consultants, observateurs, chroniqueurs et supporters depuis mercredi soir. Habib Beye a été l’un des premiers à la poser : et si le responsable de la mauvaise performance de Kylian Mbappé face au FC Barcelone n’était autre que son entraîneur Luis Enrique ? « Il y a la gestion de Luis Enrique en Ligue 1. Il le sort souvent. À un moment donné, le joueur manque d’intensité. Aujourd’hui, il a manqué d’intensité et cette gestion n’est pas bonne pour lui. » Il a d’ailleurs vite été suivi par d’autres, comme l’éditorialiste Daniel Riolo sur RMC. « Quand il y a un match difficile, ton meilleur joueur reprend le dessus avec la confiance qu’il a envers son coach. Mais vu que Mbappé et Luis Enrique ne peuvent plus se saquer… ». Alors, est-ce vraiment la faute de Luis Enrique ?

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OUI

Kylian Mbappé l’a toujours fait savoir, il veut jouer tous les matches. Pour marquer le plus de buts possible. Jusqu’à présent dans sa carrière, depuis son éclosion à l’AS Monaco, son statut de titulaire n’a jamais été remis en cause, et, avantage appréciable, son corps a été épargné par les blessures. Pourquoi dès lors se priver de lui ? Pour beaucoup, Luis Enrique suit les directives de sa direction, qui l’aurait autorisé à gérer Mbappé sans égard particulier depuis l’annonce de son départ à l’issue de son contrat. Mais l’entraîneur espagnol avait su s’opposer à sa direction en plein bras de fer l’été dernier, en souhaitant réintégrer l’attaquant français à son effectif quand il était mis à l’écart. L’excuse d’une consigne, pour exonérer le coach espagnol, ne tient pas.

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Luis Enrique aime que son équipe soit imprévisible : joueurs polyvalents, changements de postes et de schémas tactiques fréquents. Mbappé en a fait les frais, et alterne depuis le début de saison entre le poste d’ailier gauche et celui de numéro 9. On le pensait fixé dans l’axe, avec Dembélé et Barcola à ses côtés sur les ailes. Mais les plans ont à nouveau changé il y a quelques semaines. Retour sur le côté gauche, où certains manques défensifs de Mbappé sont pourtant connus, et où ses déplacements sont aussi plus prévisibles pour les défenseurs adverses. Difficile de réclamer de la continuité dans ses performances en le baladant d’un poste à un autre.

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Enfin, l’aspect mental est prédominant. Même si Mbappé sait garder la tête froide, ce qui lui arrive depuis quelques mois au PSG est inédit et lui pèse. Bien sûr, il n’est pas irréprochable dans sa manière de réagir (l’attitude à Monaco par exemple), mais il a besoin de se sentir apprécié et mis dans les meilleures conditions pour performer. C’est ce qu’ont fait Didier Deschamps avec l’équipe de France et Mauricio Pochettino au PSG. L’entraîneur argentin avait une excellente relation avec l’attaquant parisien, qui le lui avait bien rendu avec des matches étincelants en Ligue des Champions contre le FC Barcelone et le Bayern en 2021.

NON

Voilà un nouveau concept inventé par les adorateurs de Mbappé : un joueur ne se replace pas, fait les mauvais choix et baisse la tête à cause de son entraîneur au bord du terrain. L’attitude et la prestation de l’international français contre le FC Barcelone sont plus que regrettables, elles sont lamentables. Et Samir Nasri n’a pas hésité à le dire franchement au coup de sifflet final. « Je ne pense pas que ce soit en relation avec son temps de jeu. J’avais l’impression qu’il n’était pas intéressé, il était dans son coin. Il n’a jamais semblé connecté avec ses partenaires. »

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Kylian Mbappé adore évoquer le collectif quand il se présente face aux micros, mais il n’applique pas forcément ses préceptes sur le terrain. On l’a vu râler contre Vitinha en deuxième mi-temps, lorsque le Portugais a choisi de tenter la frappe au lieu de le servir sur sa gauche. Il a pourtant opté pour cette même option individuelle à la 92e minute, alors que Barcola était seul à gauche de la surface. Le syndrome du héros ? Les détracteurs de Mbappé en sont persuadés. Contre le FC Barcelone, on l’a aussi parfois vu rechigner à se replacer. Mais surtout s’éteindre à petit feu, loin de l’implication montrée au tour précédent contre la Real Sociedad.

Le temps de jeu en baisse, responsabilité assumée par Luis Enrique, peut-elle être une explication du coup de mou ? Regardons de plus près ce fameux argument agité par tous : deux fois 90 minutes juste avant la trêve internationale, avec 4 buts marqués. « Vous voyez un gars perturbé ? », disait-il alors en conférence de presse. Puis deux fois 90 minutes avec les Bleus. Il enchaîne avec la titularisation contre l’OM et sa sortie après 64 minutes d’un match raté. Difficile de lui trouver l’excuse du manque de temps de jeu puisqu’il sort donc de 4 titularisations lors des 4 derniers matches joués. Il rejoue 90 minutes après Marseille, contre Rennes en demi-finale de Coupe de France, et rentre pour 25 minutes lors du match contre Clermont, où le turnover apparaît logique pour préparer le match contre le Barça. L’excuse d’un éventuel manque de rythme n’est clairement pas tenable, alors qu’il a presque tout joué depuis sa très belle performance contre la Real Sociedad le 5 mars.

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