Monaco - OM : les notes du match

Portés par un immense Paris Brunner, auteur d’un doublé, l’AS Monaco s’est offert un nouveau succès face à l’Olympique de Marseille (2-0), ce dimanche soir. Voici les notes de cette dernière rencontre de la 2e journée de Ligue 1.

Par La Rédaction FM
12 min.
Paris Brunner @Maxppp

Dans un stade Louis-II en partie amputé de son public en raison de travaux et privé de parcage visiteur, l’AS Monaco et l’Olympique de Marseille s’affrontaient avec la volonté de confirmer leurs succès de la première journée. Si l’entraîneur monégasque Filipe Luis s’est appuyé sur le même onze de départ qui avait battu Le Havre, Bruno Genesio a dû remodeler son équipe côté phocéen. Avec l’absence d’Igor Paixao, l’ancien coach de l’OL a été obligé de réintégrer Quinten Timber dans le onze, dans un rôle hybride de milieu gauche.

La suite après cette publicité

Dès l’entame de la rencontre, les Monégasques ont imposé leur rythme en se montrant dangereux sur chaque transition rapide. Leur supériorité tactique s’est logiquement concrétisée à la 13e minute de jeu. À la suite d’un coup de pied arrêté, Aleksandr Golovin a déposé un centre parfait sur la tête de Paris Brunner, qui a trompé Jeffrey De Lange d’une tentative décroisée (1-0, 13e). Empruntés et incapables de s’approcher dangereusement de la surface adverse, les Marseillais ont traversé ce premier acte de manière totalement stérile. Sans menaces offensives et malgré quelques bonnes idées dans le jeu, les Marseillais ont globalement subi la loi des Asémistes.

Paris Brunner voit double et humilie l’OM

Afin de réveiller ses troupes, Bruno Genesio a immédiatement procédé à un double changement au retour des vestiaires en faisant entrer Keyliane Abdallah et Tochukwu Nnadi. De meilleures intentions qui ont rapidement été douchées par le talent adverse. À la 54e minute, sur une longue relance d’Eric Dier, l’intenable Paris Brunner s’est joué de l’intégralité de la charnière centrale marseillaise. Après avoir résisté à la pression de Kondogbia au duel puis éliminé Egan-Riley d’un crochet, l’attaquant allemand a crucifié le gardien phocéen du pied gauche avec un sang-froid clinique pour s’offrir un sublime doublé.

La suite après cette publicité

Après ce deuxième coup dur, l’OM a essayé de réagir. Face à des Monégasques supérieurs et miné par une qualité technique assez inquiétante, Marseille s’est battu en vain. Malgré quelques opportunités avec l’entrée de Neal Maupay, qui a remplacé Nnadi déjà blessé, les Olympiens n’ont pas eu les armes pour revenir (80e, 85e, 90+1e). Ne parvenant pas à marquer, l’OM rentre sur la Canebière en ayant concédé sa première défaite de la saison. Une déconvenue qui devrait se prolonger avec des dernières heures de mercato qui s’annoncent également agitées. De son côté, Monaco a été porté par un grand Paris Brunner et est la seule équipe de Ligue 1 avec deux victoires en ce début de saison. Monaco est seul premier de Ligue 1.

L’Homme du Match : Paris Brunner (8,5) : très en vue dès le début de la rencontre, il fait immédiatement parler ses qualités par ses courses, son jeu dos au but et ses appels dans la profondeur. Il est récompensé dès la 13e minute en inscrivant son premier but en Ligue 1 : sur un centre de Golovin, il prend le dessus sur la défense marseillaise et place parfaitement sa tête dans le petit filet. Proche du doublé dès la 21e, il voit De Lange sortir un superbe arrêt sur sa demi-volée. Très généreux, il attaque constamment les espaces, n’hésite pas à dézoner, à redescendre pour participer au jeu ou à servir de point d’appui pour écarter sur les ailes. Il signe finalement son doublé à la 53e minute sur un but exceptionnel : après une course de près de 40 mètres, il élimine Kondogbia d’un crochet qui fait glisser le Marseillais, efface ensuite Egan-Riley avant de conclure du gauche dans le petit filet. Puissant, rapide et techniquement très propre, il termine une semaine parfaite avec trois buts, après celui inscrit contre Górnik Zabrze jeudi. Il est remplacé par Biereth (81e).

