Lassad "Titou" Hasni : « à l’OM, on veut former des joueurs de haut niveau »
Professeur d’histoire géo, Lassad "Titou" Hasni est un formateur dans l’âme qui a grimpé les échelons du foot amateur. Après un premier passage à l’OM, il avait tenté sa chance à Nice avant de revenir par la grande porte il y a un peu plus d’un an en tant que responsable du centre de formation. Personnage aussi attachant que passionné, le technicien de 53 ans s’est livré sur sa vision de la formation à l’OM. De Robinio Vaz en passant par Pablo Longoria, Medhi Benatia ou Roberto De Zerbi, le très discret "Titou" Hasni se dévoile comme jamais à quelques jours d’une rencontre historique pour les minots face au Real Madrid en Youth League.
Foot Mercato : Lassad "Titou" Hasni votre parcours est singulier. Vous avez été prof d’histoire-géo, CPE, et vous avez grimpé tous les échelons du football amateur à Gémenos avant d’arriver ici. En quoi ce riche passé influence-t-il votre méthode aujourd’hui à la tête de l’OM ?
Titou Hasni : influencer, oui, dans le sens où, que ce soit dans l’enseignement, parce que j’ai aussi été prof à la fac, ou dans l’entraînement ou dans la formation des cadres, ce sont finalement toujours des métiers qui sont dans la relation humaine et dans la volonté d’élever, que ce soit des jeunes, des entraîneurs, des collègues. Pour être directeur de centre de formation, il faut avoir un côté humaniste où on a envie d’aider les autres parce qu’on forme des joueurs, certes, mais on forme aussi des jeunes hommes qui vont devenir des hommes et qui vont vivre les uns avec les autres. Je reste persuadé aujourd’hui, avec 40 ans sur les terrains de football, qu’un bon homme fera un bon footballeur. Après, effectivement, il faut du caractère pour être joueur de football, mais je différencie souvent le caractériel du caractère, puisque le caractère, ça aide son équipe dans les moments de difficultés et ça a de la gueule, alors que le caractériel, c’est quelqu’un qui va à l’encontre du collectif ou à l’encontre d’une méthode de jeu. Donc, ce côté un peu bon père de famille dans un centre de formation, pour moi, c’est indispensable parce qu’un bon père de famille, c’est quelqu’un qui est exigeant, mais qui est aussi bienveillant. Ma formation universitaire, ma formation du football aussi, parce que cette légitimité-là, elle est bien aussi du fait de passer tous les diplômes de football et bien plus. Je me sens dans le club que j’aime, dans le projet que j’aime. Il y a beaucoup de personnes avec qui j’apprécie énormément de travailler chaque matin et avec un savoir et des connaissances qui sont un peu plus abouties qu’il y a 15 ou 20 ans.
FM : cela fait longtemps que vous êtes un éducateur. Est-ce que vous sentez aussi aujourd’hui que la relation avec les jeunes générations est différente ?
TH : personnellement, je ne fais pas partie des anciens combattants. Je pense qu’aujourd’hui, on est avec une génération qui a évolué avec son temps. Et on ne peut pas toujours rester dans l’ancien temps, autrement, on ne va pas les connaître, nos jeunes. C’est-à-dire qu’on va mettre une barrière où on va toujours se dire, avant c’était mieux. Non, ils sont comme ça, et nous, on doit s’adapter aussi à ce qu’ils sont. Par contre, il y a quelque chose qui est essentiel, c’est sur le plan éducatif, on a fait l’enfant roi. On a cru qu’en faisant ça, en lui laissant tout, ça allait marcher. Aujourd’hui, on revient un peu là-dessus, en disant qu’il faut quand même un cadre et de la rigueur. Et après, on a fait le footballeur roi. À 13 ans, on lui donnait tout, il était déjà sous contrat et ça n’a pas marché non plus. Donc moi, je ne crois pas à cette forme d’éducation, encore moins dans le football. Je pense qu’il faut franchir des paliers et aller chercher des étapes, mais ça doit se faire avec bienveillance aussi. On est là, on est des éléments de soutien. On doit soutenir les jeunes. On n’est pas là pour être des autoritaristes qui n’aident pas. La politique de la main tendue, pour moi, c’est quelque chose d’important.
