Et si le football passait en année civile ?

Avec la crise du coronavirus, les propositions de réforme du football vont bon train. L'une d'entre elles revient sans cesse. Si les calendriers changeaient et qu'on jouait au football sur une année civile ?

Alexander Ceferin durant un meeting de l'UEFA début mars 2020
Alexander Ceferin durant un meeting de l'UEFA début mars 2020 ©Maxppp

Cette année, la saison de football, en Ligue 1 et Ligue 2, aura eu lieu entre août et mars. Cela sera peut-être aussi le cas dans d'autres pays comme en Angleterre où certains clubs font obstacle au Restart Project. Par conséquent, les propositions de réformes du football européen et mondial sont de plus en plus nombreuses. L'une d'elles revient avec insistance, celle de modifier les calendriers et de passer à une saison sur l'année civile plutôt qu'entre août et mai. « Nous avions déjà commencé à réfléchir à la manière de mettre en place un nouveau calendrier à partir de 2024. Maintenant, avec cette crise, nous avons besoin de réponses immédiates. Il est possible de réfléchir à la manière de reformer le football, non seulement en Europe, mais dans le monde entier, pour améliorer les choses en termes de dates. C'est une discussion à avoir, surtout avec les confédérations et les fédérations », a déclaré Victor Montagliani , le président de la Confédération de football d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes (CONCACAF) et vice-président de la fédération internationale de football (FIFA) avant de poursuivre.

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« Nous en avons l'occasion, car la Coupe du Monde 2022 au Qatar se jouera en novembre/décembre et ensuite, cela peut être une idée. Ici, en Amérique, elle est déjà disputée selon le calendrier de l'année civile. Peut-être que c'est une solution pour l'Europe ou l'Afrique. C’est une possibilité à discuter au niveau national et continental. Ce n'est pas une idée à écarter, c'est une solution pour les deux prochaines années et la Coupe du Monde en hiver », détaille-t-il. En France aussi une voix s'est fait entendre.

La chance est-elle passée ?

« Pour des raisons autant sportives que financières, il faut terminer le championnat. Mais le terminer lorsque la situation sanitaire le permettra. À partir de septembre. Cette solution, proposée il y a peu par Jean-Pierre Rivère, aurait aussi cet avantage essentiel de permettre de passer enfin d’un “Championnat d’hiver” (août-mai) à un “Championnat d’été“(mars-novembre), beaucoup plus attractif. Les mois de décembre et janvier sont les plus surchargés, avec les problèmes que l’on sait : risques de blessures pour les joueurs, faibles affluences dans les stades, nombre de buts en berne… », expliquait ainsi l'ancien grand patron de la LFP, Frédéric Thiriez dans L'Équipe fin avril. L'ancien patron du football professionnel français (2002-2016) ajoute qu'on jouerait ainsi aux meilleures saisons pour pratiquer notre sport favori (de l'été à l'automne).

En 2008, celui qui est, aujourd'hui, avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation, avait déjà tenté de mettre cela en place, reprenant à son compte une proposition de Michel Platini. Mais il était compliqué de bousculer les choses pour plusieurs raisons. La première est la trésorerie des clubs qui serait décalée (vu l'état actuel des choses, cela ne serait pas un mal) et surtout il faudrait organiser un arrêt assez long entre la fin du championnat (mai) et le début du suivant (février). Sauf que cette fois, en terminant la saison en novembre, comme dans la proposition Rivère, reprise par Jean-Michel Aulas, on obtiendrait une trêve de deux mois (décembre-janvier). Certains championnats se déroulent déjà ainsi et il faudrait alors rallier d'autres ligues à cette cause, afin d'aller vers l'UEFA avec une proposition convenable.

Concernant l'instance européenne, elle pourrait conserver ses dates normales avec les compétitions en été et les phases de qualifications entre février et mars puis entre octobre et novembre, comme actuellement. Selon nos informations, ce genre de proposition est arrivée très récemment sur le bureau des dirigeants de la LFP, qui ont indiqué qu'une telle manoeuvre n'était pas dans les plans. Avec la décision du conseil d'administration d'arrêter définitivement le championnat 2019-2020, on est peut-être passé à côté d'une chance unique de réformer profondément le football.

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