La suite après cette publicité

AS Monaco

Hradecky (6) : une première période extrêmement calme avec seulement trois frappes marseillaises concédées, dont aucune cadrée, grâce notamment à une défense qui ferme parfaitement les zones de tir. Très peu sollicité tout au long de la rencontre, il n’a finalement que deux véritables arrêts à effectuer et répond présent sans avoir besoin de s’employer. Son principal point faible se situe dans la relance, où il manque plusieurs fois de précision lorsqu’il cherche à allonger le jeu. Il ne réussit ainsi que 20 % de ses passes longues, empêchant parfois Monaco de ressortir proprement.

- Vanderson (6,5) : le Brésilien apporte énormément offensivement dans son couloir droit et évolue presque comme un véritable ailier lorsque Monaco possède le ballon. Ses nombreuses projections permettent d’étirer le bloc marseillais et d’offrir constamment une solution supplémentaire sur le côté. Son activité offensive ne l’empêche pas d’être très sérieux défensivement, où il laisse très peu d’espaces à son adversaire direct. Solide dans les un contre un, il utilise parfaitement sa vitesse pour revenir, couvrir et prendre le dessus dans les duels.

La suite après cette publicité

- Sane (6) : très important par son intelligence de placement, il se décale régulièrement au poste de latéral droit dans les phases offensives pour compenser les montées de Vanderson et maintenir l’équilibre du bloc. Toujours juste dans ses interventions, il affiche énormément de concentration et d’application défensive. Sa vitesse constitue une véritable sécurité puisqu’il se fait très rarement éliminer en un contre un et peut rapidement couvrir les espaces dans son dos. Solide aussi bien au sol que dans les airs, il referme parfaitement l’axe et forme une charnière très complémentaire avec Dier, avec qui il échange constamment pour ajuster son placement. Très mobile et à l’aise balle au pied, il apporte également beaucoup de sérénité dans les premières relances.

- Dier (6,5) : très costaud dans les duels, il impose sa puissance et assure une excellente couverture sur les ballons aériens. Sa lecture du jeu lui permet aussi d’anticiper les passes au sol et de couper plusieurs transmissions à destination des attaquants marseillais. Très solide au marquage de Gouiri, il empêche l’attaquant de recevoir dans de bonnes conditions et le laisse longtemps sans véritable ballon à exploiter. Son apport ne se limite pas au travail défensif puisqu’il est directement à l’origine du deuxième but avec une superbe passe aérienne d’une trentaine de mètres parfaitement ajustée dans la course de Brunner. Une prestation complète, solide derrière et décisive dans la relance.

- Nazinho (6) : moins en vue offensivement que son homologue sur l’autre côté, il réalise une première période très sérieuse grâce à son application défensive et son bon placement. Davantage sollicité après la pause, il montre quelques limites lorsque les Marseillais multiplient les dédoublements dans son couloir. Il reste néanmoins capable d’apporter du danger lorsqu’il se projette, avec des montées tranchantes et une qualité technique intéressante. Ses centres manquent toutefois de précision et viennent trop souvent s’écraser sur la défense adverse. Un match solide dans l’ensemble, malgré de difficultés défensives en seconde période.