FM : à Marseille on parle beaucoup de « culture club », est-ce que c’est quelque chose qui est important à vos yeux ?
TH : la culture club, honnêtement, Marseille, elle est essentielle. Chaque Marseillais, je le dis souvent, il y en a le sang bleu et blanc. Cette culture, elle est primordiale pour pouvoir réussir dans cet environnement-là. Alors ça ne veut pas dire qu’il n’y a que ceux qui ont cette culture-là qui réussissent. Mais je pense que le club, c’est une institution. Et nous, on est au service de cette institution. Je dis souvent, ce n’est pas le jeune ou l’entraîneur qui porte le maillot de l’Olympique de Marseille, c’est le maillot de l’Olympique de Marseille qui porte les joueurs et qui porte les entraîneurs. C’est le maillot qui nous porte, ce n’est pas nous qui le portons.
FM : qui dit grand club, dit aussi infrastructures de très haut niveau. Et de ce côté, on sent bien que l’OM continue sa mutation dans le bon sens au niveau du centre de formation.
TH : aujourd’hui, avec le président Longoria, le directeur du football Medhi Benatia et le coach De Zerbi, c’est un projet qui est vraiment commun. C’est-à-dire que le réseau de communication est très simple, très fluide, très efficace. On parle le même football. Donc ça, pour moi, c’est une chose importante dans la formation. Parce qu’il ne peut pas y avoir de projet de formation qui n’ait pas un lien avec l’équipe professionnelle. Ça n’existe pas. On a la chance d’avoir un directeur du football qui est présent sur quasiment l’ensemble des entraînements, des matchs des jeunes, qui s’intéresse vraiment. Ce n’est pas que de la com’, c’est quelqu’un qui est très intéressé. Pareil pour le président Longoria. Tous les dimanches soirs, on se fait un meeting où on évoque toute la semaine de la formation. Le coach De Zerbi, c’est pareil. Dès qu’un joueur est prêt, il va avoir un état des lieux constant. Cette communication-là, je pense que c’est une des clés de la réussite du projet actuel.
FM : est-ce que le coach De Zerbi vous demande de jouer au niveau des équipes de jeunes, un peu comme lui joue au niveau de son équipe première ?
TH : c’est quelque chose que nous de base, on a choisi. D’ailleurs, quand on a fait la réunion avec le coach De Zerbi, il a été très flatté d’apprendre qu’on essayait de prendre ses principes de jeu. Nous, le projet de jeu du coach De Zerbi nous plaît. Parce que c’est un projet de jeu qui aide beaucoup à la formation. C’est un projet de jeu où le joueur est protagoniste. Le joueur, il est intuitif, il est créatif. La réflexion, le Q.I. football, c’est quelque chose qu’il développe beaucoup. Ça nous intéresse aussi. Donc finalement, j’ai envie de dire que les équipes de l’Académie essayent, elles aussi, de prendre des principes de jeu de l’équipe première.
«Medhi Benatia nous aide à grandir»
FM : concernant Medhi Benatia, on sent beaucoup de respect, mais aussi beaucoup de complicité entre vous deux.
TH : à Marseille, on est des passionnés. Que ce soit le président, le coach De Zerbi, Medhi Benatia et moi-même, je crois qu’on travaille 20 heures sur 24. Et quand on ne travaille pas, on s’appelle. Avec Medhi, c’est une relation qui est très fluide. Déjà, c’est un grand professionnel. C’est quelqu’un qui a, on l’oublie assez souvent, quand même fait un parcours de joueur avec des clubs exceptionnels. Tout ce savoir, il essaie de nous l’apporter, il nous le donne, il corrige les défenseurs, il fait du spécifique. C’est vraiment quelqu’un qui apporte énormément au projet. Moi, je lui ai dit, je suis très heureux de partager des journées de travail avec lui. C’est quelqu’un de très exigeant aussi. Mais en même temps, il nous aide à grandir et c’est ce que j’apprécie.
