Ligue 1

L’OL met un bon coup de pression à l’OM

Dimanche soir, l’Olympique Lyonnais va défier l’Olympique de Marseille à l’Orange Vélodrome. Après un revers à Strasbourg, les Gones ont bien l’intention de faire tomber le club phocéen, qui a presque tout d’une bête blessée.

Par Dahbia Hattabi
6 min.
Paulo Fonseca en conférence de presse @Maxppp

Cette saison, la théorie des deux Olympiques semble se vérifier. En effet, certains pensent qu’il ne peut pas arriver des choses positives en même temps à Lyon et à Marseille. Si on avait posé la question au début de la saison, beaucoup auraient misé sur un succès phocéen, après un mercato ambitieux, et des problèmes chez les Gones, après être passé tout près d’une descente en deuxième division voire pire. Finalement, les pensionnaires du Groupama Stadium s’en sortent plus que bien, eux qui sont troisièmes de Ligue 1 et premier de la phase de championnat de la Ligue Europa. En lice sur tous les tableaux, les Rhodaniens, qui vont affronter Lens en Coupe de France, font pour le moment mieux que les Marseillais, éliminés de la Champions League. Ces derniers, qui traversent une crise, ont perdu leur entraîneur Roberto De Zerbi, qui a été remplacé par Habib Beye. Un coach qui veut réussir sa première à domicile, après une défaite 2 à 0 face à Brest vendredi dernier.

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Deux Olympiques dans différentes dynamiques

À Lyon, où l’air est un peu plus respirable cette saison, on compte bien enfoncer l’OM (4e). Surtout après une défaite à Strasbourg et la fin d’une série de 13 matches sans défaite. Tout cela n’a pas perturbé l’équipe à en croire Corentin Tolisso, de passage face aux médias. «La semaine s’est bien passée. On est revenus sur ce qui n’avait pas fonctionné à Strasbourg et on a bien travaillé. On n’est pas dans la panique. On n’a perdu qu’un match. La situation au classement reste favorable. On a analysé les raisons de cette défaite et maintenant, mon rôle, c’est de remettre tout le monde au travail. Quand on est sur le terrain, il faut être à 100 %. On a perdu un match, il ne faut surtout pas en perdre deux d’affilée. C’est le football, ça fait partie du jeu. On est dans une démarche de compréhension et d’amélioration. Et même quand on gagne, tout n’est jamais parfait.» Mais ça va beaucoup mieux qu’à Marseille.

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«La situation est totalement opposée. Nous, on reste sur une belle série de 13 matches, alors que pour eux c’est plus compliqué. Ils alternent entre victoires et défaites, ils ont été éliminés de la Ligue des Champions… Avec leur budget, leur objectif est clairement de se qualifier pour la C1, donc forcément la pression est plus forte. Avec les supporters, ça devient difficile à gérer. Les dynamiques sont différentes. Nous, on a perdu un match, mais on n’est pas dans une panique totale. On veut garder cette mentalité, cette humilité et cette envie de progresser. Tous les matches valent trois points, il y a toujours de la pression. On sait que c’est un Olympico, un match que les supporters attendent avec impatience. Il y aura de la pression, c’est certain. On a la chance d’être troisièmes avec cinq points d’avance. On sait que Marseille se doit de gagner. Mais même avec ces cinq points d’avance, ça ne change rien pour nous.»

Marseille a plus de pression

Il poursuit : «l’objectif reste le même, gagner et continuer à faire ce qu’on fait depuis le début de saison. Ce n’est pas une finale. Il reste encore dix matches derrière. Rien ne se jouera dimanche. Mais si on gagne, on prendra huit points d’avance sur eux, et ce ne serait pas négligeable. Le football va très vite. Le plus important, c’est de garder cette humilité.» Paulo Fonseca est du même avis. «Nous avons cinq points d’avance aujourd’hui. Ce n’est pas un avantage confortable, mais c’en est un. Nous savons que nous serons toujours troisièmes à la fin du match, ce qui est positif, mais en ce moment, il est difficile de penser à la place que nous occuperons à la fin du championnat. Il y a beaucoup de bonnes équipes. Nous savons que Marseille veut être troisième, voire deuxième. C’est pourquoi nous ne voulons pas mettre cette pression sur notre équipe. Nous avons de la pression, comme à chaque match, et Marseille en a aussi.»

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Le Portugais se méfie fortement des Marseillais, qui ont toutefois plus de pression. «S’ils ne gagnent pas, ils se retrouveront à huit points. La pression est présente pour toutes les équipes (…) C’est toujours difficile de jouer contre Marseille, qui a beaucoup de qualités. Ils ont une équipe forte, qui n’est pas dans un très bon moment, mais avec un nouvel entraîneur. C’est un match qu’ils ont besoin de gagner. Pour toutes ces raisons, ce sera un match très difficile, mais nous sommes prêts (…) Il ne faut pas dramatiser parce que nous avons perdu contre Strasbourg et que nous jouons à Marseille. On n’aurait pas imaginé jouer Marseille avec cinq points d’avance. Nous devons rester équilibrés et être la même équipe que celle que nous avons montrée jusqu’à maintenant. L’intensité à Marseille peut être encore plus forte, nous le savons, avec beaucoup d’agressivité. Ce sont des aspects sur lesquels nous avons beaucoup travaillé cette semaine. Nous nous attendons à un match avec beaucoup d’intensité.»

Des Gones diminués mais soudés

Corentin Tolisso, qui aimerait marquer dimanche soir, estime que la tactique sera cruciale pour l’emporter. «Sur ce genre de match, tactiquement, il faut être plus que prêt. Le coach est là pour nous donner tous les éléments afin qu’on puisse faire le meilleur match possible. Face à des équipes aussi médiatisées, la clé sera forcément tactique. L’intensité dans les duels sera très importante. Il faudra être beaucoup plus performant que contre Strasbourg, mettre plus d’impact, plus de rigueur et plus de concentration. Dans ce type de rencontre, chaque détail compte. À nous d’être au niveau dans tous les aspects du jeu.» Mais les Gones feront notamment sans Pavel Sulc et Afonso Moreira (blessés). «J’aurais préféré que Pavel, Afonso, Malick (Fofana) et Ernest (Nuamah) soient présents. Malheureusement, ils ne sont pas là. Mais je pense que la force de notre équipe, c’est justement le collectif.»

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Tolisso, serein, ajoute : «quand Moussa (Niakhaté) n’était pas là pendant la CAN, on a gagné. Quand moi je n’étais pas là, on a gagné. Quand Nico (Tagliafico) n’était pas là, on a gagné aussi. Ça montre que l’équipe est très forte. On arrive à gagner même sans certaines individualités. Bien sûr, j’aurais préféré qu’ils soient avec nous, mais j’ai totalement confiance en ceux qui vont les remplacer.» Ils ne seront pas les seuls absents à Marseille. En effet, les supporters rhodaniens sont interdits de déplacement. Mais certains ont fabriqué une banderole, devant laquelle le groupe a posé ce matin ("avec vous à la guerre, continuez de nous rendre fiers"). «Ils ne seront pas là à Marseille, mais la bâche sera présente, et c’est aussi une forme de soutien. Ça nous aide, c’est une certitude.» Il reste à savoir si cela leur portera bonheur dimanche soir.

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