OM, Real Madrid, Chelsea, PSG : les révélations de Claude Makelele sur ses mercatos

Claude Makelele a ouvert le grand livre de sa carrière. En toute franchise, l'ancien international tricolore s'est confié sur les coulisses de ses différents transferts. Morceaux choisis.

Claude Makelele sous le maillot du Real Madrid en 2002
Claude Makelele sous le maillot du Real Madrid en 2002 ©Maxppp

Les footballeurs aiment rarement se livrer sur leurs mercatos lorsqu'ils sont en activité. Mais une fois les crampons raccrochés, les langues se délient plus facilement. Au cours d'un questions-réponses organisé par le magazine anglais Four Four Two, Claude Makelele s'est ainsi laissé aller à quelques révélations croustillantes sur les transferts ayant jalonné sa brillante carrière. Avec, pour commencer, son départ du FC Nantes, club qui l'a révélé, à l'Olympique de Marseille à l'été 1997.

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«Nantes avait commencé à vendre ses meilleurs joueurs, comme Karembeu, Nicolas Ouédec et Reynald Pedros. J’ai senti que je ne progressais plus, mais le manager ne voulait pas me laisser partir. À cette époque, Victor Fernandez, qui avait gagné la C2 avec Saragosse, me voulait. Mais moi, je ne voulais pas y aller. Mon rêve était de jouer en Italie, le meilleur championnat à cette époque. Mais ça ne s’est pas fait, alors quand Marseille m’a appelé, j’ai été autorisé à partir. J’ai signé 4 ans, mais cela ne s’est pas très bien passé, car le coach (Rolland Courbis) m’a fait jouer latéral droit, parmi d’autres positions. Je n’étais pas heureux, ce n’était pas mon jeu. Je n’ai pas pris de plaisir et j’ai raté une place pour les 23 lors du Mondial 1998. À la fin de la saison, j’ai dit que je voulais partir. J’ai dû pousser, mais j’ai pu aller au Celta Vigo, en Espagne, où Fernandez venait d’être engagé», a-t-il raconté.

S'il ne garde pas un excellent souvenir de sa seule saison phocéenne, l'ancien milieu de terrain, aujourd'hui conseiller technique du centre de formation de Chelsea et en charge des joueurs prêtés, a davantage profité de son étape en Galice, qui a attiré beaucoup de regards. «Après ma première saison à Vigo, beaucoup de clubs sont venus, mais le président du Celta n’a pas voulu me vendre. La deuxième saison, pareil. Mais moi j’étais d’accord pour signer à Valence et j’étais déterminé à aller là-bas, mais Horacio Gomez Araujo ne voulait pas me vendre. J’ai dû encore forcer. Mon père est venu pour négocier et il a dit que plusieurs équipes étaient intéressées et pouvaient payer beaucoup au Celta», a-t-il d'abord expliqué avant de poursuivre.

Grandeurs et déception au Real Madrid

« La discussion a pris un tournant inattendu quand Araujo nous a dit qu’il voulait me vendre au Real Madrid. Mon père a dit : "pourquoi ne nous l’avez-vous pas dit plus tôt ? Madrid est la meilleure équipe du monde !" Je devais cependant attendre, car des élections se tenaient au Real entre Florentino Pérez et Lorenzo Sanz. J’ai expliqué à Valence que le Celta voulait me vendre au Real et il a compris. J’ai parlé avec Sanz et on a trouvé un accord. Mais ensuite, Sanz a perdu les élections, mais le coach Vicente Del Bosque a dit à Pérez qu’il me voulait aussi. Alors, après ce long moment, j’ai signé à Madrid», a-t-il raconté, ne regrettant pas son choix, à l'été 2000, malgré des moments compliqués.