FM : parlons justement d’une jeune recrue qui vient d’arriver en post formation à l’OM, Ziyad Baha. Comment cela se passe à votre niveau, est-ce que Medhi Benatia vous consulte sur ce type de recrutement en post formation ?
TH : il n’y a pas de choses qui sont imposées, c’est un échange. Est-ce que le jeune peut correspondre au projet OM ? Si oui, on échange entre nous. Sur les plus jeunes, je vais avoir, moi, l’échange avec le directeur du football qui, lui, est sur toutes les décisions. Sur les plus âgés, j’imagine que ça se fait aussi avec le coach. Mais on n’a pas de joueurs qu’on nous impose ou qu’on nous dit que c’est obligé de faire ceci ou cela. Et là où il est assez habile, c’est qu’il nous laisse aussi la part de responsabilité pour nous dire, est-ce que vous sentez de le développer ou non ? Et nous, sur des joueurs comme ceux-là, oui, on se sent capacité de les développer. Ce sont des échanges constants. Après, c’est le directeur du football. C’est lui qui met en place le projet global du club et qui prend in fine les décisions. Mais ça se fait toujours dans la communication.
FM :avec Ziyad, ça se passe bien ?
TH : oui, il est arrivé au club. Il s’entraîne. Il apprend aussi l’exigence de l’OM. Moi, je dis toujours, il y a deux OM. Il y a l’OM qu’on voit à l’extérieur, le côté passion, le côté supporter, le côté ville un peu bouillante. Et ça, c’est plaisant. Mais il y a le côté interne qui est assez serein, qui est très expert, qui est très exigeant, qui est très calme aussi, puisque nous, on travaille un peu dans un cocon, à la Commanderie où ça nous permet vraiment de travailler dans la sérénité. Mais il y a une très forte exigence qui est faite sur tous les moments de la journée. Du petit-déjeuner, à la scolarité, à la salle de musculation, aux soins, au yoga, à la relaxation, au terrain, à la vidéo. Toute la journée, on a une forme d’exigence sur l’expertise et avec le fait que nos joueurs, ils continuent d’être heureux. Parce que si nous, nos joueurs, ne sommes pas heureux et pas en confiance, ce n’est pas nous, ce n’est pas sur le terrain. C’est une bonne chose.
FM : de votre côté, j’imagine que l’objectif est de sortir le maximum de joueurs pour monter chez les pros. On a vu aujourd’hui qu’il y a vraiment aussi bien de la post-formation que de joueurs formés au club. Aujourd’hui, est-ce que vous tendez vers plus de formation pure, plus de post-formation, ou toujours une espèce de mélange hybride ?
TH : tous les clubs européens, aujourd’hui, travaillent sur les trois volets, et nous, à Marseille, on a la volonté d’être un club qui, dans la formation, aujourd’hui, prend racine. La priorité, c’est de faire que le joueur arrive à l’Olympique de Marseille, à sortir, en passant par la Pro 2, en passant par les U19. Le deuxième, c’est de prêter un joueur pour qu’il puisse aguerrir et revenir plus fort chez nous. Et le troisième, c’est effectivement quand le joueur n’a pas atteint le palier pour pouvoir jouer avec notre équipe première, c’est une vente avec un pourcentage. Tous les grands clubs, aujourd’hui, travaillent avec un triple projet, voire un quadruple projet au niveau de la formation. Bien entendu, notre premier projet, c’est qu’ils réussissent à l’OM ça, c’est évident. Mais par contre, aujourd’hui, on essaie aussi de dire que nos joueurs peuvent réussir aussi ailleurs, et que la qualité de la formation marseillaise va être tellement efficace qu’elle va former aussi d’autres types de joueurs. Mais ça se fait beaucoup dans les grands clubs européens. Mais aujourd’hui, on regarde les autres clubs. On voit qu’il y a plein de joueurs issus des grands clubs, et on se dit, il a été formé dans tel club, ou tel club, ou tel club, et ils arrivent quand même à très haut niveau. Sortir un joueur, c’est aussi un contexte. Et je pense que des fois, il faut allier le joueur dans un contexte. Et tous les joueurs ne peuvent pas réussir dans tous les contextes. Nous, aujourd’hui, on a cette expertise qui nous fait savoir quel est le joueur qui peut justement être profilé pour Marseille.
