Ligue 1 : les Girondins de Bordeaux n'en finissent plus de couler

De nouveau corrigé, à Strasbourg cette fois, Bordeaux navigue en plein marasme sportif. Entre des prestations individuelles indolentes, un entraîneur sans solution et une direction désargentée, l'espoir de survit en Ligue 1 s'affaiblit match après match.

Benoît Costil donne de la voix
Benoît Costil donne de la voix ©Maxppp
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À Bordeaux, il n'y a rien qui va depuis le début de la saison. Malgré le rachat de l'entreprise sportive par Gérard Lopez l'été dernier, un sauvetage in extremis devant la DNCG et un profond renouvellement d'effectif, le club au scapulaire est en grandes difficultés. Battus à domicile par Brest le week-end dernier (2-1), puis fessés à Strasbourg ce mercredi lors de la 16e journée de Ligue 1 (5-2), les Girondins occupent une très inquiétante 18e place, synonyme de barrage si le championnat s'arrêtait aujourd'hui. Malgré les sorties médiatiques du patron du club, les joueurs ne réagissent pas et Vladimir Petkovic semble lui sans solution.

«L'attitude des joueurs est inacceptable, tranchait Lopez après la défaite face aux Finistériens. On est dans le confort le plus total et c'est ce qui nous pénalise aujourd'hui. On a encore fait preuve d'arrogance. C'était déjà le cas à Metz (3-3, après avoir mené 2-0 puis 3-2) et ça recommence aujourd'hui. C'est bien la preuve qu'il y a un souci et nous allons le régler tous ensemble. Le problème ? Ce n'est pas qu'une affaire de talent. On doit seulement montrer plus d'envie sur le terrain. On doit avoir l'envie de gagner, de se battre, de courir sur les duels, de se faire mal et surtout de faire mal à l'adversaire.»

2e pire défense parmi les 5 grands championnats européens

Il faut croire que ce coup de pression n'a pas servi à grand-chose. À la Meinau, malgré l'ouverture du score de Hwang (7e), titulaire pour la première fois depuis un mois, Bordeaux s'est rapidement morcelé, prenant trois buts avant la pause (Thomasson 22e, Gameiro 43e sp et Ajorque 45e+1). En seconde période, la défense a une nouvelle fois laissé ses portes complètement ouvertes, offrant son premier but de la saison à Liénard (49). La réduction de l'écart d'Elis (57e) n'aura servi à rien puisqu'Ajorque y allait de son doublé d'une jolie tête (64e). Le score aurait même pu être plus lourd avec plus de réalisme chez les Strasbourgeois.

Après cette cuisante défaite, Bordeaux en est désormais à 37 buts encaissés. Greuther Fürth en Bundesliga excepté (39 buts contre en 13 matches), il s'agit là de la pire défense dans les 5 grands championnats. Hier, c'était déjà le 6e match de la saison où les Girondins ont pris au moins trois buts (Nice 4-0, Monaco 3-0, Montpellier 3-3, PSG 3-2, Metz 3-3 et Strasbourg 5-2). Il ne faudrait pas que l'année de son 140e anniversaire, le club descende en Ligue 2, chose qui ne lui est plus arrivé depuis la saison 1991/1992. Le risque est pourtant réel.

Petkovic n'y arrive pas

Contrariant également, le travail effectué en semaine ne semble pas porter ses fruits. «On a commis les mêmes erreurs, regrettait Petkovic après le match. J'ai ma part de responsabilité car, ces dix derniers jours, nous avons travaillé sur le marquage et comment ne pas subir sur les centres. Et on a beaucoup subi ce soir... À l'entraînement, quand on explique les choses, tout est clair mais, pendant le match, face à des joueurs de qualités comme le sont les Strasbourgeois, on finit par faire trop d'erreurs simples.»

L'ancien sélectionneur suisse n'a pas la tâche facile, lui qui est arrivé dans ce cloaque au cœur de l'été seulement. Seulement, il est déjà l'heure de rendre des comptes avec deux victoires en 16 journées, une seule sur les 9 derniers matches, et des tergiversations tactiques. «Je pense encore être l'homme de la situation. Ça n'a rien à voir avec le style mais plutôt la technique individuelle, savoir se placer par rapport à ses coéquipiers. La volonté des joueurs ne manque pas, les intentions sont là, mais c'est plutôt une question de concentration. Nous sommes très abattus pour nos supporters. Il faut que l'on prenne nos responsabilités. »

Des cadres défaillants

Les joueurs justement sont dans une spirale négative extrême. Il faut dire qu'unifier un groupe où se côtoient 14 nationalités différentes ne doit pas être simple, surtout depuis la venue des nouvelles recrues, débarquées à la va-vite. Costil excepté, les cadres ne répondent pas vraiment présents non plus. Koscielny fait sentir ses 36 printemps, Mexer est dépassé, Otavio est à la peine, Oudin est irrégulier, quand Briand (36 ans) joue bien plus que prévu (9 matches, 2 buts). C'est finalement Yacine Adli, acheté par l'AC Milan cet été et immédiatement prêté à Bordeaux pour la saison, qui semble être l'un des plus investis. C'est dire le pusillanime ambiant...

«C'est un sentiment de honte. On a encore vu nos supporters venir nous encourager et on n'est pas à la hauteur, tout simplement. On est mauvais. Il faut continuer à se révolter, ne pas lâcher car on est dans une situation très critique. Il y en a qui n'ont pas vécu ces situations difficiles et nous, les cadres, on essaie de leur parler», analysait Briand à France Bleu en Alsace. La situation est véritablement critique car l'ambition du début de saison était de terminer dans la première partie de tableau. Il reste le mercato de janvier mais avec une masse salariale encadrée, la marge de manœuvre sera mince.

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