- Camara (8) : il est au cœur de toutes les sorties de balle et assure constamment le lien entre la défense et l’attaque. Jeu court, passes longues, changements de rythme : il oriente le jeu avec énormément de justesse et de sérénité. Il n’hésite pas non plus à remonter lui-même le ballon, parfois dans des situations risquées, mais parvient presque toujours à se sortir de la pression marseillaise. Très intelligent dans son placement, il redescend régulièrement entre ses deux défenseurs centraux pour organiser les premières relances. Son apport est tout aussi important sans ballon, puisqu’il couvre énormément de terrain et ratisse l’entrejeu avec huit récupérations. Une prestation complète et pleine de maîtrise au cœur du milieu monégasque.

- Zakaria (7) : très complémentaire avec Camara dans ce milieu à deux, le capitaine monégasque est le véritable régulateur de son équipe. À la récupération, il impose constamment le rythme à son bloc, lui indiquant quand monter ou redescendre pour conserver son équilibre. Il avale les kilomètres pour être présent dans l’entrejeu, mais aussi pour venir créer des prises à deux et fermer les espaces autour de sa défense. Très autoritaire dans ses interventions, il harcèle en permanence le porteur marseillais et récupère de nombreux ballons grâce à son impact physique. Une prestation de patron pour le capitaine monégasque.

- Idumbo (6) : auteur de la première tentative monégasque dès la 7e minute, il se montre rapidement très remuant sur son aile gauche. Sa vitesse et sa qualité technique font souffrir Weah, qu’il parvient régulièrement à déséquilibrer avec de simples feintes avant d’accélérer. Très à l’aise en un contre un, il apporte du danger dès qu’il peut prendre de la vitesse et attaquer son vis-à-vis. Son influence diminue toutefois après la pause, avec moins de percussion et une fatigue qui commence à se faire sentir après le match de Ligue Conférence disputé jeudi. Une prestation solide, mais finalement assez discrète dans l’ensemble malgré plusieurs séquences intéressantes. Il est remplacé par Detourbet (85e).

- Golovin (6) : véritable plaque tournante du jeu monégasque, il remplit parfaitement son rôle de numéro 10 en assurant le lien entre le milieu et les attaquants. Toujours à la recherche de la passe cachée, il permet également à son bloc de remonter grâce à sa qualité technique et à sa capacité à s’orienter dès le premier contrôle. Il est récompensé sur l’ouverture du score avec un centre parfaitement déposé sur la tête de Brunner, qui conclut à bout portant. Pas forcément omniprésent dans le volume de ballons touchés, il crée presque systématiquement une différence lorsqu’il est servi. Très intelligent dans son placement, il exploite notamment les espaces entre les centraux marseillais pour perturber leur organisation. Précieux dans l’animation offensive et généreux dans ses efforts, il est remplacé par Abline (81e).

- Couibaly (6,5) : le Monégasque le plus discret en première période, avec trop peu de ballons touchés pour réellement peser sur le jeu offensif. Il pâtit également d’une animation qui penche davantage vers le côté gauche, même s’il montre quelques fulgurances par séquences. Ses montées dans la surface et ses permutations avec Brunner sont intéressantes, mais il manque parfois de justesse technique dans les derniers mètres pour se mettre en position de frappe ou mieux exploiter les situations. Généreux dans ses déplacements, il ne parvient toutefois jamais à véritablement s’installer dans la rencontre. Une prestation trop irrégulière et trop discrète malgré quelques bonnes intentions. Il est remplacé par Soubeir (81e).

- Brunner (8,5) : voir ci-dessus

OM

- De Lange (5) : il a longtemps maintenu l’OM à flot avec plusieurs interventions propres devant Brunner (23e) et Zakaria (24e). Mais il s’incline à deux reprises face à Brunner (13e, 54e), notamment sur le deuxième but où le Monégasque traverse toute la défense. Il s’interpose devant Ibumdo (72e), sans toutefois pouvoir empêcher la défaite.

- Weah (4) : une première période compliquée, avec notamment un duel aérien perdu face à Brunner sur l’ouverture du score (13e). Il a également souffert physiquement face à Zakaria. Son centre-tir sur le poteau (53e) est à mettre à son crédit, mais cela reste bien trop insuffisant pour un capitaine. Défensivement, il a subi.