«A l’OM, la pression, il faut la transformer en énergie utile»
FM : au niveau de son état d’esprit, on voit bien aujourd’hui que jouer à l’OM demande de l’exigence devant autant de pression.
TH : moi, je dis du courage, plus que de la pression. Parce que la pression, il faut la transformer en énergie utile. La pression, au football, vous l’avez tout le temps. On a la pression de l’adversaire, dès qu’on a le ballon, il y a une pression. On a les supporters, dans n’importe quel terrain, on a la pression de nos directions. On a la pression des journalistes, aussi. Qu’est-ce qu’on fait ? Est-ce qu’on le fait bien ? On a toujours la pression. Nos joueurs, ils sont habitués à ça. Nous, ce qu’on doit faire, c’est les habituer à résister à ça pour la transformer en énergie utile. Par contre, un joueur à l’OM, il doit être courageux. Parce que c’est quelqu’un qui va avoir le ballon dans les pieds. C’est quelqu’un qui doit avoir la capacité de faire des passes dès la sortie de balle, il a le devoir d’aller sur le 1 contre 1, sur le dribble, sur la percussion. C’est un spectacle qu’on offre à Marseille. Le Stade Vélodrome, grâce à nos supporters, c’est une scène magnifique pour pouvoir évoluer. Nous, on a le devoir de faire du spectacle.
FM : petit à petit, cela commence à porter ses fruits avec de plus en plus de jeunes dans le groupe pro.
TH : pourquoi tous ces jeunes sont arrivés ? Ils sont arrivés à partir de décembre de la saison dernière. Tous ces jeunes qui arrivent vers l’équipe première, c’est parce que cette synergie-là permet de communiquer, de préparer le joueur. Quand on nous dit, nous, dans six semaines, il va commencer à apparaître dans l’entraînement, quelle programmation on met avant qu’il arrive, comment on organise son parcours. Parce que l’arrivée des joueurs, c’est l’organisation de parcours. Notre travail, nous, c’est de proposer des joueurs de haut niveau à notre équipe première. Et quand, tous les jours, on a une direction qui nous dit, mais qui est prêt ? Qui est prêt ? Ça nous challenge, ça nous donne envie. Là, aujourd’hui, ça nous permet, nous, de travailler dans la sérénité. Cette communication et cette synergie, elles nous rendent le travail en plus très plaisant.
FM : quand vous voyez des Bakola ou des Mmadi, qui jouent avec les pros, forcément, pour vous, c’est une forme de reconnaissance et du travail accompli aussi.
TH : oui, c’est du travail accompli, mais nous, notre travail, c’est d’être des éléments de soutien pour le club aussi. Et c’est aussi challengeant de se dire, là, on a une structure qui les accueille, qui est prête parce que parfois, vous pouvez passer par des projets de formation où c’est un peu fermé. Et là, aujourd’hui, il y a une vraie ouverture pour l’arrivée des jeunes vers l’équipe première. Si on regarde bien sur les trois jeunes récents qui sont arrivés, il y en a un qui est issu de Marseille et dès 12 ans, il est à l’Olympique de Marseille, Tadjidine Mmadi. On en a un autre qui est arrivé à 15 ans, Darryl Bakola et un autre qui est arrivé de la post-formation (Robinio Vaz). Et ça, ça ressemble vraiment au projet aujourd’hui qu’on met en place. On peut sortir en arrivant de son territoire, on peut sortir en arrivant à 15 ans et on peut aussi sortir en arrivant de la post-formation.
FM : c’est un bel exemple aussi pour ceux qui arrivent et qui se disent que désormais un jeune du centre de formation dispose d’une vraie chance de réussir à l’OM.
