« L’équipe nationale est en crise actuellement. La situation de l’équipe nationale ne fait plaisir à personne. Ni à vous, ni à nous. C’est une mission complexe mais pas impossible. Nous allons rebâtir cette sélection ». Dès sa prise de pouvoir en octobre dernier, Rabah Madjer savait que le challenge qui l’attendait avec les Fennecs serait très compliqué. Non qualifié pour la Coupe du Monde 2018 et auteur de prestations décevantes, le pays, 60ème au classement FIFA, était en chantier. Rapidement, l’ancien joueur du FC Porto a fait des choix forts en n’appelant plus certains cadres à l’image de Sofiane Feghouli et Raïs Mbohli. Il a aussi insisté sur le fait qu’il ferait la part belle aux joueurs locaux. Et le sélectionneur des Verts a lié l’acte à la parole. Sur les 24 internationaux sélectionnés pour ce rassemblement du mois de mars, où la Tanzanie et l’Iran étaient au menu, onze évoluent en Algérie. Dix d’ailleurs étaient présents à un moment sur le terrain lors de l’amical face à l’Iran a précisé Compétition (seul Aïssa Mandi était binational). Ce qui n’était plus arrivé depuis dix ans.

Madjer ne fait pas l’unanimité

« On est à la recherche d’un équilibre, des joueurs partent d’autres arrivent, on cherche l’équilibre, on ne fait pas de différence entre locaux et ceux qui viennent d’ailleurs. Nous voulons ceux qui représenteront dignement l’équipe nationale », a expliqué Meziane Ighil, membre du staff de l’EN, en conférence de presse. Au niveau des résultats, les Fennecs se sont imposés 4 à 1 face à la Tanzanie jeudi. Mardi, ils se sont inclinés 2 à 1 à Graz face à l’Iran. Un match où Rabah Madjer aurait perdu gros. C’est en tout cas ce qui ressort au moment de faire un bilan de cette trêve internationale. Outre ses méthodes ou ses entraînements jugés trop légers, ses choix et sa gestion du groupe ne font pas l’unanimité au sein du vestiaire des Fennecs. Aujourd’hui, le divorce serait même consommé entre le coach et une partie de son groupe. "Madjer - pros : la cassure", assure Compétition. La Gazette du Fennec va dans le même sens. "Madjer-cadres, c’est la cassure !". Le média précise que les Verts ne croiraient plus en lui et que "Rabah Madjer a perdu le contrôle du vestiaire".

Un titulaire de l’équipe nationale aurait même confié à La Gazette du Fennec. « Madjer, c’est un mélange de Rajevac et Leekens. Une calamité. On sait tous qu’on ne va nulle part avec lui, mais on ne peut plus rien dire ! ». Les joueurs, accusés d’être coupables du départ de Rajevac, n’oseraient plus rien dire en public. Quoi qu’il en soit, les tensions ont été plus que palpables en Autriche comme le rapporte Le Buteur. « L’affaire Taïder, la sortie inattendue de Mahrez et le changement de Sofiane Hanni qui s’est senti humilié, ont créé un climat de malaise entre le staff technique national et quelques joueurs professionnels ». En ce qui concerne Riyad Mahrez, il n’aurait pas apprécié son remplacement à une trentaine de minutes de la fin. Et il a montré son mécontentement au moment de sortir, gesticulant et tapant à peine dans la main du sélectionneur. Selon Compétition, le joueur de Leicester se serait montré respectueux une fois dans les vestiaires. La Gazette du Fennec a en revanche une autre version des événements.

Une sélection sous tension

Madjer serait contesté par une partie des cadres (Hanni, Bentaleb, Taïder) dont Mahrez, derrière lequel le vestiaire ferait front. Si les différentes publications n’ont pas tout à fait les mêmes versions à ce sujet, elles sont en revanche raccord en ce qui concerne Saphir Taïder. Non titularisé lors des deux rencontres, malgré le forfait de Bentaleb face à l’Iran, le joueur de l’Impact Montréal aurait vu rouge. Le staff aurait déjà dû le calmer lundi, quand on lui a appris qu’il ne débuterait pas, alors que selon les publications algériennes Madjer lui avait dit qu’il le ferait. Taïder est sorti de ses gonds mardi, quand il n’est pas entré sur le terrain (0 minute jouée en 2 matches). Il est parti aux vestiaires avant même la fin de la rencontre. Compétition relaye ses propos à un membre du staff après le match. « C’est une atteinte à mon image. Ne pas jouer la moindre minute alors que je suis venu de Montréal c’est aussi dévalorisant pour moi notamment vis-à-vis de mon club. Ils vont croire quoi, quand il verront que je suis parti en stage et que je n’ai pas été aligné ne serait-ce qu’une minute ? Et de plus lors de matchs amicaux ».

Le staff aurait justifié ses choix par le fait que Taïder n’était pas en forme. Le mal est fait et semble profond cette fois. La Gazette du Fennec révèle que l’ancien joueur de l’Inter Milan, vexé mais soutenu par plusieurs coéquipiers dont Hanni et Mahrez, aurait indiqué à Rabah Madjer de ne plus faire appel à lui dans ces conditions. De son côté, Le Buteur indique le milieu risque gros. "En plus d’une sanction, Saphir Taïder risque l’exclusion de la sélection", titre la publication algérienne ce jeudi. Un peu plus de cinq mois après son arrivée à la tête de la sélection, Rabah Madjer connaît ses premiers couacs. Lui à qui l’on reproche notamment de continuer à écarter des éléments cadres pour faire plaisir à d’autres joueurs de la sélection. « L’ombre de Feghouli et Mbolhi a plané sur le CTN et sur le lieu de résidence de l’EN en Autriche, le public des Verts a compris que la mise à l’écart du duo n’avait rien de sportif, car vu le niveau de l’équipe et des joueurs choisis, le duo en question a largement sa place et on ne cessera jamais de le dire », explique Compétition. Les premiers mois de Madjer avec les Fennecs sont loin d’être de tout repos !