- Kondogbia (3) : le défenseur a été dépassé par Brunner sur le deuxième but. Il tente d’abord de retenir le Monégasque par le maillot, puis se fait éliminer sur le tacle suivant. Brunner élimine ensuite Egan-Riley avant de conclure (54e). Une séquence catastrophique pour l’arrière-garde marseillaise, à l’image de son match face au buteur de l’ASM. Il sort sur blessure. Remplacé par Nayef Aguerd (59e).

- Egan-Riley (3,5) : déjà battu dans les airs par Brunner sur le premier but (13e), il est encore incapable de l’arrêter sur le deuxième. Après le tacle raté de Geoffrey Kondogbia, il est à son tour éliminé beaucoup trop facilement. Il a semblé constamment en retard face aux attaquants monégasques.

- Emerson (4) : une entame intéressante avec un centre dès la 2e minute, puis plus rien du côté de l’italien. L’ancien joueur de Chelsea s’est montré trop tendre dans les duels, notamment face à Coulibaly (37e), et n’a que très rarement apporté dans son couloir. Une prestation très moyenne.

- Højbjerg (4) : le Marseillais est celui qui a touché le plus de ballons (96 ballons touchés), avec cinq récupérations, mais cela ne suffit pas à masquer son impuissance dans l’utilisation du ballon. Il a été peu actif dans les duels (3 gagnés sur 7) et a été beaucoup trop pauvre dans la création. Beaucoup de volume, très peu d’impact.

- Abdelli (4) : une course intéressante avec cette percée plein axe qui amène une situation pour Harit (28e), mais beaucoup trop de difficultés dans les duels pour l’international algérien. Il a régulièrement été dominé physiquement par Zakaria. Remplacé par Nnadi (46e), entré pour apporter davantage d’impact au milieu, mais qui n’a quasiment jamais existé. Trop discret dans le jeu et incapable de changer le visage de l’entrejeu marseillais. Touché physiquement, il est aussi suppléé. Remplacé par Maupay (64e).

- Harit (3) : le Marocain a été beaucoup trop brouillon. Il gâche notamment une bonne transition en ne servant pas suffisamment bien Weah (9e). Ses différentes tentatives n’ont pas inquiété Monaco et sa bonne combinaison avec Højbjerg (33e) reste l’une des rares séquences offensives intéressantes. Trop irrégulier.

- Gomes (3,5) : beaucoup trop imprécis. Plusieurs passes mal ajustées ont cassé des situations intéressantes et il n’a jamais réussi à donner du rythme au jeu marseillais. Sa frappe contrée à la 33e est quasiment son seul fait d’armes. Une prestation très insuffisante, à la différence de son match contre Strasbourg, la semaine passée au Stade Vélodrome.

- Timber (2,5) : complètement à côté de son match. Baladé de gauche à droite, il n’a jamais trouvé ses repères et n’a pratiquement rien apporté. Peu inspiré techniquement, absent dans les duels et incapable de créer du danger. Suppléé à la pause alors que son avenir à l’OM semble de plus en plus incertain. Remplacé par Keyliane Abdallah (46, 5), dont l’entrée a apporté un peu de mouvement, mais sans réelle efficacité dans le dernier geste, sur le côté droit. Il aurait pu égaliser dès l’un de ses premiers ballons, mais a manqué son geste. Volontaire et remuant, il a cependant été trop brouillon pour réellement peser.

- Gouiri (2) : une prestation extrêmement décevante. Invisible pendant la quasi-totalité de la rencontre, l’attaquant algérien n’a quasiment jamais pesé sur la défense monégasque. 46 ballons touchés dans l’intégralité de la rencontre et aucune véritable situation dangereuse. Une copie à oublier pour Gouiri, également candidat à un départ avant la fin du mercato.

La suite après cette publicité
La suite après cette publicité
Copié dans le presse-papier