TH : on a beaucoup de retours positifs sur le fait que notre accompagnement de ces joueurs-là, il est connu et reconnu aujourd’hui et ça favorise la politique de recrutement des joueurs parce qu’aujourd’hui, un joueur qui vient et qui ne serait-ce que fait un essai, souvent, il repart avec des retours dithyrambiques sur le professionnalisme de son accueil, de l’enseignement du football, de l’exigence, de notre qualité d’hébergement, mais pas que puisqu’aujourd’hui, nous, on a une nutrition qui est au top niveau. On fait de gros efforts là-dessus pour que nos joueurs soient accompagnés. On a deux directeurs de la vie quotidienne et du socio-éducatif qui accompagnent aussi les jeunes pour faire plein de choses et donc tout ce climat-là fait que le joueur se sente bien pour pouvoir justement arriver au bout de son parcours parce que ça reste de la formation.
FM : on n’a pas parlé de la scolarité des joueurs, j’imagine que c’est un volet important dans la formation des jeunes joueurs.
TH : c’est primordial. Le tout, c’est de faire des études dans lesquelles on s’épanouit. Mais nous, on a la volonté que nos joueurs trouvent un métier et aient leur diplôme qui va avec ce métier. On a 100% de réussite aujourd’hui sur le baccalauréat et sur les diplômes. Pour nous, ça ce sont deux choses très importantes parce que ce qui va se passer dans la salle de classe, si on ne fait pas attention, ça se passera sur le terrain aussi. Nous, on doit créer les conditions pour que tout se passe au mieux, que ce soit en classe, à la salle de restauration, dans la salle de soins, dans la salle de musculation.
FM : au niveau de la gestion des talents, je pensais aussi à Samy Bedja qui est considéré comme une grosse pépite et aujourd’hui il a été très sollicité. Finalement, il est resté avec vous, ça doit aussi pour vous être une victoire dans le sens où, même si aujourd’hui, le club est attaqué sur les meilleurs talents, vous arrivez à conserver vos meilleurs jeunes.
TH : oui, sur ces joueurs-là, ils font confiance au projet. On ne peut pas entendre mieux que ça pour ce jeune-là, mais pour d’autres aussi. Ils nous disent qu’ils font confiance au projet qui est mis en place aujourd’hui parce qu’ils voient justement les aboutissements, ils voient les fruits de ce qu’on fait, que ce soit à l’entraînement, que ce soit en match. Je vais vous donner un exemple précis. Là, aujourd’hui, nous, on prépare la Youth League parce que c’est la première fois qu’on se qualifie justement dans ce nouveau format, qu’on passe les poules. Aujourd’hui (mardi jour de l’interview), on y va avec les U16 (ndlr: l’OM s’est imposé contre Bruges en amical). C’est-à-dire que même pour les jeunes joueurs, et on y va avec des 14, des 15 et des 16, même chez les jeunes joueurs, aujourd’hui, notre projet de formation, il est sur une excellence tôt. On a quatre points qui sont essentiels : le premier, c’est être l’étendard du territoire. Le deuxième, c’est avoir une excellence opérationnelle. Le troisième, c’est maximiser le potentiel de chaque joueur. Et le quatrième, c’est répondre à un projet dû attractif et attrayant. On sait où on va. Il y a un vrai fil conducteur. Il y a une vraie organisation qui est très précise, qui demande beaucoup de travail. On n’y va pas au hasard. On y va en connaissant les points d’étape, en étant sûr que notre joueur est prêt. On a des points de validation sur la quinzaine. On essaie de tout évaluer avant de les faire basculer de groupe ou de séance d’entraînement. On passe des heures à réfléchir, échanger, communiquer. Et la communication, elle se fait en bas. Et ça monte et ça descend tout le temps.
