« J’étais super content pour eux, mais à la fois dégoûté. (...) C’était un sentiment étrange, je voulais qu’ils se qualifient, mais en même temps je voulais qu’ils perdent. C’est un côté égoïste. C’est la vie. C’était mon sentiment à ce moment-là. » Interrogé par Canal Plus dimanche soir, Laurent Koscielny a mal vécu le titre de champion du monde de ses partenaires en équipe de France. Blessé au talon d’Achille un mois avant le début de la compétition, il a regardé les Bleus soulever le trophée depuis la tribune du stade Loujniki de Moscou où il était invité. Il a même pu rejoindre ses coéquipiers dans le vestiaire pour fêter le titre avec eux.

Deschamps n’en veut pas à Koscielny...

Seulement les lendemains ont été compliqués pour le défenseur. Il en veut notamment à certaines personnes qui ne l’ont pas vraiment soutenu pendant sa période de convalescence. Il vise en particulier son sélectionneur Didier Deschamps. « Il m’a contacté une fois. Il m’a envoyé un SMS en septembre, pour mon anniversaire. Comme je t’ai dit tout à l’heure, à propos des personnes que tu pensais proches de toi, il y a des personnes qui m’ont déçu. Il y a plein d’autres personnes, pas que le coach. D’autres coaches. Tu prends un coup derrière la tête. » Des paroles difficiles à entendre même si le patron des Bleus fait la part des choses.

Avant de recevoir l’Allemagne au stade de France ce mardi soir (match à suivre en live commenté sur notre site), Didier Deschamps faisait un passage par la case média. Il a forcément évoqué le sujet sans en vouloir au joueur même s’il ne comprend pas vraiment ses reproches personnels. « On parle d’un joueur qui a souffert par sa blessure et qui n’a pas participé à la Coupe du Monde. Je comprends sa déception. Personne ne pourra lui enlever. (...) Sur les relations, j’ai été surpris comme l’ensemble de mon staff. Ils (les membres du staff, ndlr) ont tous envoyé des messages de soutiens. Je l’ai appelé après sa blessure pour lui apporter mon soutien. Je l’ai invité pour prendre du temps avec nous pendant la préparation. La lettre qu’il a écrite a été forte aussi. Je l’ai invité pour la finale. »

Hugo Lloris non plus

Le sélectionneur explique qu’il aurait pu prendre davantage de nouvelles sur son état de santé notamment. « Je l’ai eu en septembre pour prendre des nouvelles sur sa rééducation. J’aurais pu faire plus. J’ai échangé brièvement avec lui hier soir. Je ne vais pas rentrer dans les détails. Je ne lui ai pas donné de nouvelles depuis septembre, depuis 15 jours, c’est vrai. Je n’ai pas eu le temps. Je fais la part des choses aussi. Il a été marqué. Il y a plus grave c’est sur. Ça ne changera pas ce que je pense de Lolo (Koscielny, ndlr) comme homme et comme joueur. Quand l’émotion est aussi forte et profonde, c’est difficile de faire la part des choses. C’est quelqu’un que j’estime beaucoup. (...) Je ne suis pas là pour le juger. Au contraire. On parle d’un joueur qui est meurtri dans sa vie professionnelle. C’était un objectif pour lui. Cette déception est très lourde. Ça laisse pas mal de circonstances atténuantes. Il a été important pour l’équipe de France dans la période avant la Coupe du Monde. »

Réputé très proche de Laurent Koscielny, le capitaine Hugo Lloris a également commenté l’interview de son ami. Selon lui, c’est une réaction humaine et affirme qu’il est en train de remonter la pente. « Je n’ai pas tous les éléments en main, concernant les appels et les messages. On a pensé fort à lui durant cette compétition. Il a pris sa retraite internationale. C’est un joueur important, une personne importante, il y a énormément de respect pour lui. Son témoignage d’hier, ça fait de la peine de le voir dans une situation pareille. Je le connais bien, il est sur la voie du retour, il avait besoin de nouveaux défis. » Face aux médias, les Bleus se montrent compréhensifs et cléments à l’égard de Koscielny, mais en privé, la donne est peut-être différente comme l’ont déjà expliqué L’Équipe et Le Parisien dans la journée. La vérité se trouve sans doute entre les deux, certains étant sûrement plus visés que d’autres par le Gunner.