«On appelait l’équipe les Galactiques, ce n’était pas qu’un surnom. Jouer au Real Madrid, c’est la référence en matière de football. Quand tu étais bon, les supporters te portaient aux nues. Mais c’est aussi le cas dans le sens inverse», a-t-il glissé avant de se rappeler de ses débuts difficiles. «J’ai ressenti beaucoup de pression. Je jouais dans la position de Fernando Redondo, qui était une sorte de Dieu pour les supporters du Real et qui avait quitté le club contre sa volonté cet été-là. Mes premiers mois, j’ai été sifflé à chaque ballon touché. C’était difficile», s'est-il souvenu. Mais il s'est rapidement fait adopter, par le public, ses partenaires et le staff technique.

«Honnêtement, j’ai senti beaucoup de reconnaissance de la part de mes partenaires et de mon entraîneur. Un bon entraîneur voit ta valeur exacte pour l’équipe. Il connaissait ma position et savait que j’étais un élément clé pour l’équilibre de l’équipe. Il y a eu des histoires avec les différences de salaires entre d’autres joueurs et moi, mais je n’ai jamais comparé. Je n’ai jamais insisté lors des négociations. Je me suis concentré sur moi-même à l’époque», a-t-il lancé. Mais au fil du temps, ces questions sont revenues au cœur du jeu. D'autant que la direction merengue n'a pas franchement été très habile... «Après ma troisième saison, la direction m’a dit qu’elle était ravie de mes performances et m’a promis une augmentation comme récompense. J’en étais content. J’étais dans la meilleure équipe du monde alors pourquoi vouloir partir ? Puis David Beckham a été recruté et nous sommes partis en stage de préparation et on m’a dit que l’augmentation n’était plus possible. Que je pouvais prolonger, mais aux mêmes termes», s'est-il rappelé avant d'insister.

Le choix Chelsea, la fin à Paris

«On m’a dit que je devais déjà m’estimer heureux de jouer au Real Madrid. J’ai senti que c’était fini et que je voulais partir. Au début, il n’y a pas eu d’offres, aucun club ne pensait vraiment que le Real me laisserait partir. Mais j’ai commencé à pousser un peu, la vérité est sortie. J’ai dit à la direction du Real Madrid que des clubs étaient intéressés, mais ils ont prétendu le contraire. Ils pensaient que j’allais accepter la situation. Quand ils ont réalisé que c’était sérieux, c’était trop tard. Ils m’ont fait une offre avec le même salaire que certaines stars de l’équipe. Mais dans mon esprit, mon choix était fait», a-t-il indiqué. Plus de machine arrière, direction Chelsea, en 2003.

«J’ai été à Chelsea parce qu’ils sont arrivés en premier. Après cela, d’autres équipes m’ont approché, comme Manchester United et l’Inter, qui avait essayé de me recruter un an avant mon arrivée à Madrid. J’ai dit à Chelsea : « si je pars, je viens chez vous. Je leur ai donné ma parole. Ils ont fait beaucoup d’efforts pour me recruter, j’avais 30 ans, mais ils ont payé un gros transfert», a-t-il dévoilé, revenant enfin sur les coulisses de son arrivée au Paris SG en 2008. «Après la finale de C1 perdue avec Chelsea, je voulais rentrer en France, pour être proche de ma famille. J’étais à l’étranger depuis longtemps déjà. Quand la possibilité de signer à Paris s’est concrétisée, Abramovich m’a aidé à partir de la bonne façon et m’a libéré alors que j’avais toujours un contrat à Chelsea», a-t-il précisé avant d'ajouter.

«J’ai de très bons souvenirs de mon passage à Paris. Nous avons réussi à concurrencer les meilleures équipes et nous sommes qualifiés pour la Ligue Europa alors que l’équipe se battait pour son maintien avant mon arrivée. Il y avait plus de stabilité au club. J’y ai joué trois ans, des grands joueurs comme Ludovic Giuly et Grégory Coupet sont arrivés de l'AS Roma et de l'Atlético de Madrid. J’ai essayé d’aider quelques jeunes de l’équipe, comme Mamadou Sakho, à progresser, à leur faire comprendre qu’ils pouvaient devenir de grands joueurs qui pourraient rejoindre de grands clubs à l’avenir», a-t-il conclu. Sacrés mercatos pour une sacrée carrière !

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