Auteurs d’un match sérieux et appliqué, nos Minots s’imposent en Belgique lors de ce match de développement au format Youth League, dirigé par le directeur du Centre de Formation, grâce aux réalisations de Ziyad Baha et Kalvin André ! 🔥
#CLUOM 1️⃣-2️⃣
«si on forme de bons joueurs, on forme de meilleures équipes»
FM : justement, sur la Youth League, vous allez jouer contre le Real ce lundi…
TH : moi, je dis toujours que si on forme de bons joueurs, on forme de meilleures équipes. Il ne faut pas inverser. Souvent, des fois, on dit qu’il faut former une bonne équipe pour avoir un bon joueur. Si tous les jours, on forme de bons joueurs, on aura une meilleure équipe. Là, nous, on a la chance déjà d’être passé. Mais aujourd’hui, on est l’OM. Il faut qu’on soit ambitieux. Il faut qu’on puisse regarder tous les adversaires avec respect. Mais aussi avec courage. Et donc, on est très contents d’affronter le Real Madrid et on y va avec nos forces. Nous, ce qu’on a envie de faire, c’est faire très bien ce qu’on sait faire. Déjà, si on répond à ça, on sera, nous, contents de notre production. Je vous rappelle, le résultat, c’est sortir le plus de sportifs de haut niveau. C’est ça, notre culture des résultats. Mais, on ne crée pas un champion dans la défaite. Donc, il faut qu’en termes de compétition, ils aient l’habitude de répondre à des engagements parce que c’est ce que va leur demander le monde professionnel. On ne va pas leur dire : "vous jouez que pour le plaisir". Vous avez aussi des devoirs de performance, des devoirs d’exigence. On est sur les deux, mais avec une vraie philosophie.
FM : pour terminer, je voulais vous parler de Robinio Vaz, arrivé il y a mois de 2 ans à l’OM en post formation et revendu très cher à l’AS Roma. Est-ce que vous êtes étonné de sa trajectoire assez folle ? Parce que vous l’avez accueilli quand il venait de Sochaux. Et là, finalement, il part à la Roma quelques années après. C’est quand même aujourd’hui des ascensions assez fulgurantes au niveau des joueurs…
TH : quand on forme un attaquant dans le monde du football, ce sont les joueurs les plus demandés. On est très content de ce qu’on a pu faire avec lui. Il faut savoir qu’avant qu’il arrive chez nous, il avait une réputation de joueur pas simple à former. Nous on a réussi à le faire, on a réussi à lui apporter des choses. Quand on a accompagné des joueurs et qu’on les a formés, on est formateur toute la vie. Nous ce que l’on souhaite, c’est sa réussite, son bonheur, son plein épanouissement. Bien entendu, on privilégie les intérêts du club, mais je trouve que c’est une belle histoire Robinio Vaz. Quand on voit quand il arrive à Marseille et 18 mois après le joueur que l’on construit grâce à la formation et à l’équipe professionnelle, parce que l’équipe pro a fait beaucoup pour lui, c’est une belle histoire de formation, une belle trajectoire. Si on arrive à renouveler ce genre d’histoire, pour nous notre politique et de recrutement et de formation sera efficace.
L’attaquant 🇫🇷 issu du centre de formation prolonge son contrat professionnel avec l’Olympique de Marseille 𝗷𝘂𝘀𝗾𝘂’𝗲𝗻 𝟮𝟬𝟮𝟵 🔵⚪️
𝗙𝗲́𝗹𝗶𝗰𝗶𝘁𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗧𝗮𝗱𝗷’ 💙
ℹ️ Plus d'infos 👉
FM : au-delà de l’argent généré par le transfert, c’est une belle mise en valeur du savoir-faire que vous avez au niveau de la formation. Au-delà du talent du joueur, vous avez travaillé pour l’amener à ce niveau là…
TH : je le regarde par le prisme de la formation. C’est un joueur qu’on a appris à apprivoiser cette énergie qui pouvait parfois être un peu débordante sur le terrain, à le canaliser, à l’accompagner au quotidien, avoir une vraie relation avec lui. Vous savez, Robinio Vaz il était avec les pros, mais il était souvent dans mon bureau à échanger. Il venait, il tapait à mon bureau, pour me demander des petites choses sur sa situation personnelle, à demander des conseils pour le terrain. C’est là où notre mission formation est réussie. Parce que ça ne s’arrête pas à un joueur qu’on amène et qu’on ne sait plus ce qu’il devient. C’est une belle histoire et on espère en faire d’autres. Car à l’OM, on veut former des joueurs de haut niveau. D’ailleurs, on a Tadjidine Mmadi qui vient de prolonger son contrat avec Marseille et qui fait confiance au projet. Il croit qu’il peut encore grandir avec nous.