La carrière de footballeur professionnel est tout sauf un long fleuve tranquille. Les clubs étant de plus en plus sélectifs, il est difficile pour tout joueur de gagner sa place et de se faire un nom. À l’heure de la mondialisation, les formations européennes n’hésitent plus à aller chercher des jeunes talents aux quatre coins du globe, provoquant une concurrence encore plus ardue pour les joueurs issus du Vieux continent. Seule solution pour ceux qui peinent à exister : se lancer dans une aventure en tentant de percer dans des contrées méconnues. C’est le pari tenté par Aurélien Montaroup. Après avoir cherché à faire son trou dans l’Hexagone, le défenseur a fini par accepter un challenge en Biélorussie, avec le Dinamo Minsk. Contacté par nos soins, le joueur nous raconte son parcours :

« J’ai été formé à Rennes jusqu’en professionnel où je n’ai pas eu l’occasion de signer un contrat pro. J’ai gagné la Coupe Gambardella 2003 avec Gourcuff, Briand, Mvuemba, Faty... Puis le championnat des réserves pro en 2004, la finale était à Monaco. Pris au dépourvu à la fin de mon contrat stagiaire pro, j’ai dû vite prendre une décision. Je suis parti faire un essai à Dijon en avril puis un deuxième en juillet. À l’époque, le coach était Rudi Garcia. Mais de par mon petit gabarit, cela n’a pas été concluant. J’ai donc atterri à Orléans (CFA) pour l’année 2005-2006. Suite à une bonne saison, j’ai signé mon premier contrat professionnel à l’US Créteil (L2) pour la saison 2006-2007. Mais le staff m’a vite mis de côté et ne m’a pas donné ma chance. J’avais été formé pour être défenseur et ils m’ont fait jouer dans l’équipe réserve au poste d’attaquant. J’ai donc rompu mon contrat à l’amiable et j’ai intégré l’UNFP pour y faire des stages de préparation. À ce moment-là, il y avait Tony Vairelles, Lassina Diabaté... On a fait beaucoup de matches amicaux pendant l’été 2007 notamment contre Caen, Le Mans, Auxerre. En Octobre 2007, alors que je suis en pleine réflexion sur mon avenir de footballeur, j’intègre La Vitréenne (CFA) où le coach m’a vite remis dans le bain : il m’a redonné le goût de l’effort. À la fin de cette première année, ils me proposent de continuer mais je refuse : j’ai l’espoir de retrouver un plus haut niveau. J’ai été formé pour être un professionnel ».

Formé pour être un footballeur professionnel, le natif de Rennes n’a donc pas jeté l’éponge. Déterminé à réaliser son rêve, l’arrière gauche s’est accroché et a travaillé pour mener à bien sa mission. Une stratégie payante, puisque Aurélien Montaroup a fini par décrocher un essai à Minsk. Un essai qui va s’avérer payant : « L’été 2008 est intense. Mon kiné, J. Domenech, me fait travailler physiquement pour être prêt pour toute demande d’essai. Je travaille dur et je m’entraîne à côté avec un petit club de Rennes pour toucher le ballon. En Novembre 2008, le Dinamo Minsk recherche un arrière gauche. Mon agent m’a proposé de faire cet essai et j’ai dit oui sans hésiter. Je fonce y faire un essai. Je suis prêt à tout pour vivre de ma passion. Le coach est S. Müslin. Je lui plais, il me fait signer au bout de 2 jours. Le bonheur arrive enfin, mais pas en France ».

Qu’à cela ne tienne, le Breton s’éclate désormais loin de l’Hexagone. Le joueur tient d’ailleurs un site internet afin de raconter sa vie en Biélorussie. Une initiative qui rencontre un franc succès : « Beaucoup de personnes en France me demandaient comment se passait la vie ici. J’en ai donc parlé avec mon entourage et pour laisser une trace de mon passage biélorusse, j’ai décidé de créer ce blog. Une personne m’aide beaucoup : c’est Émilie Pilet, journaliste sportif. Mais il y a aussi ma fiancée. Je remercie mes lecteurs : je ne pensais pas avoir autant de flux sur mon blog ! Sinon, il y a RMC avec qui j’ai un partenariat : "La saga de Franzous". Je fais un épisode par semaine sur l’After Foot et ils m’appellent de temps en temps en direct. Je m’investis à 100% dans mon blog et je suis très reconnaissant envers les personnes qui me suivent et me soutiennent ».

Soutenu par bien des fans dans l’Hexagone, le défenseur pourrait-il se laisser tenter à l’idée de revenir en France ? « Bien sûr que je souhaite rentrer en France : avec grand plaisir ! Mais maintenant ce n’est plus les mêmes conditions qu’avant : ce sera pour jouer ! Mon statut a changé depuis mes 2 années et demi ici. J’ai été élu meilleur défenseur de Biélorussie en 2010 et j’ai joué 9 matches en Europa League. J’ai été approché par des clubs belges et de L1 russe cet été mais j’ai resigné pour 2 ans en novembre 2010. Je vois mon ancien coéquipier Sébastien Le Toux qui cartonne aux States. Ça peut être intéressant mais mon souhait est de me rapprocher de la France et donc revenir en Europe occidentale ». Continuer à régaler ses fans grâce à son blog et pourquoi pas faire un retour en France, tels sont les deux objectifs qu’Aurélien Montaroup entend mener à bien. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

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